Cultures

Coopérative des fruits et légumes d'Alsace à Hœrdt

« Nous cherchons de nouveaux producteurs pour élargir la gamme »

Publié le 30/04/2016

Les asperges, qui marquent traditionnellement le démarrage de la saison, représentent plus d'un quart du chiffre d'affaires de la coopérative des fruits et légumes d'Alsace, qui poursuit l'élargissement de sa gamme.

La coopérative des fruits et légumes d'Alsace exploite deux sites, explique Véronique Steinmetz, la directrice de la coopérative des fruits et légumes d'Alsace. À Hœrdt, où se trouve le siège social de l'entreprise et où sont conditionnés les légumes, et à Westhoffen, spécialisé dans les fruits de bouche. 109 producteurs actifs adhèrent à la coopérative, « un nombre moins important que par le passé car les producteurs ont tendance à se spécialiser dans les productions maraîchères. Et pour nous, il est plus facile de travailler avec des gros faiseurs. » La coopérative détient 100 % du capital de la structure commerciale de la coopérative, les Jardins du Ried. Elle a mis en marché 3 900 tonnes de produits l'an dernier. Outre les asperges, la gamme est très large : poireaux, oignons, carottes, céleri, choux, courges, mais aussi rhubarbe, cerises, myrtilles, mirabelles, quetsches, etc. « Nous conditionnons également des sachets de pot-au-feu et de ratatouille, durant la saison. » Les Jardins du Ried ne commercialisent pratiquement pas de pommes de terre, de salades ou de tomates, productions qui sont gérées par d'autres coopératives. Une palette de produits plus diversifiée « Nous sommes occupés tout au long de l'année. En collaboration avec nos producteurs, nous avons établi un planning de plantation qui nous permet de prolonger la saison le plus tard possible, grâce aux terres sableuses notamment. En 2015, nous avons bien travaillé tout au long de l'année. » Les asperges marquent traditionnellement le démarrage de la saison, avec la rhubarbe et les radis. « Il y a quelques années, cette production représentait une partie très importante de notre activité, et c'était un peu difficile. Mais comme nous avons diversifié notre palette de produits, nous nous en sortons mieux. Nous cherchons d'ailleurs de nouveaux producteurs pour augmenter la production et élargir la gamme. Nous avons des demandes, mais nous ne sommes pas en mesure de les satisfaire. » La coopérative de Hoerdt privilégie la qualité. « Nous avons trois chambres froides et toute la préparation des commandes se fait dans une zone à 5 °C. Les livraisons se font en camions réfrigérés pour respecter la chaîne du froid. » Les Jardins du Ried dispose aussi de chambres froides spécifiques avec une pulvérisation d'eau très froide pour préserver la qualité de l'asperge. « Lorsque la production est très abondante, c'est un peu compliqué, mais comme les producteurs sont eux-mêmes équipés de chambres froides, ils stockent les asperges pour nous pendant une journée. » L'entreprise a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 4,5 millions d'euros. « Nous employons 15 à 16 personnes sur le site de Hœrdt et 2 personnes sur celui de Westhoffen, et nous faisons très souvent appel à des salariés en CDD. C'est ce qui fait la force des petites structures comme la nôtre, nous sommes capables de nous adapter facilement », indique Véronique Steinmetz.

Publié le 30/04/2016

L’agriculture et la viticulture alsaciennes ont pris à bras-le-corps la question des effluents phytosanitaires. Un peu partout se montent des plateformes communes ou individuelles dédiées au lavage des pulvérisateurs et au retraitement des effluents phytosanitaires. La dernière en date est celle de Kirchheim, près de Marlenheim, véritable modèle du genre, qui a été inaugurée le 9 avril.

