Cultures

Betteraves à sucre

L’heure est au désherbage

Publié le 05/05/2017

Les betteraves ont été relativement épargnées par le gel : 80 ha ont été retournés sur 7 480 ha. Hormis ces parcelles qui viennent d’être ressemées, les betteraves sont désormais levées. L’heure est désormais au désherbage.

Vendredi 28 avril, la sucrerie Cristal Union d’Erstein organisait des réunions de bout de parcelles. Les précipitations bienvenues du 1er mai n’étaient encore qu’annoncées. Aussi Aline Barbière, technicienne au service agro-betteravier, a-t-elle commencé par faire le point sur le manque d’eau : « En moyenne, en un mois, il n’y a eu que 10 mm cumulés. C’est très hétérogène selon les secteurs, parfois il y a eu plus d’eau, mais parfois il n’y a eu que 5 mm ». Pas de quoi faire exploser la végétation. Là-dessus s’est ajouté le gel. Les températures sont descendues jusqu’à -7 °C au plus bas. Certaines betteraves n’y ont pas survécu : « En tout, 80 ha ont été retournés », annonce Aline Barbière. Ça peut sembler beaucoup, mais comparé aux 7 480 ha de betteraves ensemencées en Alsace, cela reste raisonnable. Les experts sont passés constater les dégâts dès le samedi, et les resemis ont eu lieu dans la foulée. « Nous avons vu des cas de betteraves avec les feuilles grillées et le cœur qui repart. Là c’est bon. Mais aussi des cas où les feuilles sont restées vertes mais où le cœur a gelé et noirci. Et là, c’est perdu », rapporte Aline Barbière. Désormais, les dés sont jetés. Mais, les températures restant fraîches, elle conseille de surveiller les bas de parcelle, les cuvettes, les bords de forêt, soit toutes les zones où il peut potentiellement faire plus froid afin de ne pas passer à côté de dégâts localisés. Gare aux tipules et aux limaces Hormis ces betteraves grillées qui ont été resemées, les levées sont désormais achevées. Et force est de constater que « les plus belles sont les premières à avoir été semées. Elles ont désormais quatre vraies feuilles. Les betteraves de semis plus tardifs sont moins belles. Elles ont été semées dans le sec, ont souffert du gel, elles patinent ». Côtés ravageurs, les dégâts de taupins, lièvres et autres mulots restent anecdotiques. Même les limaces sont restées jusqu’à présent discrètes. Mais le retour des précipitations doit conduire à la prudence. Aline Barbière s’est plus longuement attardée sur les tipules (aussi appelés cousins), dont les larves se repaissent de la base des tiges de betteraves. « Les adultes pondent dans la matière organique. Les parcelles en TCS, qui reçoivent du fumier sont donc à risque. ». Maîtriser les liserons Le vif du sujet de cette réunion, c’était le désherbage. Aline Barbière a d’emblée abordé le sujet d’actualité : les liserons. « Ils sont arrivés tôt et nombreux. Nous sommes inquiets car les récoltes ont été rendues difficiles par endroits l’an passé parce que les traitements sur chaumes n’avaient pas bien fonctionné », indique-t-elle. Or l’histoire semble se répéter cette année. Elle a donc rappelé quelques stratégies qui fonctionnent. Il est indispensable de lutter contre le liseron dans les autres cultures et plus particulièrement dans le maïs, dès les prochaines semaines. Elle a incité les planteurs à faire preuve de vigilance, parce que des parcelles infestées de liseron sont très difficiles à récolter. S’adapter à la flore En l’absence de précipitations significatives et afin de préserver l’efficacité des traitements effectués, Aline Barbière a évoqué quelques leviers : augmenter la quantité d’huile dans la bouillie, raccourcir le délai entre deux traitements… « Si vous appliquez la bonne dose dans le bon timing, le résultat sera au rendez-vous », assure-t-elle. Globalement, les deuxièmes passages ont été effectués. La question du jour était donc : quand réaliser le T3 ? Aline Barbière répond : « En fonction de l’état des betteraves. Si elles ont été cognées par le T2, attendez un peu. Et cela dépend aussi de l’état de salissement de la parcelle. Si les adventices reviennent, n’attendez pas trop. Maximum une semaine après le T2. » Et que mettre dans ce fameux T3 ? « Il faut s’adapter à la flore qui reste », répond Aline Barbière. Une chose est sûre : il faut miser sur des racinaires avant une pluie. Aline Barbière a également évoqué un produit en particulier, le Centium 36 CS. Pourquoi ? Parce que bien utilisé il présente une bonne persistance d’action sur chénopodes et mercuriales et constitue donc un produit intéressant. Mais, mal utilisé, il peut pénaliser les betteraves, notamment en provoquant un blanchissement. Pour éviter ce genre de déconvenues, Aline Barbière conseille donc de réserver Centium 36 CS aux betteraves de plus de six feuilles, au T4, de ne pas dépasser une dose de 0,150 l/ha et de ne pas pratiquer d’autres mélanges que le seul préconisé par la sucrerie, à savoir Fasnet SC 1 l + Centium 36 CS 0,15 l.

