Technique

Désherbage mécanique des cultures de printemps

Une alternative au désherbage chimique

Publié le 23/06/2017

Dans le cadre des opérations Agri-Mieux, la Chambre d'agriculture d’Alsace a récemment organisé une rencontre technique sur le désherbage mécanique des cultures de printemps. L’occasion de découvrir deux outils au travail. Et de faire le point sur la manière d’intégrer le désherbage mécanique dans les itinéraires techniques.

Les outils de lutte mécanique constituent l’un des leviers envisageables pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, moyennant quelques contraintes. « Il y a, en moyenne, une fenêtre de tir de dix jours par an pour utiliser ces outils », indique Sophie Quié, animatrice à l’Adar d’Obernai. Soit pas grand-chose. Ceci dit, l’objectif n’est pas de passer en tout mécanique, mais plutôt de panacher les solutions agronomiques, chimiques et mécaniques. « Il existe différentes stratégies, différents outils qui peuvent être éligibles à l’obtention de subventions dans le cadre du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles », poursuit la conseillère. Allier chimique et mécanique Blandine Fritsch, animatrice de l’opération Agri-Mieux dans le Kochersberg, a listé les avantages et les inconvénients de l’adoption d’une stratégie de désherbage mixte, ou complémentaire, c’est-à-dire alliant solutions chimiques et mécaniques. Parmi les inconvénients figure l’investissement dans du matériel supplémentaire, et des conditions optimales de traitement qui ne sont pas les mêmes en chimique qu’en mécanique. Parmi les avantages, outre la réduction des IFT, figure la possibilité d’associer désherbage mécanique et fertilisation localisée, se traduisant par une moindre volatilisation de l’engrais azoté, donc une plus-value. Pour Patrick Rohrbacher, conseiller agricole en Alsace du Nord, le désherbage mécanique est surtout à envisager pour du rattrapage, du nettoyage de bordures de parcelles… Et puis il s’agit aussi de considérer la flore adventice en place : « Le désherbage mécanique est efficace sur dicotylédones, mais moins sur les graminées, qu’il faut atteindre à un stade très jeune. Et, en présence de vivaces, ce n’est pas non plus une solution appropriée. Ni dans les parcelles en pente. » Par contre, le désherbage mécanique est envisageable sur de nombreuses cultures : maïs, sorgho, betteraves, soja, céréales à paille… Un suivi régulier des parcelles est requis afin de pouvoir régler correctement l’agressivité du matériel. Et puis, outre leur action désherbante, les outils de désherbage mécanique présentent l’avantage de casser les croûtes de battance, donc de permettre une meilleure infiltration de l’eau. L’aération du sol procuré pourrait aussi permettre de libérer des éléments minéraux bloqués. Biner et fertiliser à la fois David Kraemer, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace, a ensuite décrit les outils présentés ce jour-là. « La bineuse est l’outil le plus polyvalent. Son agressivité est définie par la rigidité des dents sur lesquelles sont fixés les socs, qui travaillent l’inter-rang. L’angle de pénétration des socs est également réglable avec des effets différents : plus le soc est parallèle au sol, plus on obtient un travail doux, de scalpage, plus il est perpendiculaire au sol, plus on obtient un travail profond, avec un volume de terre travaillé plus important et une meilleure efficacité pour casser les croûtes. » Les bineuses peuvent être équipées de différents types de socs : vibroculteur, patte d’oie, et plat, ou lame. Il existe aussi des demi-socs, qui permettent de projeter moins de terre. Un large choix de pièces travaillantes donc, sans oublier qu’une bineuse peut se coupler à d’autres outils. Le binage peut être effectué dès le stade 3-4 feuilles du maïs, avec des protège plants et à vitesse réduite afin de ne pas occasionner de dégâts sur la culture. Les inconvénients des bineuses sont qu’elles requièrent un semis soigné, éventuellement un investissement dans du guidage de précision pour plus de confort de travail, et que le rang n’est pas travaillé. À moins d’équiper la bineuse de doigts kress, qui permettent de travailler la ligne de semis. Le modèle présenté, la bineuse Monosem Multicrop, a été décrit plus en détail par Christian Kieffer, gérant de la concession Agrimat d’Hochfelden : « Ce nouveau modèle se règle facilement grâce à un système de butées qui permettent d’obtenir un travail plus ou moins agressif et plus ou moins profond, en fonction notamment du stade végétatif de la culture. Il est possible d’équiper le tracteur d’une trémie frontale pour faire de la fertilisation, de choisir entre différentes formes de socs, d’utiliser ou non les protège plants amovibles… » Roto-étrilleuse : une bonne efficacité pour casser les croûtes La roto-étrilleuse Aerostar-Rotation, du constructeur Einböck, a été présentée par Marius Bach, commercial à la concession Serma, avant d’être testée dans une parcelle de soja. « Le premier levier pour optimiser le désherbage, c’est la rotation. Puis la gestion du déchaumage et de l’interculture », estime Marius Bach, qui voit un autre avantage au désherbage mécanique : « Il n’y a pas de contrainte liée à la vitesse du vent ! » « Cette machine a été développée pour répondre à la problématique des levées tardives d’adventices, afin de pouvoir les détruire en grattant le sol alors que la culture est déjà développée », poursuit Marius Bach. Pour ce faire, le constructeur a misé sur un système d’étoiles de 52 cm de diamètre, montées avec des angles d’attaque différents et grâce à un système de double ressort. De par cette conception, la roto-étrilleuse est un outil qui présente aussi une très bonne efficacité pour casser les croûtes de battance. Benoît Gassmann a présenté les leviers issus de l’agriculture biologique qui sont transposables à l’agriculture conventionnelle en vue de réussir une stratégie de désherbage mixte. « En bio, l’objectif c’est d’avoir les parcelles les plus propres possible avant l’implantation des cultures. C’est pourquoi les semis sont assez tardifs, autour du 15 mai pour le maïs. C’est le temps nécessaire au déstockage des graines d’adventices en pratiquant des faux semis. » L’autre principal levier à actionner, c’est la rotation, avec notamment une alternance étudiée des cultures d’hiver et de printemps : « Après trois quatre années de cultures d’hiver, vous aurez quasiment épuisé votre stock semencier de graminées, dont la durée de vie dans le sol est relativement courte », illustre Benoît Gassmann, qui livre un autre facteur de réussite du désherbage mécanique : la ténacité. « Il faut répéter les passages, aussi bien en période de culture que d’interculture. » Retrouvez cette démonstration en vidéo :  

