Vigne

Publié le 06/07/2016

Un week-end, 19 rendez-vous. C'est un programme des plus attractifs qu'a élaboré l'association des vignerons de la Couronne d'or pour le salon des vins qu'ils organisent du 9 au 11 septembre au château d'Osthoffen.

Un cadre de rêve pour un salon des vins qui s'annonce exceptionnel. Du 9 au 11 septembre, l'Association des vignerons de la Couronne d'or prendra ses quartiers dans l'enceinte du château d'Osthoffen, à 20 minutes de Strasbourg. Avec l'office de tourisme de la Porte du vignoble et la commune d'Osthoffen, elle propose trois jours de dégustations, de conférences, de rencontres avec les vignerons, d'expositions et d'animations pour les enfants, sans oublier un marché du terroir. Le vignoble de la Couronne d'or fédère 19 membres et compte 19 communes viticoles. D'où l'idée d'aller à la rencontre des amateurs en leur proposant 19 rendez-vous tout au long du week-end. « Cette année, on met le paquet », confient Jean-Jacques Muller, vigneron à Traenheim, et Xavier Léon Muller, vigneron à Marlenheim. Cet événement œnotouristique est aussi un clin d'œil à la commune d'Osthoffen qui s'apprête à intégrer l'Eurométropole de Strasbourg, le 1er janvier 2017. « La ville de Strasbourg et l'Eurométropole ont accepté d'être partenaires de ce projet », indiquent les organisateurs. Du rire en grappes Après l'inauguration, le vendredi 9 septembre à 18 h, aura lieu l'un des temps forts de cette manifestation, une soirée spectacle. Intitulée « Du rire en grappes », elle sera animée par Patricia Weller et Denis Germain, alias Bernadette et Jean-Claude, et se poursuivra par une dégustation de fromages qui s'accompagnera des vins présentés par chaque vigneron de la Couronne d'or. « Cyril Lohro, meilleur ouvrier de France, et son épouse Christelle présenteront une quarantaine de fromages », explique Jean-Jacques Muller. Cette soirée se déroulera sous un chapiteau dressé dans les jardins du château (sur réservation, prix 49 €). Samedi 10 septembre, les portes du château d'Osthoffen ouvriront à 10 h. Pour la somme de 7 €, chaque visiteur aura accès au salon des vins, muni d'un verre pour lui permettre de déguster les produits présentés. Il pourra également découvrir le marché du terroir, ouvert aux artisans locaux, et visiter l'exposition de barriques peintes et sculptées. Un concours récompensera les plus jolies barriques. Afin de faciliter l'accès à la manifestation, un grand parking a été aménagé à l'arrière du château. Et pour permettre aux amateurs de profiter en toute sérénité de cette parenthèse enchantée, les organisateurs ont prévu une série d'animations pour les enfants durant le week-end. Outre une vingtaine de jeux en bois, ces derniers pourront participer aux ateliers organisés dans une roulotte. Chaque jour, quatre ateliers gratuits seront proposés par une animatrice, à raison de 20 enfants par atelier. L'après-midi, le programme s'annonce dense. Il débute à 15 h par une visite commentée du château par le baron Philippe de Grouvel. Le château d'Osthoffen est un château fort du 12e siècle embelli et transformé au fil de l'histoire. L'actuel occupant est un héritier du général François Grouvel qui a acquis le château en 1806 et l'a entièrement reconstruit. Par ailleurs, une initiation à la dégustation est programmée à 15 h avec Cyril Treuillet, sommelier de la maison Arthur Metz. À 16 h, Daniel Ansen présentera les projets de « premiers crus » dans la Couronne d'or, en compagnie de vignerons et d'un géologue. À 17 h, Claude Muller, directeur de l'Institut d'histoire d'Alsace, donnera une conférence sur « les splendeurs viniques d'Alsace à travers les âges ». Elle sera suivie par la remise des prix du concours de barriques. Brunch au château Dès 10 h, le dimanche 11 septembre, on pourra à nouveau parcourir le salon des vins et le marché du terroir. Le deuxième temps fort de cette manifestation démarrera à 11 h les vignerons ont en effet décidé d'organiser une animation originale, un brunch au château, avec animation musicale. Prix : 39 € par personne, 19 € pour les moins de 16 ans (sur réservation, inscription avant le 26 août). À 15 h, le baron Philippe de Grouvel fera à nouveau visiter son château, tandis que l'œnologue Didier Lobre proposera une initiation à la dégustation. L'après-midi se poursuivra avec une conférence de Charles Brand, coprésident de la Tribu des gourmets, sur « la dualité du vin d'Alsace ». C'est en poésie qu'elle s'achèvera, avec une pièce autour du vin de Jean-Marie Collet. Xavier-Léon Muller insiste sur le fait que pour la soirée du vendredi 9 septembre, le nombre de places est limité à 150 personnes. « Les premiers inscrits seront les premiers servis. »

