Élevage

Foire Simon et Jude à Habsheim

Et de 24 pour la fête de l’élevage !

Publié le 26/10/2018

Cette semaine, les éleveurs s’activaient aux derniers préparatifs de la foire Simon et Jude. Plus de 160 sujets seront présents sous le chapiteau, en concours ou en présentation, les 28 et 29 octobre à Habsheim pour ce grand rendez-vous de l’élevage.

Un concours de l’envergure de Habsheim suppose une organisation sans faille et des partenaires tous azimuts. Les éleveurs du Syndicat montbéliard du Haut-Rhin et du Club Holstein 68 sont les piliers du concours interdépartemental. En 2015, ils ont été rejoints par les éleveurs du Syndicat des salers d’Alsace. Les éleveurs s’investissent dans la mise en place de la manifestation avec l’appui de la Chambre d’agriculture d’Alsace et d’Élitest. Cette semaine, ils s’activaient aux derniers préparatifs : montage et démontage des structures sous chapiteau, acheminement de matériel, préparation des animaux, tout en assurant la conduite de leur exploitation. L’essence de ce concours est la mise en valeur du travail quotidien de l’éleveur qui, à l’aide des conseils prodigués par ses techniciens, réalise une importante tâche de sélection des animaux et de conduite du troupeau. Cette fête de l’élevage est aussi l’occasion d’échanger, de comparer, de tirer des enseignements pour sa future conduite de troupeau et de préparer les animaux pour d’autres concours nationaux et internationaux à venir. Les concours bovins Pour chaque race, un juge unique officie le concours : pour cette édition 2018, ce sera Fabrice Menoud pour la prim’holstein, Yannick David pour la montbéliarde et Daniel Laurent pour la salers. Les animaux classés par section selon leur rang de lactation, puis leur âge, sont jugés sur leur conformation et leurs critères morphologiques : aplombs, gabarit, mamelle Les juges auront également pour mission de départager les meilleurs présentateurs de chaque race. Présenter un animal sur un ring est tout un art, auquel de jeunes passionnés se sont formés au cours de l’année, sous la conduite de Sylvie Wiest, Maxime Springinfsfeld et Alexandre Wintzenried. Toutes les techniques apprises seront mises à profit lors de ce concours du meilleur présentateur. Elles sont nécessaires pour persévérer dans la professionnalisation du concours de Habsheim. Et indispensables pour prétendre à des concours comme Paris ou Swiss Expo. Et c’est bien là une des vocations du concours de Habsheim : être un tremplin vers d’autres. Un bel animal augmente ses chances de se classer s’il est bien présenté. Enfin, la finale de jugement de bétail, organisée par le lycée agricole de Rouffach sous la conduite de Christine Lagel, responsable formations agricoles au CFA de Rouffach, en partenariat avec la Chambre d’agriculture, rassemblera le dimanche matin des candidats issus de divers établissements d’enseignement agricole ou agronomique : lycée et CFA de Rouffach, IUT d’agronomie de Colmar. Une présélection a retenu 20 candidats, 10 par race, qui devront pointer 2 animaux de la race pour laquelle ils ont été retenus. Les vainqueurs participeront à la finale nationale, qui se tiendra dans le cadre du prochain Salon international de l’agriculture à Paris. Promotion des races à viande et des produits locaux L’Association de production animale de l’Est (Apal) présentera cette année six bovins de race limousine, afin de promouvoir les races à viande et sa marque locale « Goûtez l’Alsace - S’esch güat », dégustations à l’appui. Une action soutenue par Interbev. L’Apal, qui s’attache à valoriser les productions de ses adhérents et à leur proposer différents services techniques et commerciaux, est créatrice de filières, que ce soit dans le cadre de démarches qualité ou de proximité. La connaissance de l’offre de ses adhérents lui permet de répondre à des demandes d’animaux spécifiques sur un secteur géographique donné. La foire Simon et Jude reste une plateforme d’échanges entre les consommateurs et les agriculteurs. La conjoncture agricole de ces dernières années pousse les agriculteurs à créer ou renforcer le lien existant avec eux. C’est dans ce but, que seront proposés au grand public une restauration, sous le chapiteau du concours, et un marché de produits locaux issus de la filière Bienvenue à la ferme. Les visiteurs auront aussi l’occasion de déguster les derniers parfums de la gamme de yaourts « A Güeter », marque créée par des éleveurs laitiers pour mieux valoriser leur production. Alors n’hésitez pas à venir faire un tour à cette rencontre de l’élevage qu’est le concours de Habsheim.

