Cultures

Association des producteurs d’asperges d’Alsace

Rajeunir la clientèle

Publié le 25/02/2016

La nouvelle stratégie de communication de l’Association des producteurs d’asperges d’Alsace se veut plus « séduisante » et plus « fun » afin de conquérir les jeunes consommateurs.

L’asperge, un légume de « vieux » ? À en croire des études approfondies sur le sujet menées en Allemagne, les moins de quarante ans ne consommeraient que très peu - voire pas du tout - ce légume printanier. En Alsace, le constat n’est guère meilleur. « Il y a tout un travail d’éducation et de communication à faire auprès des jeunes générations », observe l’animateur de l’Association des producteurs d’asperges d’Alsace, Philippe Sigrist. Reste à moderniser l’image d’un produit qui souffrirait d’une image « trop traditionnelle » auprès des jeunes. Il y a d’abord eu la mise en ligne d’un nouveau site internet au début de la saison 2015. Au 1er janvier 2016, plus de 6 100 personnes s’y étaient connectées. Un trafic modéré mais néanmoins encourageant observe Dominique Krafft, le responsable de l’agence de communication qui a conçu le portail. « Ce sont autant de personnes qui sont entrées en contact avec la marque « asperge d’Alsace ». C’est un bon début. Il faut maintenant aller plus loin en sortant l’asperge de son image traditionnelle pour la présenter comme un produit d’excellence ». L’idée étant de conquérir de nouveaux clients à travers une communication de marque. Pour y arriver, l’Association des producteurs d’asperges d’Alsace dispose de trois outils : son site internet bien sûr, la newsletter envoyée à près de 6 000 personnes (avec un taux d’ouverture de 60 % contre 4 à 5 % habituellement), et enfin un livre de recettes autour de l’asperge blanche d’Alsace et ses bénéfices pour la santé. « Toutes les recettes devront tourner autour de ce concept de plus en plus en vogue. Des études ont en effet démontré que l’asperge aidait à réduire les accumulations de graisse au niveau de la taille. Elle est considérée comme l’un des meilleurs aliments minceurs. Ce genre d’arguments peut faire mouche auprès des consommateurs », analyse Dominique Krafft. Afin de toucher un plus large - et jeune - public, ce livre devra présenter des recettes « faciles » illustrées par des pictogrammes. « On a souvent moins de temps aujourd’hui pour faire à manger, alors on va à l’essentiel. Avec ce livre, on pourrait distiller des conseils simples de préparation et de cuisson », poursuit-il. Un peu à l’image de ce que l’on peut trouver sur la multitude de blogs culinaires que l’on trouve sur la Toile qui ont comme caractéristique d’avoir une « grosse influence » sur les jeunes générations de cuisiniers. « C’est pour cela que nous devons avoir le maximum de choses à dire afin que l’on parle le maximum de nos produits », indique le communiquant. Et quoi de mieux que la vidéo, en 2016, pour diffuser un message ? « Il faut savoir que le premier moteur de recherche aujourd’hui, c’est Youtube et non pas Google. L’asperge d’Alsace doit aussi y figurer. C’est pour cette raison qu’une vidéo va être créée pour être mise en ligne au début de la saison. Nous devons être séduisants tout en étant un peu plus fun ».    

Publié le 18/12/2015

Le 2 avril dernier, la revue de référence en génétique « PLoS Genetics » publie des résultats de travaux des chercheurs de l’Inra de Colmar*. Mettant en évidence des événements génétiques jusqu’alors insoupçonnés chez les plantes et apportant des explications à l’évolution du génome et notamment de l’expression de la couleur des baies.

