Vigne

Oïdium

Ne pas relâcher les cadences

Publié le 28/06/2016

Après un printemps « mildieux », espérons que l’été ne soit pas trop « oïdié » ! Pour l’heure, les facteurs de contamination de l’oïdium réunis laissent penser qu’il ne faut pas relâcher les cadences.

Maladie difficilement modélisable, l’oïdium ne bénéficie pas de la pertinence des modèles de prévision d’attaque de mildiou. Ces derniers ont montré ces deux derniers mois un véritable - et sans précédent - empilement de contaminations et d’incubations, ce qui a conduit les vignerons à resserrer au maximum les cadences de traitement, avec au final quelques parcelles décimées à 100 % par ce mildiou sur inflorescence. Les conditions de traitement ont été catastrophiques, avec leurs lots d’accidents et d’enlisements en parcelle, rendant particulièrement compliquée la tâche des vignerons. Pour l’oïdium, maladie on ne peut plus sournoise, le Bulletin de santé du végétal du 21 juin observe que « 99 % des parcelles sont indemnes de tout symptôme », mais recommande une grande vigilance. L’adage voudrait que les années à mildiou ne soient pas des années à oïdium. « Mais je me méfie maintenant, vu ce que nous vivons », dit un conseiller technique viticole du Bas-Rhin. Cependant, « nous bénéficions du bon capital de protection faisant suite aux cadences resserrées contre le mildiou », ajoute-t-il. « Je commence à en voir sur feuille », constate pour sa part Bernard Streng, observateur du vignoble. Les conditions de pressions fortes en oïdium sont réunies avec des rosées matinales qui tardent à sécher et une humidité résiduelle des sols importante, entretenue par ailleurs par ces parcelles souvent colonisées par des herbes hautes sur le rang qui retiennent cette humidité, qui limitent l’écoulement de l’air et retardent l’assèchement des organes aériens. La gestion de l’herbe en 2016 n’a en effet pas été une sinécure. Par ailleurs, le stade de floraison est reconnu par les vignerons pour être une fenêtre de faiblesse pour la vigne par rapport à l’oïdium. S’ajoutent à cela des tissus particulièrement tendres sous l’effet des pluies incessantes de ce printemps à oublier. Et aussi de nombreuses carences chlorotiques liées aux sols gorgés d’eau qui n’assurent plus une bonne nutrition minérale par les racines et qui, en conséquence, affaiblissent les défenses naturelles de la vigne. Attention aux résistances Faut-il alors nourrir la plante par la feuille ? « Pas d'azote foliaire sur plante chlorosée », insiste un technicien. Une plante stressée métabolise en effet très mal l’azote, si l’on en croit les thèses de la trophobiose de Francis Chaboussou, qui rappelle que la protéosynthèse suppose une bonne nutrition minérale. Après le mildiou, il s’agit donc de ne pas louper la protection contre l’oïdium. « Et vu qu’il y a déjà eu pas mal d’utilisations de molécules, attention aux problèmes de résistances », dit un technicien, qui recommande vivement de profiter de la luminosité pour utiliser du soufre, et casser ainsi le cycle de la maladie. Autre stratégie, le poudrage qui présente le double avantage de déposer le soufre et sécher l’oïdium en cas d’humectation persistante des organes foliaires et floraux. L’oïdium n’aime pas la pluie mais apprécie l’humidité de surface des organes végétaux. La poudreuse permet en outre de souffler les capuchons floraux et autres débris de floraison, dont la présence n’est jamais bienvenue pour la suite des événements phénologies. Dans tous les cas, les premiers symptômes d’oïdium restent difficiles à repérer. Et il est bon de se remettre à niveau dans les différents rendez-vous Rais’Alsace, proposés par les services techniques de la Fredon et de la Chambre d’agriculture d'Alsace (lire en encadré).

