Élevage

Publié le 13/03/2019

Le déploiement d’une stratégie offensive pour préserver le statut indemne de la France de peste porcine africaine montre que la politique sanitaire doit être prioritaire sur tout le territoire. En Alsace, une réflexion est indispensable, à long terme, sur le fonctionnement des outils de travail existants.

Le groupement de défense sanitaire des animaux (GDS) Alsace a tenu son assemblée générale vendredi 1er mars dans les locaux de la Chambre d'agriculture à Sainte-Croix-en-Plaine sous la présidence de Patrick Bastian. Après avoir rappelé les événements climatiques de 2018, il a insisté sur l’importance de préserver un bon état sanitaire, tant des installations que du cheptel dans la région. Pour réussir, il faut évoluer. Une réflexion à long terme sur les outils existants est nécessaire. « Je suis favorable à un seul abattoir en Alsace. Un jour, il faudra que nous ayons tous un véritable débat. Nous devons être sincères entre nous », explique Patrick Bastian. Il s’agace, notamment dans le Bas-Rhin, des tarifs en vigueur dans les différents laboratoires de vétérinaires. « Il y a actuellement 160 000 animaux en Alsace. C’est donc un petit cheptel. On ne peut continuer à payer toutes les structures existantes avec un tel cheptel. » Le GDS se porte bien. « Nous avons un résultat net positif de 132 000 €. Mais, il faut préparer l’avenir. Savoir se structurer différemment, avant d’y être contraint », ajoute Patrick Bastian. Élu au Conseil régional du Grand Est, il parle en connaissance de cause en ce qui concerne les politiques de soutien. « Ces aides, tôt ou tard, vont baisser. Il faut donc être prudent, vigilant et anticiper. » Présent à la réunion, Dominique Colon, du GDS de Meurthe et Moselle, a confirmé la nécessaire réorganisation des laboratoires publics. Le bon fonctionnement des outils est d’autant plus nécessaire que les maladies sont une réalité sur le territoire. Pour la diarrhée virale bovine (BVD), un plan d’éradication a été engagé depuis le printemps 2016. Il a débuté par le bouclage systématique des veaux à la naissance. En 2018, ce sont près de 60 000 veaux qui ont été analysés. 180 d’entre eux, soit 0,30 % étaient positifs. Et sur les 1 445 élevages engagés, cela concerne 72 élevages en Alsace, soit 4,90 % de l’effectif total. Pour la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), cinq cheptels se sont assainis au cours de la dernière campagne. L’arrêté ministériel du 31 mai 2016 a rendu obligatoire la qualification des cheptels et restreint les mouvements des bovins positifs et issus de cheptels non qualifiés. Les anomalies constatées lors d’introductions restent les principales causes de suspension de qualification. Il a été rappelé aux éleveurs qu’un délai de quinze jours doit être respecté entre la date d’introduction et la réalisation des prises de sang. Concernant la paratuberculose, les plans de lutte sont proposés dans les élevages au sein desquels une suspicion clinique a été confirmée par des analyses. Le GDS accompagne financièrement les élevages durant cinq ans. 47 cheptels en Alsace sont dans ce plan de lutte. Ils représentent un dépistage de 4 635 animaux. 129 d’entre eux, soit 2,8 % ont été déclarés « non négatifs ». Enfin, la « besnoitiose bovine » a été présentée par Marc Peterschmitt, vétérinaire. Ce parasite s’attaque au sang des animaux ou par la provocation de kystes tissulaires. La transmission vectorielle est aujourd’hui le seul mode de contamination scientifiquement reconnu. « Il faut se préparer » Mais, la mobilisation la plus forte concerne la peste porcine africaine. Si aucun cas n’a encore été constaté en France, les autorités sanitaires et les éleveurs doivent se préparer car le niveau de risque est aujourd’hui maximal. « Il faut savoir et répéter que cette maladie n’a pas de répercussion sur l’être humain. Mais pour les cheptels, son apparition peut être très problématique. La Belgique est touchée. Deux sangliers infectés ont été identifiés début janvier en Belgique, à 1 kilomètre de la frontière française. Ces deux cas confirment la forte progression de la maladie et sa proximité avec notre pays. Il faut donc se préparer. Dans tous les cas, on n’arrêtera pas l’élevage. Mais, il faut anticiper pour avoir des solutions le jour où la maladie sera là. Il faut davantage de surveillance dans le Grand Est. Et sans attendre, mettre davantage de clôtures en place très rapidement », prévient Patrick Bastian. Des battues concertées et administratives, accompagnées de tirs de jour à l’affût avec appâts, et des tirs de nuit avec phares, tirs à visée nocturne et piégeages ont lieu dans une zone située sur les départements de la Meuse et des Ardennes. Elle couvre une superficie de plus de 140 km2. Cette chasse intensive a permis d’abattre plus de 200 sangliers en janvier et février derniers. Dans cette zone, et depuis le week-end du 19 janvier 2019, toute activité forestière, économique et de loisir est interdite par arrêté préfectoral. L’armée a même été appelée en renfort pour un appui logistique et humain (pose de pièges et battues, mais pas de tirs). Prochainement, il y aura la pose de nouvelles clôtures et une extension des analyses sur les animaux tirés. Section apicole À noter enfin qu’une section apicole a été créée au sein du GDS Alsace. Ce sont les deux GDS apicoles départementaux qui en sont membres. La création de cette section a été rendue possible par le statut d’Organisme à vocation sanitaire (OVS) du GDS Alsace. Il est en capacité d’accueillir toutes les espèces qui souhaitent développer ou poursuivre une action sanitaire collective. Dans ce même mouvement, des sections apicoles ont été créées dans tous les GDS du Grand Est afin de porter les dossiers sanitaires de façon cohérente et harmonisée sur les aspects techniques et financiers. Cette section compte 1 865 adhérents pour 22 825 colonies dans le Haut-Rhin et 1 332 adhérents pour 15 386 colonies dans le Bas-Rhin.

