Festival de l’élevage
La fête de toutes les races
Festival de l’élevage
Publié le 08/05/2019
À quelques jours du festival de l’élevage à Brumath, Marc Schneider, son président, revient sur les enseignements de l’édition 2018. Il réaffirme aussi son rôle de promotion de toutes les races.
Un festival pour tous les éleveurs. « Notre rôle c’est de mettre en avant l’élevage de tout le département, sans discrimination de race », explique Marc Schneider. L’agriculteur de Wangen inaugurera le festival de l’élevage de Brumath pour la deuxième fois, samedi 11 mai. Pour représenter l’ensemble de la profession, l’événement accueille des races moins célèbres que les prim’holstein, simmental et montbéliardes. Cette année, la jersiaise a droit à son tout premier concours. En lice : cinq bêtes issues de deux élevages. Encore modeste. « C’est une race peu connue, mais on sentait que les éleveurs voulaient la présenter », raconte l’organisateur de 48 ans. Seule une poignée de paysans possèdent des jersiaises en Alsace. Cependant la race dispose d’une marge de progression énorme. Au niveau national, « c’est la seule qui affiche une croissance à deux chiffres de son effectif », selon Jérémy Guth. L’éleveur de Rosenwiller défilera sur le ring avec ses vaches dimanche après-midi. Limousine, charolaise, agneaux et chevaux Autre race minoritaire, la brune. « On voulait organiser un concours, mais il n’y a pas assez d’éleveurs volontaires », regrette Marc Schneider. Qu’importe. Une brune de son cheptel paradera tout de même sur le ring. Pour une simple présentation. Même topo pour la race stabiliser. Deux animaux d’Avenheim seront de sortie. « On essaye de développer cette race, commence le président. Elle est plus petite, plus fine, cela correspond aux demandes des consommateurs. » Deux charolaises et deux limousines seront aussi présentées. Spectacle garanti. Cependant il n’y a pas que les vaches dans la vie. Ainsi, les éleveurs présenteront également des chevaux, des brebis et des agneaux. Le deuxième rôle du festival consiste à inciter les jeunes à se lancer dans le métier. On compte de moins en moins d’agriculteurs. Alors les responsables agricoles sautent sur toute occasion d’impliquer leurs cadets. Grâce à des concours adaptés aux enfants, par exemple. Dimanche, les plus jeunes présenteront des veaux. Ainsi, Marylou, 2 ans, défilera en compagnie de Panama. Les 12-13 ans enchaîneront avec les génisses. Marc Schneider s’enthousiasme : « L’enjeu n’est pas énorme, mais si ça peut motiver les jeunes c’est bien ». « Ce n’est pas l’endroit pour protester » De manière plus large, le week-end représente une vitrine pour l’élevage. Les responsables veulent montrer leurs bonnes pratiques aux quelque 5 000 visiteurs attendus. C’est aussi un pied de nez fait aux militants antispécistes. Une soixantaine d’entre eux avaient manifesté l’an dernier. Une première. « Ce n’est pas l’endroit pour protester, conteste Marc Schneider. Ici nous sommes passionnés, les animaux sont choyés. » En plus, un animal malheureux n’est pas productif, « donc on n’a aucun intérêt à les maltraiter ». Logique. Alors qu’il a eu peur d’une escalade de tensions l’an dernier, il affirme être serein aujourd’hui. Pour l’instant, aucune manifestation n’a été déclarée en préfecture. L’édition 2018, sa première en tant que président, lui a aussi apporté sa dose d’émotion. En premier lieu, l’engouement des paysans autour du rassemblement. « Des familles entières se mobilisent, le travail coule de source, il n’y a pas besoin de forcer les gens » à donner un coup de main. Depuis jeudi, Marc se consacre aux préparatifs. Plusieurs cantons des Jeunes Agriculteurs et une classe de BTS du lycée agricole d’Obernai aideront à monter les tentes et les estrades. Pas de doute, le président est bien entouré.












