Élevage

Festival de l’élevage

« Un rendez-vous incontournable »

Publié le 18/05/2018

Doudounes et bonnets de laine étaient de sortie, dimanche au plan d’eau de Brumath. Qu’importe ! Dans le ring, l’ambiance était au beau fixe. Autour des barrières de sécurité, un public nombreux s’est agglutiné tout au long de la journée pour encourager les éleveurs. Les élus ont eux aussi bravé les frimas pour participer à cette grande fête agricole.

Sur le coup de midi, personnalités politiques et responsables agricoles n’ont pas hésité à faire le déplacement, pour l’inauguration officielle de cette manifestation placée sous la présidence d’Anne Sander, députée européenne. Marc Schneider, le président du comité d’organisation du festival de l’élevage, s’en est félicité. « Vous pouvez admirer le fleuron de l’élevage bas-rhinois et discuter avec les éleveurs qui vous transmettront leur passion », a-t-il souligné avant d’ajouter : « Merci aux éleveurs haut-rhinois et mosellans qui se sont joints à nous. » « J’ai peur que le soufflé ne retombe » Si la conjoncture s’est un peu améliorée, les prix restent bas, a-t-il poursuivi. « Dommage, avec toutes les contraintes qu’on nous impose, que nos produits ne soient pas mieux valorisés. On avait placé beaucoup d’espoirs dans les États généraux de l’alimentation (EGA), mais j’ai peur que le soufflé ne retombe. Mesdames et Messieurs les élus, aidez-nous à pousser le carrosse pour faire avancer l’agriculture. » Étienne Wolf, maire de Brumath et vice-président du Conseil départemental du Bas-Rhin, a fustigé la manifestation des animalistes - une soixantaine d’entre eux s’étaient regroupés à l’entrée du plan d’eau. « Pourquoi ne pas s’engager plutôt dans une démarche humanitaire pour venir en aide à ceux qui, à travers le monde, vivent dans des conditions très précaires ? » Il a assuré les éleveurs et, partant, les agriculteurs, du soutien du Département. « Nous restons à vos côtés dans la difficulté. » Au nom des organisations agricoles, Denis Ramspacher, vice-président de la Fédération nationale des producteurs de lait, a félicité Marc Schneider d’avoir pris la relève de Jean Bernhard, « rassembleur des éleveurs depuis des années ». Plus largement, il a remercié tous ceux qui participent à la réussite de ce festival, les syndicats d’élevage, la Chambre d'agriculture, Conseil Élevage, Élitest, le Comptoir agricole, ainsi que les autres partenaires. Il a souligné la participation importante des jeunes éleveurs, que ce soit lors du concours de présentation le samedi ou des concours de race le dimanche. « C’est d’autant plus important que d’ici quelques années, 50 % de la production laitière va changer de main. Certains de ces jeunes vont s’installer, d’autres vont agrandir leur cheptel, et donc investir. » « Si les agriculteurs se sont tellement mobilisés pour les EGA, c’est qu’ils n’arrivent pas à vivre de leur métier, a insisté Denis Ramspacher. Un tiers d’entre eux vivent avec moins de 350 €/mois. » Mais le socle de départ semble avoir été oublié, au profit du bien-être animal, de la segmentation des marchés… Le syndicaliste met en garde : « Nous ne pouvons intervenir que sur le marché intérieur, au risque de mettre en péril nos exportations. Et, de toute façon, nous ne ferons jamais le poids face aux distributeurs. Vous ne pourrez pas les empêcher de s’approvisionner à l’étranger… » Autre source d’inquiétude, la Politique agricole commune. La proposition de la Commission européenne de réduire de 5 % le budget de la Pac est tout simplement inacceptable. « En cette période difficile, l’agriculture a besoin de tous les soutiens », a affirmé Denis Ramspacher. Race stabiliser : une introduction réussie « Au-delà de la fête de l’élevage, c’est la fête du monde agricole. Un lieu de débat, d’échanges, un rendez-vous incontournable », a souligné Patrick Bastian, président de la commission agricole de la Région Grand Est. Et les sujets de débat ne manquent pas, car l’agriculture est