Publié le 05/07/2016

Ministre de l'Agriculture sous Raymond Poincaré, père des appellations d’origine, fondateur de l’Inao, Joseph Capus (1867-1947) avait rédigé « Comment combattre le mildiou de la vigne », où les observations d’hier sont finalement toujours et plus que jamais à l’ordre du jour.

Si l’on reprend le suivi des courbes de contamination-incubation en mildiou cette année, le cycle s’est enclenché extrêmement tôt dans la région, qui s’est finalement retrouvée ce printemps dans une situation climatique plutôt océanique que semi-continentale, avec des cumuls de précipitations rarement égalés en avril, mai et juin. Dès le débourrement, la vigne était sous pression, mais il a fallu attendre la floraison, stade de fragilité de la plante, pour voir s’exprimer la maladie jusqu’alors invisible. Les premières taches d’huile sur feuille n’ont été visibles qu’autour du 19 mai, indique le Bulletin de santé du végétal. Mais les pluies des 11 et 12 mai étaient déjà extrêmement contaminatrices de façon invisible si l’on en croit les modèles météorologiques de contamination. Pour aider à comprendre ce qu’il faut bien appeler certains échecs de protection contre le mildiou cette année, on peut relire Comment combattre le mildiou de la vigne, publié en 1930 par Joseph Capus, ministre de l'Agriculture sous la présidence de Raymond Poincaré. Il dit : « Les invasions sont précoces chaque fois que l’hiver ou le début de printemps sont pluvieux. La première période pluvieuse qui suit le débourrement provoque une contamination qui peut donner lieu à une invasion très grave. […] Or ces invasions redoutables sont celles contre lesquelles les viticulteurs se prémunissent le moins. Parmi les contaminations les plus redoutables que j’ai vues sont celles qui se sont accomplies le 6 mai et 11 mai 1908. » Et le père des appellations d’insister : « Aucun traitement (NDLR : de contact, car on est au début du siècle) ne peut arrêter l’extension de la maladie à l’intérieur des organes. Il faut donc à tout prix empêcher une première invasion sur les grappes. » Quand ? « Les premières incubations vont de 18 à 26 jours. Ce n’est donc pas 8 à 10 jours avant la date à laquelle s’observent d’ordinaire les taches qu’il faut effectuer les premiers traitements, mais beaucoup plus tôt, 26 jours avant si on veut procéder avec prudence », écrit l’académicien de l’agriculture. On en déduit, si l’on en croit Joseph Capus, qu’il fallait cette année protéger la vigne extrêmement tôt, avant les pluies des 10-12 mai si l’on utilise des produits de contact. Les vignerons qui ont utilisé des produits curatifs systémiques, mais plus tard, ont finalement réussi à « arrêter l’extension de la maladie à l’intérieur des organes », pour reprendre les termes de Capus. Qui explique par ailleurs que « les sulfatages effectués au cours des périodes pluvieuses sont efficaces ». Conséquences : le climat étant de plus en plus aléatoire, les vignerons devront s’armer des modèles mathématiques de contamination portés à la connaissance du plus grand nombre. À la date du 10 mai, ils auraient aidé à prendre conscience de la pression extrême, même s’ils restent à la libre appréciation de chacun. Les domaines touchés à 50 % et plus doivent désormais s’unir pour demander des mesures socio-économiques de soutien.

Technologie X-pert de Precision Makers

Déléguez à votre tracteur !

Publié le 30/06/2016

Le concessionnaire agricole Serma et ses agents, Léon Durrmann et Ostermann viticole, ont récemment présenté le tracteur vigneron Fendt Vario équipé du système de pilotage automatique X-pert de Précision Makers. On effectue une fois le travail avec le tracteur, on l'enregistre et le tracteur est capable de reproduire ce travail tout seul !

