Cultures

Ouverture de la saison des alliacées

Une ferme modèle pour le lancement des alliacées

Publié le 13/06/2017

L’interprofession des fruits et légumes d’Alsace a organisé la première journée de lancement des alliacées, vendredi 9 juin, sur l’exploitation de Jean-François Vierling à Schnersheim. L’occasion pour lui de présenter sa ferme et sa philosophie.

Ça y est. L’ail, l’échalote et les oignons ont leur événement à eux. Une quinzaine de professionnels ont participé à la première journée de lancement des alliacées, vendredi 9 juin. Les responsables de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla), d’Alsace Qualité et de la distribution ont découvert l’exploitation de Jean-François Vierling, à Schnersheim. La première ferme homologuée « agriculture raisonnée » en Alsace. Depuis 2004 la certification récompense les efforts du producteur pour respecter un cahier des charges exigeant. Pour notre hôte, le plus important c’est de « respecter la qualité intrinsèque du légume. » En d’autres termes, cultiver le plus naturellement possible. Cela passe ici par le paillage plastique. Pour voir les bienfaits de ce système, rien de mieux que de juger sur pièce. Des bénéfices du paillage plastique Direction la parcelle d’échalotes. Sa grande fierté. À l’extérieur du village il a planté 15 hectares de plants sur plastique. Premier point positif, l’économie d’eau. Le plastique retient l’humidité et la chaleur. « Ça donne le même effet que si on court avec un K-way », illustre le maître des lieux. Résultat, plus besoin d’irriguer ! Un avantage considérable dans une région régulièrement sujette aux sécheresses. Et ce n’est pas tout. Le film plastique protège les pousses des projections de terres et empêche l’apparition de mauvaises herbes. « Cela réduit le développement de bactéries et d’insectes », précise le producteur. D’où l’absence de traitement insecticide et herbicide. Et Jean-François Vierling d’ajouter : « On traite une seule fois, avec une substance de croissance ». Enfin, tous les plants achetés sont certifiés « sains ». Un investissement de près de 200 000 € par an. Pour notre guide, le jeu en vaut la chandelle. « Nous avons réduit de 80 % les produits phytosanitaires » utilisés sur l’exploitation. Mais cette solution comporte bien des inconvénients, non ? « Quand le vent se lève, les bâches se gonflent et les échalotes glissent en dessous, concède le producteur. Cette année on a passé dix jours à replacer les plantes correctement. » Bilan, certains légumes souffrent de légers retards de développement. Pas de quoi démotiver le propriétaire, pour qui cette technique est la meilleure. Un tracteur customisé Retour à la ferme. Là, celui qui a aussi fondé la marque Les arômes d’Alsace expose une autre innovation. Son tracteur customisé. Il a adapté une arracheuse de poireaux pour la récolte de l’ail. Mathieu, un des dix employés de l’entreprise, fait la démonstration. Le fonctionnement est le même que pour les poireaux. Seule différence, l’équipe de la ferme a installé une scie hydraulique afin de couper les feuilles avant l’arrachage. « Cela facilite le travail des personnes en charge du nettoyage (retirer les feuilles et les racines), et constitue un gain de temps », détaille le patron. Il n’a pas comptabilisé les heures de travail économisées. Mais Mathieu, lui, a fini sa rangée en une trentaine de minutes sur son tracteur modifié. D’ailleurs on pourrait même retrouver les bâches du champ d’échalotes dans cet engin. Jean-François Vierling a en effet suivi le parcours du plastique usagé. « Il est expédié en Chine pour être retraité, et nous revient sous forme de pièces pour l’automobile. » Rien ne se perd, tout se transforme !

Au lycée agricole du Pflixbourg à Wintzenheim

Le projet SEFerSol se poursuit

Publié le 31/05/2017

Démarré en 2015, le projet régional SEFerSol permet d’étudier les pratiques culturales en maraîchage biologique. Il mobilise huit partenaires et vise à identifier, tester, évaluer et partager des stratégies innovantes en matière d’entretien de la fertilité des sols en maraîchage biologique diversifié pour faire progresser les pratiques en Alsace.

