Cultures

Publié le 06/04/2017

Avec les conditions météorologiques clémentes, les semis de printemps battent leur plein. Après la betterave, le maïs est progressivement implanté. Les céréales à paille, le colza, les prairies profitent également des températures clémentes. Il manque juste un peu d’eau pour couronner le tout !

Après un hiver plutôt rigoureux, les cultures se portent plutôt bien. En blé « il n’y a pas eu de pertes, certains blés ont mis du temps à lever, mais finalement les densités sont bonnes, voire élevées. Il faudra alors être vigilant au risque de verse », indique Laurent Fritzinger, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les blés atteignent pour la plupart le stade épi 1 cm, sauf les semis les plus tardifs. « On se situe de fin tallage à plus de 1 cm, soit dans les clous pour la saison. » Le premier apport d’azote a été effectué il y a un mois et, les besoins allant croissants à partir de la montaison, il serait temps d’effecteur le second apport, généralement le plus important. De nombreux agriculteurs l’ont d’ailleurs déjà effectué la semaine dernière, espérant un peu d’eau durant le week-end pour valoriser l’apport, sauf qu’il n’y en a quasiment pas eu. « Il faut 10 mm d’eau pour bien valoriser un apport d’azote », rappelle Laurent Fritzinger. Donc, si le stade optimal est atteint, les conditions ne sont pas réunies pour bien valoriser les apports : « Les températures clémentes et le vent ont asséché le sol en surface, il faudrait plus d’eau pour amener l’engrais jusqu’aux racines ». L’idéal serait donc d’effectuer cet apport, avant une pluie annoncée. Il est également temps de procéder au désherbage : « La portance est bonne et, plus on attend plus on aura de mal à toucher les adventices qui seront de plus en plus développées ». Puis, il sera temps de procéder aux applications de régulateurs de croissance sur les parcelles à risque, c’est-à-dire avec une densité élevée, une variété sensible… Pour l’instant, les pucerons se font discrets : « Je n’ai rien vu, rien entendu », constate Laurent Fritzinger. Mais, comme les dégâts provoqués par la Jaunisse nanisante de l’orge (JNO), maladie virale transmise par les pucerons, ne sont visibles qu’à partir du moment où la montaison est bien engagée, il n’est pas dit que des contaminations se révèlent dans les jours à venir. Reste que le niveau de risque est plutôt faible. Maïs : c’est parti pour les semis Alors que les semis de betteraves s’achèvent, « les plus courageux ont commencé à semer les maïs à la fin de la semaine dernière », indique Laurent Fritzinger. Pourquoi pas ? Puisque, hormis dans les sols lourds, les conditions peuvent être réunies : portance, sols suffisamment ressuyés et réchauffés… « Semer tôt, cela se justifie surtout si on a des variétés tardives », rappelle Laurent Fritzinger. Histoire de sécuriser la fin de cycle. Donc, si les conditions anticycloniques se maintiennent, la cadence devrait s’accélérer dans les prochains jours. Premier constat, positif : grâce au gel hivernal, les conditions de préparation du sol sont bonnes. Pourvu que ça dure ! Colza : la floraison écarte le risque méligèthes Les colzas se sont « bien retapés » depuis l’hiver. Les premières fleurs sont désormais ouvertes sur les colzas les plus précoces, ce qui éloigne le risque de constater des dégâts liés aux méligèthes. En effet, Laurent Fritzinger rappelle que l’insecte ne cause de dégâts qu’en perçant le bouton floral pour atteindre le pollen qui se trouve à l’intérieur. Une fois que le bouton est ouvert, les méligèthes ont libre accès au pollen. Et comme en plus ils sont attirés par la couleur jaune, ils délaissent les boutons floraux au profit des fleurs, participant alors à leur pollinisation. En outre le conseiller rappelle qu’au stade E (boutons séparés), un colza vigoureux supporte la présence de six à sept méligèthes. Et, de toute façon, la floraison va très vite s’installer. Prairies : il ne manque qu’un peu d’eau Malgré un mois de janvier froid, les températures plus clémentes en février et en mars ont permis un redémarrage assez précoce des prairies. Contrairement au blé, les apports d’azote qui ont été effectués au bon moment (lorsque la somme des températures atteint 200 °C depuis le 1er janvier) ont pu être valorisés puisqu’ils ont été suivis de précipitations. « Cependant, les apports d’azote n’ont pas encore été effectués sur toutes les prairies, et risquent alors de manquer d’efficacité », constate Laurent Fritzinger. Déjà, la portance permet de mettre des animaux à la pâture. Pour les premières fauches, il faudra attendre encore un peu : « Certains ray-grass dérobés après céréales pourront être fauchés dans une quinzaine de jours pour bénéficier de bonnes valeurs alimentaires. Sur les prairies naturelles, un peu d’eau ferait vraiment du bien. Sur des sols bien réchauffés comme on a, cela ferait exploser la végétation », projette Laurent Fritzinger.

