Technique

Valorisation agricole des produits résiduaires organiques

Une solution vertueuse à préserver

Publié le 26/11/2019

Épandre les boues issues du traitement des eaux usées sur les terres agricoles permet à la fois de valoriser un déchet et d’apporter des éléments fertilisants dans les champs. Une solution vertueuse donc. Mais non sans enjeux. Un colloque organisé par le Syndicat des eaux et de l’assainissement (SDEA) Alsace-Moselle et la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) a permis de cerner les défis à relever pour pérenniser cette filière.

« Un thème peu attractif, mais essentiel au cycle de l’eau. » C’est ainsi que Denis Hommel, président du SDEA, a introduit le colloque sur la valorisation agricole des boues. Car ce recyclage, effectué en partenariat étroit avec le monde agricole, participe à la préservation de la qualité de la ressource en eau. En effet, dans le Bas-Rhin, le taux de recyclage des eaux usées est proche de 100 %. Et les installations de traitement sont de plus en plus performantes. Elles rejettent donc d’un côté de l’eau nettoyée, apte à être rejetée dans le milieu naturel, et un sous-produit, les boues d’épuration. L’objectif de leur épandage en milieu agricole est de « faire de ce déchet une ressource, dans une logique d’économie circulaire, via un recyclage local affichant un bilan économique et environnemental positif », poursuit Denis Hommel. L’épandage agricole des boues existe depuis presque aussi longtemps que les stations d’épuration. Mais leur multiplication a conduit à encadrer cette pratique : « En 1998, la réglementation a notamment défini les boues comme des déchets », pose Céline Veit, responsable de la mission déchets et matière organique à la Chambre d’agriculture Alsace. Ce qui implique que leur devenir relève de la responsabilité de leur producteur, en l’occurrence le SDEA. La réglementation stipule aussi que leur épandage n’est autorisé que si l’intérêt agronomique et l’innocuité pour les sols et les cultures sont démontrés. Le principal intérêt agronomique des boues d’épuration réside dans leur valeur fertilisante, notamment en azote et en phosphore. Cela permet aux agriculteurs qui en épandent de réduire les doses d’engrais de synthèse, voire de s’en passer. En outre, certaines boues sont chaulées avant d’être épandues, ce qui permet d’effectuer un chaulage d’entretien des terres acides. « Enfin, lorsque les boues sont compostées avant d’être épandues, elles représentent une source de matière organique stable, qui améliore la structure des sols, leur capacité de rétention en eau des sols », décrit Céline Veit.     Une pratique encadrée Bonnes pour le sol, les boues d’épuration le sont donc effectivement, a priori. Mais tous les sols ne sont pas égaux face aux boues. Aussi « l’intérêt agronomique pour le milieu récepteur est-il caractérisé via des études de sol réalisées initialement par des pédologues de bureaux d’études et, depuis 10 ans, par le SDEA », indique Thierry Willmann, responsable technique de la valorisation des boues au SDEA. Ces études permettent de vérifier l’aptitude des sols à valoriser les éléments fertilisants, à déterminer s’il y a lieu d’adapter la période, le mode ou encore la dose d’épandage, notamment afin d’éviter le lessivage… « Nous avons référencé 800 types de sol, avec des capacités de valorisation spécifiques », souligne Thierry Willmann. Sur la base de ces analyses