Publié le 27/06/2016

Les fermentations ont la vertu de détoxifier les vins des éléments métalliques. Donc on a tendance à mésestimer ces métaux qui ne sont pourtant pas sans laisser des séquelles sur le profil aromatique des vins. ŒnoFrance propose un collage préfermentaire avec DiWine.

ŒnoFrance Sofralab s’intéresse de près depuis treize ans à la question des métaux lourds, qui ont des conséquences œnologiques insoupçonnées. Le groupe a mis au point une gamme de produits de collage sur moût qu’il présente actuellement dans les vignobles. Dans les sols, la contamination peut provenir de l’altération de certaines roches mères donnant un bruit de fond. Ou avoir une origine anthropique : les produits phytosanitaires, dont le cuivre ; les engrais minéraux, sources de cadmium ; les effluents de porc, pourvoyeurs de cuivre et de zinc ; les fientes ; les retombées atmosphériques d’origine industrielle ou liées au transport ; ou les effluents de boues urbaines liste Régis Castan, responsable filière vinicole de Frayssinet, qui produit et vend des amendements. Il rappelle également que seuls les cahiers des charges et la norme NFU 44 051 garantissent des amendements organiques qui ne contiennent pas de « miates » (matières d’intérêt agronomique issues du traitement des eaux) d’épuration. Une partie des métaux lourds du sol est transférée, une autre est fixée. Les proportions dépendent des facteurs pédoclimatiques qui agissent sur la mobilité des éléments. L’effet accumulatif important entraîne des effets de toxicité sur les micro-organismes telluriques, réduit leur diversité, et diminue notamment une activité enzymatique (dite déshydrogénase) qui intervient dans la libération des éléments nutritifs dans le sol. Certaines plantes sont tolérantes, certaines accumulent et concentrent les métaux lourds et peuvent être utilisées en phytoremédiation des sols. Hélas, nous ne disposons que de peu de données sur le comportement de la vigne vis-à-vis de ces métaux lourds. Globalement, les tassements de sols accélèrent les transferts vers les eaux souterraines. Inversement, la matière organique limite les transferts. En action plus curative, le chaulage permet aussi de limiter les flux de métaux.  Les métaux dans les vins : origines, rôles et conséquences La question des métaux lourds ne doit pas être prise à la légère. Hervé Alexandre, de l’Institut universitaire de la vigne et du vin Jules Guyot (IUVV) Bourgogne, relève quelques articles internationaux alarmants sur la question. « Puisque les métaux sont catalyseurs d’oxydation, nous avons émis l'hypothèse que les métaux pouvaient être impliqués dans les problèmes d’oxydation prématurée des vins. » Une étude analytique sur plusieurs centaines de moûts et de vins, de toutes origines, révèle que les teneurs en métaux peuvent dépasser les doses admissibles. Rappelons que la limite dans le vin est de 1 mg/l pour le cuivre, 0,2 mg/l pour l’arsenic, 0,15 mg/l pour le plomb et 5 mg/l pour le zinc. 40 % des vins analysés contiennent entre 0,5 et 1 mg/l de cuivre dans une étude nationale montrant une distribution gaussienne autour de ces 40 %. En Alsace, sur 35 vins analysés, huit dépassent les 1 mg/l, et 14 sont entre 0,45 mg/l et 1 mg/l. Ce cuivre du vin n’a pas pour origine le sol. Il est éliminé à 69 % et jusqu'à 98 %, par l’adsorption extra-cellulaire et accumulation intracellulaire de la levure. Mais si le séjour est prolongé sur les lies, alors peut se produire un phénomène de désorption du cuivre si les lies en contiennent. Le plomb ne pose pour sa part pas de problème, étant éliminé par les rhamnogalacturonanes, qui sont les composés monomères des pectines. Les études montrent que le cuivre n’a pas d’impact sur la biomasse levurienne, mais réduit en revanche sa diversité. Et a également un effet sur la cinétique fermentaire. En revanche, la biomasse bactérienne est très perturbée. Et attention : le cuivre œnologique entrave aussi la synthèse de composés aromatiques soufrés « nobles » participant à la complexité aromatique du vin, tels que les arômes de café, de pamplemousse, etc. L’effet du cuivre n’est donc pas seulement d’atténuer les composés soufrés indésirables tels que le H2S. Dans une thèse publiée en 2013, Vivier et al. ont validé une hypothèse permettant d'expliquer des mécanismes d’oxydation prématurée : la présence de fer peut catalyser en milieu réducteur (après mise et bouchage) des réactions d’oxydation. De l’oxydation en milieu réducteur… Donc si le cuivre du vin ne pose pas en soi de problème sanitaire, le cuivre du moût altère le profil aromatique des vins. Par ailleurs, d’autres métaux catalysent des réactions d’oxydation par voie biochimique ou chimique. Les souches de levure les plus sensibles au cuivre sont celles qui sont les plus révélatrices de thiols aromatiques supérieurs. Le groupe ŒnoFrance a donc développé DiWine, une gamme de produits de collages des moûts, donc en traitement préfermentaire, destinée à extraire des jus ces métaux dont on ne soupçonne pas assez l’effet néfaste sur la richesse aromatique des vins. Il est donc important pour les vinificateurs de ne pas mésestimer cette question des métaux résiduels du moût et d’y remédier. 

