Gaec Strohm à Domfessel
L’oncle et ses neveux
Gaec Strohm à Domfessel
Publié le 01/03/2017
À Domfessel, le Gaec Strohm se compose de trois associés, Frédéric Strohm et ses deux neveux, Matthieu et Thomas. Spécialisé dans la production de lait bio, il exploite 220 hectares de prairies naturelles et temporaires, mais mise sur le maïs pour assurer l’autonomie fourragère de son troupeau. Une stratégie qu'il a expliquée aux éleveurs de prim'holstein qui visitaient son exploitation après l'assemblée générale du syndicat de la race.
Au Gaec Strohm, tout le monde est polyvalent. Mais Frédéric s’occupe essentiellement de la traite, des travaux des champs et de la comptabilité. Matthieu se charge la conduite du troupeau, de l’alimentation, des travaux des champs et des tâches administratives. Thomas et sa compagne se partagent les travaux avec Matthieu. L’aventure démarre en 1982, avec la construction d’une étable en stabulation libre avec logettes pour 50 vaches laitières, en bordure du village. La SAU était à l’époque de 100 hectares, la référence laitière de 300 000 litres. Dix ans plus tard, c’est le début de la conversion bio et l’adhésion à la Cuma des Prairies. La SAU est alors de 150 ha, la référence laitière de 400 000 l. Première livraison de lait bio le 1er décembre 1994 En 1994, la ferme obtient le label AB. La première livraison de lait bio intervient le 1er décembre. Matthieu s’installe en 1997. Deux ans plus tard, les deux éleveurs s’associent avec un autre agriculteur du village. La SAU s’élève alors à 270 000 ha, pour une référence laitière de 685 000 l. En 2000, Frédéric et son neveu font une sortie d’exploitation et construisent une nouvelle étable en logettes paillées pour 120 vaches laitières avec salle de traite par l’arrière 2 x 8 postes, et mettent aux normes la fosse fumière. Les génisses sont logées dans l’ancienne étable du village. 2007 marque la construction d’une nursery pour les veaux, ouverte sur deux côtés. « Elle est assez aérée, mais nous rencontrons très peu de problèmes pulmonaires. Nous n’envisageons pas de la fermer », expliquent les éleveurs. L’année suivante, ils se lancent dans la construction d’un bâtiment pour effectuer du séchage en grange. « À l’époque, la conduite en agriculture biologique permettait d’intégrer au maximum 50 % d’ensilage d’herbe dans la ration. Nous voulions arriver à faire une meilleure qualité de fourrage en sec. Entre-temps, la réglementation a changé mais nous avons maintenu notre projet. » Thomas Strohm s’installe en 2009. Depuis, le Gaec a construit un bâtiment de stockage des machines, équipé d’une toiture photovoltaïque, installé un Dac et construit des silos pour garantir l’approvisionnement en maïs tout au long de l’année. Actuellement, l’exploitation compte 310 ha et produit plus d’1 million de litres de lait. Les veaux sont élevés au lait entier, avec un sevrage à 12 semaines minimum. Les génisses sortent au pâturage à l’âge de 1 an, de juin en octobre. En hiver, elles reçoivent du foin et les refus des vaches laitières. « Cette année, vu la mauvaise qualité du foin, leur croissance est moins bonne, mais elles se rattraperont vite lorsqu’elles sortiront. » L’éleveur compte sur l’effet compensateur au printemps, à condition que l’herbe soit de bonne qualité… La ration moyenne des vaches laitières en hiver se compose de 5,5 kg MS d’ensilage de maïs, 2,5 kg MS d’enrubanné, 8 kg MS de foin. Une ration complétée par la distribution, au pic de lactation, de 3,5 kg VL et 3 kg céréales. Résultats technico-économiques Les résultats technico-économiques de l’atelier laitier ont été présentés par Philippe Le Stanguennec, conseiller élevage à la Chambre d'agriculture d’Alsace. L’effectif de vaches présentes s’élève à 141, avec un rang moyen de lactation de 2,7. L’âge au premier vêlage est de 35 mois en moyenne. La production moyenne de lait brut est de 7 743 kg par VL. Le Gaec distribue 1 580 kg de concentrés par vache, soit un coût de 68 €/1 000 l. Le prix du lait « laiterie » est de 467 €/1 000 l, pour un taux butyreux de 40,3 et un taux protéique de 31,2. Le niveau cellulaire s’affiche à 221 000 cellules. Le bilan de fécondité révèle un intervalle vêlage-insémination fécondante de 135 jours, un nombre d’IA/Insémination fécondante de 2,1. « L’objectif est d’arriver à moins de 2. ». L’intervalle vêlage-vêlage est de 418 jours. « Depuis que l’exploitation s’est équipée d’un outil d’aide à la détection des chaleurs, les résultats se sont améliorés de manière significative », indique le conseiller élevage. Une certaine vision de la génétique « Le Gaec Strohm adhère depuis 1991 à Prim’Holstein France, association nationale qui regroupe 6 400 adhérents », explique Perrine Ludwig, technicienne à PHF. Parmi ses missions figurent le pointage des animaux, la collecte de la morphologie, l’amélioration du troupeau et les conseils aux éleveurs. « Le troupeau affiche un rang moyen de lactation de 2,7, très au-dessus de la moyenne nationale qui s’élève à 1,9. » Au niveau génétique, le Gaec Strohm travaille plus particulièrement des points comme la mamelle (attache, distance plancher-jarret, implantations des trayons), les membres (locomotion, pied, qualité ossature et parallélisme), la santé de la mamelle et la reproduction. Les éleveurs sont particulièrement attentifs à la qualité du lait (taux, bonne mamelle et critères fonctionnels) et à l’aptitude des vaches à pâturer. « D’où l’importance des aplombs et de l’état corporel. » Ils recherchent également des systèmes économes (cellules, reproduction, longévité). « Je passe une fois par an pour contrôler les premiers veaux, nous choisissons les taureaux et j’établis le planning d’accouplement », indique la technicienne.