Lancement des primeurs d’Alsace

Le plein de vitamines

Publié le 04/05/2017

Le premier lancement des légumes primeurs d’Alsace a eu lieu le jeudi 27 avril chez ID3A, exploitation maraîchère et céréalière située à Balgau. L’occasion de rappeler les bienfaits et vertus pour la santé des salades, radis, asperges, navets ou oignons blancs.

Les légumes primeurs sont de retour. Comme chaque année à la même période, les salades, radis, navets, rhubarbes, asperges et autres oignons blancs marquent le retour des beaux jours… et de la consommation de produits frais. Des légumes cueillis très jeunes présentant des caractéristiques gustatives « incomparables ». Des qualités que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a souhaité mettre en avant le 27 avril en organisant le premier lancement officiel des primeurs sur le sol alsacien. Un événement qui s’est tenu dans les locaux d’ID3A, à Balgau, une exploitation familiale qui cultive 200 ha de légumes et une centaine d’hectares de céréales. Cinquante salariés (jusqu’à 80 dans les périodes les plus intenses) y travaillent quotidiennement pour récolter, nettoyer, conditionner et envoyer les palettes de légumes qui vont alimenter principalement les centrales d’achat du Grand Est. Pour l’instant, cette saison 2017 commence bien timidement, notamment pour les salades qui ont énormément souffert des récents épisodes de gel. « Depuis le début de la récolte lundi 24 avril, on ne récolte que 30 à 40 % de nos salades. On a dû les recouvrir en catastrophe, sans succès. Tout est plus froid et plus humide. C’est la première fois qu’on perd des salades à cause du gel », constate amèrement le directeur d’ID3A, Claude Keller. Heureusement pour lui, il peut compter cette année sur 40 ha de radis, soit environ 1,3 million de bottes qui vont constituer un apport de trésorerie « intéressant » pour son entreprise. « C’est le légume printanier par excellence. Il dispose d’un cycle de récolte assez court, de 18 à 90 jours en fonction de la variété. » Le radis représente un vrai « challenge » pour ID3A cette année. Désireuse de rattraper son « retard » par rapport à la salade, l’exploitation a augmenté sa surface sur des parcelles jusqu’alors dédiées à la culture des céréales. L’atout « forme et bien-être » Ce lancement officiel des primeurs s’inscrit dans la continuité des actions de communication et de promotion menées par l’Ifla depuis plusieurs années. « Je crois qu’il était essentiel de rappeler aux consommateurs les vertus de ces premiers légumes de l’année », souligne le président de l’Interprofession, Pierre Lammert. Ces « jeunes légumes » se montrent en effet plus intéressants en termes de qualité nutritive grâce à des valeurs nutritionnelles à leur maximum. Ils apportent notamment les nutriments dont le corps a besoin : vitamines, minéraux, fibres, etc. Ils sont également recommandés pour déjouer la fatigue et aider l’organisme à passer de l’hiver au printemps en « pleine forme ». « C’est l’atout forme et bien-être ! », résume Pierre Lammert. Un argument supplémentaire pour une production locale de plus en plus plébiscitée par les consommateurs alsaciens. « Grâce aux actions de l’interprofession, l’Alsace est la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée », se félicite le président de l’Ifla. Reste maintenant à conquérir le marché du Grand Est, fort de cinq millions de consommateurs. C’est dans cette optique que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace devrait signer un contrat d’aide et d’accompagnement de la filière fruits et légumes avec la Région. « Pour la compétitivité de nos produits, nous avons besoin d’aides. C’est notamment par ce biais que nous pourrons développer la part de fruits et légumes locaux dans la restauration collective. Il y a là un grand marché à développer », ajoute Pierre Lammert.

