Cultures

Association des communes forestières d’Alsace

La forêt, un patrimoine à capitaliser

Publié le 07/05/2016

Une centaine de délégués des communes forestières d’Alsace ont rallié Durstel, en Alsace Bossue, où a été organisée l’assemblée générale de l’association regroupant les communes adhérentes.

Pierre Grandadam, président de l'association des communes forestières d’Alsace, maire de Plaine, a ouvert la séance avec la présentation de l’activité de l’association durant l’année écoulée. Au niveau national, 2015 a été marquée par la négociation du Contrat d’objectifs et de performance (COP) 2016-2020 entre l’État, l’Office national des forêts (ONF) et la Fédération nationale des communes forestières (FNCOFOR). L’élaboration de la charte de la forêt communale cadrera les missions relevant du régime forestier et celles relevant du concurrentiel en forêt communale. L’année 2015 a aussi été consacrée à l’élaboration du Programme national de la forêt et du bois. Au niveau régional, 2015 a été une année de relocation des baux de chasse en forêt communale. Le déséquilibre forêt-gibier est réel et les élus forestiers doivent rester conscients qu’ils ont un rôle à jouer pour retrouver un équilibre. Le Livre blanc pour un équilibre faune flore en Alsace a été rédigé en ce sens en 2015, il comprend la nécessité d’un travail de concertation avec les chasseurs. « Il faut entretenir un dialogue constructif avec les chasseurs qui ont besoin de comprendre ce qu’on fait », a indiqué Pierre Grandadam. Avant de rappeler que les communes « ont déjà fait un effort », les montants des baux de chasse étant à la baisse. La fin de l’année a également été marquée par le lancement d’un travail de négociation sur l’avenant à la Convention collective régionale des bûcherons communaux qui permettra de simplifier le calcul des rémunérations et de dynamiser le recrutement de jeunes bûcherons. Les communes forestières ont dans leur très grande majorité adhéré à un label d’écocertification (PEFC Alsace), a rappelé Pierre Grandadam, avant de revenir sur certains dossiers d'actualité, comme le contrat d’aménagement sur la base d’un plan d’aménagement ou encore, sujet qui lui tient à cœur, l’emploi en forêt communale, la sécurité des bûcherons et des ouvriers forestiers. Le bilan financier de l’association, qui compte 344 communes, dont 185 dans le Bas-Rhin et 149 dans le Haut-Rhin, a été présenté par Jean-Pierre Toucas, trésorier, maire de Rouffach. Il se solde par un déficit 7 738 €, avec 107 323 € de dépenses et 99 585 € de recettes. À noter que les cotisations des communes à Fibois et à la Fédération nationale vont être regroupées en un seul versement de 117 €.  735 000 m3 de bois vendus Avec plus de 38 % du territoire couvert par la forêt, l’Alsace est une grande région forestière. La forêt communale représente plus de 50 % du massif forestier. Les forêts relevant du régime forestier en Alsace s'étendent sur 247 000 hectares, soit environ 75 % de la forêt alsacienne, dont 81 000 ha de forêt domaniale et 166 800 ha de forêt appartenant à 640 communes, le reste étant la propriété d’autres types de collectivités ou organismes. « Après une belle année 2014, le contexte économique était incertain en 2015, a rappelé Benoît Cuillier, chef du département commercial bois à l’ONF, directeur de l’agence ONF Nord Alsace. Le marché du bois destiné à l'industrie a souffert de difficultés liées à la baisse de la construction. La diminution du prix du pétrole a eu un effet divergent. Pour le bois de chêne, la conjoncture a été très bonne. » Au niveau national, les volumes vendus sont en recul de 6 %, avec 7,2 millions de m3 de bois vendus par les collectivités, dont 1,4 Mm3 de bois d’affouage. Ce qui a généré une recette de 2,5 millions d’euros, en baisse de 4 % par rapport à 2014, malgré des prix qui ont bien tenu. La politique de contractualisation a été importante : 13 % des ventes en France et 45 % en Alsace. Environ 735 000 m3 de bois ont été vendus en Alsace par les communes. « Un des chiffres les plus bas depuis l'après tempête de 1999. Un chiffre qui nous interpelle », s’est inquiété Benoît Cuillier. 273 000 m3 de bois façonnés ont été vendus par adjudication, soit 37 % ; 301 806 m3 en contrat d’approvisionnement (41 %). 46 397 m3 de bois ont été vendus sur pied (6 %). Enfin le bois vendu aux particuliers (cession de bois) a représenté 113 156 m3 (15 %). « Il faut investir, planter » «La construction peine : en 2011, 500 000 demandes de permis de construire avaient été déposées, avec 430 000 mises en chantier. Actuellement nous sommes à 320 000 par an et la crise n’est pas terminée, même si depuis août on note une petite dynamique», a poursuivi Benoît Cuillier. Les perspectives pour 2016 seront impactées par l’explosion de l’exportation des grumes vers le Sud-Est asiatique. Autres indicateurs : la reprise de la construction au printemps-été 2016, et un doublement des exportations de chêne : « Mobilisez vos chênes, les marchés sont là», a lancé Benoît Cuillier. Philippe Siat, président de la Fédération nationale du bois, a abondé dans ce sens : « Il faut adopter changer de façon de voir pour assurer l'avenir forestier multigénérationnel. Il faut donc investir, planter, parce que notre avenir c’est la jeunesse, avec un bon partenariat avec l’ONF. » « Si nous ne plantons pas, ou plantons mal, nous diminuons le capital de notre patrimoine, a renchéri Pierre Grandadam. Il faut exploiter correctement : pour un arbre coupé, il faut en planter trois. Notre devoir de forestier est de transmettre la passion aux enfants, leur dire dans les écoles ce qu’est la forêt. Je compte sur vous pour la transmettre aux jeunes. »

