Vigne

Publié le 06/10/2016

L’équipe de communication digitale du Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace lançait ce lundi son premier LiveVendanges, les vendanges en « direct live » sur Facebook, au domaine Camille Braun à Orschwihr. Au bout de 2 heures, le reportage vidéo totalisait déjà plus de 10 000 vues.

À peine l’opération LiveVendanges a-t-elle été lancée sous l’œil avisé de Vincent Bullière, responsable communication digitale au Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace (Civa), qu’elle avait déjà été visionnée des milliers de fois. Pendant une semaine de vendanges, une petite équipe de tournage proposera quotidiennement un reportage en direct dans différentes scènes de vendanges, d’Orschwihr à Dambach-la-Ville, en passant par le vendangeoir Bestheim de Westhalten, le chai d’Émile Beyer à Eguisheim, le domaine Schmitt et Carrer à Kientzheim, le domaine Jean Becker de Zellenberg, pour finir, avec un banquet dans le chai bioclimatique du domaine Charles Frey à Dambach-la-Ville. Ces reportages peuvent être visionnés en direct ou en différé sur la page Facebook des Vins d’Alsace. « Au terme de ces « live Facebook » et des autres vidéos que nous allons réaliser, nous produirons un web documentaire d’une quinzaine minutes. L’idée est de présenter différentes approches de vignerons dans un reportage plutôt tourné vers la technique », résume Vincent Bullière, et mettant particulièrement en avant des vignerons bios : « C’est un parti pris que nous assumons pour communiquer sur le vignoble », revendique Vincent Bullière. « On n’arrive pas à l’improviste » Si la vidéo sur internet ne nécessite pas les moyens audiovisuels de la télévision, l’opération a néanmoins été soigneusement préparée par Gusti Terroir, le pseudonyme désormais le plus connu du vignoble alsacien qui n’est autre que celui de Vincent Bullière. « On n’arrive pas à l’improviste. Nous avons procédé la semaine dernière à des repérages dans le vignoble et réalisé une bande-annonce avec un drone 3D. » Mais au-delà, la mise en ligne d’une vidéo en direct live depuis le vignoble sur Facebook nécessite des moyens opérationnels appropriés. La page Facebook des vins d’Alsace, c’est 230 000 fans. Il lui faut donc un serveur adapté pour gérer le flux et intervenir directement avec des techniciens de Facebook pour la mise en ligne de la vidéo. Et cela nécessite un boîtier émetteur et amplificateur depuis les vignes, capable de saisir la meilleure bande passante parmi les réseaux captés. C’est l’agence parisienne Unami qui effectue la prestation. La vidéo était donc proposée en direct tous les midis de cette semaine sur la page Facebook, ainsi que sur le blog des vins d’Alsace. Elle est un moment fort de la communication des vins d’Alsace. Outre les 230 000 fans, le Civa revendique 210 000 fans pour la page Facebook de la Route des vins d’Alsace, et encore 40 000 autres fans pour la page internationale Alsaces Wines. « Nous avons un lien entre ces trois communautés, c’est le hashtag collectif #DrinkAlsace, dont on essaie de développer la visibilité, car c’est le trait d’union entre les réseaux, les pages du Civa et les opérateurs du vignoble », explique Vincent Bullière. Il n’oublie pas non plus les jeunes : « On mise sur Instagram, car Facebook est arrivé à maturité, et les ados désertent ce réseau pour Snapchat. » On l’aura compris, les réseaux sociaux ont désormais pris une place centrale dans la communication, des vins d’Alsace en particulier.

Publié le 05/10/2016

À Wettolsheim, le domaine Wunsch & Mann ouvre sa cour depuis juin dernier à un marché privé de producteurs bio. L’initiative attire encore plus les autochtones que les gens de passage.

