Cultures

Lancement de la saison des asperges

« Vitaminez votre assiette ! »

Publié le 20/04/2016

Symbole du printemps et de la gourmandise, l'asperge d'Alsace joue désormais l'atout minceur. Les responsables de l'Association pour la promotion de l'asperge d'Alsace sont bien décidés à « donner du peps » à l'image de ce légume auprès des consommateurs alsaciens…

C'est à la coopérative des fruits et légumes d'Alsace, à Hœrdt, qu'a eu lieu le lancement officiel de la saison des asperges, mardi 19 avril. Cette coopérative compte dans ses rangs 45 producteurs d'asperges, indique son président, Jean-Jacques Nonnenmacher. Après trois années difficiles, la campagne 2016 s'annonce bonne, car les buttages se sont déroulés dans de bonnes conditions et les structures des sols sont excellentes. La météo de ce début de campagne n'est pas optimale, cependant, et la production est encore timide. Mais dès ce week-end, les asperges d'Alsace seront présentes dans les étals. « Les aspergeraies sont entrées en production plus tard, cette année, explique le président de l'Association pour la promotion de l'asperge d'Alsace, Jean-Charles Jost, et la récolte n'est pas encore très abondante, mais elle devrait rapidement monter en puissance. » L'association compte 44 membres, en plus de la coopérative hœrdtoise. « Net so nat awer so guet » Deux nouveautés, cette année. Surfant sur la vague des « légumes moches », l'association met l'accent sur les asperges de deuxième catégorie. « Pas moins bonnes, mais un peu moins belles », elles conviennent pour de nombreuses recettes, comme la tourte, la salade, le velouté d'asperge. Avis aux amateurs : des chefs alsaciens renommés ont concocté un livret de recettes intitulé « Gourmandise et bien-être ». À consommer sans modération aucune ! « Nous avons également édité un magazine pour toucher un public plus jeune », annonce Jean-Charles Jost. Il met en avant les bienfaits de l'asperge blanche d'Alsace pour la santé, le bien-être. Certaines stars font une cure détox pour retrouver la ligne à la sortie de l'hiver. Si le cœur vous en dit, osez une cure de 3, 7 ou 15 jours à base de ce légume riche en nutriments, et les effets bénéfiques s'en feront rapidement sentir : les fibres et l'asparagine emporteront les toxines… L'an dernier, l'association a rafraîchi son logo, renouvelé les codes graphiques de sa communication, relooké son site internet et son jeu concours. L'objectif étant d'être en phase avec le positionnement de légume haut de gamme de l'asperge d'Alsace qui marque en quelque sorte le début du calendrier de la production maraîchère régionale, même si salades, radis et rhubarbe sont déjà dans les étals. Un positionnement haut de gamme Ce positionnement haut de gamme est indispensable pour un légume vendu 10 à 12 € la botte en début de saison, même si son prix diminue au fil des semaines. « Nos techniques de production sont identiques à celles de nos voisins allemands, mais nos coûts sont supérieurs, notamment en matière de main-d’œuvre qui représente la moitié du prix de revient », indique Jean-Jacques Nonnenmacher. Et la mécanisation de la récolte n'est pas une option, dans cette filière qui emploie de nombreux travailleurs saisonniers : les Espagnols l'ont certes expérimentée, mais pour des débouchés industriels (soupes, conserves). La vente directe est un formidable atout, explique Jean-Jacques Nonnenmacher : l'asperge est un légume qui pousse sans engrais ni produits phytosanitaires. « Les interventions sur la culture ont lieu après la fin de la récolte. » Adhérer à l'association, c'est s'engager à pratiquer une agriculture raisonnée, dans le respect du cahier des charges contrôlé par Certipaq. L'ouverture de la saison des asperges est toujours un moment attendu par les consommateurs alsaciens, souligne Pierre Lammert, président de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace. Il a lancé un appel aux acheteurs : « Valorisez l'asperge locale, mais surtout ne la bradez pas ! » Cette culture nécessite en effet des efforts importants de la part des producteurs qu'il faut faire reconnaître auprès des consommateurs. Le nouveau slogan des fruits et légumes d'Alsace, que l'interprofession entend mettre en avant, « Plus près, plus frais, plus vrai », s'applique à merveille à cette production. Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, l'exemple de l'asperge prouve que différents modèles agricoles peuvent parfaitement cohabiter. « C'est un modèle à part, conciliant les petits producteurs qui animent les villages et les grands faiseurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration hors foyer. Il faut être capable de nous organiser en filière pour être plus forts sur le plan commercial. » « En Basse-Zorn, les terres sont propices au maraîchage, et particulièrement à l'asperge », indique le maire, Denis Riedinger. Car si le blanc turion est aujourd'hui cultivé dans toute la région, c'est à Hœrdt qu'il a été introduit en 1873. Cette commune est ainsi la capitale incontestée de l'asperge qu'elle célébrera avec faste le dimanche 8 mai prochain. À leur tour, la conseillère régionale, Marie-Reine Fischer, et le sénateur, Claude Kern, ont vanté les mérites de « la belle dame blanche ».