malmenée de tous les côtés… Aussi est-il important de faire passer des messages d’espoir. Installation, marchés, compétitivité, exportation… Patrick Bastian a rappelé les grands axes de la politique agricole régionale. « Nous venons d’avancer sur le dossier de l’autonomie fourragère des élevages, d’autant plus importante que de nouvelles filières se mettent en place (lait sans OGM, lait de prairie, etc.) » D’autres projets sont dans les tuyaux, comme la création d’un « big data » rassemblant l’ensemble des données des exploitations d’élevage, mais aussi le soutien à l’installation des jeunes et à la génétique ovine. « L’introduction d’une nouvelle race bovine, stabiliser, par l’association Bovinext semble être un succès. Vu le nombre de transplantations d’embryons réalisées, les éleveurs y croient. » Concernant la politique européenne de la France, Patrick Bastian lance une injonction au gouvernement : « Osons, fonçons, prenons des risques ! » Si l’on veut mettre en place une nouvelle politique - NDLR : la politique de défense et de sécurité voulue par Emmanuel Macron -, il faut prévoir de nouvelles ressources et non pas rogner sur le budget de la Pac. Patrick Bastian n’y va pas par quatre chemins : « La gestion des fonds du 2e pilier est mauvaise. Les retards de paiement des aides sont intolérables. » Pour autant, une renationalisation de ces aides serait une grave erreur, estime-t-il. « La Région est à même de gérer les fonds du deuxième pilier, à condition de lui donner les pleins pouvoirs. » Les élections européennes approchent à grands pas, a souligné Patrick Bastian. « Il faut se battre dès maintenant. » En attendant, il a affirmé son soutien à Anne Sander, « qui connaît les rouages, les dossiers ». Martine Wonner était présente l’an dernier à Brumath en tant que candidate aux élections législatives. Aujourd’hui députée de la quatrième circonscription du Bas-Rhin, elle était à nouveau dans le ring cette année, car elle veut connaître la réalité du terrain. « Je sais tous les espoirs que vous placez dans les États généraux de l’alimentation. Il faut que le projet de loi corresponde à ces attentes. Sinon, cela ferait beaucoup de travail pour rien ! Il faut aller vite, car la vulnérabilité des éleveurs et des agriculteurs est réelle. » Encore un peu de patience : le projet de loi sera examiné par l’Assemblée nationale le 22 mai prochain… « L’équipe de France doit aller dans le même sens » « Les élus qui assument leur vote agricole sont toujours moins nombreux, car ils écoutent ceux qui crient le plus fort. Et pour l’instant, ce ne sont pas les agriculteurs… Je me suis engagée au niveau européen pour défendre leurs intérêts », a rappelé l’eurodéputée Anne Sander. Son objectif ? « Défendre tous les modèles agricoles, ne pas imposer un modèle unique. » Son vœu ? Que l’équipe de France aille dans le même sens, ce qui suppose de travailler en complémentarité à tous les niveaux. La baisse annoncée du budget agricole européen n’est pas acceptable, estime-t-elle. « Là aussi, il faut faire entendre la voix de la France ! » Et la renationalisation des aides Pac serait une très, très mauvaise idée. « Là aussi, il faut se battre. Sinon, gare aux distorsions de concurrence ! » Le règlement Omnibus entré en vigueur le 1er janvier 2018 a apporté une série d’améliorations techniques qui doivent simplifier la vie des agriculteurs européens. Il donne notamment aux organisations de producteurs la possibilité de négocier collectivement, quel que soit le secteur de production, les modalités de partage de la valeur sans tomber sous le couperet de la loi sur la concurrence. Concernant les accords commerciaux internationaux, les discussions avec le Mercosur ont été interrompues, car elles étaient préjudiciables à la filière agricole européenne. « Mais n’oublions pas que d’autres accords commerciaux, à l’instar de celui conclu avec le Japon, sont bénéfiques pour l’agriculture française, en particulier pour la filière bovine. »

Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin

Des pointures du pointage

Publié le 18/05/2018

Marie Goos et Lucas Huss se sont qualifiés pour la finale nationale du concours de jugement d’animaux par les jeunes. Ils représenteront le Bas-Rhin à Paris pour la deuxième fois.

Le concours de jugement d’animaux par les jeunes est ouvert aux jeunes de 15 à 25 ans, élèves de l’enseignement agricole ou jeunes agriculteurs récemment installés. Les candidats sont jugés sur leur aptitude au pointage des bovins de race laitière ou allaitante. Pour bien se classer ou pour remporter l’épreuve, ils doivent exercer leur esprit critique et évaluer la morphologie des animaux en fonction de leur destination, la production de lait ou de viande. Pour cette nouvelle édition, qui a eu lieu samedi 12 mai dans le cadre du festival de l’élevage, on comptait 35 inscrits, dont une bonne moitié de filles. Ce fort engouement marque la motivation de la jeune génération à concourir à cette épreuve qui se déroule dans une ambiance à la fois conviviale et professionnelle. Elle ouvre les portes de la finale nationale organisée au Salon de l’agriculture à Paris. Les deux qualifiés - Marie Goos de Blaesheim, en race prim’holstein et Lucas Huss de Wolfisheim, en race allaitante - y défendront les couleurs du Bas-Rhin en février 2019. Ce ne sera pas une première puisque les deux jeunes gens étaient déjà en lice à Paris cette année pour la finale nationale de jugement des animaux. Lucas Huss y a même remporté la première place en race charolaise. Une dimension pédagogique À Brumath, les candidats avaient deux vaches à pointer en race prim’holstein, et deux femelles en races limousine et charolaise. Les animaux ont été jugés selon des grilles de pointage nationales. Pour les vaches laitières, les principaux critères d’évaluation étaient concentrés sur la mamelle : profondeur du sillon, distance plancher-jarret, équilibre avant-arrière… Les jeunes pointeurs devaient également être attentifs au corps, au bassin et aux membres. Pour la génisse limousine et la vache charolaise suitée, l’appréciation portait essentiellement sur le développement musculaire et squelettique, ainsi que sur les aplombs. Les évaluations des candidats étaient ensuite comparées à celles d’un jury de référence, composé de Rémy Bierbaum, technicien à Élitest pour les races à viande, et Perrine Ludwig, technicienne à Prim’Holstein France, pour la race holstein. Une fois les feuilles de pointage rendues, l’exercice prenait une dimension pédagogique grâce aux commentaires de Rémy Bierbaum. Les Jeunes Agriculteurs du Bas-Rhin, organisateurs de l’épreuve, ont pu compter sur le soutien de plusieurs partenaires, à savoir le Crédit Agricole, Costal et la FDSEA du Bas-Rhin, qui ont mis à disposition du matériel et des lots. Le palmarès Les candidats du concours de pointage sont répartis en trois catégories : juniors, seniors et vétérans. Voici les résultats : Race prim’holstein Catégorie junior 1re, Goos Caroline, Blaesheim (184 pts) ; 2e, Morier Emma, Donnenheim (260 pts) Catégorie senior 1re, Goos Marie, Blaesheim (120 pts) ; 2e, Lemoine Léo, Blagny (150 pts) ; 3e, Koenig Jim Vauthiermont (174 pts) ; 4e, Froehlicher Lea, Birlenbach (175 pts) ; 5e, Berger Bastien, Wittisheim (180 pts) ; 6e, Schoenel Johann, Wintershouse (186 pts) ; 7e, Wendling Julie, Lupstein (188 pts) ; 8e, Molle Marine, Dannemarie (206 pts) ; 9e, Huss Lucas, Wolfisheim (208 pts) ; 10e, Lapp Arnaud, Olwisheim (214 pts) ; 11e, Scharff Chloé Remilly (236 pts) ; 12e, Thiebaut Damien, Craincourt (242 pts) ; 13e, Thiebaut Romain, Craincourt (246 pts) ; 14e, Bourst Céline, Hoffen (248 pts) ; 15e, Seemann Camille, Schwenheim (252 pts) ; 16e, Prinz Apolline, Ruederbach (254 pts) ; 17e, Martin Laurelie, Landonvillers (256 pts) ; 18es ex-aequo, Gloeckler Lydie, Soultz-les-Bains et Hiegel Mélanie, Phalsbourg (258 pts) ; 19e, Schoenel Anne, Wintershouse (260 pts) ; 20e, Fichter Mike, Uhrwiller (270 pts) ; 21e, Cousandier Claire, Roeschwoog (290 pts) ; 22e, Knab Valentin, Kienheim (336 pts) ; 23e, Schubnel Marie, Bergheim (352 pts) ; 24e, Schneider Guillaume, Uhlwiller (360 pts) ; 25e, Cousandier Thomas, Roeschwoog (366 pts) ; 26e, Kenck Delphine, Buhl (372 pts) ; 27e, Scharff Louise, Remilly (406 pts) Catégorie vétéran 1re, Merckling Maeva, Schillersdorf (188 pts) ; 2e, Engel Manuel, Buhl (212 pts) ; 3e, Iltis Thomas, Schillersdorf (226 pts) Races à viande Catégorie junior 1re, Morier Emma, Donnenheim (348 pts) Catégorie senior 1er, Huss Lucas, Wolfisheim (120 pts) ; 2e, Seemann Camille, Schwenheim (130 pts) ; 3e, Martin Laurelie, Landonvillers (134 pts) ; 4e, Fichter Mike, Uhrwiller (138 pts) ; 5e, Schoenel Anne, Wintershouse (140 pts) ; 6e, Cousandier Thomas, Roeschwoog (142 pts) ; 7e, Berger Bastien, Wittisheim (152 pts) ; 8e, Cousandier Claire, Roeschwoog (154 pts) ; 9e, Gloeckler Lydie, Soultz-les-Bains (158 pts) ; 10e, Knab Valentin, Kienheim (156 pts) ; 11e, Thiebaut Romain, Craincourt (164 pts) ; 12e, Schneider Guillaume, Uhlwiller (176 pts) ; 13es ex-aequo, Koenig Jim, Vauthiermont, et Froehlicher Lea, Birlenbach (180 pts) ; 15e, Wendling Julie, Lupstein (186 pts) ; 16e, Molle Marine, Dannemarie (188 pts) ; 17e, Scharff Chloé, Remilly (198 pts) ; 18e, Scharff Louise, Remilly (200 pts) ; 19e, Lapp Arnaud, Olwisheim (202 pts) ; 20e ex-aequo, Bourst Céline, Hoffen, et Wenk Laura, Servigny-les-Raville (206 pts) ; 22e, Hiegel Mélanie, Phalsbourg (208 pts) ; 23e, Schoenel Johann, Wintershouse (226 pts) ; 24e Thiebaut Damien, Craincourt (238 pts) ; 25e, Prinz Apolline, Ruederbach (276 pts) ; 26e, Schubnel Marie, Bergheim (294 pts) ; 27e, Kenck Delphine, Buhl (386 pts) Catégorie vétéran 1re, Merckling Maeva, Schillersdorf (132 pts), 2e, Engel Manuel, Buhl (134 pts) ; 3e, Iltis Thomas, Schillersdorf (182 pts)

