Élevage

Publié le 18/07/2018

Financé par l’Union européenne dans le cadre du programme Interreg Rhin supérieur, le projet transfrontalier Elena se poursuit. Les différents partenaires se sont retrouvés dans les locaux de la Chambre d'agriculture d’Alsace à Sainte-Croix-en-Plaine pour faire un premier bilan du travail sur la rentabilité des élevages bovins lait, porcins et caprins.

L’état des lieux de la production caprine réalisé en Alsace et dans le Bade a révélé que dans notre région les exploitations actuellement en place font essentiellement de la vente directe ; dans le Bade environ quinze élevages livrent à la laiterie Monte Ziego. Par ailleurs, les professionnels constatent une forte hausse de la consommation de lait de chèvre et des produits qui en sont issus. Les laiteries, comme celle du Climont à Saales par exemple, recherchent donc de nouveaux producteurs. La filière, par le biais du projet Elena, a tenté de fédérer les structures existantes. Mais, ces dernières se montrent peu enthousiastes jusqu’à présent. En revanche, le groupe de travail a pu développer un outil économique permettant de mettre en relation le coût de production du litre de lait de chèvre et les prix proposés par les laiteries. Les exploitants déjà en place craignent un développement non pérenne de la production en filière longue. Et elle pourrait entraîner un déséquilibre du marché fermier. D’où la nécessité d’étudier les opportunités réelles de cette valorisation, afin de ne pas mettre en péril la filière fermière régionale. Le groupe va donc proposer cet outil aux producteurs futurs ou actuels, afin de réaliser des études économiques valables. La filière pourra se développer par l’installation de nouveaux exploitants, dont la production sera orientée vers les laiteries. Le travail se fera en collaboration avec les lycées agricoles régionaux, les jeunes ayant un engouement pour la production caprine. Et la production fermière arrivant à saturation sur certains secteurs, notamment en montagne. Le groupe de travail va également organiser des réunions techniques pour permettre de valoriser les données technico-économiques qui lui permettront d’échanger avec les éleveurs sur leurs pratiques. Les professionnels seront invités à participer au salon Capr’Inov, qui se tiendra les 28 et 29 novembre à Niort. La qualité des fourrages : un enjeu capital Le groupe de travail qui s’intéresse à l’alimentation des vaches laitières a constaté de nombreuses différences entre les systèmes de rationnement utilisé en France et en Allemagne. Des différences qui compliquent les comparaisons. Pour autant, la production laitière permise est sensiblement identique sur la partie énergie. Elle est légèrement inférieure sur la protéine. Pour avoir davantage de précisions, le groupe a décidé de faire des analyses de fourrage. Et là également, les valeurs de matière sèche et de matière azotée sont proches. Par contre, le taux de cellulose brut et de NDF est supérieur en France, celui de l’amidon est en moyenne supérieur de 30 g en Allemagne. Des rations types ont également été comparées et soumises à l’avis scientifique d’un docteur allemand. Il en est ressorti qu’elles apparaissent effectivement plus complexes en Allemagne, avec un grand nombre de concentrés, plutôt matières premières qu’aliments du commerce, et moins de fourrages ingérés. Ce qui s’explique par des surfaces plus limitées et en concurrence avec des usines de méthanisation qui ont augmenté les prix des fermages et des terres. Autre différence relevée, l’utilisation de notions technico-économiques dans le conseil. En France, l’alimentation des vaches laitières est en effet saisie à chaque contrôle, permettant le calcul de l’alimentation et du coût alimentaire. Cette démarche va être mise en place en Allemagne pour permettre une comparaison. Il faudra homogénéiser la méthode de calcul des coûts des fourrages pour 2018. Sachant que