Cultures

Chou à choucroute

Une nouvelle année difficile

Publié le 12/02/2017

Mardi 7 février avait lieu une réunion du Syndicat des producteurs de choux à choucroute, l’occasion de dresser un bilan et des revendications pour assurer l’avenir de cette filière à la peine après une année 2015 marquée par des rendements entamés par la sécheresse.

Le président du Syndicat des producteurs de choux à choucroute tire la sonnette d’alarme. L’organisation, réunie le mardi 7 février, tire un bilan assez sombre de l’année 2016, et dresse les contours de ce qui ressemble à un plan de sauvetage de la filière. « Après la sécheresse de 2015, nous espérions remonter la pente, mais les inondations du printemps ont complètement noyé les champs », déplore Laurent Heitz, président du Syndicat des producteurs de choux à choucroute. Alors que l’ensemble des pertes de production s’élèvent à 20 %, soit moins qu’en 2015, la situation semble tout aussi délicate. Laurent Heitz estime un rendement à environ 60 à 70 t/ha en moyenne, en deçà des 80 t/ha nécessaires pour couvrir les frais, sans parler d’atteindre la rentabilité. Anticipant ces mauvais chiffres, des négociations ont été menées dès septembre avec la grande distribution, entraînant une revalorisation de la tonne de choux à 80 €, contre 75 € l’année dernière (prix indicatifs du syndicat). « Ils ont compris que dans les années difficiles, c’est primordial de soutenir les producteurs, et ils ont joué le jeu », indique le responsable syndical. Il en profite pour rappeler que la choucroute étant un produit d’appel, il s’agit d’un des légumes d’hiver les moins chers du marché. En parallèle, les producteurs sont très actifs dans les démarches pour l’obtention du label IGP. Celui-ci devrait protéger la production, notamment vis-à-vis de la concurrence étrangère, bien qu’elle soit minime selon Laurent Heitz. Surtout, « l’obtention d’un tel label stimulerait la consommation et donc redynamiserait notre activité », ajoute-t-il. Mais le chou à choucroute a besoin d’un fort rebond des prix pour assurer son avenir. « Il faudra atteindre au moins les 100 €/t dans les 4 à 5 ans si nous voulons maintenir la filière », confirme Laurent Heitz. Car les sources de la crise sont bien connues et ne découlent pas seulement des aléas climatiques. Cette culture, très sensible aux changements météorologiques, nécessite une attention constante, d’importants investissements en équipements spécialisés, quatre mois de récolte, pour un prix de vente parfois dérisoire. Autant de contraintes qui rebutent les jeunes exploitants à se lancer dans le chou à choucroute, et qui poussent certains agriculteurs à se tourner vers des cultures céréalières. « En 20 ans, nous sommes passés d’environ 120 producteurs à 50, et avons perdu pas moins de 100 ha de surface exploitée », déplore le président du syndicat. C’est donc un véritable appel à tous les acteurs de la filière qui est lancé, pour soutenir la production la plus emblématique d’Alsace.

Publié le 11/02/2017

L’un des principaux responsables des rendements betteraviers décevants de 2016 est la cercosporiose. Retour sur une année atypique, lors des récentes réunions d’information organisées par le service agrobetteravier de l’usine d’Erstein de Cristal Union.