Publié le 05/03/2017

L’assemblée générale de la station d’expérimentation et de conseil Planète Légumes avait lieu mardi 21 février. Les intervenants ont rappelé les faits marquants de 2016, les importants changements liés à la fusion des trois régions au sein du Grand Est et les perspectives pour 2017.

20 ans que Planète Légumes expérimente de nouvelles techniques et conseille ses quelque 500 adhérents. L’assemblée générale qui s’est tenue mardi 21 février à Schiltigheim a permis de dresser un bilan des actions de l’an passé et de se projeter dans l’avenir. 2016 a été marquée par une vaste réorganisation des entités régionales, liée à la naissance de la région Grand Est. Loin de voir ces changements d’une manière négative et peu constructive, l’organisation a repoussé les frontières de l’Alsace et est « désormais associée à la Chambre régionale d’agriculture », a annoncé son président, Pierre Lammert. Ce rapprochement intervient au même moment que la création d’Univers fruits et légumes du Grand Est. Cette entité nouvelle vise à regrouper l’ensemble des exploitants de la région afin de fédérer les actions et renforcer le poids de la représentation ainsi que du lobbying auprès des pouvoirs publics. Disposant de conseillers sur l’ensemble du territoire, en Lorraine et en Champagne, Planète Légumes occupe l’espace et est déterminée à exister au sein de cette grande région. Pour Fabien Digel, directeur, « c’était un rendez-vous à ne pas manquer et je crois que nous avons répondu présents ». « Nous ne sommes pas suffisamment structurés pour postuler à certaines subventions et mobiliser des fonds de l’Union européenne. Plus de synergie nous apporterait plus de poids et donc plus d’attention de la part des instances dirigeantes au niveau de l’Europe », explique le président. Le contrat de filière signé en 2016 renforce aussi des objectifs tels que l’accompagnement du développement agricole, l’aide à l’installation de nouveaux producteurs, le développement du bio ou encore la volonté d’asseoir la filière au niveau national et continental. Des assises et des jeunes pousses Début février, plus de 120 participants se sont réunis à Strasbourg pour les premières assises de la filière. Les activités se sont articulées autour d’ateliers thématiques qui avaient pour but de définir un plan d’action commun à tout le secteur des fruits et légumes pour la politique régionale. Les thèmes de compétitivité, proximité et qualité étaient au centre des débats. « Ce fut aussi une belle occasion de se retrouver et réunir des professionnels qui ne se connaissent pas toujours alors qu’ils ont beaucoup en commun », se réjouit Pierre Lammert. L’année 2016 marque aussi la naissance des Jeunes Pousses, un groupe de jeunes producteurs affilié à Planète Légumes. « Cela leur permet de s’entraider, partager leurs expériences ; c’est un groupe qui vit vraiment bien », expose Lilian Boullard, un des deux techniciens référents qui guident le groupe dans ses démarches et activités. Deux figures de l’organisation ont décidé de passer la main après de nombreuses années de bons et loyaux services. Jacky Baur, représentant de la filière chou à choucroute dans le conseil d’administration, et Dominique Lux, pour la filière asperge, seront remplacés respectivement par Benoît Hindermeyer. et Olivier Holveck. En fin de séance, le président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, Jean-Luc Pelletier, est venu saluer « la qualité d’expertise de Planète Légumes et des échanges engagés entre la Chambre et l’organisation ».

Gaec Strohm à Domfessel

L’oncle et ses neveux

Publié le 01/03/2017

À Domfessel, le Gaec Strohm se compose de trois associés, Frédéric Strohm et ses deux neveux, Matthieu et Thomas. Spécialisé dans la production de lait bio, il exploite 220 hectares de prairies naturelles et temporaires, mais mise sur le maïs pour assurer l’autonomie fourragère de son troupeau. Une stratégie qu'il a expliquée aux éleveurs de prim'holstein qui visitaient son exploitation après l'assemblée générale du syndicat de la race.

