Les 1er et 2 juillet, le Réseau mixte technologique (RMT) Bien-être animal a rassemblé à Strasbourg scientifiques et techniciens œuvrant à l’amélioration du bien-être animal pour un colloque très dense. Du chemin reste à faire, mais les acteurs ont pris le taureau par les cornes.
Le bien-être animal repose sur cinq libertés : absence de faim, de soif, de malnutrition ; absence de peur et de détresse ; absence de stress physique ou thermique ; absence de douleur, de lésions et de maladies, possibilité pour l’animal d’exprimer les comportements normaux de son espèce.
Détecter précocement les maladies grâce à la technologie
C’est un fait : les éleveurs n’ont pas le temps d’observer le comportement de leurs animaux. Dommage, car cela leur fournirait de précieux renseignements sur le bien-être de leur troupeau. C’est là que les nouvelles technologies interviennent. Plusieurs solutions de suivi du comportement des animaux existent ou sont en cours de développement. Parmi celles existantes, citons le Vel'phone ou le Heat'live de la société Medria.
L’entreprise développe désormais un nouvel outil. Les vaches sont équipées de colliers munis d’accéléromètres qui permettent de détecter l’ensemble des activités (debout, couché, ingestion, rumination, inactivité, suractivité). Objectif : anticiper la détection des troubles de santé. Thomas Aubry, de Medria, est déjà en mesure de livrer quelques recommandations. « L’abreuvement est à monitorer davantage, tout comme la facilité d’accès des vaches à leur aire de repos. Car le temps de repos manqué c’est du temps d’ingestion perdu, donc une perte de productivité. Il faut aussi limiter les temps d’attente debout, car cela entraîne des boiteries… » Pour l’instant, l’outil ne permet pas encore de détecter précocement les maladies, mais de pointer des animaux qui nécessitent une attention particulière.
Des vaches sous l’œil des caméras
L’entreprise Rhône Conseil Élevage mise quant à elle sur des caméras Time Laps pour scruter à la loupe le comportement des bovins. Alexandre Batia, technicien, a commenté quelques images issues de cette démarche d’analyse baptisée pAnser vaches. Les caméras filment l'étable 24h/24. En accéléré, on voit l’éleveur affourager les animaux, ces derniers se diriger vers les auges ou les abreuvoirs après la traite. Ces images permettent de détecter des éléments qui pourraient être améliorés pour optimiser le cycle de vie des animaux. Par exemple, si ça bouchonne à l’abreuvoir, il gagnerait à être agrandi. Si les animaux mettent du temps à se coucher, c’est que l’ergonomie des logettes est à revoir. « 60 % de vaches couchées une heure après la distribution de la ration, c’est l’objectif à atteindre, explique Alexandre Batia. Et cela s’obtient avec des logettes bien adaptées. »
Des ovins équipés de traceurs
Les comportements des ovins aussi sont scrutés à travers le prisme des nouvelles technologies. Dans le cadre du projet CLOChèTE, ils sont équipés d’accéléromètre et de GPS émettant une alerte en cas de dépassement de zone de pâturage, indique Anne Aupiais, éthologiste à l’Institut de l’élevage. Problème de ces milieux : il n’y a pas toujours de réseau. Une faille que les chercheurs tentent de combler en mixant les réseaux LoRa et GPRS.
En effet, le réseau LoRa convient pour transmettre une faible quantité de données à bas coût énergétique. Alors que le réseau GPRS permet d’accumuler les données avant de les envoyer lorsque le capteur se situe dans une zone de couverture. « Nous travaillons à cumuler les deux solutions, en utilisant des capteurs LoRa qui peuvent basculer sur le réseau GPRS en cas d’alerte », indique Théo Kriszt, de Montpellier SupAgro.