Maïs semences. Face à l’ajustement des surfaces en 2017

« Ne vous découragez pas ! »

Publié le 01/05/2017

« Ne vous découragez pas ! » Tel est le message de Pierre Blanc, président d’AGPM maïs semence, aux producteurs alsaciens de semences de maïs réunis récemment en assemblée générale. « Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans l’histoire de la semence. S’il n’y avait pas eu cette euphorie en 2012, vous ne seriez pas nés. Maintenant, il faut gérer. »

Les stocks de maïs semence sont très importants : après des années d’euphorie, les surfaces emblavées ont diminué en Europe. La baisse du programme de production est donc inévitable pour 2017. « Nos concurrents directs sont la Roumanie et la Hongrie. Nous enregistrons des baisses plus importantes qu’eux, mais ils avaient baissé drastiquement en 2015 », affirme Pierre Blanc, président d’AGPM maïs semence. La France a perdu 29 000 hectares en deux ans. « Malgré tout, nous restons à un niveau élevé, à plus de 64 000 ha. Nous réalisons 48 % de la sole européenne. » Les multiplicateurs français ont atteint 100 % de l’objectif de rendement. « Nous sommes plus « sécures » que les pays de l’Est qui ne sont pas à l’abri d’une sécheresse. » Pierre Blanc met les producteurs alsaciens en garde : « Il faut faire tous les efforts pour atteindre 100 % de l’objectif de rendement ». Maintenir la productivité et la compétitivité Le programme de multiplication 2017 est estimé à 55 000 ha en France, à 118 000 ha dans l’Union européenne. « La baisse est difficile à gérer », souligne Pierre Blanc. « La section AGPM maïs semence se bat pour la sécurisation de votre revenu, la performance au champ et la maîtrise des charges. » Le produit brut baisse depuis trois ans, suite au recul des cours du maïs de consommation, mais les charges, elles, ne diminuent pas : alors que la marge brute baisse de 22 %, les charges de structure augmentent de 30 %. Matthieu Çaldumbide, directeur de la section AGPM maïs semence, évoque la gestion des risques. 93 % des multiplicateurs français de semences de maïs sont assurés, dont 80 % pour tous les risques climatiques. « La sensibilité au risque est plus forte dans notre filière, ce qui permet de mutualiser le risque au niveau national. » La réforme de l’assurance récolte introduit des règles trop contraignantes : 70 % seulement des producteurs assurés devraient percevoir la subvention en 2016. 30 % ne devraient pas la toucher, car ils n’ont pas assuré toute l’exploitation. « C’est un dispositif inadapté et pénalisant qui doit évoluer. » Le but de l’AGPM est d’obtenir des contrats plus attractifs en améliorant le dispositif. Elle a émis neuf propositions, dont les plus importantes sont de payer des primes nettes (subvention déduite), de passer à une assurance à la nature de récolte en supprimant la construction par bloc, et d’abaisser le seuil de déclenchement de la franchise à 20 % dans un cadre subventionné. 75 % des producteurs sont en attente de nouvelles solutions techniques pour pérenniser ou augmenter leur production, poursuit Matthieu Çaldumbide. « Nous nous impliquons dans les travaux de l’interprofession pour trouver des solutions alternatives et innovantes. » Sur le plan syndical, l’AGPM se mobilise sur les néonicotinoïdes - bien que les règles d’utilisation s’appliquent à toute l’Union européenne, les néonicotinoïdes interdits au niveau européen sont autorisés en Roumanie et en Hongrie. Elle est également vigilante sur le dossier Ecophyto II, afin que la filière française ne perde pas en compétitivité par rapport à ses concurrents de l’Est, et la révision de l’arrêté de 2006 sur l’utilisation des produits phytosanitaires. En moyenne, les producteurs de maïs semence français ont 49 ans, exploitent 114 ha ; et la part de maïs semence représente 19 % de la SAU. Ces exploitations emploient en moyenne 1,5 personne à temps plein et 15 saisonniers.

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