Clinique Électro Diesel à Sélestat

Trente ans au service de la clientèle viticole

Publié le 26/06/2016

Implantée dans la ZI Nord de Sélestat, la Clinique Électro Diesel - Étoile 67 fête ses 30 ans d’activité de vente et réparation dans le secteur viticole et agricole et ses 10 ans d’agrément Mercedes voitures particulières. Petite visite dans les ateliers de réparation des matériels agricoles.

Créée par Jean-Marie et Patrick Beck en 1980, la Clinique Électro Diesel était à l'origine implantée à Dambach-la-Ville. Cet atelier était spécialisé dans l'électro diesel et la rénovation de moteurs diesel. En 1984, Clinique Électro Diesel s'installe à Sélestat, à la sortie de l'autoroute A 35, sur le site actuel de la rue de la Maison-Rouge. Deux ans plus tard, elle reprend l'activité agricole Holder des Éts Gerber à Scherwiller, avec son commercial Joseph Friess, bien connu dans le monde viticole. Bruno Bronn lui succède en 1994. « Depuis cette reprise, nous avons vendu 290 tracteurs Holder », indique le commercial. « En 1987, nous avons reçu l'agrément pour commercialiser le matériel viticole Grégoire. Depuis, nous avons vendu 60 machines à vendanger Grégoire. » Au fil des années, de nombreuses marques de matériel agricole se sont ajoutées à la liste, Provitis-Euroviti, Ero, Kuhn, Gimbre, Favaro, Röll, Electrocoup, Alpego, Clemens, Sauerburger, Avidor, Gerber H et M, Flath... L'entreprise ne cessant d'accroître son activité, elle s'est lancée en 1989 dans un nouveau chantier pour agrandir le magasin et l'accueil et construire un hall de 400 m2 pour les équipements de freinage et la sécurité poids lourds. En 2008, les anciens bâtiments sont démolis et les ateliers reconstruits aux normes Mercedes. Plus de 30 salariés travaillent actuellement sur l’ensemble des trois sites de Sélestat, Scherwiller et Colmar. Quatre personnes sont affectées à l'atelier de réparation de machines agricoles. « L'activité agricole représente environ 30 % de notre chiffre d'affaires », indique Corine Boehler, responsable comptable Clinique Électro Diesel - Étoile 67. « Nos clients, essentiellement des viticulteurs, nous sont fidèles car nous leur apportons une réponse adaptée dans le domaine des machines viticoles mais aussi des camionnettes utilitaires », ajoute Bruno Bronn.

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