Cultures

Fleurs et plantes d'Alsace

« Produit ici, ça change tout ! »

Publié le 27/04/2016

Nouveau logo, nouvelle collection de pots, les horticulteurs et pépiniéristes de l'association Fleurs et plantes d'Alsace ont mené une opération fleurie à Strasbourg, le 20 avril, place Gutenberg, pour sensibiliser le public à la qualité et à la diversité des productions locales.

Géraniums rouge pétant, pétunias multicolores, marguerites jaune vif, ces plantes ont fait sensation mercredi 20 avril à Strasbourg au pied de la statue de Gutenberg ! Cette opération fleurie, avec ateliers de compositions et de rempotage, a été organisée par l'association Fleurs et plantes d'Alsace. Son président, Christian Romain, explique que les horticulteurs et pépiniéristes alsaciens ont ainsi voulu sensibiliser le public à la qualité des productions locales, soulignée par leur nouveau logo : « Produit ici, ça change tout ! ». Nouveaux pots stylisés, une exclusivité Cette opération visait également à lancer la saison du fleurissement d'été, qui arrive « un peu plus tôt que l'année dernière », précise Christian Romain. Le géranium craint peu les éventuels retours du froid, et reste la plante phare du fleurissement, « sa colonne vertébrale ». Il est néanmoins intéressant de créer de la diversité, en montrant les associations possibles dans les jardinières avec d'autres plantes, fuchsia, ipomée, sauge, impatience... Les horticulteurs alsaciens ont présenté ces différentes productions dans leur nouvelle gamme de pots, aux motifs stylisés rappelant ceux, traditionnels, de la poterie alsacienne. Ces nouveaux pots portent le logo de l'association, une différenciation bien identifiable et d'importance pour les consommateurs. Ils seront exclusivement vendus chez les horticulteurs alsaciens : « Il n'y aura pas d'achat revente, en grandes surfaces notamment. Ces pots seront ainsi gage de qualité et d'un itinéraire cultural local ». L'Alsace garde une bonne image horticole auprès du public : « Il s'agit de la pérenniser ». C'est la volonté des producteurs alsaciens de « tirer le produit vers le haut grâce à la valeur ajoutée, celle apportée par les horticulteurs, avec leurs connaissances des plantes, de leur entretien », souligne Pierre Charpentier, directeur de l'exploitation du lycée agricole de Winztenheim. Lycée qui a mis en place un espace de vente directe de fleurs et de légumes. « Il marche bien, les produits sont très demandés, les élèves très impliqués et à la pointe de la décoration. » De la terre et de l'air Le terreau, spécifique pour les géraniums et ce type de plantes, est important, a également fait remarquer Christian Romain. « Il n'est pas trop fin, ce qui permet de bien laisser passer l'air ». « Une qualité superbe » confirmée par Vincent Debès, président de l'Agence de tourisme (ADT), qui a réalisé une jardinière vendue au profit des Restos du cœur, autre volet de cette opération. Vincent Debès en a profité pour préciser que le concours de fleurissement met l'accent cette année sur les particuliers, dont les meilleures réalisations seront récompensées. L'ADT soutient l'association Fleurs et plantes d'Alsace, dont les membres démontrent « tout le savoir-faire alsacien en matière de fleurissement », largement prouvé lors de cette matinée. Une belle incitation à fleurir pour les amateurs !

Lancement de la saison des asperges

« Vitaminez votre assiette ! »

Publié le 20/04/2016

Symbole du printemps et de la gourmandise, l'asperge d'Alsace joue désormais l'atout minceur. Les responsables de l'Association pour la promotion de l'asperge d'Alsace sont bien décidés à « donner du peps » à l'image de ce légume auprès des consommateurs alsaciens…