Publié le 18/10/2018

Le projet d’élevage de chèvres laitières d’Alban Wehrlé était en gestation depuis plus de deux ans. Récemment, le troupeau de 120 chevrettes s'est installé, confortablement.

Alban Wehrlé, 25 ans, originaire de Scherwiller, a grandi dans la ferme familiale et a voulu, lui aussi, s’installer en agriculture depuis son plus jeune âge. « Quand j’étais gamin, je côtoyais moutons et chèvres et je préférais aller à l’étable plutôt qu’à l’école », se souvient Alban Wehrlé. Après le collège, il entre au lycée agricole de Bar-le-Duc où il prépare un CAP agricole. Il travaille comme bûcheron dans un premier temps. Lorsqu’il s’installe en ménage à Marckolsheim avec Morgane Jehl, qui possède quelques terres agricoles de ses parents, l’idée d’avoir son propre troupeau de chèvres le taraude toujours. Il suit alors une formation théorique en élevage caprin organisée par la Chambre d’agriculture à Obernai. Il la complète par un stage dans une ferme produisant du lait de chèvre dans le Cantal, puis par un autre dans un élevage caprin laitier dans le Puy-de-Dôme, spécialisé dans la transformation en fromages de chèvre. Un parcours semé d’embûches et opportunités Alban Wehrlé a l’opportunité d’acquérir 8 hectares de terre à Mackenheim, au lieu-dit « Chemin de l’ancienne tuilerie ». Kathleen Dick, la propriétaire, les cédant avec plaisir pour permettre à un jeune de s’installer, qui plus est en bio. Mais le parcours pour acquérir ces parcelles est semé d’embûches. Alban persévère. Par ailleurs, pour s’installer en tant que jeune agriculteur et bénéficier des subventions JA, il faut un bac pro, mais celui-ci lui fait défaut. Il s’installe tout de même en tant qu’exploitant agricole à temps complet, sans être subventionné. Il prépare un dossier de financement auprès des banques, avec un budget prévisionnel établi par la Chambre d’agriculture et l’aide précieuse de Pierre Ott, ancien ingénieur agricole retraité. Ce dernier a, durant toute sa carrière, développé l’agriculture bio. Il est actuellement membre du club « Service action professionnelle » qui a pour objectif d’aider bénévolement les jeunes à s’installer et à entrer dans le métier. Les démarches administratives et le dossier de financement lui permettent de se lancer dans la construction du bâtiment de 600 m2, qui est monté en plein champ. 120 chevrettes de race alpine chamoisée Le projet d’Alban Wehrlé a trouvé un écho favorable auprès des maires de Mackenheim et Marckolsheim, respectivement Jean-Claude Spielmann et Frédéric Pfliegersdoerffer. « Le maire de Mackenheim a jugé mon idée intéressante et cru en mon projet qui sort de l’ordinaire sur le ban de la commune », explique le jeune homme. Les deux communes lui louent quelque 13 ha de terres communales. Il les ensemence en plantes fourragères - trèfle blanc et violet, ray-grass, luzerne, fléole et pâturin -, très appréciées des chèvres. Après de long mois de travail, les 120 chevrettes de race alpine chamoisée, âgée de 8 à 10 mois, nées dans une pépinière de chevrettes à la Roche-sur-Yon en Vendée, sont arrivées à Mackenheim. Cette race de taille moyenne à la robe chamoisée, originaire des Alpes - première race caprine française - est une excellente laitière. Le bâtiment de 600 m2 qui les abrite est composé de deux salles de repos. Chaque chèvre doit disposer d’un minimum de 1,5 m2 de surface. Les chèvres d’Alban Wehrlé en ont bien plus. La salle de traite de 50 places et le local réfrigéré ne sont pas encore achevés. Les chèvres produiront du lait bio à partir du printemps. Dans un premier temps, elles seront en contact avec les boucs. « D’ici huit semaines, les chèvres, toutes identifiées et pucées pour le suivi vétérinaire et laitier, vont être échographiées. Celles qui portent seront mises dans un enclos à part. Elles mettront bas après cinq mois de gestation, explique Alban Wehrlé en bon connaisseur. Six heures après leur naissance, les chevreaux seront séparés de leur mère et mis en nurserie où ils seront nourris avec le lait de chèvre, riche en colostrum. » À dix jours, les mâles iront à l’engraissement. Une partie des chevreaux seront gardés pour le renouvellement du cheptel, le reste ira rejoindre une autre chèvrerie. Huit jours après la mise bas, les chèvres nourries avec le fourrage produit sur la ferme et un complément énergétique, produiront selon les saisons, de 3 à 5 litres de lait bio par jour. Un lait qui sera collecté par la laiterie du Climont qui les transformera en yaourts probiotiques. « Une petite fabrication de fromage de chèvre pourra être envisagée, mais ce sera pour bien plus tard », conclut Alban Wehrlé.

