Cultures

Filière céréalière rhénane

La navigabilité du Rhin, un enjeu majeur

Publié le 17/05/2017

Vendredi 12 mai, lors de la Journée des grains en Alsace organisée par l’association de la Bourse de commerce de Strasbourg, il a été notamment question des difficultés de navigation liées au phénomène de basses eaux du Rhin, qui devient persistant et récurrent.

« Le contrôle du niveau d’eau du Rhin va constituer le défi économique majeur de ces vingt prochaines années », avance Christophe Armbruster, vice-président de la Bourse de commerce de Strasbourg. L’amplification du phénomène s’explique essentiellement par une perturbation de l’hydrographie, liée à de faibles niveaux de précipitations, ou encore à la fonte des glaciers qui entraîne une réduction de la réserve en eau qu’ils constituent. Le problème ne se résoudra pas en un coup de cuillère à pot, il s’agit donc de le prendre à bras-le-corps pour trouver une solution dans un laps de temps acceptable pour les entreprises dont l’activité économique dépend du Rhin. Hausse du coût du transport « Cet hiver, la période de basses eaux a duré quatre mois, durant lesquels le transport fluvial a été compliqué et coûteux », indique Jean-Laurent Herrmann, président de la Bourse de commerce de Strasbourg et directeur commercial à Strasbourg de Rhenus Transport. Comme les bateaux ne peuvent pas être chargés complètement, sous peine de rester bloqués par le lit du fleuve, les transporteurs doivent affréter davantage de navires, ce qui vient renchérir le coût du transport. « Pour aller d’Alsace à Rotterdam, il faut compter 10 €/t de frais de transport en temps normal, cette année, en période de basses eaux, nous avons atteint un coût de 20, voire 25 €/t », illustrent les représentants de la Bourse de commerce de Strasbourg. Un surcoût propre à dissuader la clientèle d’acheter des céréales sur le marché du Rhin. Ainsi, certains clients, par exemple hollandais, qui se fournissent traditionnellement sur ce marché, se sont rabattus sur des céréales ukrainiennes, au tarif plus compétitif. « Même les céréales brésiliennes, qui arrivent par paquebots entiers, deviennent plus attractives. Si bien qu’entre octobre et novembre, nous n’avons pas eu d’acheteurs hollandais », constate Jean-Laurent Herrmann. L’Alsace n’est pas la seule région concernée puisque le phénomène s’étend à l’ensemble du haut bassin du Rhin. En outre, toutes les marchandises sont concernées. Et les centrales hydroélectriques peuvent être perturbées, avec des conséquences pour les populations locales, puisque certaines agglomérations, comme Bâle, fonctionnent avec un mix énergétique qui comporte une part non négligeable d’hydroélectricité. Stocker l’eau, redimensionner la flotte… Pour faire avancer le dossier, l’association de la Bourse de commerce de Strasbourg s’attache à sensibiliser les élus locaux à la question. L’association œuvre aussi au sein de la Commission centrale du Rhin, d’où émane la substance des textes de loi qui établissent les règles de circulation sur le Rhin. « Tous les pays qui ont accès au Rhin sont représentés dans cette institution à la présidence tournante entre les pays membres », explique Jean-Laurent Herrmann. Plusieurs solutions sont évoquées : stocker de l’eau, par exemple dans le lac de Constance, et procéder à des lâchers d’eau lorsque c’est nécessaire, construire des barrages, ou encore construire des bateaux moins profonds mais plus larges afin d’augmenter leur capacité de chargement… Des solutions qui ont toutes des répercussions, financières ou environnementales, et entre lesquelles il s’agira d’arbitrer. Une chose est sûre, il faut anticiper, parce que si en Allemagne la majorité des flux de marchandise que perd le transport fluvial va au transport ferroviaire, en France, c’est le transport routier qui s’engorge un peu plus. Au mépris de toutes les études scientifiques qui concluent à l’origine anthropique du changement climatique.

Publié le 13/05/2017

Dans le cadre de sa thèse, Mathilde Tissier a étudié la biologie du grand hamster, et notamment les conséquences de son alimentation sur sa reproduction. Elle a démontré que certaines associations culturales lui sont nettement plus bénéfiques que d’autres, et surtout qu’une alimentation peu diversifiée. De quoi donner des pistes aux agriculteurs qui s’efforcent de contribuer à restaurer la population locale de rongeur. Et, au-delà, de préserver l’équilibre de la faune alsacienne.

