Cultures

Cueillette de l’arnica au Markstein

« Le mérite revient aux éleveurs »

Publié le 08/05/2017

Au sommet du Markstein, 150 ha de prairies sont « réservées » chaque année à la cueillette de l’arnica. Une fleur très sensible aux pratiques agricoles qui a besoin de l’environnement le plus naturel possible pour se développer à l’état sauvage.

Certains l’appellent « l’or jaune » du massif vosgien. Chaque année au mois de juin, des gens viennent de toute la France pour cueillir les fleurs d’arnica qui poussent au sommet du Markstein. C’est l’un des rares lieux en France où cette fleur pousse à l’état sauvage. « Il y a quelques spots de cueillette dans les Pyrénées ou le Massif Central. Mais le Markstein reste de loin la plus grosse zone de cueillette sauvage dans le pays et dans toute l’Europe », explique Fabien Dupont, chargé de mission Natura 2000 au sein du parc naturel régional du Ballon des Vosges. Sur le Markstein, la cueillette sauvage de l’arnica est encadrée depuis 2007 par une convention qui vise à garantir la conservation de la plante en tant que ressource commune. Une petite fleur jaune qui représente aussi de gros enjeux économiques pour les laboratoires pharmaceutiques. Près de 90 % du volume récolté au Markstein - de 250 kg à une tonne de fleurs, et de quatre à onze tonnes pour la plante entière - est livré à l’usine Weleda située à Huningue. Des « bonnes relations » avec les cueilleurs Si la fleur est aussi rare en milieu sauvage, c’est dû en grande partie à sa fragilité extrême. Elle est ainsi très sensible aux pratiques agricoles comme l’épandage de lisier ou de chaux, et reste très difficile à cultiver. « L’absence de fumure permet d’exprimer une biodiversité très intéressante. Par contre, c’est vrai que ce n’est pas l’idéal d’un point de vue fourrager », reconnaît Fabien Dupont. De prime abord, la présence d’arnica dans les prairies est une « contrainte » pour les agriculteurs concernés. Michel Deybach est l’un d’eux. Ce fermier-aubergiste de 35 ans possède 90 hectares sous contrat sur les 150 ha que compte la zone conventionnée. « C’est sûr qu’économiquement, on y perd. Jusqu’au 14 juillet, on ne peut pas mettre nos bêtes dans ces prairies. Et en termes de rendement, cela n’a rien à voir. Ce sont des parcelles sauvages où le fourrage n’est pas très appétant et riche. On n’obtient qu’une voire deux tonnes de matière sèche à l’hectare alors qu’on pourrait atteindre les quatre tonnes dans des conditions normales. » Du coup, l’autonomie fourragère de l’exploitation reste très aléatoire. Néanmoins, Michel Deybach est satisfait de cette convention. « On entretient de bonnes relations avec les cueilleurs. Ce qui, historiquement, n’a pas toujours été le cas. C’est plus agréable à vivre. Et puis il ne faut pas oublier que cette fleur était là avant nous. Elle fait partie de notre patrimoine et contribue aussi à valoriser l’image de notre massif, tout comme elle permet à une autre économie d’exister et à des personnes de gagner leur vie. » « Les vaches n’aiment pas le goût » « C’est bien parce que les agriculteurs ont accepté de jouer le jeu que l’arnica est aussi présente sur le Markstein », complète Fabien Dupont. « Tout le mérite revient à ces éleveurs qui ont consenti à ne pas valoriser d’effluents dans cette zone. » Ces derniers bénéficient évidemment de quelques contreparties : un loyer très bas d’un euro symbolique l’hectare de la part de la commune, et des aides MAE pour les prairies concernées. « Et puis cela ne nous coûte rien en entretien », tient à ajouter Michel Deybach. Le fermier-aubergiste se demande quand même si un déprimage de quinze jours pourrait être possible au printemps, avant que l’arnica ne sorte de terre. « Les anciens faisaient cela et l’arnica était quand même présente. Peut-être qu’il faudrait faire des essais et voir si cela ne nuit pas au développement de la fleur. En tout cas, ce n’est pas les vaches qui la mangeront vu qu’elles n’aiment pas le goût ! » Les laboratoires pharmaceutiques, en revanche, en redemandent. Année après année, le marché de l’homéopathie et de la phytothérapie augmente son chiffre d’affaires. Pour répondre à cette demande croissante, le parc naturel régional du Ballon des Vosges a comme projet de replanter de l’arnica dans des zones propices du massif. Seule condition : que les éleveurs acceptent une nouvelle fois de « jouer le jeu ».