Bureland - Sica Les producteurs alsaciens et lorrains

Éclosion d’une unité de conditionnement

Publié le 05/10/2018

La Sica Les producteurs alsaciens et lorrains, groupement régional de producteurs d’œufs, a inauguré son nouveau centre de conditionnement, situé à Bernolsheim. L’outil, qui comprend des équipements de haute technologie, doit permettre de gagner en compétitivité, de mieux structurer la filière et d’absorber la hausse attendue de la production régionale d’œufs, notamment plein air et bios.

Il aura fallu 9,50 M€ d’investissement pour qu’éclose le nouveau centre de conditionnement d’œufs de la Sica Les producteurs alsaciens et lorrains. Avec 5 000 m2 de bâtiments, plusieurs robots high-tech, et un objectif de 190 millions d’œufs emballés annuellement, contre 120 millions auparavant, répartis sur trois sites différents, le projet impressionne par son envergure. Mais Alfred Zacher, président du conseil d’administration, préfère mettre en avant les hommes et les femmes qui ont permis l’aboutissement de ce projet. Il cite : « André Roeckel et Romain Martin, les anciens qui ont mené le bateau jusqu’ici ». Les 15 familles d’éleveurs de poules pondeuses de la région Grand Est intégrés à la Sica : « C’est la solidarité qui règne au sein de ce groupe qui a permis de passer à l’étape supérieure ». Les plus jeunes éleveurs, qui ont porté ce projet à bras-le-corps à coups de vidéos, de maquettes, et de conviction auprès des collectivités locales et des banques. Les salariés, qui ont été bousculés dans leurs habitudes de travail, mis à contribution pour mettre en route l’outil - avec les difficultés inhérentes à ce type d’exercice - mais dont les conditions de travail doivent, à terme, être améliorées. Les nouveaux salariés, qui ont connu le baptême du feu. Les futurs éleveurs, qui vont bientôt venir grossir les rangs de la Sica, puisque quatre nouvelles familles sont annoncées d'ici 2019, avec des modes d’élevage alternatifs pour répondre à l’augmentation de la demande pour ces parts de marché. Des robots et des hommes L’outil en lui-même comprend un local de stockage des emballages et des suremballages. Les œufs sont livrés par camions, sur des palettes déchargées sur des quais de déchargement. Ils sont d’abord stockés dans un local, où ils sont classés par type de production et par date de ponte. Lorsque les œufs partent en conditionnement, la première étape consiste à les extraire des alvéoles à l’aide d’un robot équipé de ventouses. Les alvéoles en plastiques passent dans une laveuse, pour repartir propres chez les éleveurs. Les œufs sont déposés sur un tapis qui les guide vers la zone de mirage, où sont déclassés les œufs cassés, fêlés et sales. Pour les détecter, la ligne est équipée de micromarteaux qui tapotent les œufs : la résonance n’est pas la même pour un œuf fêlé que pour un œuf intact. Pour l’instant les œufs cassés partent à l’équarrissage. Mais ils pourraient trouver un débouché en méthanisation en partenariat avec la société Agrivalor. Les œufs fêlés et sales partent en casserie, en région parisienne ou en Allemagne. Les œufs intacts sont ensuite séparés par calibre, grâce à des pesons, et marqués. En fonction de la demande du client figurent : la date de consommation recommandée (DCR), le code de traçabilité de l’élevage, la date de ponte. En fonction de leur calibrage et de leur marquage, les œufs sont dispatchés dans différentes lignes d’emballage, où ils sont déposés dans des alvéoles en carton. À ce stade, la suite des opérations est encore manuelle : des opérateurs placent les boîtes d’œufs dans des cartons et y apposent l’étiquette de traçabilité. Puis, des robots palettiseurs prennent le relais. À terme, il devrait y en avoir quatre. Traçabilité intégrale L’ensemble du circuit est tracé et informatisé. Chaque lot d’emballage est accompagné d’une fiche de traçabilité qui est scannée en sortie de dépôt, afin de pouvoir remonter jusqu’au fournisseur en cas de défaut de fabrication, et