Cultures

Publié le 12/07/2017

Les premières feuilles basses de virginie ont été récoltées la semaine dernière. En ce début d’été, le potentiel quantitatif et qualitatif du tabac est exceptionnel, indique Olivier Riedinger, directeur de la coopérative Tabac feuilles de France (CT2F).

« Les parcelles sont en avance de 8 à 10 jours, elles sont très belles et très homogènes, souligne Olivier Riedinger. Notre grosse crainte, actuellement, ce sont les orages qui risquent de compromettre cette situation prometteuse. Comme dirait notre président, Rémy Losser, c’est presque trop beau pour être vrai… » Les surfaces mises en production s’élèvent à 1 670 ha pour l’ensemble de CT2F, dont 80 ha de burley et 1 590 ha de virginie. Soit une baisse de l’ordre de 7 % par rapport à l’an dernier. Une partie de cette baisse s’explique par le coup de frein de la production de virginie bio, indique Olivier Riedinger. « Le marché bio était en pleine croissance, mais notre acheteur nous a demandé de ne plus augmenter les surfaces. Du coup, un tabaculteur, qui produisait 70 ha de tabac bio, a décidé d’arrêter entièrement. » Les premières récoltes de virginie ont commencé la semaine dernière. « La matière sèche des feuilles basses est cependant très hétérogène, et certains producteurs devront patienter durant quelques jours. Le gros de la récolte traditionnelle commencera la semaine prochaine, le début de la récolte mécanisée étant prévue pour fin juillet. » La situation sanitaire est quasi parfaite, indique Olivier Riedinger. « On ne relève pas de problème sanitaire particulier, la météo n’étant pas favorable au développement des maladies. Mais on commence à voir des émergences d’orobanche, en raison des sommes de températures importantes. On constate également des attaques importantes de punaises et, de manière plus marginale, quelques attaques de pucerons. » Phénomène assez rare, les fortes chaleurs d’une dizaine de jours ont brûlé certaines feuilles de tabac en pleine croissance.

Publié le 06/07/2017

Particulièrement rustique et adaptable aux rudesses du climat et des sols, le pin sylvestre permet de bonnes valorisations sylvicoles sur les sols squelettiques sablo-graveleux de la plaine de Haguenau.

Cette journée consacrée au pin sylvestre était organisée par le Centre national de la propriété forestière, et par la coopérative forestière Cosylval, représentée par Véronique Mertz, technicienne Cosylval, ainsi que par l’Association forestière des Vosges du Nord, représentée par Jean Braud et Maren Baumeister. Elle se déroulait dans la forêt du château de la Walck en périphérie de Haguenau, un ensemble de 226 hectares d’un seul tenant. La plaine de Haguenau est recouverte d’alluvions sableuses plus ou moins fines, transportées par les rivières vosgiennes qui alimentent le Rhin, la Lauter, la Moder, la Sauer et la Zorn. Au nord et au sud, elles sont recouvertes de limons éoliens et de lœss, comme en Outre-Forêt ou dans le Kochersberg. Des zones fertiles, tandis que le massif de Haguenau, avec ses sols d’alluvions acides, sableux, l’est moins. Quelques poches d’argiles forment un plancher imperméable, à l’origine de nappes perchées, introduit Maren Baumeister. 180 hectares régénérés La forêt couvre 46 % de la surface de la communauté d’agglomérations de Haguenau, et génère un environnement socio-économique important : 140 entreprises du bois, 870 emplois, scieurs, menuisiers, transformateurs, transporteurs, résume Claude Hoh, de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Trois essences principales résident sur ces sols squelettiques : le pin sylvestre, le chêne sessile et pédonculé. Au siècle dernier, la forêt de la Walck a connu deux déboires : la mitraille pendant la Libération, et l’ouragan Lothar en 1999 qui a décimé 180 des 220 ha. Dès lors, les sylviculteurs ont engagé une reconstitution en trois volets : sortir les chablis abattus, préserver là où des hêtres étaient déjà installés en sous-bois, et plutôt que de reprendre à blanc, ils ont opté pour la régénération naturelle, qui donne à ce stade des perchis. Aujourd’hui, cette forêt dispose donc de 180 ha régénérés, résume Véronique Mertz. Dans certains endroits, les pins ont totalement disparu. Mais globalement, le repeuplement naturel d’après-tempête mixe les essences. Le pin sylvestre tolère tous les climats et types de sols, acides, secs, engorgés, etc. Simplement, il ne supporte pas le calcaire. Il est donc intéressant dans les sols peu fertiles. Sa production atteint 4 m3/ha/an. L’écotype de Haguenau trouve cependant en ce lieu une vigueur particulière, dont le caractère a été diffusé en Sologne et dans le Centre. Il y a donc eu des sécheries qui faisaient vivre beaucoup de sylviculteurs : « Les pommes de pin étaient payées au kg. Puis les graines étaient mises en pépinière. Il y a eu une véritable économie qui s’était greffée autour… », explique Véronique Mertz. Conduite et valorisation La difficulté de la régénération réside dans le matelas d’aiguilles accumulées, rendant difficile la reprise. S’ajoute à cela de la végétation concurrentielle comme la myrtille ou la fougère aigle, ce qui nécessite de dégager les semis. De plus, le pin a besoin de lumière. Une fois le peuplement installé, il faut « dépresser », c’est-à-dire diminuer la densité à 2 500 tiges/ha. Une autre école préfère préserver la densité pour limiter la branchaison et avoir de petits nœuds par la suite. « En ce qui me concerne, je plante en 2 x 2 m, du pin en godets qui offrent une pousse plus rapide, et un bon taux de reprise, indique Véronique Mertz. Il faut ensuite bien gérer le dégagement les premières années. » Des outils tels que des râteaux scarificateur, montés sur mini-pelle permettent de travailler sur des layons, suffisent à arracher les rhizomes de fougères. La valorisation : en première qualité, il faut compter de 60 à 130 €/m3 bord de route, le bois de fermette est destiné aux montants de fenêtre, puis le second choix de 35 à 45 €/m3, puis de 18 à 24 €/m3 pour les bois de palette, et enfin 8 à 9 €/m3 pour la trituration. Sur le principe, lors du dépressage, les prélèvements des moins beaux bois sont destinés à l’industrie et aux palettes. À chaque intervention tous les 6 à 8 ans, la qualité du bois progresse, indique Véronique Mertz qui identifie une autre source de valorisation en Allemagne, où les troncs débités en 3 m ne doivent pas dépasser 1 cm de décroissance par mètre et une branchaison inférieure à 3 cm.