Le maraîchage biologique diversifié en Alsace a souvent recours à des pratiques intensives d’utilisation du sol, notamment par des interventions répétées de travail du sol, des apports de fertilisants organiques rapidement dégradés, une faible couverture du sol notamment l’hiver. Ces pratiques présentent des risques de diminution de la fertilité du sol dans la durée et de dégradation de la qualité de l’eau. Il existe de nombreuses possibilités pour entretenir la fertilité des sols et les stratégies appropriées font autant appel aux connaissances techniques et scientifiques éprouvées qu’à de nouvelles pratiques à expérimenter. Les leviers techniques mobilisables peuvent se regrouper en différentes catégories : le choix des successions culturales, les apports de matière organique, l’adaptation du travail du sol, l’utilisation des engrais verts et couverts végétaux, la couverture des sols. Les maraîchers disposent de nombreuses références sur ces techniques (outils de pilotage, tables de référence), toutefois celles-ci sont décrites indépendamment les unes des autres. Or c’est la combinaison cohérente et efficace d’un ensemble de techniques traduites en une logique globale (stratégie ou système de culture) qui permet le mieux l’entretien de la fertilité du sol. La mise en œuvre de ces stratégies est complexe en maraîchage biologique diversifié car elles doivent s’adapter à une grande diversité de cultures dans une dimension spatiale (assolement) et temporelle (successions de cultures). Dans ce contexte de nouvelles références, opérationnelles, sont nécessaires pour aider les maraîchers à améliorer leurs pratiques d’entretien de la fertilité du sol. « L’objectif du projet est de produire des références utiles pour les maraîchers et d’accompagner ceux désirant améliorer leurs pratiques d’entretien de la fertilité du sol. Ce travail s’effectue par la mise en œuvre de deux volets d’actions interdépendants : la recherche et l’expérimentation tout d’abord. Il s’agit de tester et d’évaluer des stratégies innovantes d’entretien de la fertilité en maraîchage biologique. Des études et des enquêtes ensuite, pour étudier les pratiques actuelles des maraîchers en matière d’entretien de la fertilité du sol », explique Guillaume Delaunay, chef de projet à Wintzenheim. La démarche repose sur une vision systémique (expérimentation système), la mobilisation de compétences pluridisciplinaires (projet multipartenarial) et un cadre participatif (co-conception de système de culture). Elle vise à favoriser l’intégration des innovations dans les systèmes agricoles. Le projet est piloté par l’EPLEFPA Les Sillons de Haute Alsace et son pôle maraîchage. Il réunit sept autres partenaires qui interviennent de manière complémentaire pour la mise en œuvre des différents volets : l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (Opaba), l’Atelier Paysan, la Chambre d'agriculture d’Alsace, Rittmo, l’Association pour la relance agronomique en Alsace (Araa), Alsace Vitae et Planète Légumes. Les pratiques sur l’entretien des sols Sur l’atelier de production maraîchère des Jardins du Pflixbourg à Wintzenheim, deux systèmes de culture innovants sont testés en comparaison à un système de référence. Ils combinent des techniques innovantes et des pratiques intéressantes, pour les principaux leviers d’entretien de la fertilité du sol suivants : utilisation renforcée des engrais verts et couverts végétaux (nutrition, protection et structuration du sol), limitation forte et simplification du travail du sol (horizons du sol moins ou non perturbés) et couverture du sol (protection du sol contre les facteurs climatiques préjudiciables à son activité biologique). Ils ont pour objectif une meilleure fertilité du sol, tout en préservant la qualité de l’eau, en maintenant une bonne autonomie vis-à-vis des intrants et en préservant les résultats technico-économiques (rendements, qualité des cultures, marges). « Ce n’est pas que de l’expérimentation. L’idée est de transférer les résultats obtenus dans d’autres systèmes et de mener ensuite des actions et des animations. C’est un travail collectif mené avec les maraîchers », précise Guillaume Delaunay. Une étude des pratiques de l’entretien des sols a été menée depuis 2015. Les résultats de cette étude ont été présentés. Ils ont été menés sur une base de 56 maraîchers bios en Alsace, orientés principalement en légumes. Et ils sont finalement 18 à avoir été suivis et enquêtés. « Nous avons étudié leurs pratiques, essayé de savoir quels étaient leurs besoins, mais également leur volonté de s’impliquer, de chercher les innovations et de les identifier. Nous constatons qu’il y a une diversité d’ancienneté dans le bio. La moitié des exploitations comptent par ailleurs des ateliers secondaires. Et la majorité des maraîchers cultivent entre 40 et 60 espèces différentes de légumes. Enfin, 100 % des producteurs pratiquent la vente en circuit de proximité, en direct ou dans des magasins spécialisés », explique-t-on à l’Opaba. Concernant la fertilité des sols, plusieurs idées fortes sont évoquées. À commencer par la rotation des cultures : des successions de cultures diversifiées, dans lesquelles l’alternance des cultures est raisonnée, qui concourent à une bonne nutrition des cultures et permettent de garder un sol sain (limitation des maladies et de l’enherbement spontané). Les apports de matière organique jouent un rôle important dans le fonctionnement global du sol. Ils interviennent sur ses propriétés physiques, avec l’amélioration de la structure et de la porosité, biologiques, avec la stimulation de l’activité biologique, et chimiques, avec le stockage et la fourniture des éléments nutritifs. En ce qui concerne les engrais verts, leur utilisation optimisée permet d’agir simultanément sur la fixation des éléments nutritifs du sol, sur la restitution de matière organique, sur la structuration du sol par le travail des systèmes racinaires, sur la protection du sol vis-à-vis des risques climatiques tels que la battance ou l’érosion, et aussi de rompre les successions d’espèces légumières, de contenir le développement des espèces adventices. Enfin, sur le travail du sol, le labour reste préconisé pour la gestion de l’enherbement. Des outils à dents sont nécessaires pour éviter de perturber les sols ou le tassement. La présentation a également permis d’évoquer les éléments de biodiversité, le paillage et la couverture du sol, l’irrigation (l’impact sur la fertilité des sols est rarement pris en considération), ou encore le matériel. Il existe des spécificités sous-abri comme la succession continue de légumes, la présence continue de racines vivantes de différentes espèces ou la présence problématiques de nombreux foyers de limaces et de rongeurs.

