Cultures

Verger expérimental d’Alsace

La station diversifie son activité

Publié le 15/04/2017

Le Verger expérimental d’Alsace (Verexal) tenait son assemblée générale mercredi 29 mars à Obernai. Les intervenants ont relaté les faits marquants de 2016, entre coopération internationale et vente directe.

L’année 2016 a été marquée par une grande diversité dans les actions du Verger expérimental d’Alsace (Verexal). La station expérimentale avait donné rendez-vous aux adhérents dans ses locaux d’Obernai, mercredi 29 mars. L’assemblée générale a permis de relever les faits marquants des douze derniers mois. Plus de coopération européenne Le verger s’est internationalisé via un partenariat avec l’Allemagne et la Suisse. En association avec les régions frontalières de ces deux pays, le Verexal essaie de trouver des solutions pour venir à bout de la drosophile et de la sharka. Suivi des contaminations, piégeage, insecticides, produits alternatifs et méthodes de détection, tous les aspects de la lutte sont abordés conjointement. « C’est un projet très motivant, surtout avec les collègues allemands et suisses qui sont plutôt calés dans ce domaine », explique Hervé Bentz, le responsable de station. En Alsace, les parcelles de Westhoffen et de Sigolsheim ont intégré le projet. Cette initiative intervient dans le cadre du programme européen Interreg, qui vise à renforcer la coopération entre les régions d’Europe. Un magasin qui prend de l’ampleur « L’essence de Verexal c’est la recherche », insiste son président, Pierre Barth. Mais vu les résultats de son magasin, dont les chiffres sont en constante augmentation, il était impossible de ne pas en parler. Installé au rez-de-chaussée du bâtiment, il propose légumes et fruits de saison, ainsi que des produits transformés. Tout ce qui n’est pas produit au verger provient de producteurs bios et de circuits courts. Environ 470 clients y font leurs courses chaque semaine. Le panier moyen atteint les 12 €, soit 3 € de plus que l’année dernière. Surtout, « les clients identifient clairement le magasin comme un point de vente de produits locaux », selon l’étude économique menée par Hervé Bentz. Autrement dit, le magasin affirme sa notoriété, alors même qu’il est excentré, dans la zone industrielle nord d’Obernai. Une réussite d’autant plus grande que les dirigeants du verger expérimental n’ont pas fait de la communication sur le sujet une priorité. « La progression s’est faite par le bouche-à-oreille », détaillent les participants à l’étude. Incertitudes et projets Malgré ces bonnes nouvelles, l’équipe de la station navigue à vue. La refonte de la Région Alsace dans le Grand Est laisse planer le doute quant aux dotations réelles pour 2017. Le maire d’Obernai, Bernard Fischer, a néanmoins assuré les membres de l’association de son soutien. En dépit de ces incertitudes, l’organisation souhaite aller de l’avant. Ainsi, l’extension du bâtiment de stockage, attendue depuis des années, est prévue pour 2017. Cette fois-ci c’est la bonne !

Maraîchers réunis de Sélestat

Une coopérative qui grandit

Publié le 08/04/2017

Mardi 21 mars, les Maraîchers réunis de Sélestat se sont retrouvés en assemblée générale à Ebersheim. L’année 2016 a apporté son lot de (bonnes) surprises.

Nouvelles têtes, ouverture d’un magasin, territoire plus grand, 2016 n’a pas été de tout repos pour les Maraîchers réunis de Sélestat (MRS). Leur réunion plénière, mardi 21 mars à Ebersheim, a pris la forme d’une petite rétrospective d’une année riche en nouveautés. Normal au vu des bons résultats de la coopérative. « Vu le printemps qu’on a eu, on s’en sort bien », confiait une employée de la coopérative au début de la séance. Et c’est bien cela que les comptables ont tenu à mettre en avant. Malgré une diminution de la production, la coopérative maintient la tête hors de l’eau. « La gestion impeccable de votre structure vous a permis de surmonter cette campagne difficile, et d’envisager l’avenir sereinement », a même conclu le commissaire aux comptes. Un bilan plutôt positif qui permet de lancer de nouveaux projets. Car la coopérative voit grand. Cœur Paysan, ouvert fin 2016, a forcément monopolisé une bonne partie de l’attention. Le magasin de producteurs, approvisionné entre autres par les MRS, a fait l’objet d’un point d’étape. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, les objectifs financiers sont globalement respectés. Mais pour Denis Digel, président du groupement de producteurs, le plus important est ailleurs. « Cette enseigne réunit 35 agriculteurs, 8 employés et des centaines de clients autour de valeurs communes ». Pensés durant le printemps 2016, les travaux n’ont commencé qu’en octobre, pour une ouverture deux mois plus tard. Un tour de force, tant au niveau humain que matériel. Pour le responsable, c’est bien la preuve qu’un réel engouement est né autour du projet. Un territoire plus grand et de nouveaux visages Signe d’une structure qui s’agrandit, les participants ont décidé d’étendre leur circonscription territoriale. Dès cette année, l’organisation s’étendra sur l’ensemble de l’Alsace, à l’exception des extrêmes Nord et Sud. Cela ouvrira la voie à de nouvelles adhésions des quatre coins de la région. Une opération d’autant plus pertinente qu’un nouveau projet de circuits courts est dans les cartons. En effet, les agriculteurs se sont impliqués dans la restructuration de la zone commerciale de Vendenheim, au nord de Strasbourg. Un bâtiment comprenant un commerce de producteurs et un restaurant alimenté par ces derniers verra le jour en 2019. Si les maraîchers réunis ne sont pas les meneurs de cette entreprise, ils y participeront. La coopérative a aussi enregistré deux nouvelles arrivées en 2016. Claudia, en premier lieu, a rejoint l’équipe administrative. « Nos clients (grossistes, centrales d’achats, NDLR) nous délèguent de plus en plus de tâches administratives, explique son patron. Il fallait renforcer notre pôle administratif pour être plus réactifs. » Côté membres, le jeune Marc Hamm est monté à bord. Une excellente nouvelle pour la coopérative, qui cherche, comme beaucoup d’autres organisations agricoles, à assurer sa pérennité. Une année 2017 prometteuse donc, à condition que la météo soit au rendez-vous.

