Technique

Maïs ensilage shredlage

Premiers ensilages en Alsace

Publié le 15/09/2017

La technique d’ensilage shredlage, en déchiquetant le maïs, doit permettre d’augmenter sa surface de contact, donc de favoriser sa fermentation au silo et sa digestion dans le rumen. Les premiers utilisateurs alsaciens en attendent des performances zootechniques accrues.

Un certain nombre d’entreprises de travaux agricoles ont investi cette année dans la technologie shredlage. Parmis elles figure l’ETA Friess, située à Rohr : « Le shredlage est une technique qui vient des États-Unis, et qui consiste à utiliser un éclateur spécial », explique Rémy Friess, gérant de l’ETA. Les rouleaux shredlage ont un profil en dents de scie et sont rainurés en croix. Les rouleaux avant et arrière tournent en sens contraire avec un différentiel de vitesse de rotation de 50 %. En passant à travers les rouleaux, la partie intérieure tendre des tiges est broyée dans le sens de la longueur, les rafles et les feuilles sont broyées, défibrées, et les grains de maïs éclatés. Mais pour que les tiges soient broyées dans le sens de la longueur, il faut partir de brins plus longs, donc d’un hachage plus grossier, ce qui suggère aussi d’équiper l’ensileuse d’un autre type de rotor, qui requiert plus de puissance. Le coût des chantiers s’en trouve augmenté, et leur débit diminué, « mais dans notre cas c’est compensé par l’augmentation de la puissance de l’ensileuse », indique Rémy Friess. L’entrepreneur a investi dans une ensileuse Claas Jaguar 960 équipée de la technologie shredlage parce qu’il a senti la demande se développer : « Les éleveurs sont à la recherche de solutions pour dégager de la marge. Or la technique du shredlage doit permettre d’accroître les performances alimentaires du maïs ensilage », indique Rémy Friess. Plus grossier, mais plus accessible Avec cette technique, le fourrage est fortement déchiqueté, la surface de contact du maïs est donc augmentée, et il est alors plus accessible aux micro-organismes du rumen, donc plus digestible. En outre, avec davantage de particules grossières, il fournit dans le même temps des fibres. Ce qui pourrait permettre d’améliorer le fonctionnement du rumen, tout en diminuant les apports de foin sec et/ou de paille. C’est après avoir lu plusieurs articles élogieux sur la technique du shredlage dans la presse spécialisée que les associés du Gaec de la Marjolaine, à Littenheim, ont décidé de la tester. Devant le silo qui se remplit avec les 21 ha de maïs ensilé en shredlage, contre 50 ha ensilés classiquement, Pierre Rheinhart, commente : « Il s’agit d’un maïs semé en dérobé après une céréale. Il est encore un peu vert pour être récolté, nous sommes à 29 - 30 % de matière sèche, mais nos autres parcelles ont été récoltées à l’optimum, soit 32 - 35 % de matière sèche, et on ne voulait pas multiplier les chantiers. Pour l’instant la qualité de la coupe a l’air bonne. On verra à l’ouverture du silo. » Combiner énergie et fibrosité Les éleveurs gèrent un troupeau de 150 vaches laitières de race prim holstein qu’ils nourrissent avec une ration composée de deux tiers d’ensilage de maïs, un tiers d’herbe, 1,5 à 2 kg de céréales, du tourteau de colza et de soja, des drêches de brasserie, du regain, et 200 à 300 g de paille. Pierre Rheinhart développe les raisons qui ont poussé les associés à tester la technique : « Notre principal objectif, c’est d’améliorer la santé des animaux. Notre production moyenne est d’environ 10 000 l de lait par vache, donc je ne pense pas qu’on en tirera beaucoup plus avec le shredlage. Par contre, à ce niveau de productivité, on risque vite l’acidose. On est toujours un peu sur le fil en début de lactation. Donc on cherche à diminuer le phénomène d’acidose, en faisant davantage ruminer les vaches. » Pour lui, l’avantage du maïs shredlage c’est de combiner énergie, puisque la cellulose est mieux attaquée dans la panse, et rumination, grâce aux fibres. « J’ai toujours trouvé ça un peu absurde de chercher d’une part à amener de l’énergie avec un type de fourrage, puis à la diluer avec un autre. Parce que si on a un maïs avec trop d’UF, on est souvent juste en fibrosité. Avec le maïs shredlage, on devrait combiner les effets positifs du maïs et de la paille. » Avec, peut-être, des économies de paille à la clé. Limiter les refus et l’acidose Les éleveurs espèrent aussi valoriser un maximum de fourrage : « Pour atténuer le risque d’acidose, on cherche à ne pas couper trop court. Mais en même temps les brins trop longs sont refusés par les vaches. Avec le shredlage, on a aussi des brins longs, mais comme ils sont lacérés, on espère avoir moins de refus, tout en limitant l’acidose. Si on y parvient et qu’on arrive à diminuer les frais vétérinaires, ce sera un plus ». Pour cette première tentative, la longueur de coupe a donc été réglée à 24 mm. Et, comme la nouvelle Claas Jaguar de l’ETA Friess est équipée d’un analyseur d’humidité, ce sera bien 24 mm quelles que soient les variations de la teneur en matière sèche au sein de la parcelle. En effet, situé sur la goulotte, l’analyseur mesure en temps réel l’humidité du maïs, ce qui permet d’ajuster la longueur de coupe. « Le silo contenant le maïs shredlage sera attaqué en janvier-février, puis nous reviendrons à un silo contenant du maïs ensilage classique, où nous avons mis du conservateur, en prévision de l’été. Notre salle de traite est équipée d’un compteur, donc nous verrons bien si nous constatons un changement à ce moment-là », conclu Pierre Rheinhart. Et, si la technique du shredlage tient ses promesses, les éleveurs n’hésiteront pas à convertir toute leur surface en ensilage à cette méthode. Retrouvez le chantier d’ensilage shredlage au Gaec de la Marjolaine en images :  

