Comptoir agricole
Rencontre avec les élus
Comptoir agricole
Publié le 28/04/2016
Lundi 25 avril, une trentaine d'élus du canton de Bouxwiller, emmenés par le sénateur Guy-Dominique Kennel, ont visité le site de Hochfelden du Comptoir agricole. L'occasion de les sensibiliser aux contraintes qui pèsent sur le secteur agricole.
Guy-Dominique Kennel en a fait un rituel. Régulièrement, par territoire, il organise des rencontres avec les élus. Des rencontres qui débutent par la visite d'une entreprise du territoire en question et qui se poursuivent par des échanges entre élus : « Je leur explique ce que je fais au Sénat, ils me font remonter les difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion de leur commune, notamment en lien avec la baisse des dotations qu'ils subissent », explique le sénateur. Originaire de Hochfelden, Guy-Dominique Kennel connaît bien les locaux du Comptoir agricole pour être passé devant à de multiples reprises, mais beaucoup moins les activités de la coopérative. Marc Moser, président de la coopérative, s'est donc fait un devoir de les expliquer : « Notre activité principale consiste en la collecte de céréales », explique-t-il aux élus réunis dans un silo sécheur d'une capacité de 40 000 tonnes, encore à moitié plein d'un maïs destiné à l'amidonnerie et qui quitte actuellement le silo à raison d'un train de 21 wagons par mois, ce qui représente 1 300 t de céréales chargées en un peu plus de 3 h. La qualité, c'est le revenu « Bon an mal an, le Comptoir agricole collecte 700 000 à 1,2 million de tonnes de céréales », poursuit Marc Moser, qui illustre les subtilités de cette activité en comparant les collectes 2015 et 2014. En 2015, les rendements ont été catastrophiques, mais la qualité était correcte. En 2014, la quantité était au rendez-vous, mais pas la qualité puisque les seuils des teneurs en mycotoxines des céréales destinées à l'alimentation humaine ont été largement dépassés en moyenne. Or l'alimentation humaine, c'est le principal débouché des céréales collectées par la Comptoir agricole. « Quand on a zéro tonne qui correspond aux exigences du marché valorisé et visé, il faut rompre les contrats, payer des indemnités de rupture de contrat, trouver de nouveaux clients, quitte à baisser les prix », détaille Marc Moser. Et c'est ce que le Comptoir agricole a été contraint de faire pour vendre son maïs. On peut estimer que ce défaut de qualité sanitaire a engendré une décote moyenne de 10 €/t pour le Comptoir agricole et l'ensemble de l'agriculture du bassin rhénan, qui s'est répercutée sur le revenu des producteurs. Plaidoyer pour le maïs Le maïs, c'est la principale céréale collectée par la coopérative, pour qui elle représente donc un enjeu stratégique. Or cette culture, et surtout son hégémonie, sont fréquemment décriées par la société civile. Marc Moser et Matthieu Luthier, responsable développement et communication du groupe, ont rappelé pourquoi le maïs est si présent en Alsace. « Le maïs est une plante au potentiel de rendement très important, qui n'est jamais atteint en raison des facteurs limitants. Mais en Alsace, grâce à la climatologie et la pédologie, le maïs exprime très bien son potentiel de rendement, qui continue d'ailleurs de croître, alors que celui du blé stagne depuis plusieurs années », indique Matthieu Luthier. Si bien que « neuf années sur dix, on produit du maïs de qualité en quantité suffisante en Alsace ». Une sécurité dans un approvisionnement en matière première de qualité qui a attiré de nombreux industriels en Alsace pour la transformer sur place. De Roquette à Syral en passant par Costimex, le maïs génère 2 000 emplois directs en Alsace. Une particularité qui permet de bien rémunérer le maïs alsacien. Certes, le maïs est haut et crée un effet muraille dans le paysage, mais s'il était remplacé par du blé, moins occultant, la plaine d'Alsace serait couverte de chaumes durant les mois les plus chauds de l'été, alors que le maïs permet d'absorber du CO2 et de rejeter de l'oxygène grâce à la photosynthèse, argumente encore Marc Moser. En outre, le maïs est une culture qui requiert relativement peu de produits phytosanitaires, en tout cas moins que d'autres cultures. Enfin, du point de vue logistique, « la distance moyenne qui sépare une parcelle d'un port est de 20 km. Les 40 % de maïs alsacien qui ne sont pas transformés par les industries locales sont donc acheminés vers Rotterdam par voie fluviale, uniquement grâce au courant du fleuve », souligne Marc Moser. Autant de particularités qui permettent de payer correctement les producteurs de maïs - en temps « normal » - et donc de maintenir une agriculture familiale sur le territoire. Ramener de la plus-value À part les céréales, le Comptoir agricole collecte et commercialise d'autres denrées agricoles. Du houblon d'abord, et de plus en plus, car après une grave période de crise, la filière redémarre, tant et si bien que le Comptoir agricole a besoin que de nouvelles houblonnières soient érigées pour honorer ses contrats. Il y a aussi la pomme de terre, dont les 130 ha permettent de produire 6 000 à 7 000 t de tubercules, qui ne couvrent pas la consommation alsacienne, à 95 000 t. Plus récemment, la coopérative s'est lancée dans la production de semences de maïs, une culture qui permet de dégager un chiffre d'affaires de 4 000 à 5 000 €/ha, contre 1 500 à 2 000 €/ha pour le maïs de consommation. Ce faisant, la coopérative a pleinement rempli sa mission, qui consiste « à dynamiser le territoire et à ramener de la plus-value à ses 4 000 adhérents ».