Betteraves à sucre

L’heure est au désherbage

Publié le 05/05/2017

Les betteraves ont été relativement épargnées par le gel : 80 ha ont été retournés sur 7 480 ha. Hormis ces parcelles qui viennent d’être ressemées, les betteraves sont désormais levées. L’heure est désormais au désherbage.

Vendredi 28 avril, la sucrerie Cristal Union d’Erstein organisait des réunions de bout de parcelles. Les précipitations bienvenues du 1er mai n’étaient encore qu’annoncées. Aussi Aline Barbière, technicienne au service agro-betteravier, a-t-elle commencé par faire le point sur le manque d’eau : « En moyenne, en un mois, il n’y a eu que 10 mm cumulés. C’est très hétérogène selon les secteurs, parfois il y a eu plus d’eau, mais parfois il n’y a eu que 5 mm ». Pas de quoi faire exploser la végétation. Là-dessus s’est ajouté le gel. Les températures sont descendues jusqu’à -7 °C au plus bas. Certaines betteraves n’y ont pas survécu : « En tout, 80 ha ont été retournés », annonce Aline Barbière. Ça peut sembler beaucoup, mais comparé aux 7 480 ha de betteraves ensemencées en Alsace, cela reste raisonnable. Les experts sont passés constater les dégâts dès le samedi, et les resemis ont eu lieu dans la foulée. « Nous avons vu des cas de betteraves avec les feuilles grillées et le cœur qui repart. Là c’est bon. Mais aussi des cas où les feuilles sont restées vertes mais où le cœur a gelé et noirci. Et là, c’est perdu », rapporte Aline Barbière. Désormais, les dés sont jetés. Mais, les températures restant fraîches, elle conseille de surveiller les bas de parcelle, les cuvettes, les bords de forêt, soit toutes les zones où il peut potentiellement faire plus froid afin de ne pas passer à côté de dégâts localisés. Gare aux tipules et aux limaces Hormis ces betteraves grillées qui ont été resemées, les levées sont désormais achevées. Et force est de constater que « les plus belles sont les premières à avoir été semées. Elles ont désormais quatre vraies feuilles. Les betteraves de semis plus tardifs sont moins belles. Elles ont été semées dans le sec, ont souffert du gel, elles patinent ». Côtés ravageurs, les dégâts de taupins, lièvres et autres mulots restent anecdotiques. Même les limaces sont restées jusqu’à présent discrètes. Mais le retour des précipitations doit conduire à la prudence. Aline Barbière s’est plus longuement attardée sur les tipules (aussi appelés cousins), dont les larves se repaissent de la base des tiges de betteraves. « Les adultes pondent dans la matière organique. Les parcelles en TCS, qui reçoivent du fumier sont donc à risque. ». Maîtriser les liserons Le vif du sujet de cette réunion, c’était le désherbage. Aline Barbière a d’emblée abordé le sujet d’actualité : les liserons. « Ils sont arrivés tôt et nombreux. Nous sommes inquiets car les récoltes ont été rendues difficiles par endroits l’an passé parce que les traitements sur chaumes n’avaient pas bien fonctionné », indique-t-elle. Or l’histoire semble se répéter cette année. Elle a donc rappelé quelques stratégies qui fonctionnent. Il est indispensable de lutter contre le liseron dans les autres cultures et plus particulièrement dans le maïs, dès les prochaines semaines. Elle a incité les planteurs à faire preuve de vigilance, parce que des parcelles infestées de liseron sont très difficiles à récolter. S’adapter à la flore En l’absence de précipitations significatives et afin de préserver l’efficacité des traitements effectués, Aline Barbière a évoqué quelques leviers : augmenter la quantité d’huile dans la bouillie, raccourcir le délai entre deux traitements… « Si vous appliquez la bonne dose dans le bon timing, le résultat sera au rendez-vous », assure-t-elle. Globalement, les deuxièmes passages ont été effectués. La question du jour était donc : quand réaliser le T3 ? Aline Barbière répond : « En fonction de l’état des betteraves. Si elles ont été cognées par le T2, attendez un peu. Et cela dépend aussi de l’état de salissement de la parcelle. Si les adventices reviennent, n’attendez pas trop. Maximum une semaine après le T2. » Et que mettre dans ce fameux T3 ? « Il faut s’adapter à la flore qui reste », répond Aline Barbière. Une chose est sûre : il faut miser sur des racinaires avant une pluie. Aline Barbière a également évoqué un produit en particulier, le Centium 36 CS. Pourquoi ? Parce que bien utilisé il présente une bonne persistance d’action sur chénopodes et mercuriales et constitue donc un produit intéressant. Mais, mal utilisé, il peut pénaliser les betteraves, notamment en provoquant un blanchissement. Pour éviter ce genre de déconvenues, Aline Barbière conseille donc de réserver Centium 36 CS aux betteraves de plus de six feuilles, au T4, de ne pas dépasser une dose de 0,150 l/ha et de ne pas pratiquer d’autres mélanges que le seul préconisé par la sucrerie, à savoir Fasnet SC 1 l + Centium 36 CS 0,15 l.