La saison des fraises commence

« Allez-y ! Elles sont toutes rouges… »

Publié le 30/05/2017

La saison des fraises est ouverte. Le lancement officiel a eu lieu mardi dernier au magasin Le Fruitier de Haguenau, à l’initiative de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace et de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace.

La campagne avait bien commencé, les fruits s’annonçaient abondants, mais les gelées noires des 17, 18 et 19 avril ont refroidi l’enthousiasme des fraisiculteurs qui ont vu leur récolte amputée de 40 %. Heureusement, la période ensoleillée que nous venons de vivre a permis de redresser la situation et aujourd’hui, les fraises sont présentes en abondance. « Ne tardez pas ! » insiste Olivier Grinner, président de l’Association des producteurs de fraises d’Alsace. La saison est très courte, elle ne dure que trois ou quatre semaines… Que vous les achetiez en barquettes dans les magasins et sur les marchés, ou que vous vous rendiez en famille dans une des nombreuses libres cueillettes de la région, c’est maintenant ! Michel Hegé se réjouit de voir les producteurs de toute l’Alsace rassemblés à la ferme Densch de Haguenau pour le lancement de la campagne, au côté des membres de l’interprofession, des représentants des organisations professionnelles agricoles et de la Région Grand Est. À l’orée de la forêt de Haguenau, le magasin Le Fruitier est entouré d’un « grand jardin » de 8 hectares où sont implantés une petite fraiseraie, un carré de myrtilles, un verger de pommes et de poires - qui a entièrement gelé - et un champ d’asperges. « Nous envisageons de convertir le verger en bio. » Le magasin, quant à lui, propose une large gamme de produits du terroir et de l’artisanat local, l’agencement soigné mettant particulièrement en valeur les fruits et légumes. « Nous allons tous dans le même sens » « La saison a du mal à démarrer en raison des fortes gelées qui ont considérablement réduit la production, poursuit Michel Hegé. Les clients attendent avec impatience l’ouverture de la libre cueillette, ils nous inondent de coups de fil. » Il est vrai que le magasin est idéalement placé à la sortie nord de Haguenau, une ville de 35 000 habitants. « Mais je voulais attendre cet après-midi pour que vous puissiez voir de belles fraises bien rouges… » « Après les asperges, le lancement de la saison des fraises est toujours un moment très attendu », explique Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace (Ifla). Il marque en général le retour des beaux jours… et c’est le cas cette année. Il a remercié la Région Grand Est qui soutient la promotion, tout au long de l’année, des fruits et légumes d’Alsace. D’année en année, la liste s’allonge : récemment, les légumes primeurs ont fait une entrée en scène remarquée, et dès la semaine prochaine, ce sera au tour de l’ail, de l’oignon et de l’échalote d’être mis en valeur. La preuve que les producteurs locaux ont la pêche ! D’autres événements sont prévus dans les prochains temps. Le salon interprofessionnel du commerce des fruits et légumes d’Alsace réunira les acteurs de la filière le 13 juin, et le salon Saveurs et Soleil d’automne accueillera des milliers de visiteurs, du 22 au 24 septembre aux Tanzmatten à Sélestat. « C’est le plus grand salon des fruits et légumes de France, précise Pierre Lammert. Nous continuerons à communiquer pour promouvoir les produits de notre région, avec notre ambassadrice de charme, Delphine Wespiser, ancienne Miss France. Elle ne pouvait être parmi nous aujourd’hui car elle est en tournage pour l’émission Fort Boyard. » Boris Wendling, responsable régional de la Scofel, centre d’achat régional du groupe Auchan, rappelle que dix enseignes de la distribution sont réunies au sein de l’Ifla. « Vous retrouverez un peu partout la même communication autour de la fraise d’Alsace, quelle que soit l’enseigne. C’est une demande du client, il attend ce produit. » La grande distribution est le canal de distribution le plus important en France, ajoute-t-il. Il commercialise 70 et 80 % de la production. Pour Boris Wendling, il n’y a pas d’opposition entre grande distribution et circuits courts. « Nous allons tous dans le même sens : nous cultivons le bon, le sain, la proximité. »

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