Élevage

Peste porcine africaine

Premiers cas détectés en Belgique

Publié le 20/09/2018

Signalée depuis plusieurs années en Europe de l’Est, la progression de cette maladie était suivie de près avec des cas en Pologne, République tchèque et Roumanie. C’est aujourd’hui en Belgique, à une dizaine de kilomètres de la frontière française, que des sangliers ont été détectés porteurs de ce virus.

La Peste porcine africaine (PPA) est une maladie qui ne présente aucun danger pour l’homme et qui ne touche que les suidés (porcs et sangliers). Cependant, cette pathologie est redoutée par la filière porcine. En l’absence de traitement ou de vaccin, la mortalité dans les élevages infectés est importante, jusqu’à 80 % du cheptel. De plus, la France bénéficie d’un statut indemne qu’il est important de préserver pour continuer à exporter vers certains pays. La découverte de six cas de PPA (situation au 18 septembre 2018) depuis le 10 septembre conduit à la mise en place d’une zone infectée en Belgique. En France, une zone d’observation est mise en œuvre sur 234 km de frontière et 15 km de large. Des mesures importantes sont prises dans cette zone pour éviter la propagation de la maladie : interdiction de chasse en zone infectée pour éviter la propagation de la maladie par le déplacement du gibier ou des chasseurs surveillance de la faune sauvage confinement des porcs en exploitation de plein air application de mesures de biosécurité des élevages dans la zone d’observation (mesures limitant le risque de contamination des élevages par la faune sauvage, par la circulation des hommes ou du matériel). Des informations entre la Belgique et la France sont régulièrement échangées et, à l’heure où nous mettons sous presse, aucun élevage n’est touché. L’Alsace n’est pas concernée par le caractère obligatoire de ces mesures. Cependant, la vigilance est de mise et tous les acteurs (détenteurs, chasseurs, vétérinaires, coopératives) sont sensibilisés. En cas de signes cliniques, le vétérinaire doit immédiatement être contacté. L’application de mesures de bon sens est vivement conseillée pour éviter la contamination des élevages : contrôle strict des introductions et des intervenants changement de tenue avant de pénétrer dans les lieux de détention des porcs utilisation de matériel strictement dédié à l’élevage porcin pas d’alimentation des animaux avec des déchets de cuisine. De plus, tous les détenteurs de porcs, dès le premier animal, doivent être recensés auprès du service élevage de la Chambre d’agriculture d’Alsace au 03 88 19 17 37.

BiObernai, conférence de Guillaume Corpard, mouvement végan

Abêtissant !

Publié le 20/09/2018

Au rythme de cinq à dix conférences par mois, Guillaume Corpard écume les salons bios de France pour présenter ses thèses militantes en faveur du mouvement végan et anti-spéciste. Et pour faire la promotion de son livre « Un cri pour la terre ».

Guillaume Corpard était l’invité de cette édition 2018 de BiObernai, le salon bio à Obernai, pour animer la conférence inaugurale. Selon la volonté des organisateurs, BiObernai alterne les thématiques selon la règle « une année, un sujet consensuel, et une année un sujet qui fâche », explique Maurice Meyer. Et cette année, les âmes sensibles pouvaient s’abstenir. Avec globalement, un auditoire plutôt bien prédisposé et sensibilisé à la cause de la souffrance animale, le conférencier militant végan n’a pas eu à s’employer pour contrer des avis opposés, d’autant qu’on ne les a pas laissés s’exprimer lors de cette conférence. Mais au-delà du propos sur le bien-être animal, c’est dans la conférence de Guillaume Corpard alternant entre violences psychologiques, humour, sophismes et morale, que la méthode pour conquérir ses ouailles interpelle. La technique de communication orale éprouvée dissimule une réalité d’endoctrinement à laquelle doit faire face le monde agricole, les éleveurs en particulier. Car derrière le sourire d’un conférencier, il y a des militants déterminés à en découdre avec les agriculteurs, radicalisés et aux facultés de discernement et d’analyse critique altérées par des sophismes, des raccourcis et des messages subliminaux. Par exemple, en enchaînant les images, l’exposé assimile sans nuances les élevages agricoles traditionnels aux dérives en abattage industriel, et à la maltraitance sadique d’animaux domestiques. Bien souvent, face à des manipulations de masse, c’est le sens de l’histoire qui permet à chacun de revenir à la réalité et à la raison, souvent malheureusement après que l’histoire a fait son œuvre. Une conférence en quatre actes. Acte 1, story-telling, l’émotion prend le pouvoir « J’avais une poule, mon animal de compagnie depuis ma plus tendre enfance, et je mangeais un poulet-frite. » Après son histoire, le conférencier plonge son auditoire dans un malaise psychologique à coups d’images et de vidéos chocs de souffrance animale, d’abattage en abattoir, de systèmes sur-concentrationnaires, de dérives… Images dont l’agriculteur éleveur se passerait bien, lui aussi, pour poursuivre paisiblement son activité, sa passion. … Émotion, danger, prise de pouvoir, fondés sur des constats partagés, mais où seules les dérives sont exposées… Et où bien sûr, le rôle de l’animal dans la construction des civilisations est éludé : le façonneur de bocage, le constructeur de cathédrale, l’ouvreur de paysage en montagne ou le transporteur d’hommes… Acte 2 : le sophisme environnemental L’exposé enchaîne sur l’ensemble des maux causés à la planète par l’alimentation animale : bilan carbone de l’alimentation carnée, gaz à effets de serre, sur-pêche, déforestation. Là aussi, Guillaume Corpard ne manque malheureusement pas de références. Mais, encore sous le coup de l’émotion, l’auditoire est amené à penser que le véganisme serait la solution à tous les problèmes. Le véganisme améliorerait le bilan carbone : aucune remarque n’émane du public par exemple lorsque Guillaume Corpard présente sur fond de slide, des fruits exotiques, ananas, avocat, de la « nourriture-avion » dont le bilan carbone est tout aussi, sinon plus contestable que certains modes d’élevage. Exit d’ailleurs les problématiques de transport, de pollution au plastique, de persistants chimiques : la problématique environnementale focalise les attentions - décérébrées par l’émotion - sur la nourriture animale. Acte 3 : après le malaise et la culpabilité, il faut contenter « le moi » Une fois passées la peur, l’inquiétude, la violence, avec des photos il faut bien le dire peu ragoûtantes, dont chacun est conduit à penser que c’est la règle générale, place au contentement, à la satisfaction de son moi profond. Très soucieux de sa santé, le consommateur bio est d’ailleurs plutôt bien prédisposé à entendre ces argumentaires. C’est le lait qui est dans le viseur de Guillaume Corpard. Non seulement il serait inutile, quelles que soient ses formes, en fromage ou naturel. Mais il serait source de problèmes osseux, d’allergies… Aucune réaction de la salle et pourtant : est-ce bien le lait qui est en cause ou nos modes de vie trop sédentaires, nos équilibres alimentaires ? Et une approche un peu plus critique pourrait inviter à questionner : le lait est-il plus utile ou inutile que la carotte ou que la salade ? Acte 4 : le soulagement, la morale Conclusion. Monsieur Corpard rêve d’un monde meilleur où l’homme n’est plus considéré dans le règne animal au sommet de la pyramide de l’évolution. Est-ce parce que certains hommes se considèrent au sommet de cette évolution qu’ils se comportent mal avec les animaux ? Cependant, l’homme est tout de même le seul à être capable de décider de ce qu’il mange et est donc invité à devenir végan pour sauver la planète. Fin de la conférence : les esprits subjugués par le conférencier applaudissent. Monsieur Corpard dit son inquiétude à propos des taux de suicide chez les agriculteurs. Pourtant, à l’écouter, pas sûr que ses propos rassurent les agriculteurs…