de sol, des périmètres d’épandage sont établis. Et les boues sont épandues sur les parcelles des exploitants qui les acceptent par des Entreprises de travaux agricoles (ETA), validées par les agriculteurs. L’effet des épandages à répétition de boues d’épuration est étudié grâce à un suivi analytique : « Avant tout premier épandage sur une exploitation, une parcelle de référence est désignée pour y effectuer des mesures portant tant sur les éléments minéraux que d’autres substances, comme les Éléments traces métallique (ETM). Et, au bout d’un certain nombre d’épandages, des analyses de contrôle sont effectuées, afin de mettre en évidence d’éventuelles variations de paramètres, comme la hausse de la teneur en matière organique, et de vérifier qu’il n’y a pas d’accumulation d’éléments indésirables », décrit Thierry Willmann. Des analyses de reliquats azotés sont également effectuées en sortie hiver, pour adapter la stratégie de fumure. Réduire les distances parcourues Les boues d’épuration sont issues du traitement d’eaux qui ont été rejetées dans le réseau après avoir été utilisées pour tirer la chasse d’eau, faire le ménage, la vaisselle, avec des produits dont l’innocuité laisse parfois à désirer. Pour vérifier leur innocuité et les caractériser au regard de leur teneur en éléments fertilisants, en ETM, en composés traces organiques… les boues sont donc analysées avant d’être épandues. « En 2018, 700 analyses ont été effectuées, avec un taux de conformité de 100 % », se félicite Thierry Willmann, qui note : « le meilleur moyen d’obtenir des boues conformes, c’est de maîtriser les rejets dans le réseau. » C’est pourquoi des agents du SDEA contrôlent les rejets des industriels, des artisans, et œuvrent à l’amélioration de leur impact sur le réseau d’assainissement. Le SDEA a aussi pour mission d’assurer la traçabilité des pratiques d’épandages. Les nouvelles technologies sont mises à contribution : géolocalisation du parcellaire épandu, transmissions des informations en direct aux chauffeurs des ETA grâce à une application dédiée. Objectif 2020 : « Faire le lien avec les données des agriculteurs, notamment vers Mes P@rcelles », annonce Thierry Willmann. Le SDEA cherche à améliorer les pratiques d’épandage, et à les adapter aux évolutions des pratiques culturales. Exemples : l’utilisation d’automoteurs équipés de pneumatiques basse pression pour limiter le tassement des sols, l’enfouissement des boues liquides pour limiter la volatilisation de l’azote et les nuisances olfactives. Et, afin de répondre aux exigences du contexte agricole local et réglementaire, le SDEA adapte ses équipements. « Nous avons augmenté notre capacité de stockage afin de diminuer le nombre d’épandages, nous nous sommes équipés en séchage solaire afin de réduire le volume de boues et de les stabiliser, certaines stations d’épuration sont équipées d’unité de co-compostage de déchets verts et de boues d’épuration, d’autres d’unité de méthanisation… » À l’horizon 2030, le défi que se fixe le SDEA est de parvenir à réduire la distance parcourue par les boues pour les traiter : « Certaines parcourent plus de 200 km entre leur lieu de production, de traitement et d’épandage, ce qui n’est pas satisfaisant. Notre objectif est d’atteindre un seuil de 50 km maximum autour du lieu de production », informe Thierry Willmann. Ce qui passera par la construction d’unités de traitement mutualisées.    

