Technique

Bas-Rhin motoculture (BRM)

Sulky, Rabe et Valtra en démonstration

Publié le 19/10/2017

BRM, le concessionnaire de Mommenheim, a organisé une journée de démonstration à Wahlenheim, sur les terres de l’EARL Fornès Benoît. Au programme : le nouveau semoir Sulky Xeos Pro, la nouvelle charrue Super Albatros de Rabe, et le nouveau déchaumeur à disques Sunbird de Rabe. Le tout attelé aux nouveaux tracteurs Valtra équipés de consoles Smart Touch et d’auto-guidage.

Les agriculteurs étaient accueillis sur le site de la démonstration par Francis Conrath, gérant de BRM, et Alexandre Fornès, le fils de Benoît Fornès, qui avaient conjointement organisé cet événement. « Nous présentons un semoir Sulky Xeos Pro attelé à un Valtra N174 direct quatre cylindres, un déchaumeur décompacteur Sunbird de Rabe attelé à un Valtra T174 six cylindres avec autoguidage, et la charrue Super Albatros six socs à largeur variable, avec tête de suspension hydraulique. Tous ces outils sont attelés à des tracteurs Valtra équipés de consoles Smart Touch, visibles pour la première fois en Alsace, qui permettent, avec un seul doigt, de régler tout le tracteur », décrit Francis Conrath. Le déchaumeur à disques Sunbird était présenté associé à un décompacteur à quatre dents. « Le décompacteur sert à effacer les traces de tracteur, et les disques à effectuer des préparations de sol, du mulching », précise Joseph Brenckle, inspecteur commercial Rabe. Des opérations qui peuvent être effectuées séparément, en dissociant les deux outils, ou en un seul passage en les associant. Le déchaumeur Sunbird se caractérise par ses disques de grand diamètre (660 mm) équipés d’une sécurité ressort qui permet aux disques de s’effacer face à un obstacle pour ne pas casser le bras. Sur chaque disque une forte pression peut être exercée : 220 kg. Le Sunbird peut être équipé de différents types de rouleaux, ou d’un peigne. Il était présenté ce jour-là avec un double rouleau barre. « Les réglages s’effectuent par un système de vérin hydraulique, qui sert aussi à relever l’outil. L’entretien est très simple. En effet, les axes sont en téflon, donc le graissage est inutile », complète Joseph Brenckle. La nouvelle charrue Super Albatros 140 de Rabe était présentée en version varilarge à six corps équipés de versoirs spéciaux à claire-voie, et à rasettes spécifiques au maïs. Mais la principale particularité de cette charrue réside dans sa suspension intégrée sur tête d’attelage, une nouveauté qui absorbe les chocs en position attelée, ce qui permet de passer d’un champ à l’autre sans forcément passer en roue de transport, et limite les à-coups lors des retournements. Un semoir super-robuste Le nouveau combiné de semis pneumatique Sulky Xeos Pro comporte une roto herse montée à l’avant, à raison de quatre rotors par mètre, « ce qui assure un bon émiettement sans requérir une puissance de traction trop importante », indique Jean-François Huppé, inspecteur commercial Sulky. Ces éléments sont suivis d’un rouleau tracker, ou rayonneur, qui sert à rappuyer le sol en profondeur devant la future ligne de semis. Puis arrivent les éléments semeurs, encadrés par deux rangées de disques crénelés montés sur des parallélogrammes, et qui affichent une pression d’enterrage de 100 kg. L’ensemble se termine par une roulette de rappui, suivie d’une herse niveleuse. « Ce semoir pneumatique est équipé de l’entraînement électronique de la distribution et de la technologie DPA (débit proportionnel à l’avancement) assistée par radar », précise l’inspecteur commercial Sulky. Si le transport de la graine se fait de manière pneumatique, un système de décompression au niveau de l’élément semeur permet de la déposer en douceur dans le sillon. Jean-François Huppé avance : « Ce semoir est le seul sur le marché à présenter une telle capacité d’enterrage, ce qui autorise son utilisation en système traditionnel, en travail simplifié ou encore en conditions extrêmes, par exemple sur des sols durs, ou argileux. Il s’agit d’un semoir très robuste, équipé d’une ligne de semis identique à celles des semoirs de semis direct. Une robustesse qui lui permet de travailler à grande vitesse, jusque 12-13 km/h. Enfin, Sulky étant une société familiale et française, le semoir Sulky Xeos Pro est un semoir Made in France. » Retrouvez cette démonstration en vidéo :  

Témoignage Jean-Paul Simonnot

La passion de l’agronomie bio

Publié le 25/09/2017

Jean-Paul Simonnot cultive 195 hectares en bio à Montépreux dans la Marne, avec près d’une vingtaine de cultures dans son assolement. Itinéraire de cet agriculteur, président du Groupement d’agriculture biologique de la Marne.