« On a visité Geudertheim et encore d’autres stations », explique Hervé Trappler, le président de la Cuma Kirchheim et environs, qui gère la plateforme phytosanitaire de Kirchheim. La construction a demandé trois années de réflexion, menée parallèlement avec Grégory Lemercier de l’Adar du Kochersberg. La plateforme de Kirchheim est véritablement intercommunale avec des exploitants des villages avoisinants de Wangen, Marlenheim, Furdenheim, Osthoffen, Dahlenheim, Scharrachbergheim, Odratzheim, et Westhoffen. « Certaines communes ont aidé et pas d’autres, donc on a mis en commun les aides », poursuit Hervé Trappler. Le montage financier a été mis au point par l’Adar et le service Cuma : « Il en coûte 230 euros de part sociale, on a demandé un premier versement de 500 € par exploitation, et on a fait une quote-part fixe de 1 600 € déductibles de la somme finale à payer. Vignes et asperges ont un coefficient de trois par rapport aux terres labourables. L’investissement me revient à 4 000 € pour 40 hectares, amortissables sur 5 ans », précise-t-il. Par ailleurs, selon les exigences de l’Agence de l’eau, chacun doit également s'équiper d'un volucompteur et d'une aire bétonnée. Au total l’investissement s’élève à 255 000 €HT, dont 133 000 € de subventions. La trentaine d’agriculteurs affiliés a voulu parer au maximum d’éventualités, et jouer l’avant-gardisme par rapport aux évolutions de normes. Les agriculteurs ont opté pour une plateforme couverte de macadam plutôt que de concassé, avec des aires bétonnées, deux aires de remplissage, une aire de lavage tracteur entièrement autonome avec un débourbeur, un déshuileur, relié à un puits sans fond. « On a multiplié les débourbeurs et les déshuileurs. Le système est high-tech », avec une gestion centralisée des électrovannes qui orientent les flux selon leur origine et leur nature (pluies, lavages, effluents phytos). Le bac phyto dispose d’un humidificateur avec sondes pour entretenir l’humidité et d’une sécurité de débordement. Le site dispose également d’une citerne d’eau propre tirée d’un puits. Tout est contrôlable depuis l’armoire centrale, « avec badge et clé, programmation des volumes, permettant de savoir qui fait quoi et comment », précise le président de la Cuma. Le site n’est pas agréé pour l’entreposage permanent des phytosanitaires et du gasoil pour le surpresseur. Outre les pulvérisateurs et effluents phytosanitaires qu’ils pourront ramener, les exploitants pourront y aller avec leurs moissonneuse-batteuse, charrue, machine à vendanger sans marcs…

Comptoir agricole

Rencontre avec les élus

Publié le 28/04/2016

Lundi 25 avril, une trentaine d'élus du canton de Bouxwiller, emmenés par le sénateur Guy-Dominique Kennel, ont visité le site de Hochfelden du Comptoir agricole. L'occasion de les sensibiliser aux contraintes qui pèsent sur le secteur agricole.