« Nous sommes ouverts tous les jours et nous disposons d’une grande cour. Le mercredi est le jour du marché hebdomadaire dans le village, mais il se résume à un, parfois deux, stand (s). Nous nous sommes dit qu’il y avait matière à faire quelque chose de plus attractif, avec des producteurs bio locaux, le samedi, un jour qui correspond plus à un moment où les gens ont plus de temps qu’en semaine » raconte Maxime Mann, à la tête du domaine Wunsch & Mann avec son frère Thierry. Leur projet une fois identifié, les deux frères se mettent en quête de participants. En passant par le site de l’Agence bio et l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique en Alsace (OPABA), ils nouent des contacts, un par secteur de production. Au bout du compte ils réunissent un boulanger, un charcutier spécialiste des viandes de venaison, un producteur de fromages de chèvre et un de pain d’épices, un autre de sirops et de plantes aromatiques, un maraîcher et un savonnier. « Il reste de la place pour d’autres producteurs dont l’orientation ne concurrence pas celle des participants actuels » souligne Maxime. Le marché revient toutes les deux semaines. « Nous avons préféré être prudents. Ce rythme doit éviter l’essoufflement. Nous le tenons toute l’année. Nous avons jugé qu’arrêter l’été ferait courir le risque d’une reprise difficile » explique Maxime. Le premier marché a eu lieu le 4 juin 2016. Chaque exposant possède son stand. Il l’installe à partir de 8 h pour être prêt à 9 h. L’emplacement est gratuit. Des avancées de toit protègent du soleil ou de la pluie. Le marché est signalé par des panneaux en PVC mis en place le vendredi matin dans Wettolsheim et aux portes du domaine qui se situe à l’autre bout du village. Pour faire connaître le rendez-vous, chaque participant a mobilisé ses contacts sur les réseaux sociaux et a contribué à parts égales pour une centaine d’euros à la promotion de l’initiative sous forme d’un encart régulier dans la presse quotidienne. La distribution de flyer n’a pas été retenue afin de limiter le coût, mais n’est pas exclue par la suite. Une offre du jour Au comptoir dressé devant l’entrée de la cave, Thierry et Maxime Mann font déguster toute leur gamme d’Alsace, de l’edelzwicker à la vendange tardive. Ils la complètent avec leur propre jus de raisin, le rosé et les rouges de leur oncle qui les vinifie dans l’Aude. À chaque marché, ils prévoient une offre du jour choisie selon leur humeur du moment. Ce samedi-là, un crémant millésimé 2011 de plus de trente-six mois de lattes, assemblage de chardonnay, de pinots blanc et noir et d’un auxerrois barriqué six mois est proposé à 11,50 au lieu de 12,40 €. Un muscat, un pinot noir et un riesling grand cru lui tiennent compagnie sur la matinée. Caroline vient saluer Maxime. Elle connaît les vins du domaine. Elle habite Wettolsheim. Elle vient pour la deuxième fois. Elle trouve l’initiative « super ». Elle est là pour « la soutenir ». « Le marché nous a fait connaître y compris dans le village. La clientèle locale représente 70 % des gens qui se déplacent contre 30 % aux touristes » évalue Thierry. Justement, Michael est allemand. Il loue un hébergement à Turckheim pour le week-end. Il est venu « parce que c’est un marché bio ». Il trouve intéressant de voir une offre différente de celle à laquelle il est habitué. Il s’apprête à faire un tour de cave. Cet amateur de riesling n’exclut pas d’acheter à l’issue de sa visite s’il trouve « quelque chose qui lui plaît ». La fréquentation du marché a démarré sur les chapeaux de roue avant de connaître un fléchissement estival, vacances oblige. Septembre renoue avec « une bonne petite affluence ». « L’objectif est que les gens fassent leurs courses et passent un bon moment. Il y a des habitants du village qui ne nous connaissaient pas et qui sont venus nous acheter du vin pour la première fois. Des gens qui logent dans le voisinage reviennent déguster dans l’après-midi. Ce sont des ventes intéressantes. Les coffrets de deux à trois bouteilles et les cartons qui panachent les références ont le vent en poupe. Un quart des acheteurs repart avec au moins six bouteilles » notent les deux frères pour qui la clientèle particulière représente 35 % des ventes. À la fin de chaque édition, vers 12 h 30, les exposants se retrouvent pour faire le point. Ils se disent globalement satisfaits des retombées enregistrées jusqu’à présent. L’opportunité de proposer de la petite restauration, sous forme de planchette par exemple, est repoussée au jour où la fréquentation le justifiera. Dans l’immédiat, les exposants réfléchissent à la formule à mettre en place pour Noël.  