Publié le 06/04/2017

Avec les conditions météorologiques clémentes, les semis de printemps battent leur plein. Après la betterave, le maïs est progressivement implanté. Les céréales à paille, le colza, les prairies profitent également des températures clémentes. Il manque juste un peu d’eau pour couronner le tout !

Après un hiver plutôt rigoureux, les cultures se portent plutôt bien. En blé « il n’y a pas eu de pertes, certains blés ont mis du temps à lever, mais finalement les densités sont bonnes, voire élevées. Il faudra alors être vigilant au risque de verse », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les blés atteignent pour la plupart le stade épi 1 cm, sauf les semis les plus tardifs. « On se situe de fin tallage à plus de 1 cm, soit dans les clous pour la saison. » Le premier apport d’azote a été effectué il y a un mois et, les besoins allant croissants à partir de la montaison, il serait temps d’effecteur le second apport, généralement le plus important. De nombreux agriculteurs l’ont d’ailleurs déjà effectué la semaine dernière, espérant un peu d’eau durant le week-end pour valoriser l’apport, sauf qu’il n’y en a quasiment pas eu. « Il faut 10 mm d’eau pour bien valoriser un apport d’azote », rappelle Laurent Fritzinger. Donc, si le stade optimal est atteint, les conditions ne sont pas réunies pour bien valoriser les apports : « Les températures clémentes et le vent ont asséché le sol en surface, il faudrait plus d’eau pour amener l’engrais jusqu’aux racines ». L’idéal serait donc d’effectuer cet apport, avant une pluie annoncée. Il est également temps de procéder au désherbage : « La portance est bonne et, plus on attend plus on aura de mal à toucher les adventices qui seront de plus en plus développées ». Puis, il sera temps de procéder aux applications de régulateurs de croissance sur les parcelles à risque, c’est-à-dire avec une densité élevée, une variété sensible… Pour l’instant, les pucerons se font discrets : « Je n’ai rien vu, rien entendu », constate Laurent Fritzinger. Mais, comme les dégâts provoqués par la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO), maladie virale transmise par les pucerons, ne sont visibles qu’à partir du moment où la montaison est bien engagée, il n’est pas dit que des contaminations se révèlent dans les jours à venir. Reste que le niveau de risque est plutôt faible. Maïs : c’est parti pour les semis Alors que les semis de betteraves s’achèvent, « les plus courageux ont commencé à semer les maïs à la fin de la semaine dernière », indique Laurent Fritzinger. Pourquoi pas ? Puisque, hormis dans les sols lourds, les conditions peuvent être réunies : portance, sols suffisamment ressuyés et réchauffés… « Semer tôt, cela se justifie surtout si on a des variétés tardives », rappelle Laurent Fritzinger. Histoire de sécuriser la fin de cycle. Donc, si les conditions anticycloniques se maintiennent, la cadence devrait s’accélérer dans les prochains jours. Premier constat, positif : grâce au gel hivernal, les conditions de préparation du sol sont bonnes. Pourvu que ça dure ! Colza : la floraison écarte le risque méligèthes Les colzas se sont « bien retapés » depuis l’hiver. Les premières fleurs sont désormais ouvertes sur les colzas les plus précoces, ce qui éloigne le risque de constater des dégâts liés aux méligèthes. En effet, Laurent Fritzinger rappelle que l’insecte ne cause de dégâts qu’en perçant le bouton floral pour atteindre le pollen qui se trouve à l’intérieur. Une fois que le bouton est ouvert, les méligèthes ont libre accès au pollen. Et comme en plus ils sont attirés par la couleur jaune, ils délaissent les boutons floraux au profit des fleurs, participant alors à leur pollinisation. En outre le conseiller rappelle qu’au stade E (boutons séparés), un colza vigoureux supporte la présence de six à sept méligèthes. Et, de toute façon, la floraison va très vite s’installer. Prairies : il ne manque qu’un peu d’eau Malgré un mois de janvier froid, les températures plus clémentes en février et en mars ont permis un redémarrage assez précoce des prairies. Contrairement au blé, les apports d’azote qui ont été effectués au bon moment (lorsque la somme des températures atteint 200 °C depuis le 1er janvier) ont pu être valorisés puisqu’ils ont été suivis de précipitations. « Cependant, les apports d’azote n’ont pas encore été effectués sur toutes les prairies, et risquent alors de manquer d’efficacité », constate Laurent Fritzinger. Déjà, la portance permet de mettre des animaux à la pâture. Pour les premières fauches, il faudra attendre encore un peu : « Certains ray-grass dérobés après céréales pourront être fauchés dans une quinzaine de jours pour bénéficier de bonnes valeurs alimentaires. Sur les prairies naturelles, un peu d’eau ferait vraiment du bien. Sur des sols bien réchauffés comme on a, cela ferait exploser la végétation », projette Laurent Fritzinger.

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