2015 restera une excellente année pour l’équipe des généticiens de l’Inra de Colmar qui se sont succédé depuis 15 ans dans les travaux de recherche sur la génétique des cépages et la couleur des pinots en particulier : Frédérique Pelsy, Vincent Dumas, Lucie Bévilacqua, Stéphanie Hocquigny et Didier Merdinoglu. La revue « PloS Genetics » a autorisé en avril dernier la publication de la synthèse de leurs travaux qui leur permettent d’établir un distinguo clair entre ce qu’est un clone et une variété, et de décrire les événements génétiques qui ont conduit à l’expression des différentes couleurs des pinots. La question était de savoir quand nous observons des différences ampélographiques entre deux plants de vigne où se situe la limite génétique entre une différence clonale et une différence variétale. Car, même un clone multiplié par voie végétative, tel que cela est opéré chez les pépiniéristes, ne donne jamais des individus ayant rigoureusement le même génome que la souche de multiplication. Peuvent survenir par exemple des mutations sur le génome au cours de la multiplication cellulaire, classiquement appelée mitose. Donnant ainsi des variations d’expression phénotypique aux conséquences agronomiques bien visibles, comme des différences de sensibilité de clones à diverses maladies, et aussi des différences d’expression aromatique entre la souche clonale et les individus multipliés. « Par la force des usages technologiques » et agronomiques, inéluctablement le génome évolue au gré d’événements mutagènes, que l’équipe de génétique de l’Inra de Colmar s’attache à décrire. La question était aussi de savoir si l’événement génétique est suffisamment important pour engendrer une nouvelle variété, ou engendrer seulement un variant clonal. En utilisant des marqueurs moléculaires neutres, les chercheurs ont évalué le taux de « similarité génétique » sur d’importantes collections de cépages et de clones, permettant de bien discriminer s’il s’agit de variété ou de clone. Comprendre l’évolution du génome Pour comprendre l’évolution du génome, il s’agissait ensuite de comprendre quels événements génétiques modifient à la marge le génome ou le modifient significativement. Il apparaît que la perte ou l’apparition de couleur - une différence phénotypique a priori importante - peut provenir d’un événement génétique mineur. En 2004, la thèse de Stéphanie Hocquigny avait permis de révéler que la couche de cellules colorées de la pellicule du pinot noir n’a pas tout à fait le même génome que les cellules internes de la baie qui sont non colorées. Et que c’est dans la différence de génome que réside l’expression ou l’extinction de la synthèse des pigments colorés. L’on apprenait ainsi que le pinot noir est une plante chimérique, avec toutefois des génomes variant à la marge entre les cellules de la pellicule et de la pulpe. Restait aussi à expliquer pourquoi il y a des variants phénotypiques du blanc et du noir, comme le rose ou le gris, ce que l’on observe par exemple chez les pinots, les chardonnays, les savagnins… Et quels événements génétiques font que les gènes de biosynthèse des pigments (anthocyanes) sont parfois inactivés ou réactivés partiellement ou totalement. Et conduisent ainsi à ces expressions de couleur ? Des événements jusqu’alors insoupçonnés chez les plantes Entrent en compte des phénomènes de mutation, de délétion, d’échanges de chromosomes comprenant « l’haplotype » des gènes de la couleur, c’est-à-dire plusieurs gènes sur le même chromosome. Les chercheurs ont ainsi reconstitué un savant enchaînement de phénomènes génétiques, fondamentalement intéressant pour la génétique des plantes en général et de la vigne en particulier, avec des événements jusqu’alors insoupçonnés chez les plantes qui contribueront à éclaircir d’autres mystères de l’évolution botanique. Ceci nous rappelle également que ces études permettent d’en savoir davantage sur la phylogénie ampélographique, permettant d’éviter des erreurs sur les liens de parentés entre cépages, certains si éloignés en apparence et si proches génétiquement, ou inversement, d’autres si proches en apparence, mais ayant des génomes très différents.

Concours général agricole des prairies fleuries

Belles, productives, vivantes

Publié le 16/11/2015

En 2015, le Concours général des prairies fleuries a été organisé les 8 et 9 juin par le Parc naturel régional des Ballons des Vosges, le Naturpark Südschwarzwald et la Chambre d’agriculture de région Alsace. Les lauréats viennent d’être récompensés et c’est l’EARL ferme du Surcenord à Orbey qui, en remportant le premier prix de ce concours, représentera le territoire lors du Salon international de l’agriculture en mars 2016.