AEB France

Les innovations et les enjeux du secteur viticole

Publié le 04/10/2016

AEB France proposait dans le cadre de la foire aux vins de Colmar une conférence professionnelle sur les innovations et les enjeux du secteur viticole. Au programme notamment, l’utilisation des micro-organismes levuriens en œnologie pour favoriser la protection des jus.

Le thème abordé par AEB France lors de la foire aux vins de Colmar était lié à une problématique technique d’actualité. Depuis de nombreuses années en effet, la teneur en alcool des vins a tendance à augmenter (+ 2 % en 20 ans). Du coup, il y a eu une évolution des techniques de vinification. Avec le changement climatique, la récolte de baies à maturité donne des vins concentrés aux arômes plus expressifs. Une situation cependant préoccupante pour la filière viticole, car cela entraîne des modifications sur la typicité des vins. De plus, les habitudes de consommation ont fortement évolué et le marché actuel s’oriente davantage vers des vins à teneur modérée en alcool. « Réduire la teneur en alcool des vins reste un objectif prioritaire pour tous les protagonistes de la filière », estime-t-on chez AEB France. Pour y parvenir, la société a présenté une nouvelle levure nommée Alcomeno. C’est une souche de levures non-saccharomyces issue d’un programme de recherche sur l’écologie microbienne. Cette sélection issue de différents terroirs de Bourgogne a été menée en collaboration avec l’Université de la vigne et du vin (UVV) de Dijon. Elle appartient à l’espèce Kluyveromyces thermotolerans, souche de levure naturellement présente sur la baie de raisin qui participe, dès la phase de pré-fermentation alcoolique, à la complexité organoleptique du vin. « Son métabolisme entraîne une production importante d’acides organiques tel l’acide lactique et permet ainsi d’apporter au vin de la fraîcheur et de l’équilibre en bouche. Cela se traduit par une augmentation nette de l’acidité totale et une diminution du pH du vin », ajoute-t-on chez AEB France. Au niveau analytique, les vins fermentés avec cette levure se différencient par un rendement fermentaire en alcool plus faible et une augmentation d’acide lactique. Ces variations biochimiques dépendent du cépage, des conditions climatiques et de la qualité de l’implantation de la levure dans le moût. Éviter le sulfitage La conférence a également porté sur la problématique de la réduction d’emploi du SO2 dans un itinéraire technique en matière de bioprotection. Le principe est le suivant. Il s’agit d’implanter le plus rapidement possible des micro-organismes d’intérêt œnologique pour occuper la niche écologique et enrayer le développement des micro-organismes indigènes non désirés. Il faut le faire le plus tôt possible sur la vendange. Les objectifs techniques sont de vouloir limiter le temps de non-protection des raisins et du jus, mais également de ne pas sulfiter la vendange. Cet itinéraire technique appelé PrimafloraR évite précisément le sulfitage. Son utilisation limite la combinaison du SO2 en fin de fermentation alcoolique, empêche la sélection des souches résistantes au SO2. Par ailleurs, la bioprotection maintient la complexité des vins et la qualité aromatique. Il y a alors moins de production de H2S et les systèmes enzymatiques naturels sont préservés. Cette biomasse spécifique apporte alors du gras et de la complexité. Contrairement au SO2 solvant, PrimafloraR ne participe pas aux extractions d’amertumes, de goût de végétaux et dans le cas d’une vendange altérée, de goût de pourri. Le nouveau bouchon Zest La dernière partie de la conférence a permis de présenter un nouveau bouchon pour les vins effervescents appelé Zest. Il a été présenté comme le premier bouchon pour vin pétillant neutre en carbone. Récompensé aux trophées de l’Innovation du Simei à Milan en Italie en novembre 2015, il est le fruit d’un travail d’ingénierie précis et minutieux visant à résoudre les problèmes persistants auxquels sont confrontés bon nombre de producteurs aujourd’hui. Il est fabriqué à l’aide de la technologie Plantcorc® : matière première à base végétale issue de ressources renouvelables dérivées de la canne à sucre. Il a été conçu par la même équipe de chercheurs que celle qui a créé le Select® Bio, le premier bouchon neutre en carbone. Zest élimine le risque de TCA (trichloroanisole) et possède des performances œnologiques optimales qui protègent les arômes et la couleur des vins pétillants délicats.

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