Dans le cadre de son master en écophysiologie et en éthologie à l’Université de Strasbourg, Mathilde Tissier avait effectué un stage à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) sur l’effet du stress sur la reproduction des oiseaux. Puis, comme 31 autres personnes, elle a postulé pour effectuer sa thèse sur la conservation du grand hamster au CNRS-Université de Strasbourg. Yves Handrich, l’un de ses directeurs de thèse, la décrit : « Il s’agissait d’étudier d’une part l’effet de la fragmentation de son habitat sur le grand hamster. Et d’autre part d’identifier des éléments de paysage, de culture, donc d’alimentation, qui lui sont favorables. Car, en améliorant l’habitat du hamster, on favorise la faune d’Alsace en général. » Mathilde Tissier a donc notamment cherché à identifier des cultures favorables à la survie de l’espèce, c’est-à-dire qui conduisent à des portées nombreuses, une hibernation de qualité… « Nous avons par exemple testé le soja, pur ou en association avec du blé, ou encore le tournesol… Il s’est avéré que l’association blé-soja est l’une des plus favorables au hamster. Et, de manière générale, les associations blé-légumineuses. L’association maïs-tournesol, très riche en nutriments, apparaît aussi favorable au hamster, aux oiseaux, aux abeilles… » À l’inverse, d’autres associations, comme maïs-soja, se sont révélées moins bénéfiques. Des carences délétères Le 21 avril dernier, Mathilde Tissier a soutenu sa thèse et obtenu les félicitations du jury. « La thèse de Mathilde apporte une réelle nouveauté, constate Yves Handrich. Jusqu’ici, on considérait que ce qui était important, c’était la macronutrition, c’est-à-dire la quantité de protéines, de lipides, de glucides, qui comptait. Mais on a découvert avec ces travaux que c’est une vitamine qui est au cœur de l’inadaptation du maïs au grand hamster. » Mathilde Tissier a en effet démontré que la faible teneur en tryptophane dans le maïs induit une déficience de la synthèse de vitamine B3 chez les hamsters dont l’aliment de base est le maïs, ce qui les amène à adopter des comportements déviants, comme l’infanticide, peu propice à la survie de l’espèce. Francis Humann est agriculteur biologique à Ernolsheim-sur-Bruche, où il produit des volailles et des céréales. Les conclusions de la thèse de Mathilde Tissier apportent de l’eau au moulin de cet adhérent de la Cuma de la Plaine : « En bio, ce n’est pas facile d’apporter l’azote au bon moment. Donc l’idéal serait d’associer une légumineuse aux céréales. » Exactement ce que le hamster préfère ! Francis Humann a donc procédé à des essais. D’abord de sous-semis de trèfle dans le blé, mais qui s’est soldé par un échec, le blé ayant pris le dessus sur le trèfle. Puis de semis de pois dans le blé avec un semoir de semis direct. « L’année dernière ça a très bien fonctionné. J’ai eu de meilleurs poids spécifiques pour les blés associés au pois que pour les blés purs », témoigne-t-il. Cette année, l’essai est reconduit, avec cinq variétés de blé différentes, afin d’évaluer leur comportement avec le pois. Et l’essai prévoit également une association blé-soja, ce dernier étant implanté en sous-semis dans le blé. Si la valorisation de l’association blé-pois ne pose pas de problème dans le cas de Francis Humann qui peut utiliser la récolte comme aliment pour les volailles, il en va autrement de l’association blé-soja puisque les périodes de maturité ne sont pas les mêmes. Francis Humann temporise : « On décidera de la valorisation en fonction de la météo et de la qualité de la récolte ». Au pire il restera toujours l’option de la méthanisation. L’agriculteur préfère voir les bénéfices à long terme de telles associations pour « la biodiversité et la fertilité du sol ». D’ailleurs, le hamster ne se nourrit pas que des cultures semées par les agriculteurs, mais aussi d’insectes, d’invertébrés… Mathilde Tissier dévoile le menu préféré du rongeur : « Limaces, pissenlit et coquelicot ». Le hamster est donc aussi un régulateur potentiel d’espèces nuisibles ! Le gîte et le couvert Les objectifs de ces associations sont aussi de procurer au hamster un couvert protecteur contre les prédateurs, et de lui laisser la possibilité de s’alimenter le plus longtemps possible. C’est aussi pour cela que le sous-semis de pois est intéressant : il a été effectué le 20 mars, soit lorsque les hamsters achèvent leur hibernation, affamés. « Il lui suffit de sortir de son terrier pour déterrer les graines et les manger. On observe pas mal d’enveloppes de graines de pois autour des terriers », désigne Mathilde Tissier. Et, sur cette parcelle, quand le blé et le pois auront été récoltés, il restera du soja pour préparer l’hiver ! Les acteurs du programme Life Alister n’oublient pas que la rentabilité économique des exploitations agricoles doit être préservée. « Il ne s’agit pas d’implanter ces associations partout, mais çà et là, pourquoi pas en bordure de parcelle… », précise Mathilde Tissier. Ce que confirme Laurent Fischer, président de l’association Agriculteurs et faune sauvage Alsace (Afsal) : l’objectif n’est pas de refaire du hamster le nuisible qu’il a été par le passé, mais d’arriver à « une population stable », acceptable par les agriculteurs. Il a par ailleurs souligné leur engagement, et leur capacité à accepter le risque que représentent de tels essais. « Nous avons voulu montrer que nous sommes capables de prendre des mesures pour éviter qu’on nous en impose », souligne Francis Humann. Reste à les vulgariser et à les transposer.