Publié le 05/07/2017

Reconnue organisme à vocation sanitaire depuis le 1er janvier 2015, la Fredon Alsace a connu une année 2016 riche d’activités dans la surveillance du territoire régional, dans la prévention et dans la lutte contre les maladies et ravageurs. Des missions qui vont évoluer dans les mois à venir.

L’objectif de la Fredon est d’assurer la protection sanitaire des végétaux dans le respect de l’environnement et de la santé humaine. « Nos actions répondent à trois objectifs. Le premier concerne la surveillance. Nous menons des inspections déléguées par le ministère de l’Agriculture et nos techniciens parcourent le territoire pour assurer une surveillance sanitaire sur le végétal. Cette surveillance s’applique autant en zones agricoles que dans les espaces urbains. Le second concerne la prévention. Nous accompagnons les arboriculteurs, les viticulteurs et les gestionnaires d’espaces verts dans l’amélioration de leurs pratiques phytosanitaires. L’objectif étant de reconquérir la qualité des eaux souterraines et de surface, via une meilleure identification des maladies, des insectes ravageurs et auxiliaires, et la diffusion de techniques alternatives d’entretien. Enfin, le troisième concerne la lutte. Nous assurons notamment la coordination et l’animation de luttes collectives contre les organismes et espèces invasifs », explique Albert Elbel, président de la Fredon Alsace. Il est intervenu lors de l’assemblée générale de l’organisme qui s’est déroulée vendredi 16 juin à Sainte-Croix-en-Plaine. Une réunion qui a également permis à la nouvelle directrice, Sylvie Spoerry, en poste depuis le 5 décembre 2016, de se présenter. Domiciliée à Colmar et âgée de 33 ans, elle est ingénieure agronome de formation. Elle a travaillé deux ans et demi, de 2008 à 2010, dans le développement agricole au Maroc où elle a conseillé de très petits exploitants agricoles pour développer une activité économique dans une zone oasienne en maraîchage, en olive ou encore en petit élevage ovin. « Après cette expérience très intéressante, j’ai travaillé pendant cinq ans, de 2011 à 2016, à Colmar, dans la formation professionnelle pour adultes en tant que responsable d’équipe et responsable qualité au Fongecif Alsace. Mais, je voulais retourner dans le monde agricole avec lequel j’ai toujours gardé des liens. Je fais d’ailleurs partie d’une association, les agronomes d’Alsace, qui réunit des personnes de tous les milieux. Nous organisons des conférences et des visites d’entreprises pour garder cette culture agro-agricole. Concernant la Fredon, j’ai toujours été plus intéressée par les plantes que par les animaux. La protection des plantes passe par une meilleure identification des problèmes. J’apprécie ces techniques alternatives qui sont aujourd’hui proposées et qui sont en accord avec mes valeurs. Je cherchais une responsabilité proche de mes sensibilités. Ici, à la Fredon, c’est le cas. Nous sommes une équipe de 17 salariés, basés à Sélestat, et nous avons vocation à travailler sur toute l’Alsace », précise Sylvie Spoerry. Un budget contraint L’assemblée générale a donné l’occasion de rappeler toutes les actions menées par la Fredon en 2016. Pour la surveillance du territoire, trois Bulletins de santé végétal ont été validés tout comme les suivis de 58 parcelles en arboriculture, en viticulture, en grandes cultures, en houblon ou encore en zones