Cultures

Maïs semences. Face à l’ajustement des surfaces en 2017

« Ne vous découragez pas ! »

Publié le 01/05/2017

« Ne vous découragez pas ! » Tel est le message de Pierre Blanc, président d’AGPM maïs semence, aux producteurs alsaciens de semences de maïs réunis récemment en assemblée générale. « Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire de la semence. S’il n’y avait pas eu cette euphorie en 2012, vous ne seriez pas nés. Maintenant, il faut gérer. »

Les stocks de maïs semence sont très importants : après des années d’euphorie, les surfaces emblavées ont diminué en Europe. La baisse du programme de production est donc inévitable pour 2017. « Nos concurrents directs sont la Roumanie et la Hongrie. Nous enregistrons des baisses plus importantes qu’eux, mais ils avaient baissé drastiquement en 2015 », affirme Pierre Blanc, président d’AGPM maïs semence. La France a perdu 29 000 hectares en deux ans. « Malgré tout, nous restons à un niveau élevé, à plus de 64 000 ha. Nous réalisons 48 % de la sole européenne. » Les multiplicateurs français ont atteint 100 % de l’objectif de rendement. « Nous sommes plus « sécures » que les pays de l’Est qui ne sont pas à l’abri d’une sécheresse. » Pierre Blanc met les producteurs alsaciens en garde : « Il faut faire tous les efforts pour atteindre 100 % de l’objectif de rendement ». Maintenir la productivité et la compétitivité Le programme de multiplication 2017 est estimé à 55 000 ha en France, à 118 000 ha dans l’Union européenne. « La baisse est difficile à gérer », souligne Pierre Blanc. « La section AGPM maïs semence se bat pour la sécurisation de votre revenu, la performance au champ et la maîtrise des charges. » Le produit brut baisse depuis trois ans, suite au recul des cours du maïs de consommation, mais les charges, elles, ne diminuent pas : alors que la marge brute baisse de 22 %, les charges de structure augmentent de 30 %. Matthieu Çaldumbide, directeur de la section AGPM maïs semence, évoque la gestion des risques. 93 % des multiplicateurs français de semences de maïs sont assurés, dont 80 % pour tous les risques climatiques. « La sensibilité au risque est plus forte dans notre filière, ce qui permet de mutualiser le risque au niveau national. » La réforme de l’assurance récolte introduit des règles trop contraignantes : 70 % seulement des producteurs assurés devraient percevoir la subvention en 2016. 30 % ne devraient pas la toucher, car ils n’ont pas assuré toute l’exploitation. « C’est un dispositif inadapté et pénalisant qui doit évoluer. » Le but de l’AGPM est d’obtenir des contrats plus attractifs en améliorant le dispositif. Elle a émis neuf propositions, dont les plus importantes sont de payer des primes nettes (subvention déduite), de passer à une assurance à la nature de récolte en supprimant la construction par bloc, et d’abaisser le seuil de déclenchement de la franchise à 20 % dans un cadre subventionné. 75 % des producteurs sont en attente de nouvelles solutions techniques pour pérenniser ou augmenter leur production, poursuit Matthieu Çaldumbide. « Nous nous impliquons dans les travaux de l’interprofession pour trouver des solutions alternatives et innovantes. » Sur le plan syndical, l’AGPM se mobilise sur les néonicotinoïdes - bien que les règles d’utilisation s’appliquent à toute l’Union européenne, les néonicotinoïdes interdits au niveau européen sont autorisés en Roumanie et en Hongrie. Elle est également vigilante sur le dossier Ecophyto II, afin que la filière française ne perde pas en compétitivité par rapport à ses concurrents de l’Est, et la révision de l’arrêté de 2006 sur l’utilisation des produits phytosanitaires. En moyenne, les producteurs de maïs semence français ont 49 ans, exploitent 114 ha ; et la part de maïs semence représente 19 % de la SAU. Ces exploitations emploient en moyenne 1,5 personne à temps plein et 15 saisonniers.

Lancement officiel de la saison des asperges

Produire des asperges au cœur de Strasbourg : défi relevé !