Après un hiver marqué par l’absence de gel, un début de printemps correct malgré quelques sueurs froides pour gérer les repousses de couverts, la préparation des sols s’effectue dans de bonnes conditions à partir du 15 mars. Les semis débutent le 18 mars, dans la plus pure tradition betteravière. Entrecoupés par des périodes de pluies, ils s’achèvent finalement le 15 avril. Malgré une structure des sols grossière, les pluies d’avril favorisent un peuplement régulier, mais dans certains cas, l’abondance des précipitations entraîne l’apparition de croûtes. Si elle est propice à la prolifération des insectes du sol, dont les limaces et les scutigerelles - on constate aussi des dégâts de lièvres -, l’humidité favorise l’efficacité du désherbage. À partir de la fin avril, les choses se gâtent. Les violents orages de mai provoquent des inondations et des coulées de boue et l’on déplore un épisode de grêle dans le Kochersberg. L’humidité des sols persiste durant le mois de juin, et dans de nombreuses parcelles, on constate des stagnations d’eau. Conséquence : fin juin, les betteraves accusent un fort retard végétatif. « Il a plu », rappelle Aline Barbière, technicienne du service agrobetteravier de l’usine Cristal Union d’Erstein. Durant les six premiers mois de l’année, plus de 540 mm de pluie sont tombés. Il faut remonter en 1983 pour retrouver pareille situation, avec 519 mm. « La répartition de cette pluviométrie est rédhibitoire », ajoute-t-elle. « En raison de l’asphyxie des sols, du lessivage et du manque de disponibilité en azote et en soufre, les betteraves sont en état de faiblesse début juillet. » C’est un terrain extrêmement propice au développement des maladies, en particulier celui du rhizoctone brun. On constate une présence importante d’aphanomyces dans les limons blancs et les terres qui drainent mal. C’est ce qui explique le pourcentage important de betteraves malades à l’usine (environ 3 000 t). La bactériose fait son apparition en juin, suivi par la cercosporiose le 20 juin. « Le feu prend très vite malgré les traitements successifs et la réactivité des planteurs. » La situation est encore plus critique dans les terres légères. L’irrigation n’a pas permis de rattraper le retard végétatif des betteraves dans les situations de stress où la cercosporiose est apparue précocement. Pourquoi autant de cercosporiose ? La modélisation de la maladie a été mise à mal par ces conditions climatiques exceptionnelles, explique Aline Barbière : le déclenchement du premier traitement est calculé sur la base d’une somme de températures, la pluviométrie et l’humidité du feuillage n’étant prises en compte qu’à partir de la deuxième intervention (lire l’encadré). « Quand les traitements ont été déclenchés, il était déjà trop tard dans les zones sensibles. » La résistance récente de ce champignon aux strobilurines n’a rien arrangé… À la sortie du printemps, le sol est froid et trempé. Le retour de l’air chaud en juillet favorise l’évaporation et la formation d’humidité sur les feuilles, ce qui fragilise les plantes. Les températures élevées, la sécheresse et la cercosporiose de début septembre bloquent toute possibilité de croissance compensatrice des betteraves en automne. Alors que les parcelles saines enregistrent une baisse de 8 à 9 %, les parcelles touchées par la cercosporiose voient leur rendement chuter 15 à 18 %. « Les planteurs qui ont 20 à 35 % de rendement en moins cumulent toujours plusieurs facteurs, la cercosporiose ne faisant qu’aggraver les dégâts. » La cercosporiose complique également la récolte, car elle provoque le dessèchement des feuilles au sol. « Les feuilles mortes bourrent à l’arrachage et se retrouvent dans les tas de betteraves. » Ce qui explique le taux de tare plus élevé. Trouver des stratégies efficaces « Vous avez connu de grosses déceptions, voire des échecs, poursuit son collègue, Michel Butscha. Aussi devons-nous vous proposer des solutions. » Des solutions testées dans le réseau des plates-formes d’expérimentation du groupe Cristal Union. « Il y a quatre à cinq planteurs expérimentateurs réguliers en Alsace, que nous tenons à remercier. » Le premier critère de choix variétal est la tolérance à la cercosporiose. « En Alsace, cette maladie nous donne du fil à retordre, indique Michel Butscha. Il y a vraiment une répartition géographique de cette maladie, il faut en tenir compte au niveau variétal. » Ce fléau fait aussi des ravages dans d’autres pays européens, en particulier l’Autriche et l’Allemagne du côté de la Bavière, dont les méthodes de lutte sont très proches de celles préconisées dans la région. Le deuxième critère de choix est le barème de paiement qui récompense les fortes teneurs en sucre. « Nous allons dans ce sens en privilégiant le choix de variétés riches en sucre. Nous prenons également en compte la tolérance au rhizoctone brun, aux nématodes, à la rhizomanie. » Certaines variétés voient augmenter progressivement leur tolérance à la cercosporiose. Les semenciers utilisent plusieurs leviers pour faire progresser leurs variétés, indique Michel Butscha. « On le voit sur des variétés comme okapi, libellule ou papillon, dont la note de tolérance s’est améliorée. » Une nouvelle variété, auckland, s’est fait remarquer dans les essais par son bon comportement : « Elle est restée beaucoup plus verte et saine ». Le service agrobetteravier testera cette année d’autres variétés, très prometteuses. « Linotte et auckland se détachent nettement du lot. Linotte a un avantage, elle est très tolérante à la rhizomanie, même si elle est un peu juste en richesse. Les essais effectués en Limagne confirment ces affirmations. » Très logiquement, les variétés mises en avant cette année dans la brochure « Orientations agronomiques 2017 » sont samuela, auckland et linotte ans les zones à forte pression de cercosporiose (zones rouges), papillon et vulkania dans les zones orange avec une protection fongicide normale. Ces deux variétés peuvent également être plantées en zone rouge avec une protection fongicide renforcée. Dans les zones où la pression est moindre, des variétés comme tisserin et origan peuvent parfaitement convenir, précise encore Michel Butscha. « Selon la zone où vous vous trouvez, vous aurez deux choix de programme, en fonction de la pression des maladies. En clair, la protection dont vous avez besoin dépend de votre zone géographique et des variétés choisies (protection renforcée ou protection normale). »