la qualité des fourrages est un enjeu capital pour la production laitière. Pour accompagner les éleveurs, la Chambre d'agriculture d’Alsace a mis en place depuis plus de vingt ans un suivi de maturité du maïs. Cette prestation sera testée en Allemagne pour préparer la campagne de récolte 2018. Dans ce prolongement, deux réunions techniques franco-allemandes sont prévues à la fin du mois d’août ; elles permettront d’aborder tous les aspects pour réussir un ensilage de maïs, « du champ au silo ». Différence de coût de production Les travaux du groupe s’intéressant à l’élevage de porcs ont démarré en 2017 avec une première visite des éleveurs alsaciens à l’Erzeugerring d’Ortenau où a été présenté le contexte. Les coûts et les produits diffèrent significativement entre le Bade et l’Alsace en raison des marchés et des opportunités de commercialisation. Le travail a alors consisté à s’intéresser à la commercialisation et à l’abattage des porcs charcutiers, à l’alimentation, à la santé animale et aux cadres juridiques respectifs. Des réunions, sous forme d’ateliers, se sont également tenues avec des agriculteurs. Le groupe a aussi travaillé sur les outils utilisés en conseil et en gestion de troupeau, les données technico-économiques afin de mieux comparer les coûts de production. La Chambre d'agriculture utilise un programme national apprécié par les agriculteurs qui leur permet d’enregistrer leur travail et leurs données. En Allemagne, le programme est en ligne et les agriculteurs disposent toujours de comparaisons à jour. Autre différence : en France, les exploitations sont analysées en système naisseur-engraisseur. La comparaison économique est basée sur le nombre de porcs à l’engraissement vendus par truie ou par kg de viande produit par truie. En revanche, en Allemagne, la base de comparaison est constituée par les porcelets produits ou vendus par truie et par kg de porc produit par lieu d’engraissement. Difficile de comparer les deux méthodes. Le projet Elena a permis de constituer des ateliers pour travailler le sujet et visiter des élevages. Deux thématiques ont été identifiées : la commercialisation de porcelets alsaciens dans le Bade ; des débouchés spécifiques pour les porcs alsaciens auprès des bouchers du Bade. Exploiter les connaissances Le projet Elena a également créé un groupe dédié au robot de traite, un autre aux outils d’analyse et aux nouveaux indicateurs. À partir de la rentrée 2018, deux nouveaux indicateurs, MastiMIR et E-MIR, vont être testés sur le terrain pour vérifier leur pertinence. Le premier calcule individuellement le risque de mammite. Il pourrait permettre une détection précoce des mammites et donc de réagir rapidement. Le second calcule le déficit énergétique d’une vache par rapport à la moyenne de son troupeau. Il pourrait alerter sur un éventuel déséquilibre de la ration qu’il faudrait alors réajuster. Enfin, un des buts du projet Elena est l’introduction en Alsace d’un monitoring de santé bovine. Un groupe de travail est donc chargé de son développement. Les connaissances acquises dans le Bade-Wurtemberg seront exploitées. Depuis 2017, il a permis une meilleure connaissance réciproque, la compréhension des différentes structures, et l’analyse des différentes techniques. Il reste pour 2018 à construire ce monitoring de santé bovine dans la pratique. Il s’agit donc de bien collaborer, de clarifier les questions et d’obtenir les soutiens nécessaires. Pour ce dossier, comme pour tous les autres, l’évolution actuelle montre que l’objectif de soutien économique aux entreprises agricoles d’élevage du Rhin supérieur porté par Elena part sur de bonnes bases en impliquant de plus en plus d’acteurs au contact des éleveurs au quotidien. Les innovations et les échanges d’expériences en cours permettent de valoriser le capital et l’expérience acquise par chacun des partenaires et d’identifier toutes les nouvelles opportunités.