Publié le 07/08/2017

Ayant été élues « Machines de l’année » avec le Fastrac 8330 et le cultivateur Karat 12, JCB et Lemken sont partis cet été à la rencontre des agriculteurs à travers un road show permettant aux professionnels de tester ces matériels sur le terrain.

Le Fastrac 8330 JCB et le cultivateur Karat 12 Lemken sont en parfaite harmonie. Pour un travail superficiel à vitesse élevée avec le Karat 12 ou en profondeur mobilisant de la puissance, le Fastrac 8000 est capable d’apporter une puissance maximale de 348 ch. Et sa suspension intégrale procure un confort optimal. La répartition homogène du poids entre l’avant et l’arrière sur le Fastrac 8000, couplé au report de charge disponible sur le Karat 12, permettent de transmettre toute la puissance au sol. L’équilibre apporté par l’ensemble « tracteur-outil » mobilise également un poids mort moins important (masse avant) et permet de préserver la structure du sol surtout lorsque le Fastrac 8000 est équipé d’une monte de pneumatiques en 900/50R42. Karat 12 pour un déchaumage intensif Lemken a développé le Karat 12 pour les travaux superficiels et jusqu’à 30 cm de profondeur, en particulier pour les méthodes de culture sans labour sur sols lourds. Quatre rangées de dents avec un espacement des dents d’environ 23 cm ameublissent le sol ou produisent un effet de mélange. Les outils se changent facilement et rapidement grâce au système de remplacement rapide disponible en option. L’utilisation des nouvelles pointes de soc K8H à plaquettes carbure est recommandée pour un rendement élevé. Pour de grandes quantités de matière organique, la hauteur de châssis de 80 cm et l’espacement entre poutre de 90 resp. 80 cm procurent un excellent dégagement entre dents. Tout comme les séries Kristall et Karat 9, les cultivateurs Karat 12 sont équipés de disques concaves pour un nivellement optimal. Solidaires, les disques et rouleaux arrière ne doivent pas être ajustés séparément lors d’un changement de profondeur de travail des dents. Le train roulant est intégré entre les dents et les disques de nivellement. Le cultivateur est ainsi compact et stable, et très maniable en fourrières et sur route. Grâce à une répartition optimale des masses, même les rouleaux arrières très lourds peuvent être utilisés pour obtenir un bon rappuyage. La version de base du Karat 12 est équipée de sécurités à dégagement automatiques sans entretien. Les dents peuvent s’effacer jusqu’à 20 cm vers le haut pour assurer un travail sans interruption sur sols pierreux. Les forces de déclenchement allant jusqu’à plus de 550 kg procurent une très bonne assise des dents dans le sol. Le réglage hydraulique du rouleau arrière permet de régler depuis la cabine en continu la profondeur de travail. Pour un contrôle de profondeur précis, chaque unité de rouleau et disques concaves est équipée d’un système d’oscillation pendulaire pour un fonctionnement doux et une profondeur constante. Le Karat 12 peut aussi être utilisé sans rouleaux avec le contrôle de profondeur via le train roulant. Un système de report de charge hydraulique est disponible en option sur le nouveau Karat 12. Ce système permet de réduire le patinage et d’économiser le carburant.