Tour de plaine

Avance perdue

Publié le 12/04/2016

Une vague de froid est passée depuis le premier tour de plaine organisé par la Chambre d'agriculture d'Alsace. L'avance des cultures s'est estompée, jusqu'à un retour à la normale.

Début mars, un coup de froid est venu calmer l'ardeur des cultures, boostées par une sortie d'hiver printanière. Résultat : leur avance a été rattrapée et le stade épi 1 cm du blé a été atteint fin mars. Les précipitations se sont succédé à un rythme assez soutenu, heureusement interrompu par une accalmie qui a permis de semer les betteraves dans de bonnes conditions. En ce début de mois d'avril, les températures repartent à la hausse, mais les sols restent bien mouillés. Il faudra faire preuve de patience et de doigté lors des reprises de labour pour ne pas matraquer les sols. Raccourcisseurs : impasse risquée Après avoir rougi sous l'effet du froid, notamment dans les parcelles humides, les blés atteignent le stade épi 1 cm à 1er nœud avec une belle homogénéité. Les premiers apports d'azote ont en général été effectués, contrairement aux désherbages et aux applications de raccourcisseurs car les bonnes conditions ne sont pas réunies. Cependant, les adventices se développent et Patrick Rohrbacher, conseiller à l'Adar d'Alsace du Nord, invite les agriculteurs à intervenir dès que possible - c'est-à-dire surtout quand les amplitudes de températures se seront atténuées - d'abord avec les désherbants, ensuite avec les raccourcisseurs en conditions poussantes. Il sera d'ailleurs rare de pouvoir faire l'impasse sur les derniers cette année, car il y a eu peu de pertes de pied en hiver et les parcelles sont denses, ce qui augmente le risque de verse. La stratégie est à raisonner en fonction de la sensibilité variétale et de la densité de chaque parcelle. Second apport d'azote sur blé Le stade épi 1 cm étant en passe d'être dépassé dans la plupart des cas, le second apport doit être réalisé dès que possible, à une dose fonction de la teneur en reliquat. Si le reliquat est faible et que la dose totale d'azote à apporter est importante, Patrick Rohrbacher et Mickaël Haffner, conseiller à l'Adar de l'Alsace du Nord, conseillent de la fractionner en trois apports et de conditionner le troisième apport au résultat d'un test Jubil à effectuer au stade deux nœuds, soit vers fin avril - début mai. Les maladies sur blé restent embryonnaires : un peu de septoriose, « mais la vague de froid a dégagé les feuilles contaminées », de la rouille brune et de la rouille jaune, un peu plus inquiétante parce que les conditions nécessaires à son développement - températures fraîches, humidité - sont réunies. À signaler aussi un peu de d'oïdium sur les feuilles les plus âgées. Mais tant que le champignon ne se propage pas à la gaine, inutile d'intervenir.

Verger expérimental d'Alsace (Verexal)

Pierre Barth nouveau président

Publié le 08/04/2016

L'assemblée générale du Verexal a été marquée par la passation de pouvoir entre Patrick Bastian et Pierre Barth. Ce dernier hérite d'un verger expérimental à la situation financière assainie, notamment grâce au magasin de vente directe.

