Élevage

Publié le 24/08/2018

Vivre de la production laitière, c’est le choix qu’a fait Mathias Lamote en s’installant comme agriculteur à Niederaltdorf il y a trois ans. Il ouvrira les portes de son élevage à l’occasion de la finale départementale de labour.

Mathias Lamote s’est installé en 2015 sur l’exploitation de son grand-oncle et de sa grand-tante, René et Martine Achendracher. Une suite logique pour celui qui a passé une grande partie de son temps libre à la ferme, lorsqu’il était enfant et adolescent. « René et Martine ont développé l’exploitation depuis 1978. N’ayant pas eu d’enfant, ils n’avaient pas de successeur direct », explique Mathias Lamote. Au départ à la retraite du grand-oncle, c’est Martine Achendracher qui devient gérante de l’exploitation, le temps que Mathias se forme et mûrisse son projet d’installation. Titulaire d’un bac scientifique, il passe un BTS Production animale au lycée agricole de Dannemarie-sur-Crête, dans le Doubs. Il complète sa formation par une licence professionnelle IEA (Ingénierie de l’entreprise agricole) à l’IUT de Nancy, ce qui lui permet d’approfondir ses connaissances en gestion et en fiscalité. Une fois sa licence en poche et les formalités d’installation accomplies, le jeune éleveur commence par travailler en tandem avec Martine Achendracher. Il sait qu’il va lui falloir investir dans une nouvelle salle de traite car bien que rénovée en 1997, les équipements de base datent des années 1980. De plus, avec le départ en retraite de sa grand-tante, en juillet 2016, le problème de la charge de travail va devenir encore plus crucial. Même avec l’aide occasionnelle de son père et celle de son frère Ludovic, étudiant vétérinaire et salarié sur l’exploitation durant l’été. La volonté d’anticiper la pénurie de main-d’œuvre le conduit logiquement à investir dans un robot de traite. Pour la préparation du chantier, réalisé en autocontruction, comme pour la maçonnerie, Mathias fait appel à son père, dont les compétences sont particulièrement utiles. Toujours présent quand il s’agit d’aider, et particulièrement de réparer les machines agricoles, il n’hésite pas à prendre des congés pour la mise en route du robot de traite en juin dernier. Lait de pâturage : pas pour l’instant Les 150 000 litres supplémentaires obtenus en s’installant ont déjà poussé Mathias Lamote à augmenter le cheptel et à agrandir de dix places l’étable existante. Le troupeau se compose désormais de 65 vaches laitières, pour un volume de lait contractualisé de 590 000 l livrés à Alsace Lait. « Mon objectif, c’est d’optimiser le robot de traite et de trouver un rythme de croisière à 650 000 l », explique l’éleveur, qui sélectionne les animaux davantage sur les taux et sur la qualité des pattes que sur le niveau de lactation. Tenté par la production de lait de pâturage, qu’il a découvert en faisant son stage de licence dans une ferme des Pays-Bas, il n’a toutefois pas concrétisé ce projet. Pour l’instant tout au moins. Certes, il dispose de 12 ha proches de l’étable qui suffisent amplement pour faire pâturer ses vaches laitières. Mais il faudrait investir 10 000 € pour installer des clôtures, des portes de tri, ensemencer les parcelles, aménager le chemin d’accès menant de l’étable au pâturage… Des dépenses qu’il n’est pas prêt à engager au vu de la plus-value versée par la laiterie, 15 €/1 000 l. « La gestion du pâturage ne me fait pas peur, assure Mathias Lamote, mais je considère que le retour sur investissement n’est pas suffisant par rapport à la prise de risque. » Cela ne l’empêche pas de tirer parti des surfaces en herbe de l’exploitation : il dispose de 25 ha de prairies de fauche et 10 ha de pâturage dont la moitié sont d’abord fauchés en première coupe. Les 20 ha récoltés au printemps sont enrubannés et destinés à l’alimentation des vaches laitières, le reste servant à faire du foin. Les génisses sortent au pré à partir de 1 an et jusqu’à 18-19 mois, âge auquel elles sont inséminées. Elles ressortent au pâturage lorsqu’elles sont gestantes. Biogaz : en 2020, si tout va bien Soucieux de diversifier ses activités, et donc ses revenus, Mathias Lamote a par ailleurs adhéré à l’association Biogaz Haguenau (ABH). Les 15 agriculteurs concernés - ils étaient 27 au départ - ont pour projet de construire une unité de méthanisation à Wittersheim d'ici 2020 : elle permettra de produire du biogaz à partir d’effluents d’élevage et de diverses matières premières agricoles. Pour l’EARL Achendracher, ce sont 2 500 t d’effluents qui pourraient être valorisés annuellement par ce biais. Grâce à ce nouveau débouché, le jeune éleveur ne devrait pas avoir besoin d’augmenter ses capacités de stockage de lisier et de fumier. Les résidus de méthanisation - compost et digestats - serviront par ailleurs de fertilisants sur les 30 ha de terres arables de l’exploitation et sur les prairies. Ce projet n’est pas le seul projet collectif auquel adhère Mathias Lamote : il est également l’un des sept membres de la Cuma de l’Horizon, créée en 2012. Cette Cuma d’éleveurs a acquis différents matériels pour l’épandage des effluents et le travail du sol. En investissant à plusieurs dans des matériels coûteux, mais peu utilisés durant l’année, les adhérents y trouvent un moyen de réduire leurs charges de mécanisation. Mais pas seulement : la Cuma de l’Horizon est aussi un lieu où règnent bonne organisation et bonne entente. Ce qui n’est pas rien quand on débute dans le métier d’éleveur laitier !