Filière volaille de chair bio

Le GIE Les Plumes bios du Grand Est est né

Publié le 20/09/2018

Le 5 septembre à Réchicourt-le-Château, le Groupement d’intérêt économique (GIE) Les Plumes bios du Grand Est était porté sur les fonts baptismaux. Objectif : créer de la synergie entre tous les maillons de la filière.

Le GIE Les Plumes bios du Grand Est émane de la filière longue poulets bios lancée en 2010 en Alsace. À l’époque, il y avait quatre éleveurs, un couvoir, deux abattoirs et une production de quelque 500 poulets par semaine. Peu à peu, la filière s’est structurée, notamment par la création d’une association d’éleveurs, Les Plumes bios du Grand Est, en 2015. « Aujourd’hui nous sommes 15 éleveurs, 55 bâtiments, le couvoir de l’Est, la minoterie Dornier, les abattoirs Siebert et Meyer, deux centres de formation - à Rouffach et à l’Alpa de Nancy -, l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba) et la Chambre d'agriculture Grand Est (Crage). Et nous produisons quelque 5 000 poulets par semaine, soit 260 000 poulets par an », décrit Francis Humann, président du nouveau GIE et de l’association d’éleveurs. Toutes ces parties prenantes étaient déjà en relation, mais la création d’un GIE de moyens permet d’associer producteurs et fournisseurs dans une même entité tout en conservant des structures juridiques distinctes. Objectif : « Apporter la synergie nécessaire au bon fonctionnement de l’ensemble en mettant tous les opérateurs autour de la table afin d’identifier les freins et de les lever en optimisant l’organisation du travail, le planning, le soutien technique, pour progresser ensemble vers une filière plus innovante, plus respectueuse de l’environnement et apportant un vrai plus sur les exploitations. » Concrètement, le GIE aura un conseil d’administration et un fonctionnement collégial, avec des rencontres tous les trimestres entre les différents acteurs. La reconnaissance en tant que GIE permet en outre de bénéficier d’un soutien financier pour structurer la filière, notamment de la part de la Région Grand Est. Les éleveurs continueront à bénéficier du soutien technique de la Crage, notamment pour la veille sanitaire. L’animation sera assurée par l’Opaba, qui s’apprête, elle aussi, à se structurer avec ses homologues du Grand Est en janvier. « Fabricant d’aliment, couvoir, abattoir, éleveur, chaque opérateur fait son métier et doit être correctement rémunéré pour cela. C’est ce que permet le GIE, en mettant en commun nos compétences et nos métiers. Mais c’est une démarche qui demande l’adhésion de tous, et notamment des éleveurs qui doivent assurer l’approvisionnement local de l’aliment », poursuit Francis Humann. Le GIE doit notamment permettre de mieux planifier la production. Car les abattoirs, qui sont aussi metteurs en marché, doivent s’adapter à une consommation de volaille qui évolue vers davantage de découpes et de produits transformés. Enfin, la création de ce GIE sera aussi l’occasion de mettre sur le papier certaines formalités orales en vue de l’intégration de futurs nouveaux membres. « Le GIE doit permettre à chacun de connaître les règles au départ », indique Francis Humann. Car le GIE a déjà un projet dans les cartons : la diversification des éleveurs dans la production de pintades bios.

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