Un tracteur qui surgit d'entre deux haies fruitières, qui effectue un demi-tour pour passer à la rangée suivante : jusque-là rien d'étonnant. Sauf qu'en regardant bien à travers la vitre, on fait un bond dans le futur : la place du conducteur est vide… absolument vide. Le tracteur se pilote donc tout seul. Par quel miracle ? Ce n'est pas de la sorcellerie, juste une des nombreuses applications permises par l'essor des nouvelles technologies en agriculture. Apprendre et reproduire Du 21 au 23 juin, le concessionnaire Fendt Serma de Mommenheim-Houssen et ses partenaires Léon Durrmann d'Andlau et Ostermann viticole de Traenheim ont organisé trois après-midi de démonstration de cette nouvelle technologie dans trois vergers répartis du nord au sud de l'Alsace. Une tournée qu'ils avaient prévue de longue date et dont les préparatifs ont commencé dès cet hiver. Pour l'instant, seuls les tracteurs de la marque Fendt et de la gamme Vario peuvent être équipés de cette technologie qui fonctionne sur le principe de l'enseignement et de la reproduction (Teach & Playback) grâce à une interface qui dialogue avec l'informatique du tracteur. Il faut donc apprendre au tracteur à effectuer le travail en le faisant une fois avec lui. Pour cela, il s'agit de se fixer un point de départ et d'appuyer sur le bouton « Enregistrer » lorsqu'on commence à rouler. Puis, il suffit de travailler comme si de rien n'était, le tracteur enregistre toutes les actions : conduite, direction, commande des gaz, descente et montée des unités de coupe, état du pulvérisateur… Lorsqu'on a terminé, la tâche qui vient d'être effectuée doit être consignée dans une liste des tâches, de manière à pouvoir la faire refaire au tracteur à l'avenir. Il suffira alors de le repositionner au même point de départ et de renseigner la consigne à effectuer. « En quelque sorte, le tracteur fait un copier-coller des tâches effectuées avec toutes sortes d'outils : pulvérisateur, broyeur, rogneuse… », résume Léon Durrmann, qui traduit les explications délivrées en allemand par M. Kroonen, représentant de la société hollandaise Précision Makers. Cette technologie est donc particulièrement adaptée aux travaux répétitifs. Seul mais en sécurité Pour d'évidentes questions de sécurité, il est interdit de laisser un tracteur sans conducteur se promener sur la voie publique, mais le système est « 100 % légal dans le domaine privé », assure Léon Durrmann. D'autant que diverses mesures de sécurité ont été prévues. Un tracteur doté de la technologie X-pert est aussi pourvu d'un pare-chocs spécial, équipé de capteurs à ultrasons. Dès que ces capteurs détectent un obstacle, le tracteur ralentit jusqu'à 1,5 km/h. Et si le pare-chocs rencontre physiquement un obstacle, le moteur se coupe instantanément et le tracteur s'immobilise. Se délester de tâches répétitives D'ores et déjà, une trentaine de tracteurs Fendt sont équipés de par le monde de cette nouvelle technologie qui représente un investissement de quelque 35 000 €. Une coquette somme que Freddy Jung, gérant de la concession agricole Serma de Mommenheim, relativise : « C'est certes un peu plus cher que la technologie RTK, qui nécessite 20 000 à 25 000 € d'investissement, mais cela permet de faire des économies de main-d’œuvre. » Pour les trois organisateurs, c'est en effet l'avantage comparatif majeur de cette technologie : « Les agriculteurs en général, et en particulier les viticulteurs et les arboriculteurs, ont beaucoup de travail entre la production, la transformation et la vente de leurs produits. S'ils peuvent se délester de certains travaux rébarbatifs parce que répétitifs pour se concentrer sur d'autres tâches, voir pour s'octroyer du temps libre, ou au moins pour se concentrer sur les outils plutôt que sur la conduite, c'est indéniablement un avantage. » Et dans des professions où les traitements phytosanitaires peuvent s'enchaîner à une fréquence élevée pendant une partie de l'année, réduire l'exposition directe des opérateurs aux produits phytosanitaires constitue sans aucun doute une mesure prophylactique efficace.

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