En été, les prairies qui fleurissent en vis-à-vis sur les massifs de la Forêt Noire et des Vosges font le bonheur des promeneurs, des éleveurs et des insectes butineurs. Car les prairies fleuries constituent à la fois un atout touristique, une source de nourriture appétente et nutritive pour le bétail, un habitat privilégié pour une cohorte d’insectes, de plantes rares, de petits animaux… De bonnes prairies font de bons produits Ce sont toutes ces richesses qui se cachent derrière d’apparentes étendues herbeuses que le Concours général agricole (CGA) des prairies fleuries souhaite valoriser. Lors de l’édition 2015 du concours du Parc naturel régional (PNR) des Ballons des Vosges et du Naturpark Südschwarzwald, onze parcelles, six côté français et cinq côté allemand, ont été jugées les 8 et 9 juin par un jury franco-allemand. « Seul le PNR Scarpe-Escaut organisait également un concours transfrontalier avec ses voisins belges », a souligné Laurent Seguin, président du PNR des Ballons des Vosges, lors de la cérémonie de remise des prix orchestrée à la ferme du Surcenord. Il a rappelé que la première édition de ce concours, « dont l’objectif est de récompenser les agriculteurs pour la bonne gestion de leurs prairies » avait lieu en 2010 dans une trentaine de PNR. En 2013, le concours a rejoint le giron du CGA, faisant le lien entre le CGA des animaux et le CGA des produits. Dans le même temps, le concours a essaimé puisqu’il est également organisé par des intercommunalités. Si bien que l’organisation du concours a été transférée des PNR aux Chambres d’agriculture. En Alsace, c’est donc la Chambre d’agriculture de région Alsace (Cara) qui coordonne ce concours depuis deux ans. Un savoir-faire paysan reconnu Véronique Klein, vice-présidente de la Cara, a salué un concours où « agronomes, écologues, apiculteurs, jugent ensemble de la qualité d’une prairie et de sa valorisation par l’agriculteur ». Ce qui n’est pas une mince affaire : il ne suffit pas de mettre des bêtes dans une pâture, où d’attendre que l’herbe ait poussé pour la faucher : « Il faut savoir gérer le pâturage, adapter les fauches aux dynamiques de végétation… », rappelle Véronique Klein qui poursuit : « Grâce à ce concours, qui remet enfin les herbages au cœur du système de production, les agriculteurs sont reconnus pour ce savoir-faire. Et ils en sont fiers. » Elle souhaite désormais que les concitoyens, les élus prennent conscience de l’importance de l’agriculture, notamment pour l’entretien des paysages. Et pour que l’agriculture continue de rendre ces services, « elle doit rester économiquement viable ». Holger Wegner, chargé de projet au Naturpark Südschwarzwald, a indiqué que le concours avait été organisé dans le Bade-Wurtemberg pour la première fois en 2005, avec pour objectif de démontrer qu'« il n’y a pas d’incompatibilité entre biodiversité, quantité et qualité de foin ». Depuis 2013 le concours est organisé sur le territoire du Naturpark Südschwarzwald et c’est d’ailleurs ce concours qui a fait l’objet du premier projet de coopération entre ce parc naturel allemand et le PNR des Ballons des Vosges, « des parcs similaires par leur taille et leurs espaces naturels et qui travaillaient déjà ensemble depuis 2003, notamment sur la problématique du grand tétras ». Mais depuis 2013, une convention de partenariat entre les deux parcs est venue officialiser et renforcer cette collaboration transfrontalière. Les lauréats ont été présentés et récompensés d’une clarine, d’un diplôme et d’une sélection transfrontalière de produits du terroir. Il s’agit de Renaud Duc, de l’EARL ferme du Surcenord à Orbey, qui remporte le premier prix ; Heinrich Till, de la ferme Till, située au Schluchsee en Forêt Noire, qui remporte le 2e prix ; et de Jacques Henry, de la ferme de la Violette au Bonhomme, qui remporte le 3e prix. À noter que les inscriptions pour les structures locales souhaitant organiser le concours en 2016 sont ouvertes depuis le 2 novembre et qu’elles le seront jusqu’au 31 décembre.

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