Céréales
Un risque cryptogamique élevé
Céréales
Publié le 04/06/2016
La septoriose est là et bien là. Le fond de cuve de la fusariose est plus ou moins élevé selon les facteurs de risque. Et les précipitations en pleine floraison n'ont pas été rares.
Cela faisait longtemps que la septoriose n'avait pas été aussi virulente en Alsace : « Le niveau de risque est très élevé, partout et quelle que soit la date de semis », indiquait Laurent Fritzinger, conseiller à l'Adar des Deux Pays à Bouxwiller, lors de la réunion de bout de parcelle du jeudi 26 mai à Hochfelden. La plupart des agriculteurs ont donc déjà effectué un traitement qui, selon le stade végétatif auquel il a été appliqué, a permis de protéger toute la plante ou pas : « Si toutes les feuilles n'étaient pas encore sorties lors de ce traitement, celles qui sont sorties depuis ne sont pas protégées des contaminations qui progressent du bas vers le haut de la plante à la faveur des éclaboussures occasionnées par les précipitations ». Or pour limiter les pertes de rendement générées par la septoriose, la F1 et la F2 doivent être protégées et rester saines jusqu'à la récolte. Guetter les étamines À la date à laquelle se tenait cette réunion, les parcelles de blé les plus en avancées commençaient à fleurir. Laurent Fritzinger a donc rappelé les règles de décision qui doivent dicter la conduite à tenir en matière de protection contre la fusariose. Il y a d'abord un risque climatique : « Le risque de contamination est très élevé s'il pleut pendant la floraison ». Mais s'il ne pleut pas durant cette période, le risque de voir la fusariose se développer est quasiment nul car les portes d'entrée du champignon se referment après la floraison. À ce risque climatique s'ajoute le risque agronomique, lié au précédent, au type de travail du sol, et à la sensibilité variétale : « Le risque est le plus élevé après un maïs grain, sans labour et sur une variété sensible ». Pour optimiser la protection, le premier levier, c'est la date d'application : « Le stade de traitement optimal, c'est le début de la floraison, dès que les premières étamines sont visibles au centre de l'épi. Car c'est à ce moment-là que les glumes sont ouvertes et que la matière active peut donc le mieux pénétrer dans l'épi. » Et puis surtout, il faut traiter avant les pluies contaminatrices. Car après le champignon est entré dans l'épi, le mal est fait, on ne peut plus l'atteindre. Le second levier c'est le produit. Laurent Fritzinger conseille d'opter pour un produit complet, efficace à la fois sur la septoriose et la fusariose, de ne pas prendre les mêmes matières actives que celles utilisées lors du premier traitement afin de limiter le risque d'apparition de résistances, de ne pas trop - voire pas du tout - réduire les doses, et de ne pas lésiner sur le volume de bouillie : « Il faut traiter à au moins 150 litres/hectare afin de bien mouiller l'épi car on a affaire à une cible verticale, pas facile à atteindre », confirme son collègue David Kraemer, conseiller à l'Adar des Deux Pays. Rouille brune et rouille jaune Septoriose et fusariose sont les deux maladies cryptogamiques du blé les plus fréquentes en Alsace. Mais d'autres ont tendance à se faire de plus en plus courantes, comme la rouille jaune et la rouille brune. Cette dernière est plutôt une maladie de fin de cycle, qui se développe à la faveur de conditions chaudes et humides et qui se traduit par la formation de monticules de poudre de couleur rouille sur les feuilles de blé. Disséminé par le vent, le champignon contamine en général des parcelles entières. La rouille jaune, elle, se traduit par des pustules jaunes parfois orangées alignées entre les nervures et plus petites que celles de la rouille brune. Assez présente en Alsace depuis deux trois ans, elle est favorisée par des températures douces et un ciel couvert car elle est sensible au rayonnement solaire. Contrairement à la rouille brune, elle se propage par foyers.












