Élevage

Concours de la race charolaise d’Alsace

Petit par le nombre, grand par la qualité

Publié le 24/08/2018

Selon une tradition bien établie, le concours régional de la race charolaise se tiendra dans le cadre de la finale départementale de labour, ce dimanche à Niederaltdorf. Sécheresse oblige, le nombre d’élevages participants est en net recul par rapport à la précédente édition. La qualité du concours, elle, reste au top.

Les opérations du jury débuteront dès 14 h, sous la houlette de Jean-Philippe Weisse, éleveur charolais en Moselle. C’est lui qui jugera les 32 animaux inscrits, la remise des prix étant prévue à 17 h. Les organisateurs espèrent que le public se déplacera nombreux pour suivre cette confrontation qui mettra aux prises un groupe d’éleveurs motivés. Une occasion privilégiée de découvrir la beauté de cette race allaitante, mais aussi de marquer son soutien à une profession durement touchée par la sécheresse, estime Thierry Kolb, président du syndicat de la race et organisateur de ce concours. Le syndicat de la race charolaise d’Alsace compte une trentaine d’élevages. « C’est la première race allaitante en Alsace, avec 60 % du cheptel. » Mais cette année, le moral des éleveurs est en berne. « Lors de la dernière réunion de préparation, le découragement était palpable », souligne le président. La canicule estivale a provoqué une dégradation des prairies, réduisant les ressources en herbe et affectant l’état corporel des animaux. Du coup, plusieurs élevages ont renoncé à concourir. « Seuls les éleveurs professionnels ont des animaux bien préparés. » À cela s’ajoute une certaine lassitude, engendrée par le contexte économique et politique. « Les espoirs que nous avions placés dans les États généraux de l’alimentation sont retombés comme un soufflé ! »

Publié le 24/08/2018

La famille Koeger accueillera le public sur son exploitation laitière le 26 août, lors de la finale départementale de labour à Niederaltdorf. L’occasion pour les visiteurs de découvrir sa future unité de méthanisation.

Deux sites seront ouverts au public à Niederaltdorf lors de la finale départementale de labour, dimanche 26 août, dont celui du Gaec du Gibsbach. Sylvain Koeger, vice-président des Jeunes Agriculteurs du canton de Haguenau, s’est installé sur la ferme en 2012. Le Gaec a été créé en 1985 par son grand-père. À l’époque, il avait 25 vaches à l’attache dans le village, précise Jacky Koeger, le père de Sylvain. En 1992, quand ce dernier a rejoint le Gaec, ils avaient une soixantaine de vaches dans une étable à logettes et produisaient 400 000 litres de lait par an. Nouveau bâtiment, une évolution positive dans la production La sortie d’exploitation a été réalisée en 2000 sur le site actuel. En 2006, la famille Koeger a construit le bâtiment d’élevage, « grand à l’époque ». Lors de la venue de Sylvain dans le Gaec, elle s’est vu attribuer des quotas supplémentaires par Alsace Lait, soit 840 000 l de lait par an. La production a atteint les 1,18 million de litres en 2015 et est restée stable depuis. « Nous sommes les seuls dans le département à faire trois traites », souligne Jacky. En 2017, le Gaec a embauché Éric Michels, un technicien élevage « pour pouvoir notamment se dégager du temps et anticiper le futur départ à la retraite » de Jacky et de Jean-Marie, l’oncle de Sylvain, associés dans le Gaec. La même année, les éleveurs ont ajouté un bâtiment à l’ancien, plus lumineux, destiné à la nurserie et aux génisses, un vrai plus pour le bien-être des animaux. « C’est aussi un avantage pour nous, nous avons une vue d’ensemble sur tout le troupeau », précise Sylvain. Le bâtiment, équipé d’aires paillées, plus confortables pour les animaux, se compose de 260 bêtes, dont 125 vaches, des prim’holstein principalement. « C’est une évolution positive, les vaches sont plus performantes », constate Sylvain. La production annuelle se situe au-dessus des 10 000 l par vache. Les inséminations sont précoces, à 13 mois, « pour arriver à une homogénéité vaches-génisses ». Unité de méthanisation, une valeur ajoutée Sur les 98 hectares de SAU, la ferme cultive 31 ha de maïs ensilage, 9 ha d’orge d’hiver et 1 ha de blé d’hiver. Les prairies couvrent 57 ha, l’ensemble est destiné à l’alimentation des animaux. Pour poursuivre l’évolution du Gaec, Sylvain a lancé en 2016 le projet d’une unité de méthanisation. Il a quitté le projet collectif démarré à Haguenau en optant pour la construction d’une unité « propre à la ferme ». Il a créé une nouvelle société, appelée K Énergie. « C’est une valeur ajoutée pour le Gaec, l’engrais obtenu sera plus rapidement utilisable. » L’électricité produite par l’unité sera rachetée par ES, avec un contrat de 20 ans à la clé. « Cela offre une visibilité à long terme que nous n’avons plus avec la production laitière et qui palliera les fluctuations du prix du lait. » La chaleur produite sera réinjectée dans le bâtiment d’élevage, notamment pour le séchage du fourrage « qui sera de meilleure qualité ». La construction de l’unité de méthanisation est en cours, un chantier que le public pourra découvrir le 26 août. Le Gaec organisera des visites guidées et commentées, en expliquant les différentes étapes de transformation de la matière organique amenée du bâtiment d’élevage dans le digesteur. Un responsable méthanisation de la Chambre d'agriculture apportera un complément d’information au public. Une exposition de matériel agricole et, bien sûr, la visite des bâtiments d’élevage compléteront les animations proposées par la famille Koeger, qui espère un public nombreux pour cette finale départementale 2018.