Dimanche 19 août à Niederroedern

Le coquelet en fête

Publié le 10/08/2018

Le dimanche 19 août sera placé sous le signe du coquelet à Niederroedern. La ferme avicole Gallmann ouvrira ses portes dès 11 h au lieu-dit Feldel, l’occasion d’en savoir plus sur l’élevage de volailles et de déguster des coquelets rôtis. De la fourche à la fourchette, en somme !

Après avoir passé son Bepa agriculture élevage au lycée agricole d’Obernai, en 1988, Éric Gallmann travaille sur la ferme paternelle en tant qu’aide familial. « Au départ à la retraite de ma mère, en 1993, j’ai repris l’exploitation, orientée vers le lait. Mais j’ai très vite arrêté la production laitière et je suis parti travailler à l’extérieur, dans l’industrie pharmaceutique. » L’exploitation compte 38 ha, dont 20 ha de maïs, 8 ha de blé, 6 ha de colza, le reste étant en prairie. « Je travaille en non-labour depuis 2009, pour limiter les coulées de boue », explique l’agriculteur. En 2012, Éric Gallmann réalise une sortie d’exploitation - l’ancien corps de ferme est situé au centre du village - et se spécialise dans l’élevage de coquelets, en partenariat avec la maison Rihn. Il construit deux bâtiments de 400 m2, chacun d’entre eux pouvant accueillir 11 000 poussins, à raison de 7,5 bandes par an. Une décision mûrement réfléchie : durant treize ans, de 1999 à 2012, il avait loué des poulaillers auprès d’autres agriculteurs. L’atelier coquelets entre en production en septembre 2013. « Depuis le 14 juin dernier, les coquelets de la maison Rihn sont nourris exclusivement avec des aliments non OGM et élevés sans antibiotiques », précise Éric Gallmann. Deux ans plus tard, Éric Gallmann monte un projet d’élevage de poulets pattes jaunes, en partenariat avec les Volailles Siebert, cette fois-ci. Un bâtiment de 700 m2, pouvant accueillir 14 500 animaux, à raison de 5,5 bandes par an. « Lorsque je me suis lancé dans la construction des deux premiers poulaillers, les habitants du lotissement voisin, situé à 500 m en contrebas ont fait une pétition pour s’y opposer. J’ai organisé une réunion d’information à la salle communale pour leur expliquer mon projet, ma façon de travailler, et ils ont très bien accueilli le projet, au final. » Récemment, l’éleveur a eu l’idée d’organiser une fête du coquelet. « Ce n’est pas tant pour faire connaître le produit, qui bénéficie déjà d’une belle notoriété, mais plutôt pour annoncer l’ouverture prochaine de mon magasin de vente à la ferme. » Ce magasin, explique-t-il, sera l’occasion, pour lui ou son épouse, de passer plus de temps sur l’exploitation. « Nous allons proposer toute la gamme de volailles, coquelets Rihn, poulets, canards, oies, mais aussi des découpes de volaille - rôtis, grillades, brochettes - et des produits transformés, comme le jambon et les saucisses. Nous ne ferons que de l’achat-vente, les animaux étant abattus par nos partenaires, les maisons Rihn et Siebert. » Le magasin de vente est idéalement situé sur une voie très passante : la rue de la Haute-Vienne. Cerise sur le gâteau, il devrait être opérationnel pour les fêtes de fin d’année. La famille Gallmann projette en outre d’ouvrir un site internet où les clients pourront effectuer leur commande et payer en mode sécurisé, avant de retirer la marchandise le lendemain en boutique. Il faut vivre avec son temps… Dimanche 19 août, la ferme avicole Gallmann accueillera les visiteurs dès 11 h. « Ils ne pourront pas pénétrer dans les bâtiments pour voir les animaux, pour des raisons d’hygiène, mais ils pourront sans doute voir des poussins, âgés d’à peine quelques jours » et s’intéresser aux méthodes de production de l’éleveur. À midi, ils pourront déguster des coquelets à la broche, rôtis au feu de bois, avec frites et dessert. Des animations sont prévues, comme un château gonflable pour les enfants et des sculptures de ballons, avec la société hœrdtoise Bulles d’R. L’après-midi, des démonstrations de travail du sol avec un déchaumeur à disques et de semis de couvert végétal seront organisées, en partenariat avec la société Kerner. Des grillades de volaille seront servies tout au long de l’après-midi, tandis que l’orchestre les Strohl’s assurera l’ambiance musicale.

