Confrérie Saint-Étienne de Kientzheim
En attente de sigille
Confrérie Saint-Étienne de Kientzheim
Publié le 01/08/2016
Jeudi 21 juillet la confrérie Saint-Étienne d’Alsace a fait procéder à la deuxième dégustation 2016 pour l’attribution du sigille. Avec une très encourageante hausse des candidatures.
Avec 159 vins présentés par 33 domaines, la dégustation d’été pour le sigille 2016 organisée le 21 juillet au château de Kientzheim s’annonçait des plus intéressantes. Jean-Paul Goulby, Receveur de la confrérie Saint-Étienne, et Éric Fargeas, Délégué général, en analysent les raisons : beaucoup d’échantillons portent sur le millésime 2015, excellente année en rendement et en qualité, laquelle suit deux vendanges de petite envergure et à problèmes avec de nombreux déclassements suite à l’attaque des mouches suzukii en 2014. Par ailleurs, dans l’augmentation du nombre de domaines (24 en 2015) il y a aussi un regain d’intérêt pour le sigille qui est définitivement ancré dans l’idée d’excellence des vins d’Alsace. Il y a aussi depuis deux ans le fait que la confrérie veut distinguer la richesse et la diversité des terroirs du vignoble : trois tables de jury étaient spécialement dédiées aux grandes familles de sols (granitique, argilo-calcaire, argilo-marneux, mais toutes les spécificités étaient représentées). Outre les qualités « standard » des vins, le jury avait à noter les traits de caractère que ces grands terroirs confèrent aux vins qui y naissent. Comme d’habitude, c’est le riesling qui venait en plus grand nombre : 48 exemplaires avec seulement 14 de 2015, mais 22 en grand cru et 19 en terroir. Suivaient les 28 pinots gris (14 de 2015 ; 6 grands crus et 8 terroir) et les 28 gewurztraminers (21 de 2015, 9 grands crus et 8 terroir). Les 16 pinots noirs se divisaient en deux familles distinctes (« deux générations de viticulteurs », précise une des jurys de la table) : les rosés ou rouges légers et ceux plus denses, enrichis en fût ; c’est dans les premiers qu’on trouve le millésime 2015. Un bel intérêt aussi pour le crémant, avec 14 candidats. Le si fragile muscat concourait avec 10 exemplaires (dont 8 de 2015). Les pinots blancs et auxerrois mériteraient plus d’intérêt : bien que les consommateurs y recherchent de plus en plus de grands vins, seuls 7 échantillons étaient présentés (dont 6 de 2015 et 1 en terroir). Même remarque pour le sylvaner avec 3 exemplaires (2 de 2015), un seul klevener de Heiligenstein, 2 vendanges tardives et 2 assemblages. Pour ces derniers, ce ne fut pas le rush attendu lors de l’ouverture au sigille. Les 47 jurys répartis en 10 tables ont souvent eu du mal à départager certains vins. Sachant qu’un tiers seulement des vins présentés pouvait être retenu, la note minimale de 7 en qualité intrinsèque du vin et de 7 pour la typicité dans l’appellation et le millésime, avec, selon la catégorie, mise en avant de l’identité du terroir, pourra être relevée dans les exigences. Certains vins, encore trop fermés par leur jeunesse, pourront être représentés l’an prochain. Avec celle de janvier, cette dégustation permettra de cerner les vins référence du vignoble alsacien.