C'est à la coopérative des fruits et légumes d'Alsace, à Hœrdt, qu'a eu lieu le lancement officiel de la saison des asperges, mardi 19 avril. Cette coopérative compte dans ses rangs 45 producteurs d'asperges, indique son président, Jean-Jacques Nonnenmacher. Après trois années difficiles, la campagne 2016 s'annonce bonne, car les buttages se sont déroulés dans de bonnes conditions et les structures des sols sont excellentes. La météo de ce début de campagne n'est pas optimale, cependant, et la production est encore timide. Mais dès ce week-end, les asperges d'Alsace seront présentes dans les étals. « Les aspergeraies sont entrées en production plus tard, cette année, explique le président de l'Association pour la promotion de l'asperge d'Alsace, Jean-Charles Jost, et la récolte n'est pas encore très abondante, mais elle devrait rapidement monter en puissance. » L'association compte 44 membres, en plus de la coopérative hœrdtoise. « Net so nat awer so guet » Deux nouveautés, cette année. Surfant sur la vague des « légumes moches », l'association met l'accent sur les asperges de deuxième catégorie. « Pas moins bonnes, mais un peu moins belles », elles conviennent pour de nombreuses recettes, comme la tourte, la salade, le velouté d'asperge. Avis aux amateurs : des chefs alsaciens renommés ont concocté un livret de recettes intitulé « Gourmandise et bien-être ». À consommer sans modération aucune ! « Nous avons également édité un magazine pour toucher un public plus jeune », annonce Jean-Charles Jost. Il met en avant les bienfaits de l'asperge blanche d'Alsace pour la santé, le bien-être. Certaines stars font une cure détox pour retrouver la ligne à la sortie de l'hiver. Si le cœur vous en dit, osez une cure de 3, 7 ou 15 jours à base de ce légume riche en nutriments, et les effets bénéfiques s'en feront rapidement sentir : les fibres et l'asparagine emporteront les toxines… L'an dernier, l'association a rafraîchi son logo, renouvelé les codes graphiques de sa communication, relooké son site internet et son jeu concours. L'objectif étant d'être en phase avec le positionnement de légume haut de gamme de l'asperge d'Alsace qui marque en quelque sorte le début du calendrier de la production maraîchère régionale, même si salades, radis et rhubarbe sont déjà dans les étals. Un positionnement haut de gamme Ce positionnement haut de gamme est indispensable pour un légume vendu 10 à 12 € la botte en début de saison, même si son prix diminue au fil des semaines. « Nos techniques de production sont identiques à celles de nos voisins allemands, mais nos coûts sont supérieurs, notamment en matière de main-d’œuvre qui représente la moitié du prix de revient », indique Jean-Jacques Nonnenmacher. Et la mécanisation de la récolte n'est pas une option, dans cette filière qui emploie de nombreux travailleurs saisonniers : les Espagnols l'ont certes expérimentée, mais pour des débouchés industriels (soupes, conserves). La vente directe est un formidable atout, explique Jean-Jacques Nonnenmacher : l'asperge est un légume qui pousse sans engrais ni produits phytosanitaires. « Les interventions sur la culture ont lieu après la fin de la récolte. » Adhérer à l'association, c'est s'engager à pratiquer une agriculture raisonnée, dans le respect du cahier des charges contrôlé par Certipaq. L'ouverture de la saison des asperges est toujours un moment attendu par les consommateurs alsaciens, souligne Pierre Lammert, président de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace. Il a lancé un appel aux acheteurs : « Valorisez l'asperge locale, mais surtout ne la bradez pas ! » Cette culture nécessite en effet des efforts importants de la part des producteurs qu'il faut faire reconnaître auprès des consommateurs. Le nouveau slogan des fruits et légumes d'Alsace, que l'interprofession entend mettre en avant, « Plus près, plus frais, plus vrai », s'applique à merveille à cette production. Pour Franck Sander, président de la FDSEA du Bas-Rhin, l'exemple de l'asperge prouve que différents modèles agricoles peuvent parfaitement cohabiter. « C'est un modèle à part, conciliant les petits producteurs qui animent les villages et les grands faiseurs qui approvisionnent la grande distribution et la restauration hors foyer. Il faut être capable de nous organiser en filière pour être plus forts sur le plan commercial. » « En Basse-Zorn, les terres sont propices au maraîchage, et particulièrement à l'asperge », indique le maire, Denis Riedinger. Car si le blanc turion est aujourd'hui cultivé dans toute la région, c'est à Hœrdt qu'il a été introduit en 1873. Cette commune est ainsi la capitale incontestée de l'asperge qu'elle célébrera avec faste le dimanche 8 mai prochain. À leur tour, la conseillère régionale, Marie-Reine Fischer, et le sénateur, Claude Kern, ont vanté les mérites de « la belle dame blanche ».

Tour de plaine

Avance perdue

Publié le 12/04/2016

Une vague de froid est passée depuis le premier tour de plaine organisé par la Chambre d'agriculture d'Alsace. L'avance des cultures s'est estompée, jusqu'à un retour à la normale.

Début mars, un coup de froid est venu calmer l'ardeur des cultures, boostées par une sortie d'hiver printanière. Résultat : leur avance a été rattrapée et le stade épi 1 cm du blé a été atteint fin mars. Les précipitations se sont succédé à un rythme assez soutenu, heureusement interrompu par une accalmie qui a permis de semer les betteraves dans de bonnes conditions. En ce début de mois d'avril, les températures repartent à la hausse, mais les sols restent bien mouillés. Il faudra faire preuve de patience et de doigté lors des reprises de labour pour ne pas matraquer les sols. Raccourcisseurs : impasse risquée Après avoir rougi sous l'effet du froid, notamment dans les parcelles humides, les blés atteignent le stade épi 1 cm à 1er nœud avec une belle homogénéité. Les premiers apports d'azote ont en général été effectués, contrairement aux désherbages et aux applications de raccourcisseurs car les bonnes conditions ne sont pas réunies. Cependant, les adventices se développent et Patrick Rohrbacher, conseiller à l'Adar d'Alsace du Nord, invite les agriculteurs à intervenir dès que possible - c'est-à-dire surtout quand les amplitudes de températures se seront atténuées - d'abord avec les désherbants, ensuite avec les raccourcisseurs en conditions poussantes. Il sera d'ailleurs rare de pouvoir faire l'impasse sur les derniers cette année, car il y a eu peu de pertes de pied en hiver et les parcelles sont denses, ce qui augmente le risque de verse. La stratégie est à raisonner en fonction de la sensibilité variétale et de la densité de chaque parcelle. Second apport d'azote sur blé Le stade épi 1 cm étant en passe d'être dépassé dans la plupart des cas, le second apport doit être réalisé dès que possible, à une dose fonction de la teneur en reliquat. Si le reliquat est faible et que la dose totale d'azote à apporter est importante, Patrick Rohrbacher et Mickaël Haffner, conseiller à l'Adar de l'Alsace du Nord, conseillent de la fractionner en trois apports et de conditionner le troisième apport au résultat d'un test Jubil à effectuer au stade deux nœuds, soit vers fin avril - début mai. Les maladies sur blé restent embryonnaires : un peu de septoriose, « mais la vague de froid a dégagé les feuilles contaminées », de la rouille brune et de la rouille jaune, un peu plus inquiétante parce que les conditions nécessaires à son développement - températures fraîches, humidité - sont réunies. À signaler aussi un peu de d'oïdium sur les feuilles les plus âgées. Mais tant que le champignon ne se propage pas à la gaine, inutile d'intervenir.

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