Asperges, arboriculture, apiculture

Le gel printanier a fait des dégâts

Publié le 05/05/2016

Les températures fraîches de la fin du mois d'avril ont freiné les asperges dans leur élan, risquent d'entraîner des dégâts qualitatifs et quantitatifs dans les vergers et perturbent le début de la campagne apicole.

Les nuits glaciales de la semaine dernière et les pluies froides ont quasiment stoppé la production d’asperges d’Alsace fin avril. En effet, les températures très basses, le vent du nord de la journée du mercredi 27 avril ont refroidi les buttes en profondeur. Or, pour que l’asperge puisse pousser, elle a besoin de 12 °C au plateau, c’est-à-dire à 30 cm de profondeur. Sans chaleur, il n’y a pas d’émission de bourgeons, qui formeront par la suite les turions. Pour certains producteurs, le début de saison est donc catastrophique en termes de rendement. Certains n’ont quasiment rien récolté à ce jour. Cette situation est identique pour toute la région Grand Est. Les prévisions météo étaient plus optimistes pour la suite. Mais en tout état de cause, il faudra patienter quelques jours avant que la production ne redémarre. Durant le mois de mai, l’asperge peut encore faire des miracles en termes de production et l’asperge d’Alsace se trouvera sans aucun problème dans le commerce. Une chose est sûre : le manque de volume au niveau national et européen devrait favoriser une certaine fermeté au niveau des prix. Cette pression sur les prix baissera dès que les conditions météorologiques seront favorables à des volumes de production importants. Arboriculture : sur le fil du rasoir Froides durant quelques jours, les températures sont même passées sous la barre fatidique des - 2 °C un peu partout en Alsace dans la nuit du 28 au 29 avril : « C'est inquiétant. Les fleurs résistent encore à de telles températures mais, hormis les pommiers, la plupart des espèces avaient atteint le stade des petits fruits qui supportent mal les températures négatives », rapporte Hervé Bentz, responsable de la station expérimentale du Verexal. Il se veut rassurant : « Cela faisait quelques jours qu'il faisait froid, on peut donc se dire que le choc a été moins soudain, moins brutal, que si le gel était arrivé après une période de douceur. » Reste que la zone critique est atteinte. Dans quelques jours, l'ampleur des dégâts pourra être estimée : « Les symptômes des dégâts de gel sont un noircissement du pistil sur les fleurs ainsi qu'un noircissement partiel à total des petits fruits, qui s'accompagne de craquelures. » Les dégâts risquent donc d'être qualitatifs : les craquelures constituent un facteur de risque de contamination par les maladies cryptogamiques, et si elles cicatrisent mal, les fruits atteints seront difficilement valorisables en fruits de table. Les dégâts pourraient aussi s'avérer quantitatifs car les fruits les plus sévèrement touchés vont tomber, « surtout si la sève des arbres, qui circulait au ralenti à cause du froid, se remet à circuler trop soudainement », précise Hervé Bentz. Heureusement, cet épisode a été suivi d'un week-end pluvieux. Or s'il pleut, il ne gèle pas ! « La récolte ne sera donc pas aussi pléthorique qu'on pouvait l'espérer, mais elle ne sera pas non plus catastrophique », estime prudemment Hervé Bentz le 29 avril. De toute manière, la balle est dans le camp de la nature, les arboriculteurs ne peuvent pas faire grand-chose pour protéger les vergers du gel, à part les arroser ou les réchauffer avec des braseros. Il ne reste donc plus qu'à essayer de limiter les dégâts, en mettant les arbres dans de bonnes conditions, par exemple en les alimentant avec des engrais foliaires, en les soutenant avec des stimulateurs de défense naturelle… Apiculture : une première miellée tronquée Les températures fraîches vont avoir trois conséquences majeures sur la suite de la campagne apicole : « Pendant qu'il faisait froid, les abeilles ne sont pas sorties, donc elles ont puisé dans leurs réserves au lieu d'aller collecter du nectar pour faire du miel. Certains apiculteurs ont même dû apporter du sirop aux ruches pour les aider à passer ce cap », rapporte Alexis Ballis, conseiller apicole à la Chambre d'agriculture d'Alsace. Résultat, la première miellée, celle produisant du miel « toutes fleurs », est en partie compromise. Et puis avec le froid, la reine s'est arrêtée de pondre, occasionnant un « trou de ponte » qui se traduira dans quelques semaines par un déficit dans la population d'abeilles. Enfin, comme les abeilles sont restées cloîtrées dans la ruche, le retour du beau temps a entraîné un fort essaimage afin de réduire la population des ruches les plus peuplées : « L'ancienne reine part en emmenant avec elle une partie de la population et en laissant derrière elle une nouvelle reine pour la ruche. »