de gérer les stocks. Chaque palette d’œufs est également tracée avec une étiquette informatique, qui permet de savoir de quel éleveur proviennent les œufs qui passent dans la calibreuse. Chaque boîte d’œufs est marquée d’une étiquette portant la DCR, le numéro de centre de conditionnement, le calibre, parfois la date de ponte, et un QR code, qui est lu par les robots palettiseurs, afin que les bons cartons soient placés sur les bonnes palettes. Actuellement, le groupement produit et commercialise 160 millions d’œufs par an sous les marques Bureland, œufs de nos villages, et sous diverses marques de distributeurs. Rien que sous la marque Bureland, la gamme est très diversifiée, avec des œufs datés du jour de ponte, plein air, extra-frais, bio, sol, éleveur engagé… Une segmentation qui tend à démultiplier les types d’emballage et justifie l’investissement dans des équipements adaptés. Bien que très automatisé et informatisé, ce processus emploie tout de même 50 salariés répartis en deux équipes qui permettent de faire fonctionner l’outil de 6 h à 19 h 30. Découvrez le centre de conditionnement en images : Un projet structurant pour la filière Pour Alfred Zacher, une telle réalisation était devenue nécessaire pour « assurer l’avenir de la filière, accueillir une nouvelle génération de producteurs et continuer à rester présent sur tous les tous les créneaux de commercialisation, de la vente directe à la ferme aux GMS, en passant par les grossistes. » Son fils, Mathias, avance d’autres arguments qui ont pesé en faveur de la construction de cet outil : la nécessité de moderniser des installations vieillissantes, d’anticiper les évolutions réglementaires, d’améliorer les conditions de travail, les performances économiques, l’impact territorial et environnemental… Le projet n’aurait pas vu le jour sans l’engagement de plusieurs personnes. Alfred Zacher cite notamment Étienne Wolff, maire de Brumath et conseiller départemental, qui a facilité l’implantation du site dans la zone industrielle de Brumath Nord, soit au centre des trois anciens sites de conditionnement - qui sont aussi les plus gros fournisseurs du centre de conditionnement - et à proximité des axes routiers. Patrick Bastian qui, surmontant une prudence initiale liée au montant de l’investissement, a fait avancer le projet : « Ce qui m’a convaincu, c’est que ce projet contribue à renforcer une filière. Car derrière ce centre, il y a des couvoirs, des fabricants d’aliments, des éleveurs… Tout cela méritait d’investir. Et ses trois porteurs de projets ont fait preuve de beaucoup de pragmatisme et de professionnalisme. » Il a donc œuvré pour obtenir un soutien de la Région Grand Est. Soutien qui s’est avéré supérieur à celui que pouvait octroyer la seule Région Alsace : « Ça a ouvert l’horizon, et les banquiers ont suivi », rapporte-t-il. Jean Rottner, président de la Région Grand Est, confirme : « La Région dispose d’un budget ciblé pour soutenir les industries agroalimentaires, les nouvelles technologies… Avec votre projet, vous avez coché un certain nombre de cases, ce qui vous a permis de bénéficier d’une aide de 1,35 M€ sur un budget total de 4,50 M€. » Alfred Zacher remercie également Jean-Michel Staerlé, responsable de développement à l’Adira, le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole et Alsabail qui ont contribué au financement du projet, ainsi que les familles Martin, Roeckel et Zacher qui, en se portant caution, « se sont lancées dans l’aventure en engageant leurs propres deniers ». Après les tâtonnements du début, l’outil est désormais rodé. La certification International food standard (IFS) a été obtenue en août 2018, l’agrément sanitaire a été accordé suite à l’inspection de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) début septembre, et le site a été audité avec succès par un important client fin septembre. Le chiffre d’affaires est attendu en hausse, à près de 12 M€.

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