Lancement de la saison des pommes
Elles vous attendent, avec leurs belles joues rouges
Lancement de la saison des pommes
Publié le 23/09/2015
C'est à Westhoffen, capitale de la cerise et de la quetsche, qu'a eu lieu l'ouverture officielle de la saison des pommes. Une pluie diluvienne a obligé les organisateurs à modifier le programme des festivités, et c'est sous un hangar que Pierre Barth, président de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace, et Pierre Lammert, président de l’Interprofession des fruits et légumes d’Alsace, ont accueilli leurs nombreux invités.
Après la sécheresse estivale, les pluies de ces dernières semaines ont eu un effet bénéfique sur les pommes, a expliqué Daniel Dettling, arboriculteur à Westhoffen, devant les nombreuses personnalités venues assister au lancement de la campagne pommes d'Alsace. Installé en 2003 sur l'exploitation familiale, ce dernier a considérablement développé les surfaces en vignes (6 ha) et en vergers (12 ha). « Jusqu'ici, les quetsches étaient notre fer de lance, mais la sharka nous a obligés à arracher à tour de bras des vergers en pleine récolte. Pour assurer la pérennité de notre exploitation, nous avons dû rebondir, mais le parcellaire morcelé a compliqué la donne. En réalisant des échanges entre agriculteurs, nous avons réussi à regrouper une parcelle d'1 ha que nous avons plantée en pommes boskoop et idared avec des clones actuels qui colorent bien. » L'objectif, a-t-il précisé, est de relever le défi de satisfaire le consommateur par la couleur et le calibre des pommes. Aujourd'hui, les vergers se composent de 1,5 ha de cerises de bouche, 8 ha de mirabelles et de quetsches et 1 ha de pommes en production. À cela s'ajoute 1 ha de pommes en plantation qui représente un investissement important, notamment pour les filets paragrêle et les clôtures contre le gibier. Daniel Dettling vend ses fruits à la ferme, dans le magasin La Nouvelle Douane à Strasbourg - où son épouse s'investit beaucoup - et adhère à la Cuma Alsa Pomme de Brumath. Pour Pierre Barth, président de l’association Production fruitière intégrée d’Alsace, la ferme fruitière de Daniel Dettling est un bel exemple de développement de l'arboriculture. « Il y a de la place pour les jeunes qui veulent s'installer », a-t-il ajouté. Une nécessaire visibilité La Région Alsace accompagne fortement la filière fruits et légumes, a poursuivi Pierre Lammert, président de l'Interprofession des fruits et légumes d'Alsace (Ifla), en soulignant la présence de François Loos, vice-président du Conseil régional, de Nathalie Arnold, chef du service agriculture et forêt, et d'Yves Demangel, directeur du pôle marque et réseaux de l'Agence d'attractivité de l'Alsace. C'est le cas de la filière pomme : la Région a aidé les producteurs à sensibiliser les consommateurs à manger local. « Nous avons ajouté sur notre logo la marque Savourez l'Alsace Produits du terroir qui vient d'être lancée. C'est normal que les fruits et légumes soient entrés dans cette démarche. » Les producteurs de fruits ont envie de développer la production régionale, d'augmenter les surfaces, d'installer des jeunes, à condition d'avoir de la visibilité, a souligné Pierre Lammert. Un verger c'est un engagement de 25 ans ! Une démarche est en cours pour créer les conditions favorables à cette dynamique. L'Ifla organise une grande manifestation du 1er au 10 octobre, dans le cadre des Journées d'octobre de Mulhouse, a annoncé Pierre Lammert. Sur 10 000 m2, Folie’Flore mettra en avant les fruits et légumes d’Alsace, par une succession de vingt jardins, cinq spectacles et cinq ateliers participatifs. « C'est un travail colossal ! » Mais le résultat sera magnifique, à n'en pas douter. Autre actualité, la quinzaine fruits et légumes d'Alsace se déroule en ce moment dans les grands magasins, ainsi que dans la restauration hors domicile. « Le concours d'étalage a été lancé, de nombreux magasins sont décorés avec nos fruits et légumes. » Pour Patrick Bastian, secrétaire général de la Chambre d'agriculture de région Alsace (Cara), « 2014 est la pire des années que nous ayons connue au niveau des prix. Nous espérons que les prix se maintiendront à un bon niveau pour 2015. » Il faut que la grande distribution joue le jeu pour motiver les jeunes agriculteurs, a-t-il insisté. « Nous devons essayer de contractualiser la production avec un volume, mais aussi un prix et une durée, sinon nous n'y arriverons pas. » De son côté, la profession continue à y croire : la Cuma Alsa Pomme vient d'investir dans une ensacheuse-barquetteuse et la Cara a engagé un deuxième technicien arboricole à mi-temps, Thierry Antoine. La station Verexal continue à acquérir des références techniques pour guider le choix des producteurs. « Nous allons développer d'autres espèces, comme l'abricot ou la pêche, car il y a une vraie demande des consommateurs. » François Loos, vice-président du Conseil régional d'Alsace, estime qu'il est important de délivrer un message positif. « Contractualisation, qualité, marque, autant d'éléments fondamentaux sur lesquels il faut agir sous peine d'être soumis aux dures lois du marché. Or la production a besoin de visibilité à long terme. » C'est dans cette optique que le Conseil régional a signé une convention d'objectifs avec la Cara. « Nous avons mis en œuvre tout ce que nous avons décidé et nous avons déjà voté les crédits pour 2016. » Pierre Barth en a profité pour remercier la Région pour son soutien, en particulier pour la campagne de promotion menée l'an dernier, au plus fort de la crise, a souligné Pierre Barth. « Si les prix n'étaient pas au rendez-vous, cela nous a au moins permis d'écouler les stocks en fin de campagne. » « Nous continuons à avoir la fibre de la ruralité » Après le maire de Westhoffen, Pierre Geist, la parole était à Thierry Carbiener, conseiller départemental du Bas-Rhin. « Malgré les temps difficiles, nous sommes très enclins à être un appui indéfectible de l'agriculture, à travers la convention signée avec la Cara, dans laquelle les producteurs de fruits ont une place privilégiée, a-t-il souligné. Nous restons en appui en matière de formation, nous privilégions les circuits courts, notamment dans les restaurants collectifs des cantines, et nous nous sommes toujours investis sur la replantation des arbres fruitiers et dans les vergers solidaires. » Malgré un désengagement financier provisoire, le Conseil départemental du Bas-Rhin continuera à appuyer certaines opérations remarquables et certains investissements, a conclu Thierry Carbiener.












