Vigne

Vitisphère Alsace. Journées techniques

La qualité de la couverture de pulvérisation en question

Publié le 27/07/2016

Les journées techniques du groupement Vitisphère Alsace (Viti.com, Alsace Appro, coopérative du Piémont) se tenaient la semaine dernière respectivement à Sigolsheim et à Dambach-la-Ville. Avec comme axe thématique : la qualité des traitements.

Les journées techniques Vitisphère Alsace ont été l’occasion pour les clients vignerons - plusieurs centaines -, pour les trois coopératives d’appro, de se retrouver et de faire le point sur un printemps qui a laissé des traces dans les mémoires, tant les maladies ont été difficiles à contenir. Soucieuses de proposer des solutions à la viticulture, les équipes technico-commerciales du groupement Vitisphère Alsace ont axé la thématique des ateliers sur la qualité de pulvérisation. Car s’il est « un peu tôt pour tirer des enseignements sur les différentes stratégies de protection chimique contre le mildiou », indique Philippe Kuntzmann, il apparaît que la qualité de la couverture des traitements a été l’un des éléments déterminants pour échapper cette année, tant bien que mal, à la maladie, dans un contexte agroclimatique très perturbé. Un point tout de même à relever sur ces différentes stratégies, les phosphites ont particulièrement bien réussi (NDLR : également en Champagne), avec un premier traitement à la dose de 1 800 g/ha diminués proportionnellement à la surface du stade foliaire. Une technicité qui peut s’avérer payante Un atelier avait pour propos de présenter une évaluation de la qualité d’application de pulvérisateurs à jet porté ou pneumatique, avec une disposition de buvards hydrosensibles sur les parties hautes, médianes et basses, et sur les grappes, de part et d’autre du rang traité. « Vu les pressions en maladie, la moindre erreur et le moindre problème techniques étaient cette année très chers payés », indique Christophe Poitout de Viti.com. Point important de l’atelier : un pulvérisateur bien réglé avec un dosage liquide adapté obtient finalement une bonne couverture, également sur la face extérieure du rang non traité dans le cadre d’un traitement un rang sur deux. Ce qui serait donc suffisant, encore faut-il s’assurer de la bonne couverture avec des buvards, et de prendre en compte des paramètres techniques, tels que la bonne taille des gouttelettes, la pression, le débit, et également le vent et l’hygrométrie ambiante. L’atelier « pulvé » montrant finalement qu’il faut être précautionneux sur son pulvérisateur, la propreté des filtres, les quantités de bouillie exactement appliquées. Enrichir ses sols en matière organique fugitive Des années comme 2016 montrent que la technicité en matière de pulvérisation peut s’avérer très payante. Pour l’améliorer, il y a également la question de la qualité des eaux que la société Atiben, basée à Zellenberg, propose de maîtriser. C’était un autre atelier animé par Benoît Pintat. 2016 est un excellent millésime pour démontrer l’efficacité de cette approche et valider auprès des quelques utilisateurs du vignoble, l’intérêt de cette technique pour optimiser la qualité de couverture des traitements. Lors de ces deux journées techniques, Vitisphère Alsace proposait également un atelier couverts végétaux de mélanges annuels et pluriannuels Alsamix et Wolfmischung, entre autres. À la coopérative du Piémont, Nicolas Maetz, qui pratique les couverts sur ses vignes, a insisté notamment sur la nécessité d’enrichir les sols viticoles en matière organique « fugitive », des sols qui sont par ailleurs très (ou trop) pourvus de matière organique stable.

Publié le 20/07/2016

Des cicadelles vectrices de la flavescence dorée (Scaphoideus titanus) viennent d’être identifiées dans l’aire d’appellation. Ce qui change notablement la donne de la vigilance envers la maladie dans le vignoble alsacien.

