Cultures

Publié le 22/02/2017

Les tubercules de pomme de terre sont soumis à de nombreuses maladies, qui peuvent s’exprimer au champ ou durant la phase de conservation. En bio comme en conventionnel, il est donc parfois nécessaire de protéger les tubercules contre ces maladies. Planète Légumes a récemment organisé une réunion technique sur ce thème.

La prochaine campagne de culture des pommes de terre approche, et les producteurs réceptionnent les plants qu’ils mettront en terre dès que les conditions le permettront. « Il est important de procéder à l’évaluation des plants que vous recevez, en notant une centaine de tubercules. S’il y en a trop qui sont atteints de maladie, il faut procéder à un échange ou à un retour », indique Denis Jung, conseillé spécialisé en pomme de terre à Planète Légume. Des tubercules et des maladies Et, même s’ils ont été contrôlés, il faudra peut-être quand même les traiter. Pourquoi ? Parce que le sol est un milieu vivant, riche en micro-organismes, qui n’ont pas tous des effets compatibles avec les attentes des consommateurs. Les principales maladies qui peuvent affecter les tubercules de pommes de terre sont le rhizoctone brun, la gale commune, la gale argentée, la dartrose et les pourritures. Le rhizoctone brun est provoqué par Rhizoctonia solani, un champignon qui peut provoquer des nécroses de tiges, une perte de rendement et des problèmes de présentation puisque les tubercules se couvrent de croûtes correspondant aux sclérotes, la forme de conservation du champignon. L’inoculum peut provenir soit de sclérotes présents sur les plants, soit du sol. Lorsqu’à la fois le sol et les plants sont contaminés, Denis Jung préconise de combiner un traitement du sol et un traitement des plants. La dartrose se caractérise par un flétrissement des plants par le haut. En général la contamination des tubercules intervient au champ, puis la maladie se développe durant le stockage. L’inoculum provient souvent des déchets végétaux. La gale argentée se développe essentiellement pendant le stockage. Ses symptômes ressemblent à ceux de la dartrose, avec des tâches aux reflets argentés. Des bonnes pratiques culturales De manière générale, adopter les bonnes pratiques culturales réduit significativement le risque de voir se développer des maladies sur tubercules : allonger la rotation ; broyer les résidus végétaux et les laisser en surface afin de les soumettre à l’effet du gel ; utiliser des plants sains ; les stocker à l’abri du gel, des précipitations, en conditions aérées ; choisir des variétés résistantes ; raisonner la fertilisation et l’irrigation ; réduire le délai entre le défanage et la récolte ; limiter les blessures à la récolte ; assurer de bonnes conditions de stockage (désinfection des bâtiments, des palox, maîtrise de l’humidité et de la condensation.) ; utiliser du matériel propre. Enfin, lorsqu’il s’avère nécessaire, le traitement des plants doit être effectué sur des tubercules réchauffés (plus de 8 °C) et jamais sur des tubercules germés. L’opération achevée, il est également recommandé de laisser les plants ressuyer avant la plantation, qui doit se faire dans de bonnes conditions de sol. Et des solutions chimiques Pour lutter contre la gale argentée, différentes spécialités sont homologuées, dont Iota P (poudrage), Monceren Pro, Celest 100 FS, Oscar WG. Leurs efficacités sont équivalentes et plafonnent à 25 %, avec un léger avantage pour Oscar WG, qui combine flutolanil et mancozèbe. Denis Jung a présenté les résultats d’un essai comparant différentes modalités de lutte contre le rhizoctone brun. Conclusion : « Tous les produits contenant du flutolanil font preuve d’une bonne efficacité, mais Oscar WG est un peu meilleur. » Depuis 2016, c’est Belchim qui a obtenu la distribution exclusive d’Oscar WG. Et son packaging a été revu. Il est désormais possible de rajouter l’eau directement dans le bidon, ce qui évite d’avoir à manipuler les granulés et donc d’être exposé à l’émanation de poussières. Autre solution de protection des plants contre le rhizoctone brun et, dans une moindre mesure, la gale argentée, Rialto (Philagro), contient 460 g/l de flutolanil formulé sous forme de suspension concentrée liquide. Des investissements soutenus par la CAAA Pour traiter les plants de pomme de terre, il existe des équipements spécifiques. En 2012, lors d’une réunion similaire, Planète Légume présentait l’outil Oscar System. Depuis, celui-ci a été racheté par Belchim (qui produit Oscar WG). Rebaptisé RobStar, il a quelque peu évolué et son prix a été revu à la baisse. D’autres matériels de traitement par pulvérisation existent, comme Jodojet (société Becrou), Mafex (société Mantis), Microstat (Horstine Farmery), Pieper Does (Ets Cadart), Fongiflex (SARL Cabon automatisme conception). « Ce type d’équipement permettant de réduire l’exposition des manipulateurs aux produits phytosanitaires, son acquisition est éligible à une subvention à hauteur de 20 % du montant de l’investissement, plafonné à 3 000 € allouée par la CAAA », note Denis Jung. Lors de cette journée de démonstration, Laurent Terninck, distributeur en France et en Belgique du système de pulvérisation Mafex (Mantis), a procédé à une démonstration. Menthe, ozone, éthylène, des solutions alternatives Une fois récoltées, les pommes de terre sont généralement soumises à un traitement antigerminatif, traditionnellement à l’aide de deux molécules, l’hydrazyde maléique et le CIPC. Mais des produits d’origine naturelle sont désormais sur le marché : l’éthylène et l’huile de menthe verte. Lors de cette réunion, la société Certis a présenté sa gamme Gro-stop, à base de CIPC sous forme liquide, une nouvelle formulation qui permet d’augmenter la dose de matière active apportée par tonne de pommes de terre, évite les émissions de poussière et assure une meilleure répartition du produit. Autres avantages de la gamme : sa stabilité, sa facilité d’emploi, sa compatibilité avec la thermonébulisation, et son action synergique avec l’hydrazyde maléique. En pratique, la solution est pulvérisée à l’entrée du stockage grâce à une bande transporteuse. Puis le produit se volatilise et agit de proche en proche dans le bâtiment. Certaines variétés étant sujettes à un phénomène de brûlure suite à l’application de CIPC, la société Certis est en train d’élaborer une application qui permettra de connaître rapidement le degré de sensibilité de chaque variété à ce phénomène. Néo-Fog, société spécialisée dans la thermonébulisation, les traitements antigerminatifs et la désinfection des bâtiments, présentait l’appareil de thermonébulisation Synofog, qui permet de transformer un produit liquide, comme du CIPC, en brouillard de manière entièrement automatisée. Néo-Fog est aussi le partenaire en France pour la vente, l’installation et la maintenance du système de gestion de l’éthylène Biofresh. Celui-ci permet d’augmenter la concentration en éthylène dans le bâtiment afin de freiner la germination sans laisser de résidus. Pour désinfecter les bâtiments de stockage, Néo-Fog propose la thermonébulisation de Kickstart en prestation de service. Autre solution : l’utilisation de boîtes fumigènes, comme Decofenato Pot, ou encore le recours à l’unité de décontamination Biofresh, génératrice d’ozone à forte concentration. La société Comyn, basée en Picardie, présentait sa gamme de produits destinés à la conservation des denrées agricoles, notamment l’Electrofog Xeda et le Xedavap, deux outils d’application des produits antigerminatifs comme le Biox M, un anti-germinatif naturel à base d’huile essentielle de menthe (Mentha spicata 950 g/l), le Xedamat 60 (CIPC). Ou encore des produits de désinfection des locaux de stockage, comme Brumi Prop et Brumi Prop BFV, utilisable en agriculture biologique.

