Élevage

Concours interraces d’Alsace Bossue

Hélios, lumineuse championne

Publié le 04/07/2018

Dimanche dernier, Thomas Strohm, président du Syndicat des éleveurs d’Alsace Bossue, prenait les commandes de l’organisation du concours interraces d’Alsace Bossue à Lorentzen pour la troisième fois. Une belle fête de l’élevage, qui a attiré des milliers de visiteurs.

Le concours interraces d’Alsace Bossue à Lorentzen est l’occasion de découvrir ou redécouvrir l’ambiance d’un comice agricole dans un splendide cadre champêtre. Le grand pré, jouxtant le terrain de football route de Rahling, a accueilli les plus beaux spécimens de race prim’holstein, deux brunes et une rouge des plaines, qui ont partagé l’affiche avec les ovins et les caprins. Le matin, les animaux se sont mis en place : les génisses, les jeunes vaches en première lactation et les vaches adultes. Ce mini-salon de l’agriculture, vitrine de l’élevage en Alsace Bossue, existe depuis une soixantaine d’années. Thomas Strohm, président du Syndicat des éleveurs d’Alsace Bossue, et son équipe, avaient concocté un programme de choix, bien étoffé, attractif pour tout le monde : « Nous sommes une trentaine sur le pont toute la journée, des membres du syndicat interraces, secondés par les Jeunes Agriculteurs. Le nombre d’animaux présents est appréciable, avec deux éléments venant du Pays de Bitche. » Depuis la participation, voulue, des collègues du Pays de Bitche, la fête attire de nombreux visiteurs mosellans. Cécile Michel et Sophie Weidmann, de la Chambre d’agriculture d’Alsace (CAA), ont participé à la présentation des animaux, donné quelques conseils et apporté leurs encouragements lors de ce concours où la convivialité était de mise. Scrupuleusement observées En début d’après-midi, les spectateurs se sont pressés nombreux autour du ring pour le concours de la race prim’holstein. 33 vaches ont défilé pour le concours de la race prim’holstein, auquel 11 éleveurs, dont 2 Mosellans participaient. Les vaches en compétition, douchées, brossées et fraîchement tondues, ont été passées au crible par le juge Yoann Henrion, éleveur dans les Vosges. Production laitière, qualité du lait, aspect de la mamelle, membres, aplombs, port de tête, ligne de dos, tout a été scrupuleusement observé par le juge. Les génisses ont été présentées les premières, c’est RD Comane du Bitcherberg, à Volmunster, qui a été désignée vainqueur. Dans la catégorie des vaches en 1re lactation, Lady Di, du Gaec Dintinger à Weislingen, a remporté la palme. Jennifer, de Michel Reppert de Sarrewerden, s’est classée première des vaches en 2e lactation. Hélios, de l’EARL Ensminger à Waldhambach, décroche la première place dans la catégorie des vaches en 3e lactation, ainsi que le championnat du concours, toutes catégories confondues. Âgée de 6 ans, elle a facilement dépassé ses concurrentes. Avant la remise des prix, les enfants ont présenté leurs veaux, sous les regards attendris de leurs parents et grands-parents. Emma, Victor et Mathilde (3 ans) ont présenté Onolulu, un veau du Gaec du Vieux Moulin à Hirschland. Florian et Célia (5 ans) ont défilé avec O Liebes et Obylette, du Gaec de la Honau et du Forstweg à Keskastel. Léa a présenté Obernai, de l’EARL Bauer Reppert à Keskastel et Elsa, Julien, Léo et Louis (5 ans), Oups, Olivia et Orzine du Gaec de l’arc-en-ciel à Petit Rederching. « J’ai beaucoup d’amis ici, cela fait 12 ans que je viens », a rappelé Denis Ramspacher, vice-président de la CAA, avant d’évoquer l’évolution de la politique agricole et la production fourragère dans la région. Véronique Klein, vice-présidente de la CAA, a abondé dans le même sens. Le député Patrick Hetzel a loué les efforts des agriculteurs et du conseiller régional Patrick Bastian. Côté restauration, 16 jambons à la broche d’environ 12 kg chacun ont rassasié les ventres creux à midi ; et le soir, tartes flambées et pizzas ont retenu bon nombre de visiteurs. Côté animations, manège, balades à poney, initiation au gyropode, saut à l’élastique, stands de friandises, il y en avait pour tous les goûts. Sans oublier les concessionnaires qui exposaient d’énormes machines et des matériels agricoles dernier cri devant lesquels les visiteurs, impressionnés, se sont arrêtés longuement.