Publié le 27/04/2017

Une saison qui débute avec trois semaines d’avance, un lieu unique à Strasbourg et un premier magistrat qui s’essaie à la cueillette, le lancement officiel de l’asperge d’Alsace a démarré sur les chapeaux de roue…

Lancer la saison des asperges au cœur de la capitale européenne, cette idée inédite a séduit ! C’est à l’Îlot de la Meinau que l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace a fait son show, jeudi 20 avril. Cette exploitation maraîchère, créée récemment par Daniel et Jean-Nicolas Hoerlé et Geoffrey Andna, a accueilli dans ses serres les producteurs d’asperges, les élus municipaux et régionaux, les représentants des organisations agricoles et, bien sûr, « notre » Miss France, Delphine Wespiser, pétulante ambassadrice des fruits et légumes d’Alsace. Cette fois-ci, les asperges n’ont pas attendu le lancement officiel pour pointer leur nez : profitant des beaux jours d’avril, elles ont régalé les consommateurs alsaciens, ravis de pouvoir les inscrire à leur menu pascal. Et si la vague de froid a quelque peu ralenti le rythme de la cueillette, le retour de températures plus élevées devrait relancer la production. L’asperge se modernise Jean-Charles Jost, président de l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace, salue l’ensemble des acteurs de la filière asperge. L’association compte 44 producteurs à titre individuel, auxquels s’ajoutent une trentaine de producteurs regroupés au sein de la coopérative de Hœrdt. Soit environ 250 ha sur toute l’Alsace, dont 70 % dans le Bas-Rhin. Depuis sa création en 1991, la famille des asparagiculteurs a beaucoup grandi - elle a presque doublé, en fait. Elle s’est aussi diversifiée : au côté des producteurs conventionnels, on trouve désormais des producteurs bios. Tous répondent à un cahier des charges privé, contrôlé par Certipaq. L’asperge se modernise : avec la collaboration de Dominique Krafft, de l’agence Musiconair, elle a refait son site internet, changé de visuel et multiplié les supports de communication. « La Région Grand Est nous soutient, à travers l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace. » Les conditions météorologiques ont été favorables à la pousse des asperges, précise le président. « Le froid hivernal leur a permis d’entrer en dormance. Les conditions de buttage étaient bonnes et le soleil a très tôt réchauffé les buttes, ce qui nous a permis de gâter les consommateurs alsaciens avec des asperges à Pâques. » La qualité des turions était exceptionnelle, jusqu’ici, grâce à une pousse rapide en début de saison. Malheureusement, toute l’avance a été stoppée net par la récente vague de froid. « Rien n’est gagné : les jours à venir seront décisifs. » Autre ombre au tableau, le télescopage avec les productions des autres régions. « Les asperges landaises ont du retard et entrent en concurrence avec les asperges alsaciennes. Espérons que la campagne de communication permettra de mettre en avant l’asperge alsacienne et que le consommateur saura faire le bon choix ! Il faut cela pour faire oublier les dernières campagnes, catastrophiques… » Encore faut-il que les prix soient à la hauteur, souligne le président : « Les producteurs alsaciens ne peuvent pas commencer la saison avec des prix de fin de campagne ou de surproduction. Dans ces conditions, l’asperge d’Alsace n’a pas d’avenir ! » Les asperges alsaciennes ont deux atouts, explique Jean-Charles Jost, « un terroir idéal qui confère aux asperges une haute qualité gustative, et un bassin de consommation important et fidèle ». Il faut capitaliser sur ces atouts, estime-t-il. Top départ de la saison des fruits et légumes Comme le souligne Patrick Bastian, vice-président de la commission agricole de la Région Grand Est, le lancement de la saison des asperges marque le top départ de la saison des fruits et légumes d’Alsace. « C’est le début de l’année culturale. On dit que quand la saison des asperges est bonne, toute la campagne est bonne. » Mais l’épisode de gel qui a sévi récemment a fortement douché l’enthousiasme de certains producteurs, en particulier des arboriculteurs et des vignerons. Les assises des fruits et légumes qui se sont tenues récemment ont été l’occasion de réfléchir à l’avenir de cette filière. « Il faut se positionner sur les créneaux porteurs. La Région veut vous accompagner financièrement pour investir et communiquer. » La situation agricole n’est pas mirobolante, admet Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, qui s’exprime au nom des organisations professionnelles agricoles. « Mais il faut faire preuve d’ingéniosité et encourager la diversification. Toutes les productions, tous les modes de production doivent pouvoir coexister. » La ferme de la Colonie, gérée par les frères Hoerlé, en est la preuve : « Cette exploitation, qui était plutôt tournée vers l’exportation, a réussi à se diversifier en se tournant vers le maraîchage, répondant ainsi aux attentes des consommateurs désireux de s’approvisionner en circuits courts. Nous devons mettre en avant l’atout « manger local », une nouvelle tendance qui devrait nous garantir de nouveaux débouchés. Nous avons un métier formidable, nous avons tous les atouts pour continuer à investir sur nos exploitations. » Du bio dans les cantines « Nous avons beaucoup travaillé pour rapprocher la ville et la campagne », souligne le maire de Strasbourg, Roland Ries. Un rapprochement dû à la bonne volonté des uns et des autres et à l’opiniâtreté de Françoise Buffet, adjointe au maire de Strasbourg, en charge du développement de la politique agricole communautaire et des circuits courts. « Elle a beaucoup travaillé avec les paysans de l’Eurométropole, indique le maire. C’est elle qui m’a convaincu d’inscrire le développement des circuits courts dans mon programme. » Depuis 2010, les surfaces consacrées à l’agriculture biologique ont plus que triplé sur le territoire métropolitain, « et il faut encore augmenter l’offre ». 850 ha ont été classés en zones agricoles et naturelles réservées dans l’Eurométropole. Le maraîchage et les produits bios seront donc amenés à se développer. Mais pas seulement : « Nous avons mis en place un troupeau de highland cattle à la Robertsau et des moutons à l’île du Rohrschollen », souligne Roland Ries. Parallèlement, l’Eurométropole a augmenté la part des produits bios dans la restauration scolaire, sous l’impulsion de Françoise Buffet. Ce sont désormais 248 t de produits bios qui sont transformés par les cantines scolaires, dont 137 t d’origine locale. Par ailleurs, 176 points de vente de produits locaux ont été recensés sur l’Eurométropole, dont la Nouvelle Douane qui a suscité de nombreux débats au conseil municipal… Le dialogue et la collaboration entre la municipalité et les organisations agricoles ont permis de surmonter tous les obstacles ! Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, salue le dynamisme de l’association pour la promotion de l’asperge, le premier légume de printemps. Pour lui, la promotion est la clé de voûte du succès : « Nous sommes la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée grâce à la communication grand public. Nous allons continuer à communiquer, avec le soutien de la Région : les légumes primeurs vont eux aussi faire leur pub. » Pierre Lammert annonce l’organisation du salon Saveurs et Soleil d’automne, du 22 au 24 septembre à Sélestat.

