Semis de maïs
Des conditions optimales
Semis de maïs
Publié le 23/04/2015
L'intégralité de la sole de maïs alsacienne a été semée en une quinzaine de jours dans des conditions optimales. Très souvent, les agriculteurs ont obtenu une préparation du lit de semence fine, idéale pour la levée, mais aussi corrélée à un risque érosif accru.
Cette année, les semis de maïs ont été effectués dans un mouchoir de poche, grosso modo du 10 au 24 avril. « Les sols se sont réchauffés très rapidement, il y avait peu de précipitations annoncées, les agriculteurs en ont profité pour procéder rapidement aux semis de maïs », rapporte Christian Lux, responsable du service technique au Comptoir Agricole. Dans certaines zones très arrosées à Pâques - comme le Piémont ou le Ried Nord - il a fallu attendre un peu plus mais dans la très grande majorité des cas, les semis sont désormais terminés. Avec une caractéristique principale : une préparation du sol très fine, propice à une levée optimale, mais vulnérable en cas d'orages violents. « Même si l'hiver n'a pas été très froid, le gel a suffi à structurer le sol en surface, mais pas en profondeur », note Christian Lux. Un peu d'érosion dans le Kochersberg Dans le Kochersberg, les premiers semoirs à maïs ont commencé à tourner dès le 9 avril et les dernières parcelles viennent tout juste d'être semées. Dans l'ensemble, les conditions de semis ont été bonnes. Avec toutefois une ombre au tableau : l'épisode pluvieux du vendredi 17 avril, qui a localement pris la forme d'un orage, provoquant du ruissellement dans les parcelles fraîchement travaillées. C'est le secteur d'Offenheim, Pfettisheim, Vendenheim, Griesheim-sur-Souffel qui a été le plus marqué par cet incident. « À Offenheim, il est tombé 30 mm de pluie en trois quarts d'heures. Mais c'était très localisé : à Truchtersheim, il n'est tombé que 3 mm, idem à Rottelsheim avec 4 mm », précise Pierre Geist, conseiller à l'Adar du Kochersberg. Conséquences : dans les parcelles en pente, de petites coulées de boue se sont formées, provoquant le ruissellement de lignes de semis et des accumulations de sédiments en bas de pente. La conduite à tenir est pour l'instant difficile à déterminer. « Il faudra peut-être ressemer ces parcelles en bas de pente une fois qu'elles auront ressuyé », estime Pierre Geist. Et puis, plus largement, dans une dizaine de communes, les agriculteurs craignent la formation d'une croûte de battance. « Dans la plupart des cas, le maïs a déjà germé, donc si une croûte de battance se forme, ça va être difficile à gérer parce qu'on ne pourra pas descendre à plus de 2 cm, au risque de casser le germe et de faire plus de mal que de bien. On ne pourra donc utiliser ni herse étrille, ni houe rotative, à la limite des rouleaux. » Il reste donc à espérer que de nouvelles précipitations, plus douces, interviennent pour aider le maïs à émerger. Un sol qui s'assèche par secteurs Plus au nord de l'Alsace, les premiers semis ont démarré dès le 10 avril. « Mais à cette période, il y a surtout eu des préparations de lit de semence et des apports d'engrais car le sol était encore froid », précise Rémy Mickaël, conseiller à l'Adar de l'Alsace du Nord. Le plus gros des parcelles a été semé après Pâques, dans de bonnes conditions : « Il y a beaucoup moins de mottes que l'année dernière. On a plutôt des préparations de sol fines, qui présentent un risque érosif accru », constate Rémy Mickaël. Dans ce secteur, l'absence de précipitations commence à se ressentir : « Les parcelles sont sèches en surface, et donc peu de traitements racinaires ont pu être effectués. » C'est aussi ce que constate Laurent Fritzinger, conseiller à l'Adar des Deux Pays : « Les semis ont démarré vers le 10 avril et ont bien avancé la semaine suivante, dans de bonnes conditions, avec une bonne structure du sol, même si la terre commence tout doucement à sécher en surface ». Rien d'inquiétant encore, l'humidité n'est pas très loin, un peu plus en profondeur. Ce constat est surtout vrai pour l'Alsace Bossue et le secteur de Haguenau, qui n'ont eu que quelques gouttes à la fin de la semaine dernière. Alors que vers Bouxwiller et Hochfelden, il y a tout de même eu 20 mm, mais sans dégâts, qui se sont déjà largement évaporés sous l'effet du vent, qui empêche aussi de procéder à des traitements. Enfin, dans le sud du Bas-Rhin, les semis ont débuté un tout petit peu plus tôt, vers le mercredi 8 avril, et se sont un peu plus échelonnés. Là aussi, les conditions de semis étaient bonnes : « L'humidité était là, la préparation du sol a permis d'obtenir de la terre fine », détaille Guillaume Pfrimmer, conseiller à l'Adar de la plaine de l'IIl. En outre, ce secteur a bénéficié de précipitations assez régulières depuis fin mars, quoique de manière très hétérogène. Ainsi, les secteurs de Krautergersheim-Obernai et Geispolsheim-Lipsheim ont bénéficié d'une vingtaine de millimètres de précipitations le 17 avril alors qu'ailleurs, il n'y a presque rien eu. Dans les parcelles où il a plu, les traitements racinaires devraient faire leur effet, avec un risque d'accumulation en bas de pente pour les parcelles qui ont ruisselé. En l'absence de précipitations, l'efficacité des matières actives risque de se dégrader peu à peu, mais Pierre Geist rassure : « L'efficacité perdure une quinzaine de jours en moyenne. »