Publié le 10/02/2017

Les 30, 31 janvier et 1er février, une trentaine d’aspirants à leur initiation ou à leur perfectionnement à la production de houblon ont participé à la première formation houblon expert délivrée par le Comptoir agricole dans le cadre de son offre Comptoir Academy.

Du houblon en Bretagne. Une utopie, une hérésie ? Ou une réalité, dans un avenir plus ou moins proche ? Au regard de la composition de la première promotion issue de la formation houblon expert, la dernière proposition semble la bonne. Peu d’Alsaciens, puisqu’ils n’étaient que six sur tout le contingent, mais faisant preuve d’un bel optimisme et d’une certaine confiance en l’avenir. Le reste de la promotion était constitué de personnes aux origines très diverses. Des Mosellans, un Poitevin, des Bretons, un Nantais, un Alpin, un Francilien, deux Flamands, mais aussi des Belges… Et porteurs de projets aussi divers que des agriculteurs brasseurs, bien installés ou en cours d’installation, qui souhaitent asseoir leur production de houblon, voire la développer, des maraîchers qui envisagent de produire du houblon bio, pourquoi pas associé à des moutons, un futur conseiller agricole spécialisé en houblon, un porteur de projet d’une brasserie associative, un malteur de métier qui souhaite tester la culture du houblon sur l’exploitation familiale, un paysagiste qui envisage de produire du houblon bio pour les microbrasseurs de sa région, deux jeunes qui se sont déjà fixé un objectif bien précis : produire 10 hectares de houblon bio à l’horizon 2020… De cet inventaire il est possible d’extraire plusieurs tendances : l’engouement pour les microbrasseries ne se dément pas et continue à dynamiser la demande pour des houblons aromatiques, originaux et, de plus en plus, bios. Un intérêt des agriculteurs pour les cultures de diversification, qui peuvent leur permettre d’accroître leur résistance face aux aléas. Et il apparaît que les néoaspirants à la production de houblon sont plutôt jeunes, déjà bien informés sur le sujet, plein d’idées et qu’ils ont une vision moins traditionnelle de la culture du houblon que celle qui est bien ancrée dans les mœurs alsaciennes. Tout en restant néanmoins preneurs du savoir-faire ancestral des houblonniers alsaciens ! Une formation pour une nouvelle ère Pour transmettre ce savoir-faire, le Comptoir agricole a élaboré une formation dispensée sur deux jours, au fil d’un programme complet : organisation de la filière houblon et marché international, aspects agronomiques de la culture de houblon, économie et gestion des charges en production, process et qualité, gestion des ressources humaines. Pour faire ingurgiter ce programme en deux jours sans dégoûter à jamais les participants du houblon, des sorties sur le terrain étaient également au programme : découverte d’une houblonnière, en l’occurrence adossée à une microbrasserie, celle de Sébastien Holtzmann à Wingersheim, et visite du centre de réception des houblons du Comptoir agricole à Brumath. En guise d’entrée en matière, les attentes des participants à la formation ont été recueillies, et quelques-unes s’avèrent révélatrices d’un changement d’ère pour le houblon : Y a-t-il une altitude limite pour cultiver le houblon ? Quelles sont les techniques de conduite du houblon en bio ? La première transformation est-elle envisageable à petite échelle ? Des parts de marché à conserver et développer Antoine Wuchner, responsable commercial pour la filière houblon au Comptoir agricole, a accueilli les participants à cette formation : « La France produit actuellement 440 ha de houblon, dont 95 % en Alsace, et nous sommes persuadés qu’il y a encore de la place sur le marché mondial pour nos variétés alsaciennes ». Et ces dernières peuvent être produites en Alsace, certes, mais aussi dans le reste du monde. Le Comptoir agricole a en effet su adapter son offre de houblon à l’essor des microbrasseries en élaborant une gamme de variétés aromatiques. Et, alors que les prémices d’une réduction de ce marché se font sentir, la coopérative compte bien asseoir la réputation de qualité et de savoir-faire qu’elle a acquise auprès des brasseurs, en France et à l’étranger. « En Belgique, aux États-Unis, au Canada et au Japon, nous travaillons avec des distributeurs partenaires. Ailleurs nous passons par des négociants. Nos principaux pays cibles pour développer nos ventes de houblon sont