Opérations Fermes ouvertes et Made in viande
« La vache meule »
Opérations Fermes ouvertes et Made in viande
Publié le 22/05/2019
Lundi 20 février, une classe de CM2 de Steinbourg a visité l’élevage Vix à Wolschheim dans le cadre des opérations Fermes ouvertes et Made in viande. L’occasion de reconnecter nourriture et agriculture.
Depuis sa création en 1990, l’opération Fermes ouvertes, pilotée par la FNSEA, a permis d’accueillir plus d’un million d’enfants dans les exploitations du pays. La 29e édition a été lancée par Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le 20 mai dans les Vosges. Dès le lendemain une classe de CM2 de l’école de Steinbourg et six élèves de maternelle débarquent chez Daniel Vix, agriculteur à Wolschheim. L’éleveur aborde l’exercice de manière plutôt décontractée, les mains dans les poches de sa combinaison de travail. Il présente l’exploitation. Deux ateliers, un élevage de veaux sous la mère et un autre de veaux de lait. Et pose d’emblée les règles du jeu. Dans le premier bâtiment, on pourra discuter devant les animaux. Mais dans le deuxième, il faudra faire silence, car il y a là 400 veaux, qui risquent de prendre peur et de s’emballer. La visite commence. Daniel Vix explique comment les animaux sont répartis dans les box. « Les veaux restent au pré avec leur mère jusqu’à l’âge de 8 ou 9 mois. Puis on les sépare de leur mère et on isole les mâles des femelles. » Attiré par le spectacle, un jeune taureau se dresse sur ses pattes avant. « Il est énoooooorme », s’effarent les enfants. Daniel Vix est moins impressionné : « Il faisait 70 kg à la naissance, c’est normal qu’il soit grand maintenant ». Il enchaîne : « Les taureaux sortent avant 24 mois ». Sortir… mais pour aller où ? « Ils partent à l’abattoir. » Ah. La nouvelle fait frémir les rangs. Mais Daniel Vix ne se démonte pas. « Vous connaissez le Leclerc de Marmoutier ? Eh bien, nous vendons la viande là-bas. » On reste encore un peu devant le taureau qui continue de nous fixer, et les commentaires défilent : « Moi, j’ai déjà vu une langue de bœuf ». « T’as vu, il lèche ses crottes de nez ! » « Moi, je ne mange plus de viande. Et en plus j’adore les coquelicots ». Sic. Questions fondamentales Daniel Vix guide la troupe vers le box à veaux, attenant au parc des vaches fraîchement vêlées. Le spectacle des mères qui câlinent leur petit ravi le public. Daniel Vix fait venir deux petits veaux. « Ils ont 4 semaines et pesaient 50 à 60 kg à la naissance. Dans un mois ils iront à la prairie avec leur mère. » L’amorce est lancée, les questions fusent. « Combien de temps ça vit une vache ? » « Ici, elles font environ 10 veaux, donc on les garde 13 ans. » Les mères appellent leur petit en meuglant de l’autre côté de la barrière. « Elles reconnaissent leur petit à l’odeur », indique l'éleveur. Les notions de gestation et de vêlage taraudent les enfants. Il faut faire revenir un veau pour montrer son cordon ombilical et son appareil génital car même la question « C’est quoi la différence entre les garçons et les filles ? » a été posée. L’éleveur développe la question des vêlages. Il commence par expliquer qu’ils sont groupés, c’est-à-dire qu’ils s’étalent de novembre à janvier. C’est plus facile à gérer. Les vaches sont mises en présence du taureau ou inséminées à partir de février. La gestation est vérifiée au moyen d’une échographie. Daniel Vix possède un système de détection des vêlages, un SmartVel : « La queue des vaches est équipée d’un détecteur qui enregistre ses mouvements. Lorsque le travail commence, la queue de la vache se soulève et le détecteur m’envoie un SMS. » L’éleveur peut donc intervenir en cas de problème, ou laisser faire la nature quand tout se passe bien. L’instinct plus fort que le genre Un petit garçon, visiblement marqué par l’image du taureau, y revient : « Ça pèse combien un taureau au maximum ? » Daniel Vix répond en donnant l’exemple de leur ancien taureau reproducteur, qui pesait 1 400 kg. L’information enclenche des rouages et bientôt une nouvelle question : « Tu t’es déjà fait attaquer par un taureau ? » L’angoisse a fait sauter le vouvoiement. Mais c’est une bonne question, car si Daniel Vix a déjà été attaqué, ce n’est pas par un taureau. Mais par une vache. « Certaines sont très maternelles, et celle-là n’a pas supporté que je la sépare de son veau. » L’accident a marqué l’éleveur. « Elle m’a plaqué contre le mur, j’étais tout bleu. Et, si elle avait eu des cornes, je pense que je serai mort. » Un récit qui lui permet de rebondir sur la balance bénéfice-risque de l’écornage. Quelques mètres plus loin, ambiance feutrée dans le bâtiment qui abrite les veaux de lait. Quasiment entièrement autoconstruit par la famille Vix, il est isolé et ventilé. 400 veaux sont élevés sur la paille. Ils arrivent de Besançon et repartiront quand ils auront atteint le poids voulu. Ils sont nourris quasiment exclusivement au lait, reconstitué par des robots avec du lait en poudre. Dans un premier temps, les enfants respectent les consignes à la lettre, on entendrait presque les mouches voler… Mais l’enthousiasme reprend assez vite le dessus. Et on évacue le bâtiment avant que ça ne dégénère. Direction la grange, pour un goûter débriefing et un quiz : « Quel est le cri de la vache ? » « Elle meule ». Raté.