non agricoles. Il y a eu des surveillances toutes particulières pour la cicadelle de la flavescence dorée (lire encadré), le frelon asiatique, le cynips du châtaignier ou encore les ravageurs émergents. En matière de prévention, seize études destinées aux collectivités ont été menées. Elles ont porté sur des plans de désherbage communaux, des aides aux changements de pratiques de désherbage ou d’entretien, à des plans de gestion différenciée. Des conférences ont été données pour sensibiliser à la démarche « zéro pesticide ». 36 réunions « Bout de parcelle » ont été organisées en arboriculture et 164 « Rais’Alsace » en viticulture, coanimées avec la Chambre d'agriculture d’Alsace. Des « labo vert » ont été mis en place en viticulture, en arboriculture et en zone non agricole. Par ailleurs, 335 collectivités ont participé à au moins une action d’accompagnement à la démarche « zéro pesticide ». Enfin, 43 enseignes de jardinerie ont été signataires de la charte « Vos jardineries vous conseillent pour jardiner au naturel ». Pour la lutte « nous avons mené trois expérimentations sur houblon et deux autres sur houblon et buis. Nous avons également procédé à un comptage et à une localisation des dortoirs à corbeaux dans le Bas-Rhin », rapporte Sylvie Spoerry. Bien entendu, tout ce travail engendre des frais. Le bilan financier de l’exercice écoulé s’est soldé par un déficit d’un peu moins de 25 000 €. « Au vu de ces pertes financières, le conseil d’administration de la Fredon Alsace a décidé de ne plus bénéficier de la certification Bonnes pratiques d’expérimentation (BPE) à partir de 2017. Ainsi, les expérimentations conduites jusqu’à présent sous BPE s’arrêtent et seuls les essais ne nécessitant pas le BPE pourront encore être menés. Du coup, l’équipe de la Fredon Alsace impliquée jusque-là dans les essais autour de l’antenne de Wiwersheim vient renforcer l’inspection et la lutte », ajoute Sylvie Spoerry. Une structure Grand Est D’autres changements sont prévus pour cette année 2017 et les suivantes. À commencer par la mise en place d’une lutte collective contre les corvidés dans certaines communes du Bas-Rhin, en partenariat avec la profession agricole et la FDSEA 67, la Fédération départementale des chasseurs du Bas-Rhin, l’association des piégeurs agréés et gardes-chasse, les lieutenants de louveterie, la Chambre d'agriculture d’Alsace et la direction départementale des territoires. Il va également y avoir une conception de plans d’actions régionaux concernant le campagnol et le frelon asiatique, en collaboration avec les partenaires du Grand Est. Précisément, au sein de cette nouvelle grande région, l’association sanitaire régionale se constitue. Il s’agit d’une structure régionale qui a pour objet la prévention, la surveillance et la maîtrise de l’ensemble des dangers sanitaires. Elle rassemble les trois Fredon du Grand Est et les trois fédérations régionales des groupements de défense sanitaire en charge de la protection sanitaire des animaux. « La Fredon Alsace qui collabore depuis quelques années avec les Fredon de Champagne-Ardenne et de Lorraine va désormais accroître ce rapprochement pour concevoir la structure reconnue « organisme à vocation sanitaire » en charge de la protection sanitaire des végétaux à l’échelle du Grand Est à l’horizon 2020 », conclut Albert Elbel.

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