Après neuf années de présidence du Verger expérimental d'Alsace (Verexal), Patrick Bastian a décidé de passer la main. Amené à remplir de nouvelles fonctions, notamment au niveau de la région Grand Est, il était devenu difficile pour lui d'assurer une présence suffisante au Verexal pour mener correctement à bien son mandat de président. À l'issue de l'assemblée générale, le conseil d'administration du Verexal s'est donc réuni pour élire Pierre Barth à ce poste. Patrick Bastian a dressé le bilan de son mandat qui s'achève sur « des avancées et des choses qui restent à faire ». Les avancées concernent notamment les finances, qui « vont dans le bon sens. » Patrick Bastian avoue s'être posé la question de la nécessité du maintien d'une station d'expérimentation au début de son mandat à la vue de ses finances. Des doutes rapidement balayés : « Sans le Verexal, il n'y aurait pas de données sur l'arboriculture alsacienne ». C'est pourquoi la station a rapidement été régionalisée, et que les adhésions au bulletin technique arboricole et au Verexal ont été unifiées. La station a même été agrandie puisqu'elle comprend désormais 5 hectares en location dans le secteur d'Innenheim et qu'un technicien a été embauché : « Les années difficiles sont derrière nous », a assuré Patrick Bastian dont la plus grande satisfaction est sans conteste celle d'avoir mené à bien la construction du bâtiment qui accueille le Verexal, les Adar du Vignoble et de la Plaine de l'Ill, dans une ville centrale comme Obernai. Son seul et unique regret, c'est qu'il n'y ait pas davantage de jeunes qui se lancent dans l'arboriculture, malgré tout ce qui a été fait pour accompagner la filière, et notamment au Verexal. Enfin, Patrick Bastian n'a pas voulu quitter sa fonction sans souligner la bonne entente qui règne entre les arboriculteurs professionnels et amateurs qui « véhiculent une image positive de l'arboriculture ». Pierre Barth, le nouveau président du Verexal, a remercié Patrick Bastian pour ce qu'il a fait pour maintenir la station expérimentale : « Il ne nous manque que quelques centimes au prix de vente, sinon, on a tout pour réussir », a-t-il commenté. Hervé Bentz, responsable de la stationa, au nom du personnel, remercié Patrick Bastian « de nous avoir supportés dans tous les sens du terme. Nous savions que nous avions quelqu'un de solide derrière nous. » Des comptes clarifiés La présentation des comptes du Verexal a fait apparaître un déficit de 2 878 € sur la partie expérimentation. À cela s'ajoute une régularisation liée à des fonds européens dont les versements ont été différés et inférieurs aux prévisions. Dans les comptes de 2015, ces fonds ont été inscrits en régularisation de subventions, pour 12 006 €, ce qui explique un déficit total de 14 885 €. Le résultat global du Verexal s'avère donc négatif, à - 6 000 € et a été affecté au compte de réserve. Un résultat pondéré par Patrick Bastian : « 2015 est une bonne année au niveau financier, malgré ce qui est affiché. Il a fallu régulariser cette perte de profit liée à des retards de paiement qui sont difficiles à gérer. Mais désormais les comptes sont clarifiés et épurés. » Ce résultat négatif ne doit pas occulter les bonnes performances du magasin de vente directe, dont le chiffre d'affaires progresse grâce à une fréquentation de l'ordre de 500 clients par semaine avec un panier moyen de l'ordre de 10 €. La vente de fruits génère un chiffre d'affaires de 181 000 €, essentiellement imputables aux pommes. « Les cerises, les abricots, les pêches génèrent moins de chiffre d'affaires, mais constituent des produits d'appel, des locomotives pour le reste du magasin », a analysé Hervé Bentz, avant de souligner que le magasin a remporté le premier prix du concours d'étalage en septembre 2015. « Sans le magasin, le Verexal n'existerait peut-être plus, a commenté Patrick Bastian, mais le but premier du Verexal reste l'expérimentation. » Pour maintenir cette activité, le Verexal bénéficie de plusieurs soutiens (FranceAgriMer, Conseil départemental, Conseil régional, Chambre d'agriculture, Casdar, Ville d'Obernai) mais « il faudra faire attention au devenir de ces subventions qui risquent d'évoluer avec région Grand Est, les modifications des compétences du Département… » FranceAgriMer, par la voix de sa représentante à cette assemblée générale, a informé que sa subvention sera maintenue en 2016. Des investissements en vue Des soutiens d'autant plus importants que le Verexal envisage de réaliser des investissements en 2016, sous réserve des disponibilités financières, notamment dans une plate-forme de remplissage de pulvérisateur et une extension de l'ancien bâtiment, destiné au stockage du matériel. Cette extension, déjà prévue sous l'ère Bastian, n'a pas encore abouti, mais est devenue nécessaire car ce bâtiment de stockage, partagé avec l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace, Planète Légumes et l'Adar de la Plaine de l'Ill, est devenu trop exigu. En 2015, le Verexal a poursuivi ses activités de recherche. Celles-ci se déploient autour de six axes d'expérimentation : compétitivité et performance (essais variétaux, d'optimisation des itinéraires techniques, de la protection des vergers) ; qualité et goût ; eau, environnement et arboriculture biologique ; innovation et développement de la filière ; échanges européens et projets Interreg ; formation. Nous détaillerons ces aspects, ainsi que le bilan de la campagne arboricole 2015, dans un prochain article à paraître dans la rubrique Technique.

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