Élevage

Race charolaise

Un concours très suivi

Publié le 06/09/2018

Beaucoup de monde, dimanche après-midi à Niederaltdorf, autour du ring d’élevage, où se déroulait le concours de la race charolaise. Sept éleveurs alsaciens participaient à cette confrontation, arbitrée par un éleveur mosellan, Jean-Philippe Weisse. Ce dernier était secondé par un juge stagiaire de l’Ajec, Florent Adelé, lui aussi venu de Moselle.

D’année en année, le concours charolais s’affirme comme une attraction très prisée de la finale départementale de labour. « De notre côté, nous profitons de l’attractivité de cette manifestation », souligne Thierry Kolb, président du Syndicat de la race charolaise d’Alsace. C’est donc un partenariat gagnant-gagnant. Mais pourquoi choisir la finale départementale de labour pour cette confrontation, plutôt que le festival de l’élevage, au printemps ? « Nos animaux ne sont pas au top à la sortie de l’hiver », explique-t-il. Pendant qu’ils séjournent à l’étable, ils sont nourris avec du fourrage grossier et perdent du poids. Et les veaux sont encore trop jeunes. « À l’automne, les bêtes sont à l’herbe, les veaux sont en phase de sevrage. » Ils sont beaucoup mieux conformés. Seuls 28 animaux participaient à cette édition 2018. Thierry Kolb met cette faible participation sur le compte de la morosité ambiante. « Les éleveurs allaitants ont le moral en berne. Le système herbager, très fragile, a été mis à mal par la sécheresse et la canicule. Et la conjoncture reste difficile. Les États généraux de l’alimentation s’étaient fixé pour objectif d’améliorer la rémunération des éleveurs. On est loin du compte ! Au contraire, on va importer d’énormes contingents de viande, ce qui entraînera une chute des prix de l’ordre de 20 %, selon les simulations. Pendant ce temps, on nous oblige à produire toujours mieux, toujours plus sain… » Un vrai travail de segmentation « Il faut trouver très rapidement des solutions au grave épisode de sécheresse que nous venons de vivre », insiste Philippe Boehmler, responsable viande de la FDSEA du Bas-Rhin. Il plaide pour une répartition plus juste de la plus-value entre les maillons de la filière : « Cette production a un coût. Si l’on veut maintenir un élevage français de qualité, l’éleveur ne peut pas être la variable d’ajustement. » Des discussions sont en cours avec les abatteurs et les distributeurs. Pour lui, la solution pour obtenir un prix rémunérateur réside « dans un contrat tripartite entre éleveurs, intermédiaires et distributeurs ». Le responsable syndical a souligné la nécessité, pour les producteurs de viande, de mieux répondre à la demande du marché. Ou plutôt des marchés, car « il y a plein de marchés différents ». Bovins lourds, bovins légers, bovins précoces, exportation, il faut saisir toutes les opportunités. « Pas besoin de créer de nouvelles races, la génétique charolaise permet de le faire. Notre race a un bel avenir, si tout le monde se met au travail. » Le palmarès Section veaux mâles 7 mois : 1er Okley, né le 20 mars 2018 (père Lutrillo), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 2e Obtus SC, né le 9 février 2018 (père Jami), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut Section veaux mâles moins de 10 mois : 1er Opium, né le 1er décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Nageur SC, né le 4 décembre 2017 (père Macao), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 3e Ordinaire, né le 31 décembre 2017 (père Lancelot), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Prix d’honneur veaux : Okley, appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Section jeunes mâles juniors : 1er Merlin, né le 4 décembre 2016 (père Iceberg pp), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg ; 2e Miel, né le 15 décembre 2016 (père Jehova), Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Section taureaux adultes : Épisode, né le 22 décembre 2008 (père Veneur), appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg Grand prix d’honneur mâles : Épisode, appartenant à Ernest Hoeffel, Walbourg Section veaux femelles 6-7 mois : 1re Odeis, née le 5 février 2018 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Section veaux femelles 8 mois - section A : Nationale, née le 4 décembre 2017 (père Joli Cœur), appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut ; 2e Oakland, née le 7 décembre 2017 (père Castor), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Optique, née le 22 décembre 2017 (père Chic), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 4e Nounou, née le 7 décembre 2017 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld Prix d’honneur veaux femelles : Nationale, appartenant au Gaec Better, Aspach-le-Haut Section veaux femelles juniors - section I : 1re Nixquik, née le 4 octobre 2017 (père Bariton) ; 2e Niagara, née le 19 octobre 2017 (père Emira) ; 3e Nationale, née le 7 octobre 2017 (père Gaston) ; 4e Noisette, née le 27 septembre 2017 (père Bariton). Tous ces animaux appartiennent à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier Section veaux femelles juniors - section II : 1re Nanouk, née le 23 février 2017 (père Harley), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Section veaux femelles juniors - section III : 1re Numismatique, née le 28 décembre 2017 (père Espion), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 2e Noblesse, née le 1er décembre 2016 (père Cyrano), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 3e Muse, née le 8 décembre 2016 (père Jehova), appartenant au Gaec du Domaine des charolais, Forstfeld ; 4e Nacre, née le 7 décembre 2016 (père Flamenco), appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier ; 5e Michèle, née le 20 novembre 2016 (père Castor), appartenant à Gaétan Vix de Wolschheim Prix d’honneur veaux femelles juniors : Numismatique, appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz Section femelles juniors : 1re Malaisie, née le 25 novembre 2015 (père Castor), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz Section femelles seniors : 1re Juvenille, née le 1er décembre 2013 (père Énarque), appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern ; 2e Ludique SC, née le 17 novembre 2014 (père Dauphin P), appartenant à l’EARL Thierry et Hubert Kolb, Riedseltz ; 3e Clémentine, née le 24 avril 2014, appartenant à l’EARL Seemann, Westhouse-Marmoutier Grand prix d’honneur femelles : Juvenille, appartenant à Yvette Philipps, Oberrœdern Prix Ajec : Najeur SC du Gaec du Domaine des charolais à Forstfeld.