Concours interraces d’Alsace Bossue

Hélios, lumineuse championne

Publié le 04/07/2018

Dimanche dernier, Thomas Strohm, président du Syndicat des éleveurs d’Alsace Bossue, prenait les commandes de l’organisation du concours interraces d’Alsace Bossue à Lorentzen pour la troisième fois. Une belle fête de l’élevage, qui a attiré des milliers de visiteurs.

Le concours interraces d’Alsace Bossue à Lorentzen est l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’ambiance d’un comice agricole dans un splendide cadre champêtre. Le grand pré, jouxtant le terrain de football route de Rahling, a accueilli les plus beaux spécimens de race prim’holstein, deux brunes et une rouge des plaines, qui ont partagé l’affiche avec les ovins et les caprins. Le matin, les animaux se sont mis en place : les génisses, les jeunes vaches en première lactation et les vaches adultes. Ce mini-salon de l’agriculture, vitrine de l’élevage en Alsace Bossue, existe depuis une soixantaine d’années. Thomas Strohm, président du Syndicat des éleveurs d’Alsace Bossue, et son équipe, avaient concocté un programme de choix, bien étoffé, attractif pour tout le monde : « Nous sommes une trentaine sur le pont toute la journée, des membres du syndicat interraces, secondés par les Jeunes Agriculteurs. Le nombre d’animaux présents est appréciable, avec deux éléments venant du Pays de Bitche. » Depuis la participation, voulue, des collègues du Pays de Bitche, la fête attire de nombreux visiteurs mosellans. Cécile Michel et Sophie Weidmann, de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA), ont participé à la présentation des animaux, donné quelques conseils et apporté leurs encouragements lors de ce concours où la convivialité était de mise. Scrupuleusement observées En début d’après-midi, les spectateurs se sont pressés nombreux autour du ring pour le concours de la race prim’holstein. 33 vaches ont défilé pour le concours de la race prim’holstein, auquel 11 éleveurs, dont 2 Mosellans participaient. Les vaches en compétition, douchées, brossées et fraîchement tondues, ont été passées au crible par le juge Yoann Henrion, éleveur dans les Vosges. Production laitière, qualité du lait, aspect de la mamelle, membres, aplombs, port de tête, ligne de dos, tout a été scrupuleusement observé par le juge. Les génisses ont été présentées les premières, c’est RD Comane du Bitcherberg, à Volmunster, qui a été désignée vainqueur. Dans la catégorie des vaches en 1re lactation, Lady Di, du Gaec Dintinger à Weislingen, a remporté la palme. Jennifer, de Michel Reppert de Sarrewerden, s’est classée première des vaches en 2e lactation. Hélios, de l’EARL Ensminger à Waldhambach, décroche la première place dans la catégorie des vaches en 3e lactation, ainsi que le championnat du concours, toutes catégories confondues. Âgée de 6 ans, elle a facilement dépassé ses concurrentes. Avant la remise des prix, les enfants ont présenté leurs veaux, sous les regards attendris de leurs parents et grands-parents. Emma, Victor et Mathilde (3 ans) ont présenté Onolulu, un veau du Gaec du Vieux Moulin à Hirschland. Florian et Célia (5 ans) ont défilé avec O Liebes et Obylette, du Gaec de la Honau et du Forstweg à Keskastel. Léa a présenté Obernai, de l’EARL Bauer Reppert à Keskastel et Elsa, Julien, Léo et Louis (5 ans), Oups, Olivia et Orzine du Gaec de l’arc-en-ciel à Petit Rederching. « J’ai beaucoup d’amis ici, cela fait 12 ans que je viens », a rappelé Denis Ramspacher, vice-président de la CAA, avant d’évoquer l’évolution de la politique agricole et la production fourragère dans la région. Véronique Klein, vice-présidente de la CAA, a abondé dans le même sens. Le député Patrick Hetzel a loué les efforts des agriculteurs et du conseiller régional Patrick Bastian. Côté restauration, 16 jambons à la broche d’environ 12 kg chacun ont rassasié les ventres creux à midi ; et le soir, tartes flambées et pizzas ont retenu bon nombre de visiteurs. Côté animations, manège, balades à poney, initiation au gyropode, saut à l’élastique, stands de friandises, il y en avait pour tous les goûts. Sans oublier les concessionnaires qui exposaient d’énormes machines et des matériels agricoles dernier cri devant lesquels les visiteurs, impressionnés, se sont arrêtés longuement.

Ferme Ruch à Uttenhoffen

Portes ouvertes sur le robot Lely Vector

Publié le 14/06/2018

Dimanche 24 juin, la ferme Ruch organise une journée portes ouvertes à Uttenhoffen. La principale attraction sera le robot d’alimentation Lely Vector, premier spécimen du genre en Alsace, et deuxième de France en élevage ovin.