Publié le 11/10/2019

Yannick Fischer, éleveur laitier à Gottesheim, a perdu son bras en nettoyant une presse à balles rondes en 2015. Depuis, il a acheté des machines adaptées à sa nouvelle condition physique. Dernière acquisition en date : un chariot télescopique conçu spécialement pour lui.

Victime d’un accident en 2015, alors qu’il procédait à l’entretien de sa presse à balles rondes pour l’hivernage, Yannick Fischer a eu le bras droit arraché. Hospitalisé durant huit semaines, il a subi huit opérations, avant d’entamer une période de rééducation et d’être appareillé d’une prothèse en 2017. « Heureusement que mes parents étaient là pour faire tourner l’entreprise », se souvient Yannick Fischer. Il a aussi pu compter sur sa compagne, Anne-Catherine, pour le volet administratif. Et sur ses amis Thomas, Adrien, Jean-Luc et Julien pour seconder ses parents, ainsi que sur le service de remplacement et les membres de sa Cuma. Passé ce moment dramatique, il a fallu reprendre le travail sur son exploitation. « Le plus gros souci, ça a été tous les travaux qui demandent deux mains : utiliser une pelle, un balai, un râteau, ou même poser un tube intramammaire pour le tarissement, c’est impossible avec une seule main », raconte Yannick Fischer. Sans parler de la conduite des engins de ferme. Un taxi à lait pour les veaux Lors de sa prise en charge au centre Clémenceau à Strasbourg, Yannick Fischer est suivi par Comète, une association dont l’objectif est de préparer la réinsertion socioprofessionnelle des patients. C’est avec cet organisme qu’il prépare un dossier pour adapter à son handicap les différents postes de travail de son élevage, qui compte actuellement 90 laitières pour une production proche du million de litres. « On est parti d’une journée-type et on a regardé où ça coinçait », se remémore l’éleveur. Il s’équipe ainsi d’une machine à curer les logettes avec épandeur à chaux, d’un repousse-fourrage et d’un taxi à lait pour distribuer le lait aux veaux. Ce dernier équipement lui permet de ne pas porter de seau de lait à bout de bras : car s’il lui reste un bras valide, il faut penser à ne pas trop le solliciter. Pour effectuer les travaux d’élevage et aux champs, Yannick Fischer doit remplacer un de ses tracteurs par un modèle plus adapté à son handicap, un 4 cylindres polyvalent, au gabarit plus compact que le précédent et doté d’un système d’autoguidage. « Mettre les commandes à gauche l’aurait rendu impossible à revendre, explique l’éleveur. Mais avec l’autoguidage, je peux lâcher le volant et me concentrer sur l’outil. » Le tracteur enregistre toutes les séquences en bout de champ : une simple pression sur un bouton permet de les rappeler. Les autres tracteurs sont équipés de boîtes à variation continue, ce qui permet une conduite à la pédale. D’autres investissements, plus modestes, viennent lui faciliter la tâche tels qu’une clé à choc pneumatique pour changer les roues du tracteur et une grue d’atelier pour soulever les charges. Pour la traite, Yannick Fischer est déjà équipé d’un robot, acquis en 2010 mais celui-ci étant arrivé à saturation, il ajoute une deuxième stalle en 2017. Les commandes déportées à gauche Dernièrement, pour remplacer un tracteur d’élevage avec boîte mécanique, l’éleveur a investi dans un chariot télescopique MLT 741-140 V +. La machine facilite les travaux de manutention, le transport des balles rondes et le curage de l’étable. Manitou, son constructeur, l’a adapté spécialement pour Yannick Fischer en déportant sur un accoudoir à gauche les commandes qui se situent à droite sur un modèle classique. Une première pour l’entreprise, qui a mobilisé son bureau d’études sur ce projet. « La principale modification, c’est le positionnement du joystick et de toutes les commandes à gauche, mais il y a aussi les automatismes de fonctionnement : la remise à plat du godet, la sortie du télescope et le système de secouage, utilisable quand on travaille avec du fumier », explique Arnaud Van’t Klooster, chef des ventes pour l’Alsace chez Somatec Manutention, le concessionnaire exclusif Manitou dans la région.     L’engin est doté d’une boîte à variation continue, pour une conduite souple et sans à-coups. Les vitres et les rétroviseurs sont électriques et l’appareil est doté de deux caméras de recul. Une arrière et une latérale. Le verrouillage des accessoires est hydraulique, ce qui permet de changer d'outil et de verrouiller sans quitter son poste de conduite. À l’avenir, l’éleveur pourra accrocher à son chargeur un plateau à freinage pneumatique. « Manitou était le seul à pouvoir répondre à ma demande de manière rapide », avance Yannick Fischer, qui avait sollicité plusieurs marques. Invité à l’usine d’Ancenis (Loire Atlantique), le berceau historique de Manitou, l’éleveur a rencontré les salariés du bureau d’études de la marque. Il a pu visualiser en 3 D la cabine modifiée et valider le projet. « C’est vraiment un engin sur-mesure », souligne Jean-Marc Millée, directeur commercial et opérationnel de Somatec Manutention. Yannick Fischer a bénéficié d’une aide de l’Agefiph, un organisme œuvrant pour l’emploi des personnes handicapées. La subvention couvre 50 % de l'achat d'équipements liés à son handicap. Des aménagements vitaux pour Yannick. Grâce à eux, il peut continuer à exercer son métier.

Publié le 03/10/2019

Agrimat organisait, mardi 24 septembre, une démonstration de matériels des marques Krone, Amazone et Case IH. L’occasion de présenter les nouveautés au champ.