Au Gaec Strohm, tout le monde est polyvalent. Mais Frédéric s’occupe essentiellement de la traite, des travaux des champs et de la comptabilité. Matthieu se charge la conduite du troupeau, de l’alimentation, des travaux des champs et des tâches administratives. Thomas et sa compagne se partagent les travaux avec Matthieu. L’aventure démarre en 1982, avec la construction d’une étable en stabulation libre avec logettes pour 50 vaches laitières, en bordure du village. La SAU était à l’époque de 100 hectares, la référence laitière de 300 000 litres. Dix ans plus tard, c’est le début de la conversion bio et l’adhésion à la Cuma des Prairies. La SAU est alors de 150 ha, la référence laitière de 400 000 l. Première livraison de lait bio le 1er décembre 1994 En 1994, la ferme obtient le label AB. La première livraison de lait bio intervient le 1er décembre. Matthieu s’installe en 1997. Deux ans plus tard, les deux éleveurs s’associent avec un autre agriculteur du village. La SAU s’élève alors à 270 000 ha, pour une référence laitière de 685 000 l. En 2000, Frédéric et son neveu font une sortie d’exploitation et construisent une nouvelle étable en logettes paillées pour 120 vaches laitières avec salle de traite par l’arrière 2 x 8 postes, et mettent aux normes la fosse fumière. Les génisses sont logées dans l’ancienne étable du village. 2007 marque la construction d’une nursery pour les veaux, ouverte sur deux côtés. « Elle est assez aérée, mais nous rencontrons très peu de problèmes pulmonaires. Nous n’envisageons pas de la fermer », expliquent les éleveurs. L’année suivante, ils se lancent dans la construction d’un bâtiment pour effectuer du séchage en grange. « À l’époque, la conduite en agriculture biologique permettait d’intégrer au maximum 50 % d’ensilage d’herbe dans la ration. Nous voulions arriver à faire une meilleure qualité de fourrage en sec. Entre-temps, la réglementation a changé mais nous avons maintenu notre projet. » Thomas Strohm s’installe en 2009. Depuis, le Gaec a construit un bâtiment de stockage des machines, équipé d’une toiture photovoltaïque, installé un Dac et construit des silos pour garantir l’approvisionnement en maïs tout au long de l’année. Actuellement, l’exploitation compte 310 ha et produit plus d’1 million de litres de lait. Les veaux sont élevés au lait entier, avec un sevrage à 12 semaines minimum. Les génisses sortent au pâturage à l’âge de 1 an, de juin en octobre. En hiver, elles reçoivent du foin et les refus des vaches laitières. « Cette année, vu la mauvaise qualité du foin, leur croissance est moins bonne, mais elles se rattraperont vite lorsqu’elles sortiront. » L’éleveur compte sur l’effet compensateur au printemps, à condition que l’herbe soit de bonne qualité… La ration moyenne des vaches laitières en hiver se compose de 5,5 kg MS d’ensilage de maïs, 2,5 kg MS d’enrubanné, 8 kg MS de foin. Une ration complétée par la distribution, au pic de lactation, de 3,5 kg VL et 3 kg céréales. Résultats technico-économiques Les résultats technico-économiques de l’atelier laitier ont été présentés par Philippe Le Stanguennec, conseiller élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’effectif de vaches présentes s’élève à 141, avec un rang moyen de lactation de 2,7. L’âge au premier vêlage est de 35 mois en moyenne. La production moyenne de lait brut est de 7 743 kg par VL. Le Gaec distribue 1 580 kg de concentrés par vache, soit un coût de 68 €/1 000 l. Le prix du lait « laiterie » est de 467 €/1 000 l, pour un taux butyreux de 40,3 et un taux protéique de 31,2. Le niveau cellulaire s’affiche à 221 000 cellules. Le bilan de fécondité révèle un intervalle vêlage-insémination fécondante de 135 jours, un nombre d’IA/Insémination fécondante de 2,1. « L’objectif est d’arriver à moins de 2. ». L’intervalle vêlage-vêlage est de 418 jours. « Depuis que l’exploitation s’est équipée d’un outil d’aide à la détection des chaleurs, les résultats se sont améliorés de manière significative », indique le conseiller élevage. Une certaine vision de la génétique « Le Gaec Strohm adhère depuis 1991 à Prim’Holstein France, association nationale qui regroupe 6 400 adhérents », explique Perrine Ludwig, technicienne à PHF. Parmi ses missions figurent le pointage des animaux, la collecte de la morphologie, l’amélioration du troupeau et les conseils aux éleveurs. « Le troupeau affiche un rang moyen de lactation de 2,7, très au-dessus de la moyenne nationale qui s’élève à 1,9. » Au niveau génétique, le Gaec Strohm travaille plus particulièrement des points comme la mamelle (attache, distance plancher-jarret, implantations des trayons), les membres (locomotion, pied, qualité ossature et parallélisme), la santé de la mamelle et la reproduction. Les éleveurs sont particulièrement attentifs à la qualité du lait (taux, bonne mamelle et critères fonctionnels) et à l’aptitude des vaches à pâturer. « D’où l’importance des aplombs et de l’état corporel. » Ils recherchent également des systèmes économes (cellules, reproduction, longévité). « Je passe une fois par an pour contrôler les premiers veaux, nous choisissons les taureaux et j’établis le planning d’accouplement », indique la technicienne.

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