Concours de la race simmental

Oh les belles vaches !

Publié le 18/05/2018

Lisette. La grande championne simmental porte un prénom très bucolique. Cette vache en première lactation, issue du taureau Hadil et âgée de moins de 3 ans, a remporté la compétition haut la main. « J’ai flashé sur elle dès qu’elle a pénétré dans le ring, avoue la juge haut-marnaise, Annette Richard. Il faut absolument qu’elle sorte du département pour participer à des concours internationaux. » Que son propriétaire, le Gaec Cousandier à Rœschwoog, se le tienne pour dit !

Un peu plus tôt, Lisette avait raflé le prix de la meilleure mamelle jeune et le championnat jeune vache. Annette Richard s’était alors extasiée sur cette « très belle vache », l’abreuvant de qualificatifs flatteurs : « Complète, fonctionnelle, parfaite ! » Une vache comme on les aime, avec une excellente mamelle, des trayons équilibrés, une belle ligne de dos, de solides aplombs et un bon bassin. « Nombre d’éleveurs voudraient en être propriétaires », avait ajouté Rémy Bierbaum, technicien chez Élitest. Tagada ! Le Gaec Cousandier a une nouvelle fois décroché la timbale avec Fraise, une vache en 5e lactation. « Grande, longue, magnifique », elle a été sacrée championne vache adulte. Fille de Tombois et de Caraibe, elle est née en septembre 2010. En 4e lactation, elle a produit près de 8 500 kg de lait à 42,3 ‰ de taux butyreux et 34,3 ‰ de taux azoté. « Admirez la solidité de cette mamelle, elle ne bougera jamais », commente la juge. Rien d’étonnant à ce qu’elle s’arroge le titre de meilleure mamelle adulte… Coup de cœur pour Héline Héline s’est elle aussi distinguée lors de ce concours. Cette vache du Gaec Fichter d’Uhrwiller a remporté le titre de meilleure bouchère. Fille de Rum et de Caline, elle est née en novembre 2012. Actuellement en troisième lactation, elle a produit 7 315 kg de lait à 41,6 de TB et 36,8 de TA. « Dès le début, elle m’a tapé dans l’œil car elle est magnifique et puissante », déclare Annette Richard. Sans une chute inopinée lors de la séance de préparation, elle aurait sans doute constitué un sérieux adversaire pour le titre de championne… Maïté, une génisse de 2 ans appartenant elle aussi au Gaec Fichter, a quant à elle été sacrée championne génisse. Cette fille d’Illuminati et d’Irénée est « une excellente bouchère, complète sur tous ses postes. Très prometteuse, elle a tout pour monter sur le podium. » Une autre vache a attiré l’attention du jury. Gauloise, fille de Robi, appartenant à l’EARL Engel à Buhl. Actuellement en quatrième lactation, elle a produit 7 703 kg de lait à 40,7 de TB et 36,99 de TA en troisième lactation. « Une vraie simmental, complète, profonde, avec une belle mamelle. » Elle a été désignée réserve du championnat vaches adultes. Beau doublé pour le Gaec Bernhard à Wœrth. Joule s’est classée réserve meilleure mamelle jeune vache, tandis qu’Iris a décroché le même titre chez les vaches adultes. Des vaches très complètes, très laitières, précise la juge haut-marnaise. Au classement par lot, c’est l’EARL Engel de Buhl qui monte sur la première marche du podium, avec « des animaux complets, présentant une belle mixité, équilibrés sur tous les postes ». Sur les deuxième et troisième marches, on trouve le Gaec Bernhard de Wœrth et le Gaec Fichter d’Uhrwiller.

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