Tabaculture
Les semis ont froid aux oreilles
Tabaculture
Publié le 05/05/2016
Les semis flottants de tabac auraient bien besoin d'un peu de chaleur pour se développer. Petite visite dans les serres de Bruno et Julien Paulus à Hochfelden.
Julien Paulus s'est installé le 1er janvier 2016 sur l'exploitation familiale. Lui et son père, Bruno, bien connu dans la profession puisqu'il préside la Caisse d'assurance des planteurs de tabac, sont les deux associés du Gaec du Galgenberg à Hochfelden. Une exploitation spécialisée dans le tabac : sur les 70 hectares de surface agricole utile, 16 à 17 ha, selon le parcellaire, sont consacrés à la culture du virginie, le reste étant emblavé en maïs, en blé et en betteraves à sucre. Bien qu'il ait toujours rêvé d'exercer le métier d'agriculteur, Julien Paulus, aujourd'hui âgé de 31 ans, n'a pas intégré l'EARL du Galgenberg immédiatement après ses études. Titulaire d'un Master de gestion juridique et financière, il a eu une première expérience professionnelle comme contrôleur de gestion. Par la suite, il a complété son cursus par un BTS Agronomie et Productions végétales à distance tout en étant salarié de l'exploitation familiale. Le chantier de récolte se fait à trois exploitations Un grand pas a été franchi en 2011, lorsque la famille Paulus a décidé de mécaniser la récolte du tabac et de réaliser une sortie d'exploitation. Le nouveau bâtiment abrite l'ensemble de l'atelier tabac : quai de chargement, chaîne de triage, séchoirs, cueilleuses, écimeuse. L'investissement tabacole a été réalisé en commun avec deux tabaculteurs de Mommenheim, l'EARL Freund et l'EARL Scherer, l'objectif étant d'optimiser l'utilisation du matériel qui récolte une cinquantaine d'hectares. Semis, plantation, protection phytosanitaire, chaque producteur prend en charge les différentes étapes de la culture du tabac, jusqu'au moment de la récolte où toutes les tâches sont réalisées en commun. « Mais les lots de tabac de chaque exploitation sont clairement identifiés. » C'est la sixième campagne tabacole qui démarre. « Au départ, nous avions quelques soucis de maîtrise des fours de séchage. Mais tout a bien fonctionné en 2014. Malheureusement, l'an dernier, nous avons été fortement pénalisés par la sécheresse car nous sommes situés dans un secteur où l'irrigation n'est pas possible. » Des perspectives encourageantes « Personnellement, je n'ai jamais douté de l'avenir de la culture du tabac, même si nous avons traversé une période d'incertitude, souligne Bruno Paulus. C'est pourquoi nous avons choisi d'investir dans la mécanisation de la récolte. C'était ça ou arrêter la culture. Certains se lancent tout seuls, mais c'est difficile de tout faire en même temps : récolter, remplir les conteneurs, trier, sans parler de l'étêtage et de l'ébourgeonnage. Nous avons préféré nous associer à deux autres exploitations, ce qui nous permet d'être à six personnes avisées et de superviser l'ensemble des ateliers. » Il fallait monter un atelier qui tienne la route pour projeter une installation, explique Julien Paulus. « Le fait de nous lancer à plusieurs nous a permis d'acheter du matériel performant, matériel qui ne serait pas justifié sur une surface moindre. » Actuellement, les perspectives de la filière tabacole sont plutôt bonnes, souligne Bruno Paulus. « C'est encourageant ! Mais il faudrait que la météo soit plus clémente, cette année ! » Pour l'instant, les semis ont un peu de retard, dans le secteur de Hochfelden, car les levées ont été ralenties par les températures plutôt fraîches. « Nous ne pourrons pas planter avant la mi-mai », indiquent Julien et Bruno Paulus.












