Cultures

Publié le 14/02/2017

Les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est ont été lancées le 2 février à Strasbourg. La première rencontre était consacrée aux fruits et légumes. La suivante, le 9 février à Pont-à-Mousson, à la filière bovine.

« Nous avons décidé, dans le domaine agricole comme dans d’autres domaines, de construire nos politiques en tenant compte encore plus étroitement des acteurs et des réalités du terrain », a expliqué Philippe Richert, président de la région Grand Est en ouvrant les premières assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires le 2 février à Strasbourg. Dédiée à la filière fruits et légumes, la première des rencontres a réuni 120 personnes venues du Grand Est à l’Hôtel de Région : producteurs et transformateurs de fruits et légumes, mais aussi grossistes et distributeurs. Les débats ont eu lieu en présence de Philippe Mangin, vice-président de la région Grand Est en charge de la ruralité et de l’agriculture, Pascale Gaillot, présidente de la commission agriculture et forêt, Jean-Luc Pelletier, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, ainsi que de plusieurs élus régionaux. Favoriser la création de valeur ajoutée Comment accompagner la filière fruits et légumes régionale ? Comment mieux valoriser les productions de la région face à un marché de 5,5 millions de consommateurs potentiels ? Telles ont été quelques-unes des questions abordées lors d’ateliers thématiques. Se posant en « facilitateur de débat », Philippe Mangin a d’emblée rappelé l’ambition de la Région : « Favoriser la création de valeur ajoutée, de richesse et d’emploi à tous les maillons de la filière » tout en prenant en compte la demande croissante pour des produits de proximité, à l’origine garantie. « Ce n’est pas un effet de mode, mais une demande qui s’installe structurellement », a-t-il insisté en citant l’exemple des collectivités, et notamment du Conseil régional, en charge de la restauration collective dans les lycées. Le Région n’entend pas pour autant « privilégier un modèle par rapport à un autre », a déclaré Philippe Mangin. La Chambre régionale d’agriculture s’intéresse aux circuits courts, a déclaré pour sa part Jean-Luc Pelletier, qui constate le succès de ce mode de commercialisation. Il y voit un soutien à l’économie locale, permettant « de garder la valeur au plus près de la production, de maintenir les exploitations et de garder un tissu agricole vivant ». Les circuits courts offrent aussi l’avantage de créer du lien social et de préserver l’environnement et la biodiversité, estime encore le président de la Chambre régionale d’agriculture. Reste à quantifier le débouché potentiel et à organiser la production, en quantité et en qualité. 5 000 emplois permanents Dans le Grand Est, les fruits et légumes occupent environ 2 % de la surface agricole, indique Pierre Lammert, président d’Univers fruits et légumes Grand Est. La filière compte 1 400 producteurs de légumes et environ 1 000 producteurs de fruits. Elle représente 5 000 emplois permanents dans la production, 1 200 emplois dans la transformation, sans compter les saisonniers. Elle a été la première à se structurer au niveau de la grande région avec la création d’Univers fruits et légumes Grand Est, a précisé son président. Les producteurs de fruits et légumes du Grand Est s’appuient sur les trois stations d’expérimentation en place dans la région : l’Arefe et Verexal pour les fruits, Planète Légumes pour les légumes. Ces stations fournissent un accompagnement indispensable aux professionnels, a souligné Pierre Lammert. Ceux-ci ont également besoin d’aides à l’investissement pour pouvoir rester compétitifs. Des soutiens aux entreprises de transformation et des aides à la communication sont également souhaités. Les propositions émises lors des différents ateliers ont fait l’objet d’une synthèse en fin de journée. Elles seront analysées par Univers fruits et légumes Grand Est et les services de la Région, souligne Fabien Digel, responsable du pôle économie et filières à la Chambre régionale d’agriculture. Les choix finaux reviendront à la collectivité, la mise en œuvre des actions retenues étant programmée pour mi-2017. D’ici là, les assises régionales pour le développement des filières et des marchés alimentaires dans la région Grand Est vont se poursuivre : une seconde rencontre, avec la filière bovine cette fois, était prévue le 9 février à Pont-à-Mousson et une troisième, avec les grandes et moyennes surfaces, aura lieu le 7 mars à Metz. D’autres filières (aviculture, productions porcines et ovines, lait) se réuniront ultérieurement.

Liseron

Un souci majeur

Publié le 13/02/2017

Dans certaines parcelles, les chantiers d’arrachage ont été perturbés par la prolifération du liseron. Les techniciens de l’usine d’Erstein préconisent un traitement dirigé en maïs, plus efficace que le traitement des chaumes de blé.

