Élevage

Publié le 01/10/2018

À Pfaffenhoffen, les sept associés du Gaec de la Moder ont fait des choix simples qui les ménagent au quotidien et leur accordent un week-end sur deux.

Associés ou salariés, les éleveurs du Gaec de la Moder sont presque tous de la même famille. Florian Baltzer n’est pas si étranger que ça puisqu’il a successivement été stagiaire, apprenti, salarié avant de devenir associé en 2012 en même temps que Céline et Olivier, les enfants de Marc et Martine Guth. Travailler ensemble est leur choix de vie à tous. Il s’est mis en place progressivement au fil des ans et des exploitations qui se sont regroupées à partir de 1989, à commencer par celles de Marc et de Christian, les deux frères. « La qualité de vie nous a guidé dans tout ce qui a été fait » résume Marc. « Quand on voit que notre fonctionnement débouche sur du concret, cela donne envie. Au fil des ans, nous avons aussi refusé du monde ». Hormis pour les grandes décisions d’investissement, les éleveurs se réunissent rarement tous ensemble. « Chacun sait ce qu’il a à faire dans son domaine de responsabilité et peut intervenir en soutien d’un autre membre du groupe » explique Céline. « Nous nous laissons les consignes sur les tableaux blancs que nous avons mis partout et nous nous envoyons beaucoup de SMS ». Cinq personnes forment une équipe qui assure l’astreinte du week-end. Les autres sont libres. 2012 est une année charnière pour les associés. Ils décident d’arrêter l’atelier taurillons par manque de place. Ils installent trois jeunes et répondent au questionnaire envoyé par Alsace Lait qu’ils sont prêts à livrer 2,5 millions de litres de lait à l’année d'ici 2015. Ils investissent donc 1,8 M€ en 2013 pour les vaches. Pendant que l’ancienne étable du site historique est reconvertie pour accueillir toute la suite et les taries, une stabulation neuve est construite à deux kilomètres. Quatre robots en occupent le centre. « Le devis pour un roto était inférieur de 50 000 €. Mais nous épargner la traite était l’objectif. Nous ne reviendrons jamais en arrière. Le dépannage est rapide. Le coût de maintenance est ce qu’il est, mais il faut savoir ce qu’on veut » affirme Marc. Chaque vache est traite 2,6 fois en moyenne par jour. Une stalle est pensée pour 70 vaches. Les éleveurs les répartissent en quatre groupes indifféremment de leur âge ou de leur stade de lactation. « Il est plus facile de gérer des animaux qui font toute leur carrière sans changer de lot » juge Marc. Investissements gelés Depuis cet été les éleveurs maîtrisent mieux les mammites après des dérapages qui leur occasionnaient jusqu’à vingt cas par mois. Ils ont réformé « les vaches à cellules qui laissent couler le lait ». Ils chaulent leurs 264 logettes à matelas et épandent quotidiennement de la paille défibrée. Ils ont demandé à leur vétérinaire de renforcer son suivi. Ils se satisfont du niveau d’étable actuel qui tutoie les 10 000 litres par tête. Ils concèdent pratiquer le transfert d’embryons et utiliser de la semence sexée sur génisses. Mais « nous ne recherchons pas de vaches à concours ou à 14 000 litres. Il nous faut des bêtes avec un gabarit normal et des qualités fonctionnelles. Nous déléguons le choix des taureaux à l’inséminateur » poursuit Marc. Une mélangeuse automotrice avec un bol de 20 m3 prépare une fois par jour la ration de base calée à 25 l. Elle comprend du maïs ensilage, du maïs épis, du foin de première coupe, de la luzerne, de la paille ensilée et 2,5 kg de correcteur. Le robot distribue en moyenne 1,8 kg de correcteur supplémentaire, 2 kg de VL 18 et 2 kg de méteil (triticale, pois, vesce) avec un maximum de 7,5 kg. Comme l’élevage commence à avoir le nombre de génisses nécessaires au renouvellement, il a débuté des croisements avec du blanc bleu belge dans l’objectif de tirer un meilleur prix des veaux. Malgré les variations du prix des céréales et du lait, les associés n’ont pas souhaité toucher aux rémunérations qu’ils se versent chaque mois. « Notre production principale nous est aujourd’hui payée quelque 50 € de moins aux 1 000 litres qu’en 2014. À 2,5 millions de litres, ça fait une somme » calcule Jean-Jacques Schmitt. Le Gaec a terminé ses exercices 2016 et 2017 dans le rouge. « Nous avons surestimé notre capacité de remboursement des gros investissements de 2013. Il va falloir rééchelonner nos emprunts » analyse Marc. En attendant, toute nouvelle dépense est décalée, hormis les urgences comme le télescopique qu’il a fallu remplacer l’an passé. « La Cuma est là pour les récoltes. Mais notre propre matériel vieillit. Ce n’est pas bon » estime Marc. Pour l’année qui s’annonce, le défi sera d’assurer leurs livraisons en laiterie avec des ensilages à 25 % d’amidon au lieu de 35 % habituellement.

