Pomiculture
Une nouvelle variété et un GIE dans les tuyaux
Pomiculture
Publié le 18/04/2017
Lundi 10 avril, la commission agricole de la Région Grand Est visitait la Cuma Alsa Pomme. L’occasion pour les arboriculteurs de présenter leur projet de lancement d’une nouvelle variété de pomme, identifiée au bassin de production, et de créer un Groupement d’intérêt économique (GIE) pour accompagner cette dynamique.
Sa chair est sucrée et acidulée, sa robe est d’un rouge ardent, son calibre est régulier, sa tolérance à la tavelure est bonne. Mais elle n’a pas encore de nom. Elle, c’est la variété que les pomiculteurs alsaciens ont choisie pour porte-étendard de la production alsacienne. Les objectifs de l’opération sont multiples : offrir des perspectives intéressantes aux jeunes arboriculteurs, répondre à la demande croissante des consommateurs en produits locaux, en profiter pour capter de la valeur ajoutée. « En Alsace, seuls 20 % des vergers sont irrigués, le niveau de rendement n’est donc pas comparable à celui atteint dans les grands bassins de production de l’ouest de la France. Il fallait donc trouver d’autres leviers », avance Philippe Jacques, conseiller en arboriculture à la Chambre d'agriculture d’Alsace. C’est ainsi qu’est née l’idée d’élargir la gamme avec une variété locale, à forte valeur ajoutée. Une pomme précieuse Lorsqu’ils ont commencé à passer en revue les diverses candidates, en 2009, les arboriculteurs alsaciens avaient établi des critères de sélection bien précis : une vigueur plutôt faible (car les sols alsaciens sont poussants), une bonne régularité de production, une coloration facile, une bonne conservation, une époque de récolte intermédiaire (entre jonagored et braeburn, pour ne pas bousculer les travaux), une forte résistance à la tavelure, peu sensible au chancre, au phytophtora, moyennement aux carpocapses, aux pucerons cendrés et lanigères, un bel aspect, sans oublier une saveur, qui rappellerait le sucré acidulé du fruit emblématique alsacien, la quetsche. Et puis il fallait aussi un metteur en marché alsacien. Tolérante à la tavelure Pas facile de trouver la perle rare ! Mais les arboriculteurs ont tout de même trouvé une variété qui leur convient : « Il s’agit d’un croisement entre pink lady et topaz », annonce Philippe Jacques. Topaz, une variété que les producteurs bios connaissent bien pour sa tolérance à la tavelure, l’ennemi numéro un des pommiers. Les producteurs estiment qu’ils vont pouvoir diviser par trois le nombre de traitement contre cette maladie, ce qui va considérablement alléger les IFT. L’heureuse élue a pour autre avantage de correspondre à la demande des consommateurs : « Golden s’est fini, gala est devenue incontournable, et il faut l’avoir toute l’année », décrit Philippe Jacques. Or la variété sélectionnée par les arboriculteurs s’en approche. Elle cumule une bonne conservation, une bonne productivité, une conduite facile des vergers, un calibre très homogène, une période de récolte favorable, c’est une variété peu alternante, facile à éclaircir… Les producteurs concluent : « C’est une très belle et bonne variété qui a sa place en tant que porte-étendard de la pomme dans notre région. » 31 000 €/ha d’implantation Actuellement, la variété est encore en phase de test au Verexal, afin de déterminer la meilleure densité de plantation, les modes de conduite les plus adaptés… Mais, pour présenter cette variété aux élus, les arboriculteurs les avaient conviés chez Patrick Vogel, arboriculteur à Kriegsheim, qui en a implanté une parcelle de 1 hectare. Soit un investissement de pas moins de 31 000 €, en plants et en structures. Somme à laquelle il faudra ajouter d’autres charges, comme un filet paragrêle. Plantée en novembre 2016, cette parcelle devrait entrer en production en 2019, pour une durée d’environ 15 ans.