Qu’on se rassure : pour déclencher la lutte insecticide obligatoire, il faut la maladie déclarée sur des plants porteurs du phytoplasme responsable de la flavescence dorée (FD), et il faut l’insecte vecteur, la cicadelle au nom taxonomique de Scaphoideus titanus. Jusqu’à présent, quelques pieds flavescents avaient été identifiés dans le vignoble alsacien, de façon très éparse, avec peut-être une introduction par des bois contaminés en pépinière provenant d’autres régions viticoles déjà touchées par la maladie. Mais le petit insecte piqueur suceur, vecteur du phytoplasme, donc susceptible de propager la maladie, n’avait jusqu’alors pas été identifié en Alsace. Quand bien même on trouvait ici ou là un pied contaminé, le vignoble bénéficiait donc d’une relative tranquillité vis-à-vis de cette maladie qui décime des vignobles plus méridionaux.Depuis la semaine dernière, les choses semblent changer. C’est Philippe Kuntzmann, de Vitisphère-Alsace, qui « au cours d’un prélèvement pour comptage en acariens et en typhlodromes, dans une vigne à proximité de Colmar », a identifié des larves de Scaphoideus titanus. L’identification a été validée par le laboratoire d’entomologie de l’Anses.Après avoir procédé à l’élevage des larves, il a obtenu un adulte. Et il se trouve que la cicadelle de la flavescence dorée est bel et bien installée dans la parcelle observée. « Avec une densité de sept larves pour cent feuilles. » Pas de quoi déclencher des traitements donc, puisque le phytoplasme infectieux n’est pas présent et qu’il faut les deux - l’insecte et le parasite, sorte de protoplasme informe qui obstrue les vaisseaux de sève - pour déclencher les traitements. Plus de génotypage, de prospection… Cependant, la présence de la cicadelle de la FD, va notablement changer la donne de la surveillance de la maladie dans le vignoble alsacien. Et il va falloir recourir à davantage d’analyses de génotypes dès lors qu’un pied présente la maladie. En effet, le simple aspect visuel d’un pied flavescent ne permet pas de distinguer s’il s’agit de FD ou de la maladie du bois noir. Et même s’il présente les symptômes, il peut aussi être atteint d’un autre phytoplasme, celui de la jaunisse de l’aulne, qui ne présente pas de risque de transmission épidémique par S. titanus. Seule une analyse poussée permet de dire si le pied malade est infesté par un phytoplasme de la FD à transmission épidémique par Scaphoideus titanus.En tout état de cause, la présence de l’insecte vecteur ne va pas manquer de relancer le débat sur la nécessité d’obtenir une traçabilité en pépinière totalement étanche, avec des bois indemnes de phytoplasmes. Car si un pied est atteint, la présence de l’insecte vecteur fera que la lutte insecticide risque d’être rendue obligatoire par arrêté préfectoral. Par ailleurs, les campagnes de prospection rapprochée menées dans le vignoble seront également à l’ordre du jour. Celles pratiquées en Bourgogne ont montré à ce jour leur efficacité pour raisonner la lutte à la zone touchée, et pour endiguer la maladie.

Publié le 17/07/2016

Dimanche 26 juin, la cave de Ribeauvillé a organisé son traditionnel rallye des grands crus, consacré au thème de l’Alsace et du vin. L’occasion de découvrir le vignoble à travers une promenade bucolique, ponctuée d’épreuves ludiques.

Plus de 800 personnes se sont inscrites à la 16e édition du rallye des grands crus, dont la première a été initiée lors des 110 ans de la cave coopérative de Ribeauvillé en 2005. Chaque année un parcours différent est proposé aux participants, l’opportunité de découvrir le vignoble et ses grands crus, leur richesse et l'incroyable diversité des sols dans un panorama remarquable. Pour la première fois une quinzaine de membres de l’association Osons la différence ont accompagné en goélettes trois personnes handicapées tout au long du parcours. Au départ de la cave, un carnet de route et un plan du circuit pédestre ont été remis à chaque randonneur. À chaque halte, pour enrichir leurs connaissances, les participants devaient répondre sous forme de quiz à des questionnaires de culture générale sur le vin, la vigne ou le patrimoine local. Étape 1 : dégustation d’un muscat 2015 demi-sec originaire d’un vignoble en coteaux, vendangé à la main sur la célèbre faille géologique de Ribeauvillé, avant une épreuve de badminton. Étape 2, présentation d’un pinot noir de Rodern 2011, issu d’un terroir situé sur la commune du même nom, suivie d’un parcours d’obstacles constitué de bouteilles à passer à l’aveugle et à reculons. Étape 3, découverte d’un riesling grand cru Rosacker bio 2012 de Hunawhir, ayant poussé sur des sols lourds argilo-calcaires et épreuve consistant à trouver parmi dix balles numérotées placées dans une urne opaque, celle qui indiquait le plus de points. Étape 4, riesling grand cru Kirchberg de Ribeauvillé ayant bénéficié d’un excellent ensoleillement par son exposition, suivi d’un jeu d’adresse. Étape 5, pinot gris grand cru Glœckelberg 2010, originaire d’un terroir du ban de Rodern au nord de Ribeauvillé et course version garçon de café. Étape 6, apéritif maison composé d’un vin effervescent aromatisé, un crémant avec liqueur, avec comme ultime épreuve l’image d’un puzzle à reconstituer en une minute. Après l’effort le réconfort, avec à midi un repas champêtre sous les tonnelles disposées dans la cour de la cave viticole, dans l’ambiance festive habituelle, prouvant la vitalité de la plus vieille cave viticole de l’hexagone. Parmi les bulletins validés, les quinze premiers ont été récompensés par des lots, alors que le premier s’est vu attribuer son poids en bouteilles de vins de la cave de Ribeauvillé.

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