Betteraves sucrières
Une année à petites bêtes
Betteraves sucrières
Publié le 05/06/2016
Les betteraves se portent bien, malgré des dégâts de tipules, de scutigerelles, de blaniules et de limaces. En cette année humide, la cercosporiose est à surveiller de près.
Les betteraves se portent globalement plutôt bien. Si elles semblent un peu stagner en ce moment, Michel Butscha, technicien au service agronomique de la sucrerie d'Erstein, rappelle que c'est parce que « les betteraves font d'abord leur système racinaire. Ce qui leur permet de réagir comme un ressort à une hausse des températures : elles peuvent doubler de volume en 15 jours ». Des irrégularités de développement peuvent cependant être observées, liées à des problèmes parasitaires (tipules, scutigerelles, blaniules) et à des dégâts de gibier (lièvres, chevreuils). « Les blaniules remontent autour des racines pour absorber de l'oxygène et consommer les racines. Du coup les betteraves stagnent car elles doivent refaire leur système racinaire », décrit Michel Butscha. C'est un ravageur qui se rencontre surtout les années humides. 2016 lui est donc favorable, et certaines parcelles ont dû être ressemées face à l'ampleur des dégâts. Mais tant qu'il n'y a pas de perte de pied, les betteraves sont capables de se rétablir. Autres facteurs favorisant ces ravageurs : la présence d'un lit de résidus et l'absence de travail du sol en été qui permet d'éliminer les œufs et les larves. Aussi Michel Butscha a-t-il incité les planteurs à trouver un compromis, selon le type de sol, entre la volonté de semer les engrais verts le plus tôt possible et se laisser la possibilité de travailler régulièrement le sol en été : « Semer les engrais verts fin août, voire début septembre, c'est aussi envisageable. Réglementairement un couvert doit rester en place au moins deux mois » Leçon d’agronomie Côté maladies cryptogamiques, la sucrerie d'Erstein teste un fongicide efficace contre le rhizoctone brun en traitement de semences. « Il devrait permettre de protéger la racine de la betterave jusqu’en juin et éviter un traitement en végétation », indique Michel Butscha. Pour l’instant aucun symptôme de rhizoctone brun n’est visible en plaine, malgré un cumul de 400 mm de pluie depuis janvier (un record). Le dernier printemps humide remonte à 2013 avec des rendements catastrophiques et de fortes attaques de rhizoctone brun dans les secteurs à sols hydromorphes. Cependant Michel Butscha distingue les deux contextes : « L'automne 2015 a été sec, contrairement à l'automne 2012 qui avait été très humide. Du coup les labours 2015 ont été réalisés sans enfouissement de terre et de résidus détrempés et sans tassement. Et ça fait toute la différence ! Car ce sont les conditions automnales du labour qui sont déterminantes pour l'évolution de la maladie. L’absence d'hydromorphie dans le fond de labour permet l’évacuation des excès de pluie et l’oxygénation du sol et des racines, et cela devrait éviter le développement du rhizoctone brun cette année. » Ces observations sont le grand enseignement de l’année et elles remettent en avant l’importance du soin à apporter au labour et aux travaux de l’automne. La vigilance concernant la cercosporiose est d'ailleurs aussi de mise en cette année très humide, encore plus que 2013, année où la pression avait été très importante. La surveillance par l’outil d’aide à la décision est maintenant opérationnelle et permettra de prévoir et de détecter précisément l’arrivée de la maladie.