Dégâts de gel

Du « jamais vu »

Publié le 26/04/2017

Face au gel qui frappé l’Alsace la semaine passée, les producteurs de fruits alsaciens ont connu des fortunes diverses. Si certains ont réussi à limiter la casse grâce à l’irrigation ou les bougies de cire, d’autres ont bien plus souffert.

Radical. Le gel qui a frappé l’Alsace dans les nuits des 20 et 21 avril derniers a été d’une rare intensité. Que ce dans le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin, de nombreux producteurs de fruits ont subi de plein fouet un froid « jamais vu » à cette période. Un phénomène d’autant plus dévastateur que le printemps a été particulièrement précoce cette année. « Les arbres étaient prêts depuis le mois de février », commente Philippe Jacques, conseiller arboricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA). Trop vite, trop tôt, trop enthousiasmant. Et, au final, une désillusion d’autant plus grande pour ceux qui n’ont pas pu se protéger efficacement. Une saison qui s’annonçait « très belle » C’est le cas de Danielle Bernhard, à Sigolsheim, qui cultive 35 ha de fruits et 10 ha de vigne le long des départementales 10 et 4.1. En début de semaine, elle estimait avoir perdu 80 % de sa production. « Honnêtement, je ne sais pas si je pourrai m’en sortir. Il va me falloir des aides pour assurer la survie de l’exploitation. On a un peu de trésorerie de côté étant donné que 2015 et 2016 ont été de bonnes années. Mais cela n’est pas suffisant pour couvrir l’ensemble des charges qui, elles, ne diminuent pas. » Et pas d’assurance vers laquelle se tourner. « Le prix demandé pour couvrir mes surfaces de fruits est bien trop cher. Il n’y a pas d’assurance climatique comme en viticulture. » Son seul espoir réside désormais dans une reconnaissance en calamité agricole de ses parcelles. Sur certaines d’entre elles, tout a brûlé sous l’effet du gel. C’est le cas notamment des vignes. « On avait des cépages très en avance comme le gewurztraminer. Il ne reste plus rien. Les contre bourgeons ont cramé eux aussi », témoigne, un peu amère, Margot Tissidre, ouvrière arboricole et viticole au sein de l’EARL Bernhard. Du côté des fruits, le bilan est tout aussi catastrophique : tous les abricots y sont passés, 70 % des prunes, et au moins 50 % des mirabelles. « Même sur les myrtilles, il y a des dégâts importants. Seules les mûres en sont ressorties indemnes. » L’EARL Bernhard n’a pourtant pas chômé au cours de ces deux nuits pour contrer les effets du gel : éoliennes pour souffler l’air, paille mouillée brûlée… « Mais dans le cas présent, les effets ont été nuls. Ces gelées noires étaient cette fois trop fortes. En à peine trois heures, toute la vie de l’entreprise a changé. C’est d’autant plus frustrant que la floraison était quasi parfaite. Cela s’annonçait comme une super année », souligne l’ouvrière arboricole. Il va maintenant falloir quatre années dans de « bonnes conditions » à l’EARL Bernhard pour remonter la pente d’un point de vue économique. L’irrigation et les bougies de cire à la rescousse Heureusement, la situation n’est pas aussi catastrophique pour les autres exploitants du secteur. À Bennwihr, le propriétaire de Pom d’Alsace, Vincent Wagner, a pu sauver la moitié de ses huit hectares de vergers (essentiellement des pommes) grâce à l’aspersion. « Aucune autre technique n’a fonctionné. Le chauffage, c’était comme allumer une bougie dans un frigo. Avec l’irrigation, on protège vraiment le bourgeon. » En quatre nuits, il a dormi dix heures à peine. Pas le choix au vu de l’urgence de la situation. « À cinq heures du matin, il faisait -6°. Le matin suivant, il faisait -2°. Il fallait rester vigilant. » Une situation similaire vécue par