Cultures

Publié le 12/07/2017

Les températures élevées ont bénéficié à la croissance végétative des betteraves sucrières qui affichent une semaine d’avance.

Comme les autres cultures, certaines parcelles de betteraves sucrières ont souffert de l’épisode de gel de la fin avril. Mais au final, seuls 100 ha ont dû être ressemés. Un coup dur pour les planteurs concernés mais, au regard de la surface que travaille la sucrerie d’Erstein, « ce n’est pas significatif », tempère Laurent Rudloff, responsable du service agrobetteravier de la sucrerie. Les températures élevées du printemps et du début de l’été ont permis aux betteraves de prendre une semaine d’avance végétative. Pendant de la chaleur et de la faible pluviométrie, l’irrigation a démarré « de bonne heure » dans les secteurs équipés. Et, dans les parcelles légères et non irrigables, les betteraves commencent à souffrir. Mais c’est plutôt l’exception que la règle, aussi Laurent Rudloff estime-t-il que « la plaine est plutôt belle et le potentiel est bon ». Le rendement final dépendra des conditions estivales : « S’il fait très sec, les parcelles les plus séchantes seront impactées par le manque d’eau. Mais il est encore trop tôt pour se prononcer. » Une chose est sûre, l’irrigation, qui a débuté début juin, se poursuit « à un rythme soutenu » malgré le retour des précipitations début juillet. La cercosporiose s’est déclarée dans les secteurs les plus sensibles. « Il s’agit de respecter les préconisations pour assurer une bonne protection du feuillage », indique Laurent Rudloff. Et le rhizoctone reste discret. Pour la suite, « avec l’augmentation des surfaces et la hausse espérée des rendements, les volumes à transformer à la sucrerie seront sans aucun doute plus importants. Et il faut se préparer à commencer la campagne d’arrachage de bonne heure », conclut Laurent Rudloff.

Publié le 12/07/2017

Les premières feuilles basses de virginie ont été récoltées la semaine dernière. En ce début d’été, le potentiel quantitatif et qualitatif du tabac est exceptionnel, indique Olivier Riedinger, directeur de la coopérative Tabac feuilles de France (CT2F).

« Les parcelles sont en avance de 8 à 10 jours, elles sont très belles et très homogènes, souligne Olivier Riedinger. Notre grosse crainte, actuellement, ce sont les orages qui risquent de compromettre cette situation prometteuse. Comme dirait notre président, Rémy Losser, c’est presque trop beau pour être vrai… » Les surfaces mises en production s’élèvent à 1 670 ha pour l’ensemble de CT2F, dont 80 ha de burley et 1 590 ha de virginie. Soit une baisse de l’ordre de 7 % par rapport à l’an dernier. Une partie de cette baisse s’explique par le coup de frein de la production de virginie bio, indique Olivier Riedinger. « Le marché bio était en pleine croissance, mais notre acheteur nous a demandé de ne plus augmenter les surfaces. Du coup, un tabaculteur, qui produisait 70 ha de tabac bio, a décidé d’arrêter entièrement. » Les premières récoltes de virginie ont commencé la semaine dernière. « La matière sèche des feuilles basses est cependant très hétérogène, et certains producteurs devront patienter durant quelques jours. Le gros de la récolte traditionnelle commencera la semaine prochaine, le début de la récolte mécanisée étant prévue pour fin juillet. » La situation sanitaire est quasi parfaite, indique Olivier Riedinger. « On ne relève pas de problème sanitaire particulier, la météo n’étant pas favorable au développement des maladies. Mais on commence à voir des émergences d’orobanche, en raison des sommes de températures importantes. On constate également des attaques importantes de punaises et, de manière plus marginale, quelques attaques de pucerons. » Phénomène assez rare, les fortes chaleurs d’une dizaine de jours ont brûlé certaines feuilles de tabac en pleine croissance.

Publié le 06/07/2017

Particulièrement rustique et adaptable aux rudesses du climat et des sols, le pin sylvestre permet de bonnes valorisations sylvicoles sur les sols squelettiques sablo-graveleux de la plaine de Haguenau.

