Comptoir agricole
Une formation au semis de précision
Comptoir agricole
Publié le 06/12/2019
Le Comptoir agricole a organisé une formation au semis de précision avec l’entreprise américaine Precision Planting, et son distributeur Latitude GPS. Première étape de toute culture, la qualité du semis conditionne significativement leur avenir. Explications.
Le semis, c’est la genèse d’une culture. De sa réussite dépend en grande partie le bon développement des plantes par la suite, leur capacité à exprimer au maximum leur potentiel de rendement. Or de nombreux facteurs limitants, souvent invisibles, dégradent la qualité des semis. Les nouvelles technologies permettent désormais de les mettre en évidence. C’est le cheval de bataille de l’entreprise Precision Planting, qui a développé et développe encore tout un arsenal de capteurs dont il est possible d’équiper n’importe quel semoir. Objectif de ces capteurs : « Visualiser les performances du semis et piloter les paramètres qui ont un impact sur la programmation », indique Benoît Blateyron, responsable de l’Europe de l’Ouest pour Precision Planting. Pour illustrer l'importance de la qualité du semis, Benoît Blateyron avait ramené des maquettes de plants de maïs en 3D, avec des plants semés à diverses profondeurs, à divers écartements, et qui permettent de visualiser les conséquences de ces facteurs sur le développement du système racinaire, végétatif et reproducteur. Il illustre : « Deux pieds issus d’un doublon n’égaleront jamais un pied issu d’une graine simple en termes de nombre de grains, qui baisse en moyenne de 30 % en cas de doublon. » Ces maquettes lui permettent aussi d’insister sur l’importance d’arriver à une profondeur de semis régulière pour éviter les décalages de stade : « En fonction de la profondeur de semis, le mésocotyle mettra plus ou moins de temps à émerger. Et l’énergie dépensée pour faire émerger la plantule ne va pas au développement du système racinaire, ce qui se traduit par un retard de stade ». La juste profondeur L’intérêt des capteurs Precision Planting était démontré grâce à la décortication d’un élément semeur et sa reproduction à plus grande échelle. Devant un disque semeur mal réglé, qui entraîne à la fois un double et un manque, Benoît Blateyron constate : « Dans ce cas, la population est bonne, puisque le double compense le manque, mais pas le placement. Et ça, les terminaux de pilotage classique ne le montrent pas, contrairement au nôtre ». Precision Planting équipe aussi les semoirs de capteurs d’effort, qui permettent de mesurer le pourcentage de temps où l’élément semeur a exercé la pression au sol voulue, des accéléromètres, qui mesurent la stabilité des éléments car « si elle varie trop, la profondeur de semis aussi ». Un autre capteur, baptisé Smart Firmer, permet de déterminer si les conditions de semis sont réunies. Il s’agit d’une languette de rappui équipée d’un spectromètre intégré, capable de mesurer en temps réel la température et l’humidité qui règnent dans le sillon. « Ce sont les deux facteurs qui influencent le plus la levée, rappelle Benoît Blateyron. Pour germer, une graine de maïs doit pouvoir absorber 30 % de son poids en eau, et se situer à 10-12 °C. Le fait de connaître ces deux paramètres permet donc aussi de déterminer si la profondeur de semis est adaptée aux conditions de semis, où s’il vaut mieux aller chercher un peu d’humidité plus en profondeur, ou de chaleur plus en surface », décrit Benoît Blateyron. Dans un premier temps, le suivi des indications fournies par ces capteurs permet donc de visualiser si les paramètres de semis sont bien réglés. Synchroniser les levées L’étape suivante consiste à contrôler la qualité du semis, grâce aux remontées des capteurs. C’est déjà le cas avec le système Delta Force, qui permet d’ajuster automatiquement la pression exercée sur le sol, selon la pression enregistrée par le capteur. Precision Planting propose aussi de remplacer la distribution existante par une version moins sensible au calibre des graines. « Comme elle est à entraînement électrique, elle est adaptée à la coupure de rang automatique, donc à la modulation du semis », précise Benoît Blateyron. Autre exemple de modulation automatique déjà proposée : celle du débit rang par rang de l’apport en engrais phosphaté liquide, injecté dans le sillon pour être directement assimilable. Le système Furrow Force, quant à lui, permet d’obtenir une fermeture du sillon homogène puisque la force de rappui est adaptée en fonction de la mesure de la résistance au sol. Enfin, Precision Planting teste actuellement une innovation, baptisée Smart Depth. Il s’agit cette fois d’adapter la profondeur de semis, dans une plage définie, par exemple entre 4 et 6 cm de profondeur, en fonction de l’humidité mesurée en direct dans le sol. Objectif : « Synchroniser les levées, par exemple entre des veines d’alluvions et d’argiles », illustre Benoît Blateyron, qui annonce une mise sur le marché potentielle de l’outil pour le printemps 2021.