Ferme Ruch à Uttenhoffen

Portes ouvertes sur le robot Lely Vector

Publié le 14/06/2018

Dimanche 24 juin, la ferme Ruch organise une journée portes ouvertes à Uttenhoffen. La principale attraction sera le robot d’alimentation Lely Vector, premier spécimen du genre en Alsace, et deuxième de France en élevage ovin.

C’est un salarié de rêve : jamais malade, il travaille 24 h sur 24, sans jamais râler, et effectue ses tâches comme sur des rails. D’ailleurs, il est sur des rails. Car il s’agit d’un robot : le robot d’alimentation Lely Vector. « J’aurais quand même préféré prendre un salarié, pour le côté humain, la conversation », sourit Régis Ruch. Mais il aurait fallu trouver un mouton à cinq pattes : un salarié à mi-temps, compétent en élevage ovin… Régis Ruch s’est donc finalement replié sur un robot. Car il fallait absolument trouver une solution au manque de main-d’œuvre, facteur limitant dans cet élevage. Installé en hors cadre familial en 2005, Régis Ruch ne peut compter que sur un peu d’aide familiale pour élever ses 530 brebis à la prime, ses 20 béliers et leurs agneaux. En outre, sa production est intégralement commercialisée en direct à la ferme et au magasin de producteurs Hop’la, où Régis Ruch doit donc régulièrement assurer des permanences. Autre conséquence coûteuse en main-d’œuvre de ce canal de distribution : il faut pouvoir fournir des agneaux toute l’année, donc les agnelages sont désaisonnalisés, et il y a des brebis qui ont - ou qui vont vêler - ainsi que des agneaux à engraisser toute l’année dans les bâtiments. Même si la majorité du troupeau est dehors. Des rations à la carte Depuis 2013, Régis Ruch utilise un bol mélangeur pour nourrir les animaux dans les bâtiments. « Les résultats zootechniques étaient bons, il y avait moins de tri, de refus, une meilleure croissance, moins d’acidoses. » Par contre, le coût en gasoil et en temps est important. Et « comme j’étais obligé de préparer des bols entiers, il y avait parfois des problèmes d’échauffement du fourrage, donc de la perte ». Ce sont tous ces éléments qui ont poussé Régis Ruch à passer au robot d’alimentation : « J’ai investi 150 000 €, soit à peu près autant que pour un tracteur et une mélangeuse, pour un coût journalier d’utilisation inférieur, moins de main-d’œuvre et une plus grande précision. Car désormais je peux faire des rations à la carte, en petite quantité, pour coller au plus près aux besoins des animaux. » Les 85 ha de SAU étant en herbe, la ration est composée de 98 % d’herbe, complétée avec de la pulpe de betterave et un complément du commerce, dont la quantité est ajustée en fonction des résultats des analyses de fourrages, qui sont effectuées à chaque changement de matière première, et qui sont désormais enregistrées dans le logiciel servant à piloter le robot. Moins de stress pour tout le monde Le robot tourne depuis le 23 janvier. Toutes les 60 minutes il quitte sa base, où il recharge ses batteries, pour aller repousser et scanner la hauteur de fourrage à l’auge dans tous les bâtiments. « Dans les bâtiments il est guidé par ultrasons. Entre les bâtiments il circule sur un rail aimanté. » Si la hauteur de fourrage est inférieure à un certain seuil, de retour à la base, il prépare la ration correspondante. Pour cela, un grappin vient sélectionner les différents ingrédients dans l’ordre prédéfini. Le grappin et le bol sont équipés de systèmes de pesée permettant d’obtenir la composition voulue. Puis le robot part la distribuer aux animaux. Qui sont donc nourris 24 h sur 24, à la demande. « En ce moment, les animaux sont nourris à 70 % la nuit, lorsqu’il fait frais, car en journée il fait chaud et les animaux mangent moins », souligne Régis Ruch. Conséquence : moins de stress. Pour les animaux. Et pour l’éleveur : « Avant ça râlait le matin et le soir à l’heure de l’affouragement. Le robot permet de reproduire les conditions extérieures. Les animaux mangent quand ils veulent. Vont se coucher. Reviennent manger. Du coup il n’y a plus ce phénomène de compétition à l’auge, où les animaux se précipitaient pour être sûrs d’avoir quelque chose à manger. Ils sont plus zen, et ont moins de problèmes digestifs qu’avant. Nourris plus sainement, ils sont en meilleure santé. Je n’ai quasiment pas utilisé d’antibiotiques depuis que le robot fonctionne. » En ce qui le concerne Régis Ruch constate : « J’ai plus de temps pour m’occuper des animaux. Je suis plus concentré. » Il note aussi l’amélioration de ses conditions de vie : « Je dois remplir la cuisine, deux fois par semaine en été, encore moins en hiver. Je suis débarrassé des astreintes du matin et du soir. Je peux profiter d’une sortie sereinement, par exemple. Car j’ai une application sur mon téléphone qui me permet de suivre le robot, avec des alarmes en cas de dysfonctionnement. Il y a aussi une assistance téléphonique avec l’assurance d’un dépannage sur site dans les deux heures si nécessaire ». Découvrez le robot Lely Vector au travail en images :  