Cette journée consacrée au pin sylvestre était organisée par le Centre national de la propriété forestière, et par la coopérative forestière Cosylval, représentée par Véronique Mertz, technicienne Cosylval, ainsi que par l’Association forestière des Vosges du Nord, représentée par Jean Braud et Maren Baumeister. Elle se déroulait dans la forêt du château de la Walck en périphérie de Haguenau, un ensemble de 226 hectares d’un seul tenant. La plaine de Haguenau est recouverte d’alluvions sableuses plus ou moins fines, transportées par les rivières vosgiennes qui alimentent le Rhin, la Lauter, la Moder, la Sauer et la Zorn. Au nord et au sud, elles sont recouvertes de limons éoliens et de lœss, comme en Outre-Forêt ou dans le Kochersberg. Des zones fertiles, tandis que le massif de Haguenau, avec ses sols d’alluvions acides, sableux, l’est moins. Quelques poches d’argiles forment un plancher imperméable, à l’origine de nappes perchées, introduit Maren Baumeister. 180 hectares régénérés La forêt couvre 46 % de la surface de la communauté d’agglomérations de Haguenau, et génère un environnement socio-économique important : 140 entreprises du bois, 870 emplois, scieurs, menuisiers, transformateurs, transporteurs, résume Claude Hoh, de la Chambre d’agriculture d’Alsace. Trois essences principales résident sur ces sols squelettiques : le pin sylvestre, le chêne sessile et pédonculé. Au siècle dernier, la forêt de la Walck a connu deux déboires : la mitraille pendant la Libération, et l’ouragan Lothar en 1999 qui a décimé 180 des 220 ha. Dès lors, les sylviculteurs ont engagé une reconstitution en trois volets : sortir les chablis abattus, préserver là où des hêtres étaient déjà installés en sous-bois, et plutôt que de reprendre à blanc, ils ont opté pour la régénération naturelle, qui donne à ce stade des perchis. Aujourd’hui, cette forêt dispose donc de 180 ha régénérés, résume Véronique Mertz. Dans certains endroits, les pins ont totalement disparu. Mais globalement, le repeuplement naturel d’après-tempête mixe les essences. Le pin sylvestre tolère tous les climats et types de sols, acides, secs, engorgés, etc. Simplement, il ne supporte pas le calcaire. Il est donc intéressant dans les sols peu fertiles. Sa production atteint 4 m3/ha/an. L’écotype de Haguenau trouve cependant en ce lieu une vigueur particulière, dont le caractère a été diffusé en Sologne et dans le Centre. Il y a donc eu des sécheries qui faisaient vivre beaucoup de sylviculteurs : « Les pommes de pin étaient payées au kg. Puis les graines étaient mises en pépinière. Il y a eu une véritable économie qui s’était greffée autour… », explique Véronique Mertz. Conduite et valorisation La difficulté de la régénération réside dans le matelas d’aiguilles accumulées, rendant difficile la reprise. S’ajoute à cela de la végétation concurrentielle comme la myrtille ou la fougère aigle, ce qui nécessite de dégager les semis. De plus, le pin a besoin de lumière. Une fois le peuplement installé, il faut « dépresser », c’est-à-dire diminuer la densité à 2 500 tiges/ha. Une autre école préfère préserver la densité pour limiter la branchaison et avoir de petits nœuds par la suite. « En ce qui me concerne, je plante en 2 x 2 m, du pin en godets qui offrent une pousse plus rapide, et un bon taux de reprise, indique Véronique Mertz. Il faut ensuite bien gérer le dégagement les premières années. » Des outils tels que des râteaux scarificateur, montés sur mini-pelle permettent de travailler sur des layons, suffisent à arracher les rhizomes de fougères. La valorisation : en première qualité, il faut compter de 60 à 130 €/m3 bord de route, le bois de fermette est destiné aux montants de fenêtre, puis le second choix de 35 à 45 €/m3, puis de 18 à 24 €/m3 pour les bois de palette, et enfin 8 à 9 €/m3 pour la trituration. Sur le principe, lors du dépressage, les prélèvements des moins beaux bois sont destinés à l’industrie et aux palettes. À chaque intervention tous les 6 à 8 ans, la qualité du bois progresse, indique Véronique Mertz qui identifie une autre source de valorisation en Allemagne, où les troncs débités en 3 m ne doivent pas dépasser 1 cm de décroissance par mètre et une branchaison inférieure à 3 cm.

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