Marie-Reine Spargo, productrice de fraises à Oberhergheim. Le matin du 21 avril, les asperseurs tournaient encore à plein régime pour protéger les 1,40 ha de fraises qui font chaque année le bonheur des libres cueilleurs. Elle aussi témoigne d’une situation jamais vue de son vivant. « Les fraises sont très précoces cette année. Forcément, cela complique la donne vu qu’il y a toujours des risques de gelée en avril. » « Le problème est que cela arrive cette année au plus mauvais moment, pendant la période de fécondation des fruits. S’il y a bien quinze jours durant lesquels il ne doit pas geler, c’est à ce moment-là », indique Philippe Jacques. S’il ne peut pas encore établir un bilan chiffré des pertes subies dans les vergers, le conseiller arboricole de la Chambre d’agriculture veut néanmoins rester confiant pour la suite de la saison. « Ces phénomènes de gel ont été hyperlocalisés, ça se jouait parfois à dix ou vingt mètres près. Il ne faut pas oublier qu’on partait sur une récolte exceptionnelle. Au final, il devrait quand même en rester. » Cela devrait être le cas pour la Pommeraie à Sigolsheim gérée par Bernard Gsell et Marie Siciarek. Pour le moment, ils ne peuvent pas quantifier les dégâts. Mais grâce aux bougies de cire qu’ils ont utilisées, ils s’en sont globalement « bien sortis ». « Grâce à elles, on a pu monter la température à zéro degré au lieu des -3 ou -4 affichés sur le thermomètre », témoigne Marie Siciarek. Si l’investissement est conséquent, il reste indispensable au vu des enjeux. « On utilise ces bougies tous les ans pour se prémunir des gelées ainsi que trois éoliennes pour la prune. On n’a pas le choix. Ces 35 hectares sont notre seul gagne-pain. » « La nature est allée trop vite » Pour les prochaines années en tout cas, Vincent Wagner sera paré. Convaincu de l’intérêt de l’irrigation contre le gel, il est train d’installer ce système sur la totalité de son verger. Des arbres qu’il a déjà couverts avec un filet paragrêle pour se protéger des orages de plus en plus violents et fréquents. « Oui, tout cela a un coût. Mais si on ne fait pas ça, on est morts. On doit prendre toutes les précautions nécessaires face à ces changements climatiques. Et puis la pomme, c’est un marché mondial. Personne ne va acheter nos produits plus chers parce que l’on produit moins. » Un constat qui se vérifie chez Clarisse Sibler, à Sigolsheim. Voilà presque trois semaines que les clients s’affairent dans son magasin pour déguster le millésime 2017 de ses asperges. Une arrivée là aussi trop précoce qui a fini par se payer au cours de cet épisode de gel. « Toutes les asperges vertes qui ne sont pas bâchées ont été détruites à 100 %, soit deux hectares sur les quinze que j’exploite. Sur les asperges blanches bâchées, on a enregistré 30 % de dégâts », constate-t-elle avec un brin d’amertume. Résultat : une perte nette de 15 000 à 20 000 euros de chiffre d’affaires. « C’est beaucoup, surtout avant un week-end où l’asperge verte est très demandée par les particuliers. Là, on n’a rien à leur proposer. » Une pénurie qui ne doit heureusement durer que quelques jours, le temps que les nouvelles pousses arrivent. En attendant, les consommateurs ont pu profiter d’asperges « à soupe » vendues à deux euros le kilo. « Elles sont plus sucrées mais se mangent quand même. Mais rapidement par contre, sinon elles noircissent », précise Clarisse Sibler. Cette précocité de la saison des asperges était de toute façon trop belle pour durer selon elle. « C’était tellement beau et bien. Avoir des asperges à Pâques, c’est très rare. Mais voilà, la nature est allée un peu trop vite et a fini par reprendre sa place. »

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