C’est un salarié de rêve : jamais malade, il travaille 24 h sur 24, sans jamais râler, et effectue ses tâches comme sur des rails. D’ailleurs, il est sur des rails. Car il s’agit d’un robot : le robot d’alimentation Lely Vector. « J’aurais quand même préféré prendre un salarié, pour le côté humain, la conversation », sourit Régis Ruch. Mais il aurait fallu trouver un mouton à cinq pattes : un salarié à mi-temps, compétent en élevage ovin… Régis Ruch s’est donc finalement replié sur un robot. Car il fallait absolument trouver une solution au manque de main-d’œuvre, facteur limitant dans cet élevage. Installé en hors cadre familial en 2005, Régis Ruch ne peut compter que sur un peu d’aide familiale pour élever ses 530 brebis à la prime, ses 20 béliers et leurs agneaux. En outre, sa production est intégralement commercialisée en direct à la ferme et au magasin de producteurs Hop’la, où Régis Ruch doit donc régulièrement assurer des permanences. Autre conséquence coûteuse en main-d’œuvre de ce canal de distribution : il faut pouvoir fournir des agneaux toute l’année, donc les agnelages sont désaisonnalisés, et il y a des brebis qui ont - ou qui vont vêler - ainsi que des agneaux à engraisser toute l’année dans les bâtiments. Même si la majorité du troupeau est dehors. Des rations à la carte Depuis 2013, Régis Ruch utilise un bol mélangeur pour nourrir les animaux dans les bâtiments. « Les résultats zootechniques étaient bons, il y avait moins de tri, de refus, une meilleure croissance, moins d’acidoses. » Par contre, le coût en gasoil et en temps est important. Et « comme j’étais obligé de préparer des bols entiers, il y avait parfois des problèmes d’échauffement du fourrage, donc de la perte ». Ce sont tous ces éléments qui ont poussé Régis Ruch à passer au robot d’alimentation : « J’ai investi 150 000 €, soit à peu près autant que pour un tracteur et une mélangeuse, pour un coût journalier d’utilisation inférieur, moins de main-d’œuvre et une plus grande précision. Car désormais je peux faire des rations à la carte, en petite quantité, pour coller au plus près aux besoins des animaux. » Les 85 ha de SAU étant en herbe, la ration est composée de 98 % d’herbe, complétée avec de la pulpe de betterave et un complément du commerce, dont la quantité est ajustée en fonction des résultats des analyses de fourrages, qui sont effectuées à chaque changement de matière première, et qui sont désormais enregistrées dans le logiciel servant à piloter le robot. Moins de stress pour tout le monde Le robot tourne depuis le 23 janvier. Toutes les 60 minutes il quitte sa base, où il recharge ses batteries, pour aller repousser et scanner la hauteur de fourrage à l’auge dans tous les bâtiments. « Dans les bâtiments il est guidé par ultrasons. Entre les bâtiments il circule sur un rail aimanté. » Si la hauteur de fourrage est inférieure à un certain seuil, de retour à la base, il prépare la ration correspondante. Pour cela, un grappin vient sélectionner les différents ingrédients dans l’ordre prédéfini. Le grappin et le bol sont équipés de systèmes de pesée permettant d’obtenir la composition voulue. Puis le robot part la distribuer aux animaux. Qui sont donc nourris 24 h sur 24, à la demande. « En ce moment, les animaux sont nourris à 70 % la nuit, lorsqu’il fait frais, car en journée il fait chaud et les animaux mangent moins », souligne Régis Ruch. Conséquence : moins de stress. Pour les animaux. Et pour l’éleveur : « Avant ça râlait le matin et le soir à l’heure de l’affouragement. Le robot permet de reproduire les conditions extérieures. Les animaux mangent quand ils veulent. Vont se coucher. Reviennent manger. Du coup il n’y a plus ce phénomène de compétition à l’auge, où les animaux se précipitaient pour être sûrs d’avoir quelque chose à manger. Ils sont plus zen, et ont moins de problèmes digestifs qu’avant. Nourris plus sainement, ils sont en meilleure santé. Je n’ai quasiment pas utilisé d’antibiotiques depuis que le robot fonctionne. » En ce qui le concerne Régis Ruch constate : « J’ai plus de temps pour m’occuper des animaux. Je suis plus concentré. » Il note aussi l’amélioration de ses conditions de vie : « Je dois remplir la cuisine, deux fois par semaine en été, encore moins en hiver. Je suis débarrassé des astreintes du matin et du soir. Je peux profiter d’une sortie sereinement, par exemple. Car j’ai une application sur mon téléphone qui me permet de suivre le robot, avec des alarmes en cas de dysfonctionnement. Il y a aussi une assistance téléphonique avec l’assurance d’un dépannage sur site dans les deux heures si nécessaire ». Découvrez le robot Lely Vector au travail en images :  

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