Fleurs et plantes d’Alsace

Des couleurs et des saveurs !

Publié le 10/05/2017

Le roi des balcons d’Alsace est de retour, avec le lancement de la nouvelle saison de l’Elsass Géranium, pimentée de nouveautés, présentées par la filière Fleurs et Plantes d’Alsace le 3 mai dans l’entreprise horticole Barthel à Dorlisheim.

Rose fluo, rouge tradition ou bicolore, la saison de l’Elsass Géranium, la plante phare de la filière horticole alsacienne, a démarré. Elle a été lancée par son président, Christian Romain, à Dorlisheim au sein de l’entreprise familiale horticole Barthel. Entouré de quelques membres de la filière, Christian Romain a salué Marie-Reine Fischer, conseillère régionale et vice-présidente de l’Agence d’attractivité d’Alsace, Vincent Debès, conseiller départemental et président délégué de l’Agence destination Alsace, et Lise Jung, chargée de mission pour le Grand Est. Tendance 2017, tomates et salades s’associent au géranium « Sans géranium il n’y aurait pas eu de fleurissement en Alsace depuis 25 ans », a rappelé Christian Romain. Au fil des saisons, le fleurissement a évolué, mêlant de plus en plus cette plante phare à d’autres. Intégré dans une démarche de qualité initiée par la filière avec l’Elsass Géranium, « le géranium reste la colonne vertébrale de ce fleurissement ». Une nouvelle génération, baptisée millénniale ou Y, se tourne vers un fleurissement axé sur une complémentarité différente, celle de l’utile. Une tendance et une nouveauté 2017 présentées par Claude Barthel. Il a créé des balconnières qui mêlent entre autres, géranium, surfinia, œillet d’Inde avec des plants de tomate, des salades, des fraisiers ou des herbes aromatiques. De différentes tailles, elles permettent d’allier le plaisir visuel coloré à celui de pouvoir manger sa salade ou ses fraises, et d’expliquer aux enfants, comment ça pousse. « Le géranium est le cheval de bataille de l’entreprise depuis plus de 20 ans », a précisé Claude Barthel qui l’a reprise en 1988. En 2010, la première saison de l’Elsass Géranium représentait 10 000 pots, contre 70 000 cette année. L’horticulteur Stéphane Schwartz a présenté quant à lui le nouveau pot de l’Elsass Géranium. Son « décor est plus moderne », et il est à ramener chez l’horticulteur, « le coût de revient du pot biodégradable étant trop cher ». Au centre de cette démarche, reste « la qualité du terreau et de la plante », mise en avant par la filière. Il est important de mettre en exergue « la qualité exceptionnelle de cette plante », car elle représente l’Alsace et « participe à l’attractivité de la région », a souligné Marie-Reine Fischer. Fervente adepte du géranium, dont elle apprécie les « couleurs toujours aussi magnifiques », elle a salué cette nouvelle tendance d’associer le plaisir des yeux et celui du goût. « Une démarche qui devrait inciter les jeunes au fleurissement. » Enfin, elle a félicité les horticulteurs pour leur savoir-faire et leur créativité, et remercié la filière pour son engagement, soutenu par la Région. Des conseils précieux pour bien mixer les plantes Vincent Debès a rappelé que le département a récemment obtenu le label département fleuri de France. Il a évoqué cette évolution du fleurissement vers ce mixte entre fleurs et plantes à consommer, dans sa commune d’Hoenheim devenue « commune nourricière ». Il a souligné l’intérêt des arbres fruitiers colonnaires qui poussent à la verticale en pot, qui étaient également présentés par l’entreprise Barthel. La tendance de ce type d’arbres sur les balcons est de plus en plus présente. Ils peuvent également bien s’insérer dans les espaces collectifs et « l’abeille y trouve aussi son compte », a-t-il précisé. « Ces arbres sont des variétés naturelles », a ajouté Christian Romain. Ils poussent en colonne, avec un tronc se poursuivant sous forme de branche verticale sur laquelle se développent les fruits. Un véritable petit verger à portée de main pour les enfants ! Le choix de ces arbres, tout comme le mélange des plantes nécessitent les conseils d’un professionnel si l’on « ne veut pas être déçu », a insisté Claude Barthel. Il s’agit en effet de bien sélectionner les espèces qui peuvent s’associer : tomate et œillet d’Inde par exemple, « repoussant naturel des pucerons ». Par ailleurs, les différentes variétés doivent être adaptées au contenant, notamment pour les plants de tomate et les salades, avec un terreau de qualité, qui peut être enrichi d’un compost. Le lancement de la campagne de l’Elsass Géranium s’est poursuivi par la visite des 6 000 m2 de serres de l’entreprise Claude Barthel, où l’éclat incomparable des couleurs des géraniums est une belle invitation à un fleurissement créatif et savoureux !

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