Forestiers d'Alsace
Pour une filière forêt-bois dynamique
Forestiers d'Alsace
Publié le 15/05/2016
La première assemblée générale de Forestiers d'Alsace s'est déroulée samedi 23 avril à Kintzheim. 120 sylviculteurs de la région étaient présents. L'occasion de revenir sur une année 2015 qualifiée de « transition » pour la sylviculture de la région.
L'association Forestiers d'Alsace est le fruit de la dissolution de Bois et Forêts 67 et de Forêts Services 68. Une évolution inéluctable pour les sylviculteurs dont la priorité reste le développement des conseils et des services de proximité. D'où la création des « Forestiers d'Alsace », fruit d'une remarquable collaboration entre les administrateurs des deux associations. « Elle s'est faite dans un esprit constructif et une convivialité qui perdurent au sein du conseil d'administration. Nous avons lancé les projets de créations d'associations forestières locales dans le Bas-Rhin. L'Alsace est à présent entièrement couverte par dix associations forestières fédérées au sein de notre groupement », se félicite le président de Forestiers d'Alsace, Jean-Marie Batot. L'occasion de rappeler les trois principaux objectifs de ces associations : valoriser les forêts en tenant compte des spécificités locales ; être plus visible et mieux entendu ; améliorer les services de proximité. « Sur ce point, nous proposons des conseils à nos adhérents afin de les aider à valoriser leur patrimoine forestier et transmettre de belles forêts à leurs enfants. Cela se fait par le biais de visite conseil, de réunions d'information en forêt, de moments d'échanges conviviaux avec les propriétaires, de bulletins d'information, de l'assurance responsabilité civile de groupe, et d'aides financières de la Caisse d'assurance-accidents agricoles pour les équipements de sécurité. L'idée fédératrice reste de défendre les intérêts collectifs des propriétaires forestiers, de favoriser les échanges et d'apporter un appui technique dans la gestion des forêts », ajoute Jean-Marie Batot. En sachant que Forestiers d'Alsace emploie cinq salariés qui collaboraient jusqu'à présent chez Bois et Forêts 67 et Forêts Services 68. Expliquer le travail en forêt Les sylviculteurs se sont inquiétés, lors de cette assemblée générale, des conséquences du dérèglement climatique en cours. « La température moyenne a augmenté et nos forêts ont souffert en 2015 de canicule et de sécheresse. Plus que jamais, les forestiers comme les agriculteurs vont devoir adapter leur gestion et leurs pratiques. Les créations de nos chemins forestiers et la réalisation de nos coupes concertées vont dans ce sens. Mais, nous devons expliquer notre démarche à nos concitoyens et mieux communiquer sur nos actions. Il faut rappeler, le plus largement possible, que les forêts gérées durablement séquestrent bien plus de CO2 que celles qui sont délaissées. Il faut également rappeler que le taux actuel de prélèvement de bois en forêt privée alsacienne est inférieur à 50 % de l'accroissement naturel. Développer l'exploitation forestière, c'est exercer une vraie gestion durable, augmenter et prolonger le stockage de CO2, prévenir l'adaptation de nos forêts au changement climatique. En définitive, il s'agit tout simplement de favoriser la santé de nos arbres en réduisant la concurrence croissante pour l'alimentation en eau », a précisé Jean-Marie Batot. Les sylviculteurs comptent également privilégier les diverses utilisations du bois pour valoriser les forêts et les transmettre aux générations futures en bonne santé. Pour le maintien de l'amélioration foncière Les sylviculteurs terminent actuellement leur programme pluriannuel régional de développement forestier d'Alsace. Le bilan est positif avec la desserte réalisée de onze massifs par l'aménagement de 97 km sur 2 000 hectares pour 1 780 propriétaires. Mais également l'agrandissement de 482 unités de gestion avec 1 086 ha passés en gestion forestière durable, et la mobilisation de 78 200 m3 supplémentaires de bois. Un nouveau programme régional est en préparation. « Cependant, les récentes nouvelles sur la future gestion du fonds stratégique de la forêt et du bois nous obligent à une forte mobilisation avec nos voisins lorrains qui partagent les mêmes priorités de développement forestier. La journée régionale de la forêt privée à Colmar, le 17 septembre 2016, sera aussi l'occasion d'expliquer nos nombreuses et diverses réalisations, et de démontrer l'importance pour l'État et la Région de poursuivre nos actions. Nous devons, nous forestiers, renforcer notre foi en l'avenir en plantant des arbres pour les générations futures », a conclu Jean-Marie Batot. Les forestiers alsaciens ont alors profité de cette réunion pour évoquer le nouveau dispositif d'amélioration foncière. Ils ont voté une résolution appelant les Conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin à l'élaboration en commun d'une nouvelle politique d'amélioration foncière forestière. « Nous préconisons de la définir en prenant comme modèle la politique exemplaire du Conseil départemental de la Meuse, basée sur les échanges et cessions d'immeubles ruraux par une compensation partielle des frais notariés, par des échanges et cessions d'immeubles forestiers, par une participation à l'animation de projets sur un massif ou une commune, et la réalisation des mutations par acte signé par le président du Conseil départemental. Les membres de Forestiers d'Alsace demandent donc le maintien de l'amélioration foncière comme pilier du développement forestier pour le futur programme régional de la forêt et du bois », a indiqué Vincent Ott, président du Centre régional de la propriété forestière de Lorraine-Alsace, de Forêt privée d'Alsace et du syndicat régional. Les mêmes forestiers demandent également, pour le futur programme régional de la forêt et du bois, à l'État de soutenir la poursuite des actions menées dans le cadre du plan pluriannuel régional de développement forestier 2011-2016 en maintenant le financement, et au nouveau Conseil régional de maintenir les aides financières à Forestiers d'Alsace pour la mise en œuvre des actions basées sur le conseil, la formation, la mobilisation regroupée des bois et des travaux sylvicoles, mais également l'amélioration et la desserte forestière. Laurent Wendlinger, président de la Chambre d'agriculture d'Alsace, qui participait à cette assemblée générale, a soutenu les sylviculteurs et en a appelé à la responsabilité de l'État. « Ne cassons pas les dynamiques qui ont fait leurs preuves. Une très belle restitution des travaux a été réalisée à la demande du Conseil régional. Les interprofessions y ont participé. Tout le monde était unanime, y compris les représentants de l'État. Il faut se battre du niveau national au niveau local pour poursuivre cette dynamique collective en faveur de notre forêt privée. » Et d'évoquer la forêt dans la nouvelle grande région. « Les surfaces boisées couvrent 35 % des surfaces, soit près de 2 millions d'hectares. Une filière forêt-bois source de 54 800 emplois et composée de 8 850 entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires de 11 milliards d'euros par an. Ainsi, la filière est et sera au cœur de nos préoccupations. Nous allons nous rencontrer courant mai pour définir la stratégie à mettre en œuvre pour les années à venir. Il nous faut mettre en place notre programme régional de la forêt et du bois afin de continuer à mener des actions dynamiques en partenariat comme nous avions l'habitude de la faire en Alsace », a-t-il conclu.












