Publié le 12/07/2017
Après un démarrage dans de bonnes conditions, le houblon commence à souffrir de la chaleur qui affecte le potentiel de végétation, et du mildiou qui a pu provoquer des pertes de rameaux latéraux et de têtes dans les parcelles les plus atteintes. Mais rien n’est encore joué !
Après un démarrage de la campagne plutôt positif, avec des travaux de préparation du sol, de taille et de mise au fil qui ont pu être effectués dans de bonnes conditions, les houblonnières ont subi les effets du coup de gel de fin avril : « La croissance des lianes a été bloquée, mais il n’y a pas eu de gros dégâts », rapporte Michèle Dauger, du service agronomie et environnement au Comptoir agricole. Autre difficulté rencontrée par les houblonniers, celle de trouver de la main-d’œuvre saisonnière pour effectuer les travaux de mise au fil. Un phénomène qui devient récurrent, mais qui a été particulièrement exacerbé cette année du fait de la précocité du démarrage de la saison d’autres cultures. Le déficit pluviométrique du mois de mai a ensuite compliqué les travaux de buttage, qui ont conduit à la formation de grosses mottes. Puis le temps chaud et sec qui a caractérisé le début de l’été s’est traduit à différents niveaux dans les houblonnières. La floraison démarre actuellement, avec 2 à 3 semaines d’avance, et devrait durer environ un mois, selon les variétés, les conditions pédoclimatiques… Le rythme de croissance des lianes est ralenti, ce qui se traduit par un potentiel de végétation plus faible par rapport à une année moyenne, « mais cela peut se rattraper s’il y a des précipitations », souligne Bernadette Laugel, du service agronomie et environnement au Comptoir agricole, qui rappelle que « ce sont les mois de juillet et d’août qui font le houblon ». Une pression en mildiou importante Comme les trois dernières années, cette campagne houblonnière se caractérise par une pression en mildiou élevée. La maladie s’est déclarée assez précocement au printemps, et a rapidement causé quelques soucis dans les parcelles les plus atteintes, si bien que la profession a demandé une dérogation pour pouvoir utiliser un autre produit contre le mildiou dans les houblonnières. Dérogation qui a été accordée, mais « un peu tard », regrette Bernadette Laugel. Le temps chaud et sec n’est pas propice au développement du champignon. Mais, avec le retour des précipitations, « il faut se méfier ». Du mildiou comme de l’oïdium d’ailleurs ! Des conditions estivales déterminantes Parmi les autres ravageurs des houblonnières, les deux conseillères signalent quelques attaques de pucerons qui ont nécessité des traitements, mais de manière très limitée et localisée, de même que pour les charançons. Les araignées sont présentes et à surveiller. À l’heure actuelle, ce qui entame le plus le potentiel de rendement, c’est la chaleur, à laquelle il faut ajouter les effets du mildiou, qui a pu engendrer des pertes de rameaux latéraux et de têtes dans les parcelles les plus atteintes. De là à miser sur petite récolte, Bernadette Laugel et Michèle Dauger ne franchissent pas le pas : « Tout dépendra des conditions estivales. Si l’été est frais et humide, ça ira. S’il est chaud et sec, ce sera plus compliqué. » Les premiers cônes sont attendus pour le 15 août. Rendez-vous pour le verdict en septembre !