Concours de la race charolaise d’Alsace

Petit par le nombre, grand par la qualité

Publié le 24/08/2018

Selon une tradition bien établie, le concours régional de la race charolaise se tiendra dans le cadre de la finale départementale de labour, ce dimanche à Niederaltdorf. Sécheresse oblige, le nombre d’élevages participants est en net recul par rapport à la précédente édition. La qualité du concours, elle, reste au top.

Les opérations du jury débuteront dès 14 h, sous la houlette de Jean-Philippe Weisse, éleveur charolais en Moselle. C’est lui qui jugera les 32 animaux inscrits, la remise des prix étant prévue à 17 h. Les organisateurs espèrent que le public se déplacera nombreux pour suivre cette confrontation qui mettra aux prises un groupe d’éleveurs motivés. Une occasion privilégiée de découvrir la beauté de cette race allaitante, mais aussi de marquer son soutien à une profession durement touchée par la sécheresse, estime Thierry Kolb, président du syndicat de la race et organisateur de ce concours. Le syndicat de la race charolaise d’Alsace compte une trentaine d’élevages. « C’est la première race allaitante en Alsace, avec 60 % du cheptel. » Mais cette année, le moral des éleveurs est en berne. « Lors de la dernière réunion de préparation, le découragement était palpable », souligne le président. La canicule estivale a provoqué une dégradation des prairies, réduisant les ressources en herbe et affectant l’état corporel des animaux. Du coup, plusieurs élevages ont renoncé à concourir. « Seuls les éleveurs professionnels ont des animaux bien préparés. » À cela s’ajoute une certaine lassitude, engendrée par le contexte économique et politique. « Les espoirs que nous avions placés dans les États généraux de l’alimentation sont retombés comme un soufflé ! »

Publié le 24/08/2018

La famille Koeger accueillera le public sur son exploitation laitière le 26 août, lors de la finale départementale de labour à Niederaltdorf. L’occasion pour les visiteurs de découvrir sa future unité de méthanisation.