Publié le 05/05/2016

Les semis flottants de tabac auraient bien besoin d'un peu de chaleur pour se développer. Petite visite dans les serres de Bruno et Julien Paulus à Hochfelden.

Julien Paulus s'est installé le 1er janvier 2016 sur l'exploitation familiale. Lui et son père, Bruno, bien connu dans la profession puisqu'il préside la Caisse d'assurance des planteurs de tabac, sont les deux associés du Gaec du Galgenberg à Hochfelden. Une exploitation spécialisée dans le tabac : sur les 70 hectares de surface agricole utile, 16 à 17 ha, selon le parcellaire, sont consacrés à la culture du virginie, le reste étant emblavé en maïs, en blé et en betteraves à sucre. Bien qu'il ait toujours rêvé d'exercer le métier d'agriculteur, Julien Paulus, aujourd'hui âgé de 31 ans, n'a pas intégré l'EARL du Galgenberg immédiatement après ses études. Titulaire d'un Master de gestion juridique et financière, il a eu une première expérience professionnelle comme contrôleur de gestion. Par la suite, il a complété son cursus par un BTS Agronomie et Productions végétales à distance tout en étant salarié de l'exploitation familiale. Le chantier de récolte se fait à trois exploitations Un grand pas a été franchi en 2011, lorsque la famille Paulus a décidé de mécaniser la récolte du tabac et de réaliser une sortie d'exploitation. Le nouveau bâtiment abrite l'ensemble de l'atelier tabac : quai de chargement, chaîne de triage, séchoirs, cueilleuses, écimeuse. L'investissement tabacole a été réalisé en commun avec deux tabaculteurs de Mommenheim, l'EARL Freund et l'EARL Scherer, l'objectif étant d'optimiser l'utilisation du matériel qui récolte une cinquantaine d'hectares. Semis, plantation, protection phytosanitaire, chaque producteur prend en charge les différentes étapes de la culture du tabac, jusqu'au moment de la récolte où toutes les tâches sont réalisées en commun. « Mais les lots de tabac de chaque exploitation sont clairement identifiés. » C'est la sixième campagne tabacole qui démarre. « Au départ, nous avions quelques soucis de maîtrise des fours de séchage. Mais tout a bien fonctionné en 2014. Malheureusement, l'an dernier, nous avons été fortement pénalisés par la sécheresse car nous sommes situés dans un secteur où l'irrigation n'est pas possible. » Des perspectives encourageantes « Personnellement, je n'ai jamais douté de l'avenir de la culture du tabac, même si nous avons traversé une période d'incertitude, souligne Bruno Paulus. C'est pourquoi nous avons choisi d'investir dans la mécanisation de la récolte. C'était ça ou arrêter la culture. Certains se lancent tout seuls, mais c'est difficile de tout faire en même temps : récolter, remplir les conteneurs, trier, sans parler de l'étêtage et de l'ébourgeonnage. Nous avons préféré nous associer à deux autres exploitations, ce qui nous permet d'être à six personnes avisées et de superviser l'ensemble des ateliers. » Il fallait monter un atelier qui tienne la route pour projeter une installation, explique Julien Paulus. « Le fait de nous lancer à plusieurs nous a permis d'acheter du matériel performant, matériel qui ne serait pas justifié sur une surface moindre. » Actuellement, les perspectives de la filière tabacole sont plutôt bonnes, souligne Bruno Paulus. « C'est encourageant ! Mais il faudrait que la météo soit plus clémente, cette année ! » Pour l'instant, les semis ont un peu de retard, dans le secteur de Hochfelden, car les levées ont été ralenties par les températures plutôt fraîches. « Nous ne pourrons pas planter avant la mi-mai », indiquent Julien et Bruno Paulus.

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