Publié le 27/09/2018

L’épilogue d’un vieux dossier. Le ministère de l’Agriculture reconnaît officiellement la nouvelle Association interprofessionnelle nationale de la volaille de chair depuis le 7 septembre. Cet organisme réunit pour la première fois tous les maillons de la filière : accouveurs, éleveurs, restaurateurs, grandes surfaces… Quels sont ses objectifs et son fonctionnement ? Entretien avec son président, Jean-Michel Schaeffer, éleveur de poulets à Geispolsheim.

L’Est Agricole et Viticole - Paysan du Haut-Rhin (EAV-PHR) : L’Association interprofessionnelle nationale de la volaille de chair (Anvol) a été créée en avril et vous avez été élu président dans la foulée. Parlez-nous de son fonctionnement. Jean-Michel Schaeffer : L’Anvol regroupe toutes les fédérations de la volaille (poulet de chair, dinde, pintade, canard). Elle doit coordonner les actions des différents membres. Je suis impliqué dans ce dossier depuis le début des travaux, en 2015. Ma candidature a fait consensus. Mais le poste de président a vocation à tourner entre chaque secteur de l’interprofession. L’organisme intègre aussi les acteurs qui gravitent autour de la filière : abatteurs, distributeurs, fabricants d’aliments, bouchers… C’est important que tout le monde soit associé à la démarche. Surtout lors des négociations commerciales. EAV-PHR : Justement, quel rôle jouera l’Anvol lors des discussions avec les distributeurs ? JMS : L’interprofession ne négocie pas de prix. Elle établit des indicateurs économiques qui permettent de déterminer les coûts de production. À partir de là, chacun négocie ses contrats. Aujourd’hui, nous publions des indices sur le coût de l’alimentation. Mais nous aimerions en constituer d’autres. Sur les frais liés à l’énergie, par exemple. L’avantage, c’est que maintenant tout le monde reconnaît nos indices. Cela devrait permettre des négociations plus justes et plus transparentes. EAV-PHR : Après six mois d’existence, votre organisme est-il opérationnel ? JMS : On est encore en train de se mettre en route. Les fédérations continuent de fonctionner comme avant. On ne part pas de zéro. Et nous avons déjà commencé à travailler sur certains sujets. Par exemple, la sécheresse de l’été a fait monter les cours du maïs et du blé. Dès août, l’Anvol a publié un communiqué de presse pour alerter sur la hausse des prix des aliments et a invité producteurs et distributeurs à se rencontrer pour corriger les prix. Aux dernières nouvelles, les négociations sont en cours. EAV-PHR : Ce travail de veille est-il la priorité de l’Anvol ? JMS : Oui, on tire la sonnette d’alarme quand on sort des clous. Après, nous avons d’autres missions. On fait un gros travail de lobbying à Bruxelles. Nous sommes très vigilants sur des dossiers comme le Brexit ou les accords de libre-échange avec le Mercosur et l’Ukraine. Le fait de représenter toute la filière nous donne plus de poids, c’est sûr. On va aussi beaucoup communiquer auprès du grand public et des professionnels. Aujourd’hui, 40 % du poulet consommé en France est importé. En grande partie par la restauration hors domicile. C’est pourquoi on a insisté pour que les deux fédérations de la RHD rejoignent l’interprofession. EAV-PHR : L’Anvol a été fondée à la suite du démêlé judiciaire avec l’Autorité de la concurrence. Elle a sanctionné des concertations illégales pendant des négociations commerciales de 2000 à 2007… JMS : Selon moi, il s’agissait surtout d’entreprises qui voulaient se serrer les coudes face à la grande distribution. Quoi qu’il en soit, en 2015, l’Autorité de la concurrence a condamné 21 industriels et deux organisations professionnelles. Dans son jugement, elle consent à des rabais sur les amendes (elles s’élèveront au final à 15,20 M€, NDLR) si les acteurs mettent tout en œuvre pour s’organiser en interprofession. Cette décision a créé un électrochoc. Mais de toute façon, les sujets que nous venons d’évoquer nécessitent de travailler collectivement. EAV-PHR : Avec ces amendes et la naissance de l’Anvol, le monde de la volaille s’est-il débarrassé de ses vieilles habitudes ? JMS : L’interprofession incite tout le monde à se mettre autour de la table et donne des outils pour déterminer les coûts de production. Cela devrait permettre des négociations plus transparentes. Mais encore une fois, nous ne négocions pas de prix. L’Autorité de la concurrence nous l’interdit.