Publié le 06/02/2019

L’entreprise Choice Genetics a organisé une rencontre technique en Alsace sur le thème de l’optimisation de la reproduction en présence d’éleveurs venus d’Alsace, de Lorraine et du Luxembourg. L’occasion aussi de présenter les évolutions de la gamme de reproducteurs commercialisés par cette entreprise spécialisée en génétique porcine.

« En moyenne, les élevages porcins atteignent 85 % de fécondité », indique Michel Launay, responsable technique chez Choice Genetics. Ce qui signifie que certains élevages font mieux, d’autres moins bien. La principale difficulté, selon Michel Launay, est de savoir bien repérer les chaleurs, la durée de l’œstrus, qui est très variable et le bon moment pour pratiquer les inséminations, c’est-à-dire durant la phase d’ovulation, qui n’est pas toujours facile à déterminer : « Il est important de bien cibler le début de cette phase, en mettant les truies en présence du verrat. » Il s’agit aussi de tenir compte de certaines observations empiriques : « On sait, par exemple, que si une truie revient rapidement en chaleur après le sevrage des porcelets, sa période de chaleur sera plus longue. L’insémination doit donc être positionnée en connaissance de cause. » Le moment et la qualité de l’insémination sont les principaux paramètres à maîtriser pour améliorer la prolificité de l’élevage. Car c’est ce qui va déterminer le nombre d’ovules fécondés. Mais il y a toujours des pertes au cours de la gestation. « Actuellement, pour en moyenne 15 œufs fécondés, on a 12,3 porcelets sevrés. » Il y a donc d’autres paramètres qui interviennent, comme la qualité de l’alimentation des truies, ou les aspects sanitaires, car certaines maladies altèrent la prolificité, comme la parvovirose, le circovirus porcin de type 2, la leptospirose. Des maladies qui se gèrent essentiellement de manière préventive, par la vaccination des animaux. « Nous allons d’ailleurs bientôt mettre sur le marché un nouveau vaccin contre la leptospirose », indique Michel Launay. Naïma 2.0 devient CG36 Le service de Recherche & Développement de Choice Genetics travaille avec des élevages dédiés à la sélection, où des croisements orientés sont réalisés afin d’améliorer les performances des porcs sur certains critères, comme la prolificité, la rusticité, les qualités maternelles. Ces élevages sont équipés de distributeurs d’aliment concentré, qui permettent de mesurer la consommation d’aliment par animal et de la mettre en regard de ses performances. « Nous utilisons aussi la génomique pour accélérer la sélection sur les lignées femelles. » Les représentants de Choice Genetics ont d’ailleurs profité de cette réunion pour présenter les dernières évolutions de leur gamme de produits. En lignée femelle, le produit phare de Choice Genetics est Naïma 2.0, un croisement entre Galia et Redone, deux lignées maternelles pures sélectionnées depuis 15 ans. Or Naïma 2.0 a été testée aux États-Unis et adoptée. Ce qui conduit Choice Genetics à changer la nomenclature de ces produits : « Galia devient M3 type Large White, Redone devient M6 type Landrace, et Naïma 2.0 devient CG36 », indique Arnaud Guérin, directeur commercial. Les qualités de Naïma 2.0 ou CG36, elles, ne changent pas : « Ce sont des mères avec des tétines nombreuses et fonctionnelles, une production laitière de qualité et en quantité, qui lui permet de sevrer un maximum de porcelets de qualité, gage de performance des porcs charcutiers ». Autres atouts de Naïma 2.0, mise en avant par Emmanuel Stein, commercial de Choice Genetics : sa rusticité et son faible taux de renouvellement. Des verrats pour chaque type de débouché Quelques nouveautés sont aussi à signaler du côté des lignées mâles puisque des verrats ont été importés des États-Unis par Choice Genetics et Yxia. Emmanuel Stein précise : « Ce ne sont pas de nouveaux verrats. Ils sont utilisés depuis un certain temps aux États-Unis, donc on a du recul sur leurs performances, mais ils n’avaient pas encore été diffusés sur le marché français. » Ces deux verrats, P50 et P26, sont tous les deux issus de la race Duroc. P50 a été sélectionné pour la qualité de sa viande. Tandis que P26 constitue un compromis entre la qualité de viande et des critères de production, comme des porcelets vigoureux, un bon GMQ, une bonne efficience alimentaire. « Notre objectif est de proposer des verrats qui permettent aux éleveurs de répondre à tous types de demande en fonction des débouchés », indique Emmanuel Stein. P76, réputé pour sa vitesse de croissance, change aussi de nom et devient P90. Enfin Excelium et P88 restent à la gamme. Le premier produit des « porcelets vigoureux, affiche un excellent indice de consommation, et un très bon pourcentage de maigre ». Le second, un piétrain américain, est « très poussant ».

Syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers

La salers se porte bien !

Publié le 04/02/2019

La race salers continue de (bien) évoluer. Les professionnels se sont retrouvés mardi 15 janvier à Chavannes-sur-l’Étang. Ils ont visité l’élevage de la SCEA Barbier. Puis, ils ont participé à l’assemblée générale de leur syndicat.

Le président du syndicat des éleveurs alsaciens de la race bovine salers, Nicolas Fady, éleveur à Reiningue, a pour habitude de proposer à ses adhérents une telle journée annuelle. À savoir : la visite d’une exploitation, l’assemblée générale et un repas en commun. La tradition a été respectée. Le lieu choisi étant cette fois atypique car situé dans la commune la plus au sud de l’Alsace, à quelques dizaines de mètres du Territoire de Belfort et de la Franche-Comté. Chavannes-sur-l’Étang était déjà connu pour sa choucrouterie. Il l’est désormais également pour cet élevage. Il a été présenté par l’un des associés, Didier Bezille. « Nous avons de la salers depuis le début des années 2000. La première année, elles étaient originaires du Cantal. Pour agrandir le cheptel, nous avons ressemé des champs en herbe car les vaches ne vont jamais dans la bétaillère », explique l’éleveur. Fort de 22 salers certaines années, le cheptel est ramené en dessous de 17 pour permettre et faciliter le confinement des bêtes dans le bâtiment d’élevage. Il y a également des génisses et des taurillons. La nourriture : de l’enrubannage, du regain, de la farine et des minéraux à raison de 100 grammes par jour et par bête. En outre, l’exploitation consacre 80 hectares de cultures au maïs, au blé, à l’orge et au colza. « Nous sommes ici dans la fameuse trouée de Belfort. Les meilleures années, paradoxalement, sont les années sèches », commente Didier Bezille. Il travaille avec Daniel Barbier, désormais retraité, et la fille de ce dernier. « Nous sommes actuellement dans la période de vêlage. L’activité est donc importante. Elle débute toujours vers le 15 novembre et se poursuit jusqu’au 15 février », conclut l’éleveur qui est double actif. Qualité de la viande, facilité d’élevage Les élevages de salers, exclusifs ou non, sont toujours plus nombreux en Alsace comme dans tout l’hexagone. C’est le constat réalisé avec satisfaction lors de l’assemblée générale. Il y a environ 225 000 vaches femelles, dont 25 000 à 30 000 dans l’Est. Une région qui s’intéresse de plus en plus à la salers. Les adhérents sont également de plus en plus nombreux. On les retrouve majoritairement dans le Sud du Pays, tandis que 10 % se trouvent dans l’Est de la France. « On apprécie la salers pour sa viande, mais aussi et surtout pour sa facilité d’élevage. Avec la salers, vous êtes certains de vendre un nombre de veaux conséquent. Les premiers vêlages se font en moyenne à l’âge de 34 mois », observe Nicolas Fady. Un point a ensuite été réalisé par Michel Lafon pour le Herd Book de la race salers. Il a attiré l’attention des éleveurs sur l’évolution du règlement européen zootechnique qui fixe les règles d’organisation de la génétique animale. Il donne un avantage aux organismes de sélections historiques qui bénéficient d’une clause dite « grand-père ». Par ailleurs, les organismes de sélections agréées sous la réglementation nationale actuelle sont réputés agréées et leur programme de sélection pris en compte à compter du 1er novembre 2018. Dans ces programmes de sélections, on insiste sur la tenue des liens généalogiques, les contrôles de performances, les évaluations génétiques, la publication des évolutions génétiques, les émissions de certificats zootechniques et sur les actions de communication mises en place. Enfin, un travail sur la génomique est actuellement effectué. Il consiste à créer une base « mâle » permettant le génotypage systématique des taureaux à l’inscription. Il consiste également à créer une base « femelle » permettant le génotypage de 250 à 300 femelles par an bien ciblées. Pour 2019, la promotion de la race salers va se poursuivre. Il faudra profiter, notamment du concours national à Aurillac les 21 et 22 septembre et du traditionnel concours d’Habsheim. « On nous a réservé entre 25 et 30 places. Et il y en a encore. N’hésitez pas à rejoindre les éleveurs déjà présents. Il faut continuer à communiquer et à promouvoir la race. Des jeunes sont là et prennent peu à peu la relève. Cette dynamique doit se pérenniser dans le temps », conclut Nicolas Fady.

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