Désherbage mécanique

Une technique qui s’anticipe

Publié le 19/06/2017

La volonté des pouvoirs publics de restreindre l’utilisation des produits phytosanitaires incite de plus en plus d’agriculteurs à franchir le pas des techniques alternatives. Parmi elles figure le désherbage mécanique. Qui peut donner de bons résultats à condition de respecter certaines règles.

Dans le cadre de la Semaine des alternatives aux pesticides, qui s’est déroulée du 17 au 26 mars en Alsace, la Chambre d’agriculture d’Alsace organisait à Mommenheim une démonstration de deux outils de désherbage mécanique, une houe et une herse étrille de marque Hatzenbichler. Le principal risque que fait courir le désherbage mécanique, c’est celui d’arracher la culture en même temps que les adventices. Mais, en prenant certaines précautions, cela ne devrait pas arriver : « Il faut soigner la préparation du sol, de façon à avoir un sol le plus nivelé possible, et augmenter un peu la densité de semis », indique David Kraemer, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Les conditions d’intervention sont également importantes : « L’idéal, c’est d’intervenir sur un sol ressuyé et de préférence avant deux à trois jours de temps sec pour que les adventices arrachées s’assèchent en surface », détaille-t-il. D’autres facteurs conditionnent l’efficacité de l’intervention, notamment le type de rotation, la date de semis, la variété… « L’idéal est d’utiliser une variété qui démarre très vite en sortie d’hiver et au port étalé », note Benoît Gassmann, conseiller agricole à la Chambre d'agriculture d’Alsace. Désherber mais pas que La houe est un outil polyvalent, utilisable sur de nombreuses cultures et adventices, avec un débit de chantier élevé. Au-delà du désherbage, elle est aussi efficace pour casser les croûtes, ou encore effectuer un faux semis. Efficace sur jeune plantule, la houe le sera moins sur des vivaces ou sur des plantes à système racinaire pivotant, et son efficacité s’estompe sur sols meubles. Autre inconvénient : « Les possibilités de réglage sont limitées. » La houe rotative Hatzenbichler comporte 36 bras équipés d’un système non-stop à doubles ressorts. Les étoiles en acier de 550 mm de diamètre sont suivies d’une rangée de dents étrilles de série, qu’il est possible de compléter avec une deuxième rangée en option. L’agressivité de leur travail peut être réglée grâce à trois positions. Et le sens de rotation des étoiles peut être inversé. Il est donc possible de travailler avec la pointe ou le dos de la cuillère selon le type de sol. L’ensemble de l’outil pèse 1,7 t, et requiert donc un tracteur d’une puissance de 100 ch minimum. Selon les modèles, l’investissement sera de 15 000 à 20 000 €, sachant que, dans les aires d’alimentation des captages d’eau potable, il est possible de bénéficier de subventions allant de 40 à 60 % de l’investissement. Des plantes boostées par le stress La herse étrille est également un outil relativement polyvalent, avec un débit de chantier élevé, mais qui peut s’avérer limite en conditions battantes. Autres limites : « un risque de bourrage sur colzas en sortie d’hiver, de peignage lorsqu’il y a beaucoup de résidus, et une pénétration réduite sur sols secs ou limoneux. » Outre l’action de désherbage, un passage de herse étrille permet d’aérer le sol, de le niveler, d’incorporer des engrais… Plus la herse est passée sur des