Information sur la chaîne alimentaire (ICA)

Évolution de la réglementation

Publié le 24/09/2018

L’Information sur la chaîne alimentaire (ICA) a pour but de suivre et renforcer la qualité sanitaire de la viande tout au long de la filière. Ce dispositif relève du règlement européen (CE) n° 178/2002 et des règlements constitutifs du Paquet Hygiène. Grâce aux informations transmises par les éleveurs, l’ICA permet de cibler les inspections vétérinaires et de limiter les risques sanitaires en abattoir, pour que la sécurité du consommateur soit assurée. Les éleveurs de bovins, ovins, caprins et porcins sont tenus de transmettre ces informations au moment du départ de chaque animal de l’exploitation, que ce soit pour l’abattoir ou pour la vente en élevage. Les informations sanitaires à indiquer pour les bovins évoluent en 2018 suite à la prise en compte d’un nouveau danger potentiel et à la suppression de deux maladies : listériose et botulisme. Pour la filière bovine Pour les éleveurs de bovins, l’ICA est transmise par l’Asda (carte verte). Depuis juillet 2018, les informations à transmettre sont désormais les suivantes : traitements vétérinaires avec des délais d’attente (inchangé) salmonellose clinique (inchangé) présence de cysticerques (inchangé) contaminants de l’environnement (métaux lourds, dioxine, radionucléides) : risques notifiés par l’administration et qui doivent faire l’objet de mesures de gestion particulière (inchangé) motif supprimé : botulisme clinique motif supprimé : listériose clinique nouveau motif : présente un risque avéré, identifié et notifié par le détenteur nécessitant des mesures de gestion (par exemple : aiguilles cassées ou autres corps étrangers). Les évolutions de l’ICA s’appliquent au 1er juillet 2018. En Alsace, le nouveau modèle d’Asda sera utilisé à partir du 1er octobre. Pour être en conformité avec l’ICA, les éleveurs ont deux possibilités : Bovins avec Asda version, octobre 2018 : transmission de l’ICA par l’Asda. Bovins avec ancienne Asda (avant octobre 2018) : dans le cas d’une ICA positive, transmission d’un document complémentaire individuel ou collectif avec l’Asda du bovin. Ces documents complémentaires sont disponibles sur demande au GDS ou directement sur le site d’Interbev (http://www.interbev.fr/ressources/ica). Pour la filière ovine-caprine En comparaison avec les bovins, les informations sont identiques hormis l’information « cysticercose » qui ne doit pas être notifiée pour les petits ruminants. Dans le cas d’une ICA positive (notification d’une ou plusieurs informations), un document complémentaire collectif accompagne le document de circulation des ovins et caprins. Ce document est disponible sur demande au GDS. Pour la filière porcine Le bon d’enlèvement est utilisé en tant que document d’accompagnement support de transmission de l’ICA. Pour tout complément d’information, contactez le GDS au 03 88 19 16 73 ou 03 89 22 28 00.

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