l’Allemagne, le Japon, des pays qui ont une tradition brassicole, où le houblon est apprécié et qui pratiquent la contractualisation. En effet, aujourd’hui notre production est commercialisée sous contrat à 85 % et nous avons pour objectif de maintenir, prolonger et développer ces contrats car ils procurent une meilleure visibilité sur les volumes et les prix, tant pour les producteurs que pour les brasseurs. » 55 400 ha dans le monde, 440 ha en France Actuellement située à 1,933 million d’hectolitres (Mhl), la production mondiale de bière est en baisse pour la troisième année consécutive. Les besoins en alpha suivent la même tendance. La production de houblon, elle, devrait enregistrer une forte hausse en 2016, passant de 51 512 ha en 2015 à quelque 55 400 ha en 2016. L’étude de l’évolution de sa progression depuis 2004 révèle que « le houblon est une culture cyclique, avec des niveaux de production à la hausse puis à la baisse… Et sur lesquels le ralentissement du marché des microbrasseries aura sans doute un impact. » Reste que ces dernières années, les États-Unis ont fortement augmenté leur production, qui atteint désormais 18 478 ha. Ce leader est suivi de près par l’Allemagne (18 478 ha), qui produit surtout des houblons amérisants. La France et ses 440 ha fait donc office de Lilliputien. Une production structurée Ce qui ne l’empêche pas d’être bien structurée, au niveau de deux organisations économiques (le Comptoir agricole en Alsace et la Coophounord dans les Flandres), d’une interprofession (l’association générale des producteurs de houblon de France - AGPH), d’instituts techniques et de partenaires techniques, notamment l’Association pour la coopération technique agricole (Acta), des pouvoirs publics et les partenaires institutionnels, notamment FranceAgriMer, et d’instances internationales. À l’heure actuelle, l’adhésion à l’AGPH se fait automatiquement en adhérant à l’une des deux coopératives. Mais l’interprofession pourrait à l’avenir faire évoluer ses statuts pour permettre l’adhésion en direct des producteurs. Au sein de l’Acta, afin de favoriser la mobilisation des ressources génétiques, une banque variétale regroupant différentes collections issues de la population strisselspalt, ainsi que d’autres variétés, étrangères ou anciennes, ont été créées en plusieurs endroits à titre d’observation, des travaux sont également menés sur la maîtrise des bioagresseurs, sachant qu’en tant que culture mineure, le houblon peine à attirer l’attention des firmes phytosanitaires et dispose donc de peu de solutions chimiques. Enfin des travaux sont menés sur la fertilisation azotée, l’amélioration des équipements de récolte et de séchage afin de limiter les charges et d’obtenir des houblons de qualité, de déterminer la date optimale de récolte… FranceAgriMer a pour mission la mise en œuvre de la certification de la production française de houblon. Une certification obligatoire en cas de vente de houblon, afin de garantir à l’acheteur que le houblon respecte un certain nombre de critères de qualité (pourcentage de déchet, humidité, pureté variétale, taux de graines). La DDT quant à elle s’occupe notamment du versement d’une aide Pac couplée à la surface de production de houblon. En 2015, l’enveloppe de 300 000 € était attribuée au prorata des hectares produits. L’aide devrait être reconduite jusqu’en 2020. Une plante volubile et dioïque Dans un autre module de la formation, consacré aux aspects agronomiques de la culture de houblon, Michèle Dauger et Bernadette Laugel, qui travaillent sur les aspects techniques et agronomiques de la culture du houblon au Comptoir agricole, ont commencé par présenter les caractéristiques de la plante, « volubile », c’est-à-dire qu’elle tourne autour d’un support grâce à ses lianes munies de crochet, et « dioïque », c’est-à-dire qu’elle présente des plantes mâles et des plantes femelles bien distinctes. Seules les fleurs femelles se transforment en cônes et les cônes grainés, donc fécondés par des plants mâles, ne sont pas marchands. Le houblon est principalement cultivé pour son cône, riche en lupuline, utilisée en brasserie et en herboristerie. Mais la plante a d’autres ressources : les jeunes pousses, ou jets de houblon, peuvent être consommées en légumes, les lianes peuvent servir en vannerie, le reste en fourrage, à condition d’en extraire au préalable les éventuels débris