Guy-Dominique Kennel en a fait un rituel. Régulièrement, par territoire, il organise des rencontres avec les élus. Des rencontres qui débutent par la visite d'une entreprise du territoire en question et qui se poursuivent par des échanges entre élus : « Je leur explique ce que je fais au Sénat, ils me font remonter les difficultés qu'ils rencontrent dans la gestion de leur commune, notamment en lien avec la baisse des dotations qu'ils subissent », explique le sénateur. Originaire de Hochfelden, Guy-Dominique Kennel connaît bien les locaux du Comptoir agricole pour être passé devant à de multiples reprises, mais beaucoup moins les activités de la coopérative. Marc Moser, président de la coopérative, s'est donc fait un devoir de les expliquer : « Notre activité principale consiste en la collecte de céréales », explique-t-il aux élus réunis dans un silo sécheur d'une capacité de 40 000 tonnes, encore à moitié plein d'un maïs destiné à l'amidonnerie et qui quitte actuellement le silo à raison d'un train de 21 wagons par mois, ce qui représente 1 300 t de céréales chargées en un peu plus de 3 h. La qualité, c'est le revenu « Bon an mal an, le Comptoir agricole collecte 700 000 à 1,2 million de tonnes de céréales », poursuit Marc Moser, qui illustre les subtilités de cette activité en comparant les collectes 2015 et 2014. En 2015, les rendements ont été catastrophiques, mais la qualité était correcte. En 2014, la quantité était au rendez-vous, mais pas la qualité puisque les seuils des teneurs en mycotoxines des céréales destinées à l'alimentation humaine ont été largement dépassés en moyenne. Or l'alimentation humaine, c'est le principal débouché des céréales collectées par la Comptoir agricole. « Quand on a zéro tonne qui correspond aux exigences du marché valorisé et visé, il faut rompre les contrats, payer des indemnités de rupture de contrat, trouver de nouveaux clients, quitte à baisser les prix », détaille Marc Moser. Et c'est ce que le Comptoir agricole a été contraint de faire pour vendre son maïs. On peut estimer que ce défaut de qualité sanitaire a engendré une décote moyenne de 10 €/t pour le Comptoir agricole et l'ensemble de l'agriculture du bassin rhénan, qui s'est répercutée sur le revenu des producteurs. Plaidoyer pour le maïs Le maïs, c'est la principale céréale collectée par la coopérative, pour qui elle représente donc un enjeu stratégique. Or cette culture, et surtout son hégémonie, sont fréquemment décriées par la société civile. Marc Moser et Matthieu Luthier, responsable développement et communication du groupe, ont rappelé pourquoi le maïs est si présent en Alsace. « Le maïs est une plante au potentiel de rendement très important, qui n'est jamais atteint en raison des facteurs limitants. Mais en Alsace, grâce à la climatologie et la pédologie, le maïs exprime très bien son potentiel de rendement, qui continue d'ailleurs de croître, alors que celui du blé stagne depuis plusieurs années », indique Matthieu Luthier. Si bien que « neuf années sur dix, on produit du maïs de qualité en quantité suffisante en Alsace ». Une sécurité dans un approvisionnement en matière première de qualité qui a attiré de nombreux industriels en Alsace pour la transformer sur place. De Roquette à Syral en passant par Costimex, le maïs génère 2 000 emplois directs en Alsace. Une particularité qui permet de bien rémunérer le maïs alsacien. Certes, le maïs est haut et crée un effet muraille dans le paysage, mais s'il était remplacé par du blé, moins occultant, la plaine d'Alsace serait couverte de chaumes durant les mois les plus chauds de l'été, alors que le maïs permet d'absorber du CO2 et de rejeter de l'oxygène grâce à la photosynthèse, argumente encore Marc Moser. En outre, le maïs est une culture qui requiert relativement peu de produits phytosanitaires, en tout cas moins que d'autres cultures. Enfin, du point de vue logistique, « la distance moyenne qui sépare une parcelle d'un port est de 20 km. Les 40 % de maïs alsacien qui ne sont pas transformés par les industries locales sont donc acheminés vers Rotterdam par voie fluviale, uniquement grâce au courant du fleuve », souligne Marc Moser. Autant de particularités qui permettent de payer correctement les producteurs de maïs - en temps « normal » - et donc de maintenir une agriculture familiale sur le territoire. Ramener de la plus-value À part les céréales, le Comptoir agricole collecte et commercialise d'autres denrées agricoles. Du houblon d'abord, et de plus en plus, car après une grave période de crise, la filière redémarre, tant et si bien que le Comptoir agricole a besoin que de nouvelles houblonnières soient érigées pour honorer ses contrats. Il y a aussi la pomme de terre, dont les 130 ha permettent de produire 6 000 à 7 000 t de tubercules, qui ne couvrent pas la consommation alsacienne, à 95 000 t. Plus récemment, la coopérative s'est lancée dans la production de semences de maïs, une culture qui permet de dégager un chiffre d'affaires de 4 000 à 5 000 €/ha, contre 1 500 à 2 000 €/ha pour le maïs de consommation. Ce faisant, la coopérative a pleinement rempli sa mission, qui consiste « à dynamiser le territoire et à ramener de la plus-value à ses 4 000 adhérents ».

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