Publié le 08/06/2018

La ferme d’Anne et Jacky Ernwein a ouvert ses portes à une soixantaine d’écoliers d’Oberhausbergen pour leur faire découvrir ses activités d’élevage de chevaux fjords et vaches charolaises.

C’est à pied qu’une soixantaine d’élèves de l’école primaire Josué Hoffet d’Oberhausbergen se sont rendus à la ferme Ernwein où Sophie Scemama, animatrice d’Interbev Grand Est, et l’éleveuse Anne Erwein leur ont souhaité la bienvenue. Depuis deux ans, l’opération nationale Fermes ouvertes à laquelle participe cette exploitation est organisée conjointement avec les rencontres Made in viande. Les enfants ont démarré cette matinée par la visite du magasin de producteurs Hop’la qui jouxte les bâtiments de la ferme, et auquel « pratiquement 70 % de la production de génisses et jeunes bovins » est destinée, précise Anne Ernwein. Bouche bée devant le poulain ! Anne Ernwein leur a fait découvrir l’élevage de vaches allaitantes, en leur expliquant bien la différence entre les laitières et leurs 180 charolaises, destinées à la viande. Les veaux sont engraissés durant 15 à 18 mois. Devant les vaches, les questions ont fusé. Certaines surprenantes : « Vous avez des vaches chouchou ? » D’autres plus craintives : « Elles ne vont pas nous foncer dessus ? » La belle attraction de cette visite à la ferme a sans conteste été la découverte des poneys fjord et de l’un des 25 poulains nés cette année, Idylle d’Ober, au côté de sa mère Fenzy d’Ober, présentés par Alice Ernwein qui projette, après sa formation au centre équestre de Truchtersheim, d’ouvrir un centre équestre à la ferme. L’animatrice d’Interbev a interrogé les enfants sur l’utilité d’une ferme, l’alimentation des animaux, la différence entre paille et foin, l’utilisation du blé. Une question qui a suscité une réponse unanime : « Des gâteaux ». Elle les a étonnés avec le poids d’une vache, la quantité d’eau bue, 60 à 80 litres par jour, et le grand écart de production de lait entre les laitières, qui donnent 40 l par jour en moyenne, contre 6 à 7 l pour les allaitantes ! Les élèves n’imaginaient pas non plus le grand nombre de morceaux de viande différents sur une vache, le seul qu’ils connaissaient étant le steak haché. Et quand on leur a demandé ce qu’on fait avec leur peau ? « Des doudous », ont répondu les enfants ! Dans ce tour d’horizon de l’élevage, l’animatrice a évoqué les chevaux, les moutons et leur manière de se nourrir, « omnivore comme le cochon et comme nous ». Cette matinée s’est achevée par une dégustation de yaourts, en partenariat avec Alsace Lait. De la théorie à la pratique, une visite fort appréciée !

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