Jean-Paul Simonnot s’installe en 1983 sur sa ferme familiale à Montépreux dans la Marne sur 80 hectares. Il intègre le Centre d’études techniques agricoles (Ceta) local, et travaille sur les charges de mécanisation. Elles révèlent que le labour coûte cher. Il passe en TCS en 1992 avec un Semexact Horsch, et obtient la même productivité. « On s’est ensuite attaqué aux intrants. On a acheté une station mobile de semence. Puis avec Bernard Demaine, on s’est inscrit dans une démarche de réduction de dose de phytosanitaires, et en ultra-bas volumes. On a réduit de 50 % les phytosanitaires. » Mais dans les années 2001, Jean-Paul Simonnot voulait aller plus loin que les TCS. « Les cours agricoles n’étaient pas satisfaisants. J’avais les stress, les cours, les parasites, sortir le pulvérisateur. Je pensais arrêter le métier. » Il profite des CTE pour convertir partiellement son exploitation à l’agriculture biologique. Soit 60 ha en 2001. Mais conserve ses quotas de betteraves. « J’ai planté des haies pour éviter les dérives sur mes parcelles. » « On savait produire, mais pas vendre » En 2006-2007, « on savait produire, mais pas vendre. Le marché n’était pas organisé. Le blé meunier à 220 € ne couvrait pas nos charges. » Les producteurs bios de Champagne-Ardenne se sont organisés pour centraliser l’offre. « Une coopérative, CercaBio, a été créée. Les cours sont remontés, puis Vivescia et Soufflet se sont mis à acheter. » En 2007, Jean-Paul Simonnot profite du plan d’abandon des quotas betteraviers, suite à l’ouverture des frontières au marché du sucre. « J’ai mis en place du chanvre, plante très rustique, qui s’intègre parfaitement dans l’assolement. » L’assolement est aujourd’hui composé d’un quart de luzerne, un peu moins d’un quart de blé, d’avoine destinée aux floconneurs, du lentillon sec de Champagne en association avec le seigle - le mélange est récolté en août, puis séparé par triage optique -, du chanvre haut de 2 mètres, qui s’intercale en milieu de rotation et qui a faculté d’étouffer l’herbe, du blé meunier de printemps de variété autrichienne - car il alterne les cultures d’hiver et de printemps -, et des contrats de semence blé-orge-avoine-pois. « Mon problème n° 1 c’est l’herbe », résume Jean-Paul Simonnot. « L’agronomie reprend tout son sens » « On n’a pas le droit à l’erreur, l’agronomie reprend tout son sens. On travaille sur l’aspect technique avec les Chambres d’agriculture. Il faut être à plusieurs ; progresser ensemble et partager aussi les échecs, témoigne-t-il. Avec le bio, j’ai dû ressortir la charrue à cause du repiquage des vulpins sortie d’hiver, cela dit, un coup de charrue tous les dix ans ce n’est pas grave. » L’exploitation Simonnot travaille beaucoup sur les techniques sous couvert : pour implanter une luzerne dans un triticale ou de l’orge de printemps en mars avec une herse étrille derrière. « On implante la luzerne au DPS 12. L’idéal est de retirer la paille à cause des problèmes de souris. On implante aussi des couverts de trèfle avec plus ou moins de succès, ce qui peut nous fournir 60 à 70 unités d’azote pour la culture suivante. » L’exploitation travaille aussi sur des associations type orge d’hiver-pois d’hiver qui lui donne 4 tonnes par hectare de mélange : « Je fournis des élevages de poules pondeuses bios locaux en féveroles, triticale, orges pois, et je récupère les fumiers ». Depuis qu’elle est passée en bio, l’exploitation a créé l’équivalent d’un ETP pour le désherbage manuel : il faut lutter contre le chardon, la folle avoine et le rumex. « Nous sommes sept à huit entre mai et juin pour le désherbage manuel : soit 700 heures, dont 200 h pour de l’œillette alimentaire dont on extrait de l’huile. Je compte sur une bineuse guidée par caméra qui laisse 2,5 cm de chaque côté du rayon pour rentabiliser cette culture onéreuse au désherbage. »

Publié le 19/09/2017

Ils sont pour l’instant sept agriculteurs du Centre Alsace et du sud du Bas-Rhin qui relancent la Cuma Terre et Prés, avec au programme des investissements en matériel agroenvironnemental pour les cultures spéciales pommes de terre, vignes, céréales.

Cuma Terre et Prés rassemble pour l’instant sept agriculteurs et viticulteurs des environs d’Obernai, dont la ferme du lycée agricole d’Obernai, et des cantons limitrophes du nord du Haut-Rhin. La dynamique de cette Cuma, qui avait été lancée par Raymond Durr à Boofzheim, retrouve un nouveau souffle grâce à l’impulsion des deux agriculteurs, Francis Humann et Maurice Meyer, qui peuvent compter sur un groupe d’agriculteurs tels Pierre Beinert et Freddy Merkling, bien décidés à co-investir dans du matériel agricole à vocation agroenvironnementale. Du matériel bien souvent très spécifique d’une culture, mais dont les vertus agronomiques sont éprouvées. Exemple. Récemment, chez Kévin Adam, de la ferme-restaurant la Coccinelle à Witternheim, les membres de la Cuma ont assisté à la démonstration de ce qui allait être leur premier investissement : une écimeuse Meneguzzo, dont le principe est d’écimer les adventices qui dépassent des cultures avant qu’elles montent à graine. Un outil en 12 mètres qui peut servir aussi bien pour les betteraves, pommes de terre, que contre les vulpins ou la folle avoine des céréales. Le groupe ambitionne d’acquérir en outre plusieurs outils tels qu’une défanneuse thermique pour pommes de terre, un retourneur d’andains pour compost. Il estime qu’il y aurait beaucoup de débouchés locaux s’il investissait dans une unité mobile de triage et de séchage des graines de semences ou destinées à alimentation. De même, un récupérateur de menue paille aurait la double vertu de constituer une litière nourrissante pour des élevages de volailles ou autres, pour ensuite être compostée ou méthanisée. Mais dans un premier temps, après l’écimeuse dont l’investissement est éligible au PVE (Plan végétal environnemental), le groupe réfléchit à la location d’un tracteur en commun, dont les besoins se font sentir en appoint dans les exploitations agricoles. À moyen terme, la Cuma jouerait un rôle de passerelle pour les échanges de matières organiques valorisées entre les exploitations qui en produisent et les exploitations qui l’utilisent, par exemple entre les élevages et la viticulture.

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