Remise des diplômes des moniteurs arboricoles

La pratique au cœur de la formation

Publié le 22/02/2017

Après la remise des diplômes de moniteurs arboricoles le 17 décembre dernier, l’Est agricole et viticole abordait l’aspect théorique de la formation. Place désormais à la pratique et aux acteurs du volet technique.

C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Cette expression pourrait se décliner selon différentes activités, et notamment l’arboriculture. En décembre dernier, 27 prétendants ont reçu leur diplôme de moniteurs arboricoles, consécration d’une formation organisée sur deux ans par la Fédération des producteurs de fruits du Bas-Rhin. Durant 40 samedis, les apprentis moniteurs ont renforcé leurs connaissances théoriques et pratiques. Tailler tout type d’arbre « Les compétences pratiques d’un moniteur comprennent trois grands champs d’action », expliquent Guy Dieu et Étienne Binnert, respectivement président du comité technique à la fédération, et secrétaire général de la fédération. C’est avant tout un conseiller qui guide les propriétaires de vergers familiaux dans leurs choix de variétés de fruits, ou lors de conférences et cours de taille. Le second champ d’action vient de sa capacité à tailler et conduire l’arbre selon sa forme : « un moniteur doit savoir tailler absolument tout type d’arbre », insiste Guy Dieu. Il doit aussi pouvoir donner des cours de reconnaissance des parasites et maladies. Pour s’assurer de la capacité de leurs étudiants à assurer correctement leurs futures missions, les organisateurs avaient préparé un examen particulièrement approfondi. Parmi les différentes épreuves, les candidats ont dû identifier cinq variétés de pommes, reconnaître 15 bois différents, tailler cinq arbres en axe vertical (ou Pillar) et un prunier en gobelet, effectuer un greffage et un écussonnage. Les épreuves, comme l’ensemble de la formation, étaient encadrées par des moniteurs arboricoles actifs, parmi les quelque 160 que compte le département du Bas-Rhin. Guy Dieu et Étienne Binnert tiennent à remercier particulièrement les encadrants bénévoles Francis Fuchs, Alfred Georger, Patrick Kuntzler, Gerard Muller, Eugène Walter, ainsi que leurs remplaçants Bernard Brion et Hubert Piersen.