métalliques. La lupuline se compose d’huiles essentielles et de résines dont les acides alpha, qui confèrent de l’amertume à la bière, des acides bêta, qui sont utilisés dans la lutte contre le varroa dans les ruches bios et du xanthohumol, aux propriétés anticancéreuses. Le houblon est une plante pérenne qui stocke des éléments nutritifs (mais parfois aussi des maladies) dans une souche souterraine permanente. C’est de cette souche que les bourgeons dormants, formés en fin d’été, se développeront en liane au printemps suivant. La multiplication du houblon se fait généralement par bouturage. Les boutures, les boutures racinées ou les plants horticoles doivent être implantés dans des parcelles où ils seront à l’abri à la fois des excès d’eau qui les font pourrir, des chaleurs excessives en été, qui font chuter la teneur en alpha, et du vent qui risque de décrocher les lianes. En Alsace la densité de plantation va de 2 500 à 3 500 pieds par hectare selon la vigueur des variétés. « La densité doit permettre à la lumière de pénétrer pour favoriser la floraison et la conaison », indique Michèle Dauger. En effet, le développement des inflorescences requiert 16 à 18 heures de lumière par jour, et a donc lieu courant juillet - août. Soigner l’installation L’installation des plants la première année sera le gage de réussite de la culture les années suivantes. Elle doit donc être soignée afin de garantir la régularité, la vigueur des plants, l’absence de manquants… « Il est particulièrement important d’avoir des lignes bien droites », prévient Michèle Dauger. Une fois que la houblonnière entre en production, plusieurs opérations culturales se succèdent. Le déchaussage consiste à enlever de la terre de part et d’autre de la ligne de plantation. Réalisé en automne et en hiver il permet notamment au gel d’agir sur l’oïdium. Au printemps, la taille consiste à enlever la base des lianes de l’année précédente. S’ensuivent la mise en place des fils tuteurs et l’ébroussage, qui permet d’enlever mécaniquement une grande partie des lianes superflues pour préparer la mise au fil car « sur quelque 100 lianes émises par souche, seules trois ou quatre seront mises au fil ». Une fois mises au fil, ces lianes doivent régulièrement être raccrochées jusqu’à ce qu’elles atteignent le haut de l’échafaudage. Le buttage, souvent réalisé en deux fois, consiste à apporter de la terre meuble sur les souches afin de favoriser le développement des racines estivales. Le défanage consiste à nettoyer la base des lianes afin de faciliter la récolte. Celle-ci a lieu avant la maturité du houblon, alors qu’il est encore vert, mais qu’il contient un maximum d’acide alpha et d’arôme. La plante entière est exportée du champ à l’aide d’une remorque arracheuse, puis les cônes sont séparés du reste de la plante, séchés et conditionnés. « Le séchage doit être rapide pour ne pas que le houblon parte en fermentation. Il se fait à 60 °C pendant 4 à 6 h, le temps que le houblon qui arrive à 80 % d’humidité atteigne 8 à 9 % d’humidité. Puis le houblon est laissé deux jours en tas, pour reprendre en humidité et garantir un séchage plus homogène, le rachis séchant plus lentement que les folioles. Le houblon doit atteindre 11 % d’humidité pour être commercialisé. C’est donc en général le débit au séchage qui régule le débit de la cueillette », indique Michèle Dauger.   Culture mineure Pour finir ce module, Bernadette Laugel a présenté les diverses maladies et ravageurs du houblon (mildiou, oïdium, charançon, acarien, puceron, altise, virus). Le houblon étant une culture mineure (moins de 20 000 ha et production annuelle inférieure à 400 000 t), la profession a la possibilité de demander des extensions pour usage mineur de produits phytopharmaceutiques. Reste que la gamme de solutions chimiques autorisées est réduite. Dès lors, la meilleure des protections reste le respect des mesures prophylactiques (nettoyage des houblonnières, fertilisation raisonnée, et en particulier pas avec des résidus de houblonnières) et la lutte raisonnée grâce à l’observation, la protection des auxiliaires… Preuve de l’avenir des variétés alsaciennes : certains participants ont profité de leur séjour dans le berceau du houblon pour acquérir auprès du Comptoir agricole quelques kg du précieux or vert, qu’ils s’empresseront d’ajouter à leurs brassins !

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