cultures jeunes, plus il est conseillé de rouler lentement. Il est conseillé d’intervenir lorsque les adventices sont encore au stade de jeunes plantules, et d’éviter les stades sensibles des cultures, telle que l’émergence. Lors des premières utilisations, l’effet d’un passage de herse étrille sur les cultures peut faire peur. Mais David Kraemer l’assure, il ne faut pas se fier aux apparences : « Les plantes s’en remettent vite. Elles sont même parfois boostées par ce stress. » Un travail sur mesure Toutes les dents de la herse étrille Hatzenbichler sont équipées de trois spires de ressort. Elles sont fixées sur des paniers très flexibles, à raison de huit paniers pour une largeur de travail de 12 m. Elles ne sont pas trop longues, afin de bien rester dans leur ligne de travail. Et quatre roues de jauge permettent de bien maîtriser la profondeur de travail. Différents diamètres de dents sont proposés, ce qui permet d’adapter le travail aux cultures. « Les dents de 8 mm de diamètre sont plutôt destinées à l’entretien des prairies », illustre David Kraemer, qui constate : « Les réglages d’une herse étrille sont parfois délicats au début, mais deviennent plus faciles avec la pratique. » Compter 12 000 € pour un modèle à réglage manuel et 15 000 € pour un modèle à réglage hydraulique. Retrouvez cette démonstration en images :  

Quatre représentations à Dambach-la-Ville, Marlenheim, Hoffen et Fénétrange

Niess Agriculture fait son show !

Publié le 15/06/2017

Après le Niess Viti Tour 2016, voici le Niess Agri Show 2017 ! Quatre représentations étaient au programme de cette tournée qui s’est déroulée du 7 au 15 juin dans les différentes bases du concessionnaire alsacien.

La maison Niess Agriculture n’est jamais à court d’idées quand il s’agit de dynamiser le marché du machinisme agricole. Olivier Meintzer, responsable commercial de Niess Agriculture, l’avait souligné lors des journées portes ouvertes de février dernier : « Nous avons pris l’habitude d’organiser des événements à intervalles réguliers. Celui de juin a pour but de présenter les nouveautés New Holland à nos clients agriculteurs. » Le Niess Agri Show a mobilisé les équipes depuis le mois de janvier. Mais au final, le jeu en valait la chandelle. Les nombreux agriculteurs qui ont répondu à l’invitation ont pu découvrir la nouvelle gamme de tracteurs New Holland, les T4, T5, T6 et T7 d’une puissance de 85 à 315 ch. Le concessionnaire présentait également des pulvérisateurs Berthoud, en particulier la nouvelle gamme de pulvérisateurs Hermes, remplaçants des Force II, ainsi que le Vantage Dark, un pulvérisateur tracté haut de gamme au design original. Enfin, Amazone présentait sa nouvelle gamme de charrues Cayros aux couleurs vert-orangé, pour des tracteurs de 140 à 260 ch, ainsi que l’épandeur d’engrais ZA-V, avec des capacités de 1 400 à 4 200 litres et une vitesse de travail allant jusqu’à 30 km/h. Et, clou du spectacle, des « poids lourds » du machinisme agricole, le tracteur New Holland T7 315 ch, tout droit sorti de l’usine, attelé à la presse à balles carrées New Holland Bigbaler 1290. De vraies vedettes, présentées en statique, avant de défiler devant les invités dans un déploiement d’effets spéciaux, machine fumigène à l’appui. Et bien sûr, la partie conviviale de ces soirées n’a pas été oubliée, avec buvette et restauration.

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