« Les entrepreneurs n’en peuvent plus », préviennent Aline Barbière et Michel Butscha, du service agrobetteravier de l’usine d’Erstein. Récolter une parcelle de betteraves propre de 5 ha nécessite en moyenne 6,25 heures, à raison de 80 ares par heure. Mais dans les parcelles infestées de liseron, la cadence descend à 50 ares/heure, et il faut donc 10 heures, sans compter le temps de nettoyage, 1 heure environ. Cela fait un surplus de 4,75 h pour l’entreprise d’arrachage, soit des frais de machine, de chauffeur et gazole supplémentaires. À cela s’ajoutent les pièces d’usure, le temps d’entretien à l’atelier, le surcoût au déterrage et les problèmes à l’usine… ainsi que la perte de rendement pour le planteur. Quelles solutions pour le liseron ? En cas de précédent blé, il est possible de traiter sur les chaumes avec du Roundup ou du 2,4D. Néanmoins, ce traitement n’est pas la panacée : « Les conditions climatiques des étés 2015 et 2016 ont été peu favorables à l’efficacité du glyphosate ». La solution la plus efficace, c’est le traitement dirigé en maïs, insistent les techniciens. « Cela règle le problème du liseron pour plusieurs années et cela ne coûte pas cher : le produit coûte entre 10 et 15 €/ha, auquel s’ajoute le coût de la prestation de l’entrepreneur. » Il préconise de prévoir un premier contrôle pas trop agressif dans le programme de désherbage, puis de laisser repousser le liseron et d’effectuer un traitement dirigé au Banvel. Cette stratégie présente une meilleure efficacité que le traitement des chaumes de blé, permettant ainsi une gestion plus durable du liseron. Michel Butscha met en garde contre les bordures non entretenues : « Il ne faut pas laisser la place aux mauvaises herbes en broyant régulièrement les bordures. Les premiers rangs du champ et les chemins d’irrigation doivent également faire l’objet d’un suivi strict des graminées estivales, qui profitent de la lumière pour faire la semence et envahir progressivement toute la parcelle. »

Chou à choucroute

Une nouvelle année difficile

Publié le 12/02/2017

Mardi 7 février avait lieu une réunion du Syndicat des producteurs de choux à choucroute, l’occasion de dresser un bilan et des revendications pour assurer l’avenir de cette filière à la peine après une année 2015 marquée par des rendements entamés par la sécheresse.

Le président du Syndicat des producteurs de choux à choucroute tire la sonnette d’alarme. L’organisation, réunie le mardi 7 février, tire un bilan assez sombre de l’année 2016, et dresse les contours de ce qui ressemble à un plan de sauvetage de la filière. « Après la sécheresse de 2015, nous espérions remonter la pente, mais les inondations du printemps ont complètement noyé les champs », déplore Laurent Heitz, président du Syndicat des producteurs de choux à choucroute. Alors que l’ensemble des pertes de production s’élèvent à 20 %, soit moins qu’en 2015, la situation semble tout aussi délicate. Laurent Heitz estime un rendement à environ 60 à 70 t/ha en moyenne, en deçà des 80 t/ha nécessaires pour couvrir les frais, sans parler d’atteindre la rentabilité. Anticipant ces mauvais chiffres, des négociations ont été menées dès septembre avec la grande distribution, entraînant une revalorisation de la tonne de choux à 80 €, contre 75 € l’année dernière (prix indicatifs du syndicat). « Ils ont compris que dans les années difficiles, c’est primordial de soutenir les producteurs, et ils ont joué le jeu », indique le responsable syndical. Il en profite pour rappeler que la choucroute étant un produit d’appel, il s’agit d’un des légumes d’hiver les moins chers du marché. En parallèle, les producteurs sont très actifs dans les démarches pour l’obtention du label IGP. Celui-ci devrait protéger la production, notamment vis-à-vis de la concurrence étrangère, bien qu’elle soit minime selon Laurent Heitz. Surtout, « l’obtention d’un tel label stimulerait la consommation et donc redynamiserait notre activité », ajoute-t-il. Mais le chou à choucroute a besoin d’un fort rebond des prix pour assurer son avenir. « Il faudra atteindre au moins les 100 €/t dans les 4 à 5 ans si nous voulons maintenir la filière », confirme Laurent Heitz. Car les sources de la crise sont bien connues et ne découlent pas seulement des aléas climatiques. Cette culture, très sensible aux changements météorologiques, nécessite une attention constante, d’importants investissements en équipements spécialisés, quatre mois de récolte, pour un prix de vente parfois dérisoire. Autant de contraintes qui rebutent les jeunes exploitants à se lancer dans le chou à choucroute, et qui poussent certains agriculteurs à se tourner vers des cultures céréalières. « En 20 ans, nous sommes passés d’environ 120 producteurs à 50, et avons perdu pas moins de 100 ha de surface exploitée », déplore le président du syndicat. C’est donc un véritable appel à tous les acteurs de la filière qui est lancé, pour soutenir la production la plus emblématique d’Alsace.

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