Chambre d'agriculture d’Alsace (CAA), Arvalis-Institut du végétal, Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA Grand Est)

Le rendez-vous des irrigants

Publié le 21/02/2017

Organisé à Offendorf, Fessenheim et à Ebersheim les 6, 7 et 9 février, le premier rendez-vous des irrigants a attiré plusieurs centaines d’agriculteurs de la région. L’occasion de s’informer sur la réglementation, mais également sur de nouvelles méthodes de travail.

Pour irriguer, il faut que les conditions météorologiques le nécessitent. Et, sur ce point, l’année 2016 a été particulièrement atypique. Pour le blé, après un printemps frais et humide, il n’y a pas eu besoin d’irriguer. Les rendements moyens en Alsace ont été de 51 quintaux. Pour le maïs, l’humidité pendant les semis a posé de nombreuses difficultés. Mais, après une grosse période pluvieuse, la sécheresse a nécessité, à partir de début juillet, une irrigation jusqu’au mois de septembre. Les rendements moyens ont été de 100 q tous secteurs confondus. Mais, l’irrigation a été variable selon les secteurs. Elle a souvent démarré dans les sols superficiels, puis dans les sols plus profonds. Il a fallu entre quatre et dix tours d’eau selon les secteurs géographiques. Pour le soja, la même période de sensibilité que pour le maïs, de début juillet à fin août, a requis des besoins en eau inférieurs. Pour informer les agriculteurs, le « Flash Irrigation » est désormais un outil d’aide à la décision particulièrement utile et performant. Il informe de la météo et du besoin en eau par culture (réel et prévisionnel), propose un réseau de suivi tensimétrique et donne le conseil du moment par secteur et par type de sol tout en assurant un suivi sur l’humidité du maïs en fin de saison. Pour s’abonner, il faut, au préalable, adhérer au « Pack Essentiel ». 88 % de l’irrigation vient de la nappe phréatique Concernant la philosophie générale de l’irrigation, en Alsace, elle ne pose aucune difficulté « morale » dans la mesure où 88 % de l’approvisionnement vient de la nappe phréatique, 9 % des canaux de la Hardt alimentés par le Rhin, 3 % des rivières vosgiennes gérées par des syndicats d’eau. « Il n’y a pas de soucis de quantité d’eau en Alsace », a-t-on précisé. En revanche, les agriculteurs peuvent influer sur les coûts de leur irrigation car en moyenne, l’énergie représente 50 % de la charge d’irrigation. « Les paramètres qui influencent cette consommation énergétique concernent les caractéristiques de la station de pompage (niveau de l’eau, performances de la pompe), les canalisations d’amenée d’eau (diamètre, longueur, matériaux, coudes) et l’enrouleur (longueur, diamètre, pression au canon, débit). Le débit est donné par le diamètre de la buse et la pression de service ; l’augmentation de pression va créer des gouttelettes qui vont accentuer la sensibilité au vent. Concernant les pertes de charges ou de pression, il faut distinguer les pertes singulières (coudes, vannes) et les pertes linéaires (frottement dans les conduites) qui vont dépendre du diamètre. Plus il sera petit, plus la perte de charge sera importante. Elles vont également dépendre de la longueur d’amenée, mais également du débit », explique Jonathan Dahmani, conseiller irrigation à la CAA. Il y a une grande variabilité en fonction du système d’irrigation utilisé. La Chambre a ainsi mené une série de tests pour connaître la différence de coûts. Quatre systèmes ont été étudiés : enrouleur avec énergie thermique, enrouleur avec énergie électrique, pivot une rampe avec énergie thermique et pivot une rampe avec énergie électrique. Lorsque la ressource est non limitante comme en Alsace avec la nappe phréatique, il faut s’interroger sur le choix et le type de buse de l’enrouleur. Enfin une pompe ou un moteur fatigué a beaucoup plus d’influence sur la consommation que la cylindrée. Redevance sur l’eau Concernant les points réglementaires, à Ebersheim, le secrétaire général de la Fdsea du Bas-Rhin Gérard Lorber a précisé les contours réglementaires de la redevance pour l’eau. « Elle a été mise en place il y a longtemps et elle est régie par la loi sur l’eau. Un arrêté précise que toute personne qui pompe de l’eau est censé la mesurer. Il fallait donc une mesure de captage direct. Les compteurs horaire ou volumétrique sont autorisés sauf pour les rivières. Il y a également obligation pour les exploitants de tenir un registre. Les compteurs qui ont plus de neuf ans sont à changer pour la campagne 2018 ». Enfin, Patrice Denis et Jonathan Dahmani ont évoqué la directive Nitrates dans le cadre du cinquième programme, spécifiquement sur la couverture des sols.

Pages

Les vidéos