Publié le 24/08/2018

Vivre de la production laitière, c’est le choix qu’a fait Mathias Lamote en s’installant comme agriculteur à Niederaltdorf il y a trois ans. Il ouvrira les portes de son élevage à l’occasion de la finale départementale de labour.

Mathias Lamote s’est installé en 2015 sur l’exploitation de son grand-oncle et de sa grand-tante, René et Martine Achendracher. Une suite logique pour celui qui a passé une grande partie de son temps libre à la ferme, lorsqu’il était enfant et adolescent. « René et Martine ont développé l’exploitation depuis 1978. N’ayant pas eu d’enfant, ils n’avaient pas de successeur direct », explique Mathias Lamote. Au départ à la retraite du grand-oncle, c’est Martine Achendracher qui devient gérante de l’exploitation, le temps que Mathias se forme et mûrisse son projet d’installation. Titulaire d’un bac scientifique, il passe un BTS Production animale au lycée agricole de Dannemarie-sur-Crête, dans le Doubs. Il complète sa formation par une licence professionnelle IEA (Ingénierie de l’entreprise agricole) à l’IUT de Nancy, ce qui lui permet d’approfondir ses connaissances en gestion et en fiscalité. Une fois sa licence en poche et les formalités d’installation accomplies, le jeune éleveur commence par travailler en tandem avec Martine Achendracher. Il sait qu’il va lui falloir investir dans une nouvelle salle de traite car bien que rénovée en 1997, les équipements de base datent des années 1980. De plus, avec le départ en retraite de sa grand-tante, en juillet 2016, le problème de la charge de travail va devenir encore plus crucial. Même avec l’aide occasionnelle de son père et celle de son frère Ludovic, étudiant vétérinaire et salarié sur l’exploitation durant l’été. La volonté d’anticiper la pénurie de main-d’œuvre le conduit logiquement à investir dans un robot de traite. Pour la préparation du chantier, réalisé en autocontruction, comme pour la maçonnerie, Mathias fait appel à son père, dont les compétences sont particulièrement utiles. Toujours présent quand il s’agit d’aider, et particulièrement de réparer les machines agricoles, il n’hésite pas à prendre des congés pour la mise en route du robot de traite en juin dernier. Lait de pâturage : pas pour l’instant Les 150 000 litres supplémentaires obtenus en s’installant ont déjà poussé Mathias Lamote à augmenter le cheptel et à agrandir de dix places l’étable existante. Le troupeau se compose désormais de 65 vaches laitières, pour un volume de lait contractualisé de 590 000 l livrés à Alsace Lait. « Mon objectif, c’est d’optimiser le robot de traite et de trouver un rythme de croisière à 650 000 l », explique l’éleveur, qui sélectionne les animaux davantage sur les taux et sur la qualité des pattes que sur le niveau de lactation. Tenté par la production de lait de pâturage, qu’il a découvert en faisant son stage de licence dans une ferme des Pays-Bas, il n’a toutefois pas concrétisé ce projet. Pour l’instant tout au moins. Certes, il dispose de 12 ha proches de l’étable qui suffisent amplement pour faire pâturer ses vaches laitières. Mais il faudrait investir 10 000 € pour installer des clôtures, des portes de tri, ensemencer les parcelles, aménager le chemin d’accès menant de l’étable au pâturage… Des dépenses qu’il n’est pas prêt à engager au vu de la plus-value versée par la laiterie, 15 €/1 000 l. « La gestion du pâturage ne me fait pas peur, assure Mathias Lamote, mais je considère que le retour sur investissement n’est pas suffisant par rapport à la prise de risque. » Cela ne l’empêche pas de tirer parti des surfaces en herbe de l’exploitation : il dispose de 25 ha de prairies de fauche et 10 ha de pâturage dont la moitié sont d’abord fauchés en première coupe. Les 20 ha récoltés au printemps sont enrubannés et destinés à l’alimentation des vaches laitières, le reste servant à faire du foin. Les génisses sortent au pré à partir de 1 an et jusqu’à 18-19 mois, âge auquel elles sont inséminées. Elles ressortent au pâturage lorsqu’elles sont gestantes. Biogaz : en 2020, si tout va bien Soucieux de diversifier ses activités, et donc ses revenus, Mathias Lamote a par ailleurs adhéré à l’association Biogaz Haguenau (ABH). Les 15 agriculteurs concernés - ils étaient 27 au départ - ont pour projet de construire une unité de méthanisation à Wittersheim d'ici 2020 : elle permettra de produire du biogaz à partir d’effluents d’élevage et de diverses matières premières agricoles. Pour l’EARL Achendracher, ce sont 2 500 t d’effluents qui pourraient être valorisés annuellement par ce biais. Grâce à ce nouveau débouché, le jeune éleveur ne devrait pas avoir besoin d’augmenter ses capacités de stockage de lisier et de fumier. Les résidus de méthanisation - compost et digestats - serviront par ailleurs de fertilisants sur les 30 ha de terres arables de l’exploitation et sur les prairies. Ce projet n’est pas le seul projet collectif auquel adhère Mathias Lamote : il est également l’un des sept membres de la Cuma de l’Horizon, créée en 2012. Cette Cuma d’éleveurs a acquis différents matériels pour l’épandage des effluents et le travail du sol. En investissant à plusieurs dans des matériels coûteux, mais peu utilisés durant l’année, les adhérents y trouvent un moyen de réduire leurs charges de mécanisation. Mais pas seulement : la Cuma de l’Horizon est aussi un lieu où règnent bonne organisation et bonne entente. Ce qui n’est pas rien quand on débute dans le métier d’éleveur laitier !

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