6e Nocturne du pro Armbruster

Protéger l’utilisateur et l’environnement

Publié le 24/07/2017

La sixième édition de la Nocturne du pro a eu lieu le 11 juillet dernier à Saint-Hippolyte. Près de 500 agriculteurs et viticulteurs se sont déplacés pour découvrir les ateliers, techniques, démonstrations et matériels liés à la thématique de l’environnement et la protection de l’utilisateur.

Rendez-vous incontournable depuis sept ans, la Nocturne du pro d’Armbruster a une nouvelle fois tenu toutes ses promesses. Bien aidée par une météo peu propice aux travaux dans les champs, la manifestation organisée le 11 juillet au magasin Armbruster Vignes de Saint-Hippolyte a attiré pas loin de 500 agriculteurs et viticulteurs. Avec toujours la même formule : une soirée conviviale permettant aux invités de rencontrer les partenaires et fournisseurs du Groupe Armbruster, avec ateliers et démonstrations sur des nouvelles techniques ou des matériels innovants. Cette année, le focus a été porté sur la thématique de l’environnement et de la protection utilisateur. Un sujet « fondamental » pour les organisateurs qui estiment nécessaire de faire des rappels réguliers sur la question, tant les enjeux sont importants. « Les produits phytosanitaires véhiculent une image négative dans la société. D’autre part, il y a eu une prise de conscience chez les fabricants sur la nécessité de mieux protéger les utilisateurs. Enfin, c’est l’occasion de rappeler aux exploitants les bonnes pratiques à avoir pour se protéger soi et l’environnement dans lequel on travaille », indique Cyril Rolling, responsable développement Libre Service Agricole (Lisa) chez Armbruster. Une pulvérisation hyper précise En matière de matériel « sécurisant », le système EasyFlowtm développé par Bayer et Agrotop a fait forte impression. Il permet le transfert sécurisé des produits phytosanitaires du bidon au pulvérisateur. « On verse le produit à formulation liquide dans la cuve du pulvérisateur en toute sécurité : il n’entre en contact ni avec l’utilisateur, ni avec l’air. Il n’y a donc aucune émission d’effluent et donc aucun risque pour l’utilisateur. De plus, le bidon est prêt à être recyclé », souligne le représentant de Bayer. Un peu plus loin, la société Syngenta faisait des démonstrations de son Qualidrop, un outil « simple, pratique et léger » qui permet d’évaluer la répartition verticale de la pulvérisation en vigne et arboriculture. Le dispositif se compose d’un kit comportant des plaques noires à monter sur un support rigide. La pulvérisation d’un mélange d’eau et d’argile blanche ou de talc sur les plaques permet de visualiser les impacts des gouttelettes. Ceci permet de détecter les défauts de pulvérisation et facilite le contrôle du réglage en renouvelant l’opération autant de fois que nécessaire. Le dispositif est réglable en hauteur pour une utilisation sur cultures hautes et bascule à l’horizontale pour un nettoyage facilité. Le Qualidrop est proposé sous forme de service par Syngenta. Dans le cas présent, c’est un technicien d’Armbruster - spécialement formé pour l’occasion - qui se déplace chez l’exploitant pour réaliser l’opération et lui remettre ensuite un rapport permettant d’évaluer l’incidence de ses différents réglages. Des notices permettent d’interpréter les résultats. « C’est une technique qui n’est pas encore assez développée mais qui est amenée à l’être. Avec elle, 99,9 % du produit va sur sa cible et non plus à côté », assure Marc Alavoine, ingénieur conseil agriculture chez Syngenta. Dans le même ordre d’idée, la société De Sangosse organisait un atelier « Pulvérisation et fluométrie » pour constater de visu où vont les projections lors d’une pulvérisation grâce à des gouttes fluorescentes projetées sur des bâches noires. Parmi les autres stands, le public pouvait être sensibilisé à la collecte des déchets agricoles, l’état de la nappe phréatique d’Alsace, ou à la reconnaissance des maladies et ravageurs de la vigne. À noter enfin la présence d’un grand déstockage de vêtements de travail et accessoires, d’un château gonflable pour les enfants et de démonstrations en plein champ.

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