Lancement des primeurs d’Alsace

Le plein de vitamines

Publié le 04/05/2017

Le premier lancement des légumes primeurs d’Alsace a eu lieu le jeudi 27 avril chez ID3A, exploitation maraîchère et céréalière située à Balgau. L’occasion de rappeler les bienfaits et vertus pour la santé des salades, radis, asperges, navets ou oignons blancs.

Les légumes primeurs sont de retour. Comme chaque année à la même période, les salades, radis, navets, rhubarbes, asperges et autres oignons blancs marquent le retour des beaux jours… et de la consommation de produits frais. Des légumes cueillis très jeunes présentant des caractéristiques gustatives « incomparables ». Des qualités que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla) a souhaité mettre en avant le 27 avril en organisant le premier lancement officiel des primeurs sur le sol alsacien. Un événement qui s’est tenu dans les locaux d’ID3A, à Balgau, une exploitation familiale qui cultive 200 ha de légumes et une centaine d’hectares de céréales. Cinquante salariés (jusqu’à 80 dans les périodes les plus intenses) y travaillent quotidiennement pour récolter, nettoyer, conditionner et envoyer les palettes de légumes qui vont alimenter principalement les centrales d’achat du Grand Est. Pour l’instant, cette saison 2017 commence bien timidement, notamment pour les salades qui ont énormément souffert des récents épisodes de gel. « Depuis le début de la récolte lundi 24 avril, on ne récolte que 30 à 40 % de nos salades. On a dû les recouvrir en catastrophe, sans succès. Tout est plus froid et plus humide. C’est la première fois qu’on perd des salades à cause du gel », constate amèrement le directeur d’ID3A, Claude Keller. Heureusement pour lui, il peut compter cette année sur 40 ha de radis, soit environ 1,3 million de bottes qui vont constituer un apport de trésorerie « intéressant » pour son entreprise. « C’est le légume printanier par excellence. Il dispose d’un cycle de récolte assez court, de 18 à 90 jours en fonction de la variété. » Le radis représente un vrai « challenge » pour ID3A cette année. Désireuse de rattraper son « retard » par rapport à la salade, l’exploitation a augmenté sa surface sur des parcelles jusqu’alors dédiées à la culture des céréales. L’atout « forme et bien-être » Ce lancement officiel des primeurs s’inscrit dans la continuité des actions de communication et de promotion menées par l’Ifla depuis plusieurs années. « Je crois qu’il était essentiel de rappeler aux consommateurs les vertus de ces premiers légumes de l’année », souligne le président de l’Interprofession, Pierre Lammert. Ces « jeunes légumes » se montrent en effet plus intéressants en termes de qualité nutritive grâce à des valeurs nutritionnelles à leur maximum. Ils apportent notamment les nutriments dont le corps a besoin : vitamines, minéraux, fibres, etc. Ils sont également recommandés pour déjouer la fatigue et aider l’organisme à passer de l’hiver au printemps en « pleine forme ». « C’est l’atout forme et bien-être ! », résume Pierre Lammert. Un argument supplémentaire pour une production locale de plus en plus plébiscitée par les consommateurs alsaciens. « Grâce aux actions de l’interprofession, l’Alsace est la seule région française où la production de fruits et légumes s’est développée », se félicite le président de l’Ifla. Reste maintenant à conquérir le marché du Grand Est, fort de cinq millions de consommateurs. C’est dans cette optique que l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace devrait signer un contrat d’aide et d’accompagnement de la filière fruits et légumes avec la Région. « Pour la compétitivité de nos produits, nous avons besoin d’aides. C’est notamment par ce biais que nous pourrons développer la part de fruits et légumes locaux dans la restauration collective. Il y a là un grand marché à développer », ajoute Pierre Lammert.

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