Sébastien Baur à Huttenheim

Le cheval de trait poitevin par passion

Publié le 25/07/2018

À Huttenheim, Sébastien Baur élève un troupeau de six juments de trait poitevines. Une race qu’il a choisie par passion. Dimanche 29 juillet, il organise un concours de modèles et allures au plan d’eau de Huttenheim. L’occasion de découvrir cette race menacée d’extinction.

Sébastien Baur a une passion : le cheval de trait poitevin. Si bien qu’il place cette race au cœur de son projet de reprise de l’exploitation familiale. Son ambition ? Créer un atelier d’élevage de chevaux de trait poitevins. D’abord pour produire des poulains et les vendre à 6 mois, après le sevrage. Dans un second temps, il souhaite développer la production de lait de jument. Mais il lui faut d’abord trouver un débouché. Avec 50 ha de SAU et 11 ha d’herbe, ce n’est pas la surface qui manque pour mener à bien ce projet, mais bien le débouché. Car Sébastien Baur a une âme d’éleveur, de producteur, pas de transformateur, et il ne se voit pas transformer le lait lui-même. « Je cherche un débouché pour vendre le lait de mes juments. L’évolution de la taille du troupeau sera fonction de ce débouché », indique-t-il. Pour l’instant Sébastien Baur élèves six juments, qu’il a achetées auprès d’autres éleveurs situés dans le berceau de la race du côté de La Rochelle, La Roche sur Yon… Avec quelques difficultés, notamment liées à la fertilité, et à la fragilité des poulains jusqu’à un âge avancé. Vacher depuis dix ans, Sébastien Baur est bien placé pour savoir que la production de lait de vache et de jument, c’est le jour et la nuit. Les mamelles de ces dernières ont en effet une capacité à stocker le lait bien inférieure. Résultat, elles doivent être traites toutes les deux heures. Et leur poulain doit être à proximité pour que l’éjection du lait se fasse. « Par contre, note Sébastien Baur, si un jour on n’a pas la possibilité de traire, il suffit de laisser la jument avec son poulain. » Et le tour est joué. Un patrimoine génétique à sauvegarder Au-delà de la production, l’autre objectif de Sébastien Baur, c’est de maintenir un patrimoine génétique. C’est pourquoi il participe à une opération de sauvegarde qui passe par la congélation d’embryons. Il est également membre de l’association des races mulassières du Poitou. C’est par ce truchement que ses juments ont été fécondées par Pepito, un étalon que l’association lui prête pour 450 €/an, plus les frais d’entretien. Cette année, Pepito a bien travaillé : toutes les juments sont pleines. Mais, pour éviter la consanguinité, il va falloir trouver un plan B. Sébastien Baur a déjà une idée : « La blanche là-bas n’a aucun lien de parenté avec les autres. Si elle a un poulain, il pourra remplacer Pepito. » Mais il faudra patienter. Quatre ans. Le temps que le futur étalon soit agrémenté. Car, pour que ses futurs poulains aient de la valeur, leur géniteur doit avoir reçu le bon « schtampfel ». Alors, un mâle de 6 mois se négocie autour de 1 200 - 1 500 €, et une femelle du même âge autour de 1 500 - 2 000 €. Rendez-vous le 29 juillet à Huttenheim Pour mieux se faire connaître ainsi que sa race de prédilection, Sébastien Baur a inscrit une de ses juments à la commission de tri pour participer à la présentation de la race qui aura lieu au salon Equita’Lyon fin octobre. Il organise aussi un concours de modèles et allures le 29 juillet au plan d’eau de Huttenheim. Ses animaux et ceux d’autres éleveurs seront soumis à l’appréciation de Yohann Brisson, un juge venu des Deux Sèvres. Pour l’éleveur, ce concours constitue une étape importante puisqu’il doit permettre de qualifier certains de ses animaux pour participer au concours national de la race qui aura lieu fin août à Dampierre sur Boutonne, près d’Aulnay, en Charente-Maritime. « Il y aura aussi des ânes du Poitou », précise Sébastien Baur. Le concours aura lieu le matin, et la remise des prix l’après-midi. Il se greffe au marché aux puces de Huttenheim, qui sera ouvert au public de 9 h à 17 h. Buvette et petite restauration sur place.

Pages

Les vidéos