Deux sites seront ouverts au public à Niederaltdorf lors de la finale départementale de labour, dimanche 26 août, dont celui du Gaec du Gibsbach. Sylvain Koeger, vice-président des Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau, s’est installé sur la ferme en 2012. Le Gaec a été créé en 1985 par son grand-père. À l’époque, il avait 25 vaches à l’attache dans le village, précise Jacky Koeger, le père de Sylvain. En 1992, quand ce dernier a rejoint le Gaec, ils avaient une soixantaine de vaches dans une étable à logettes et produisaient 400 000 litres de lait par an. Nouveau bâtiment, une évolution positive dans la production La sortie d’exploitation a été réalisée en 2000 sur le site actuel. En 2006, la famille Koeger a construit le bâtiment d’élevage, « grand à l’époque ». Lors de la venue de Sylvain dans le Gaec, elle s’est vu attribuer des quotas supplémentaires par Alsace Lait, soit 840 000 l de lait par an. La production a atteint les 1,18 million de litres en 2015 et est restée stable depuis. « Nous sommes les seuls dans le département à faire trois traites », souligne Jacky. En 2017, le Gaec a embauché Éric Michels, un technicien élevage « pour pouvoir notamment se dégager du temps et anticiper le futur départ à la retraite » de Jacky et de Jean-Marie, l’oncle de Sylvain, associés dans le Gaec. La même année, les éleveurs ont ajouté un bâtiment à l’ancien, plus lumineux, destiné à la nurserie et aux génisses, un vrai plus pour le bien-être des animaux. « C’est aussi un avantage pour nous, nous avons une vue d’ensemble sur tout le troupeau », précise Sylvain. Le bâtiment, équipé d’aires paillées, plus confortables pour les animaux, se compose de 260 bêtes, dont 125 vaches, des prim’holstein principalement. « C’est une évolution positive, les vaches sont plus performantes », constate Sylvain. La production annuelle se situe au-dessus des 10 000 l par vache. Les inséminations sont précoces, à 13 mois, « pour arriver à une homogénéité vaches-génisses ». Unité de méthanisation, une valeur ajoutée Sur les 98 hectares de SAU, la ferme cultive 31 ha de maïs ensilage, 9 ha d’orge d’hiver et 1 ha de blé d’hiver. Les prairies couvrent 57 ha, l’ensemble est destiné à l’alimentation des animaux. Pour poursuivre l’évolution du Gaec, Sylvain a lancé en 2016 le projet d’une unité de méthanisation. Il a quitté le projet collectif démarré à Haguenau en optant pour la construction d’une unité « propre à la ferme ». Il a créé une nouvelle société, appelée K Énergie. « C’est une valeur ajoutée pour le Gaec, l’engrais obtenu sera plus rapidement utilisable. » L’électricité produite par l’unité sera rachetée par ES, avec un contrat de 20 ans à la clé. « Cela offre une visibilité à long terme que nous n’avons plus avec la production laitière et qui palliera les fluctuations du prix du lait. » La chaleur produite sera réinjectée dans le bâtiment d’élevage, notamment pour le séchage du fourrage « qui sera de meilleure qualité ». La construction de l’unité de méthanisation est en cours, un chantier que le public pourra découvrir le 26 août. Le Gaec organisera des visites guidées et commentées, en expliquant les différentes étapes de transformation de la matière organique amenée du bâtiment d’élevage dans le digesteur. Un responsable méthanisation de la Chambre d'agriculture apportera un complément d’information au public. Une exposition de matériel agricole et, bien sûr, la visite des bâtiments d’élevage compléteront les animations proposées par la famille Koeger, qui espère un public nombreux pour cette finale départementale 2018.

Pages

Les vidéos