Mardi 24 septembre, Agrimat avait donné rendez-vous à ses clients pour une démonstration de matériels entre Hochfelden et Schaffhouse. Une présentation axée sur le matériel de fenaison avec la marque Krone, sur le travail du sol et les semis avec les machines Amazone, et sur les tracteurs Case IH. « L’objectif est de montrer les nouveautés et l’étendue de la gamme dans chacune des marques en profitant de la présence des inspecteurs commerciaux », confiait Christian Kieffer, d’Agrimat. Chez Krone, c’est l’occasion de présenter le combi-enrubanneur Comprima CV150 Xtreme, une machine dédiée aux entreprises de travaux agricoles et aux Cuma, qui complète la gamme des presses à balles rondes. Outre qu’elle offre un important débit de chantier, « elle a la capacité d’avaler du fourrage extrêmement sec comme de l’extrêmement humide, d’où son nom », explique Frédéric Bertin, inspecteur commercial Krone pour le Nord-Est. Cette machine traînée présente un autre avantage : elle est autonome au niveau de son hydraulique. En présentation également, un ensemble combiné faucheuse avant ECF 320-faucheuse arrière ECR 320. Cet ensemble sans conditionneur a la particularité d’associer une faucheuse frontale en version poussée, avec un gabarit réduit qui facilite le transport sur route, avec une faucheuse arrière en version pendulaire permettant un suivi du terrain au plus près. La combinaison des deux permet de faucher plus large - 6 mètres de largeur de coupe - en un seul passage et avec un seul tracteur, ce qui économise du temps et du fuel, précise Frédéric Bertin. Du côté des faneuses, l’accent est mis sur la semi-portée KWT 8.82, d’une largeur de travail de 8,80 m. Elle peut être accrochée à un tracteur de faible puissance et ne nécessite aucun entretien journalier. Sa transmission entre toupies sans croisillon est un gage de fiabilité et de simplicité d’entretien, selon l’inspecteur commercial de la marque. L’andaineur traîné Swadro 710.26T est doté de 13 bras par toupie pour une qualité de ramassage optimale. La vitesse de rotation des toupies lui permet de préserver les fourrages, notamment les légumineuses. Le Swadro est capable de former un ou deux andains, sur une largeur de travail de 6,80 m. Comme c’est une machine « très maniable, elle permet de travailler en terrains accidentés, dans les vergers, partout où il y a du relief », assure Frédéric Bertin. Du côté des presses à balles rondes, c’est la Fortima V1800 MC qui est exposée : avec sa chambre variable de 0,90 m à 1,80 m, ses 17 couteaux avec sécurité individuelle chacun, son pick-up sans came, elle offre un bon débit de chantier et ne nécessite aucun entretien. La presse à balles carrées Big Pack 1290XC, quant à elle, est dotée de 26 couteaux à sécurité individuelle escamotable. On retrouve le pick-up sans came. Elle est dotée de deux essieux pour améliorer le confort de travail et éviter le tassement au champ. Son autre atout réside dans la régularité et la densité des bottes qu’elle confectionne, d’un format de 120 x 90 cm. Charrue ou CombiDisc Chez Amazone, c’est le matériel de travail du sol et de semis qui tient la vedette : la charrue 5 socs réversibles, matériel récent chez le constructeur, n’est pas dans des conditions de travail idéales, tant le sol est dur. Place alors au CombiDisc Catros, un déchaumeur à double rangée de disques et rouleau de rappui Matrix. « C’est un outil qu’on peut utiliser pour le déchaumage ou les préparations d’automne en remplacement d’une charrue », explique Laurent Kubler, inspecteur commercial de la marque. Il permet de travailler le sol sur 5 cm, le rouleau venant appuyer la terre pour garder la fraîcheur dans le sol. « On retrouve ce rouleau sur la gamme de semis pour rappuyer la ligne de semis et assurer une levée régulière. » Les disques crénelés, de 510 mm de diamètre, sont complètement indépendants et dotés d’une sécurité indépendante. La gamme Catros est disponible de 3 à 12 m. Pour le semis, le combiné Cataya fait figure d’innovation. « C’est un semoir hybride avec une distribution mécanique entraînée électriquement », souligne Laurent Kubler. L’avantage de ce système : une plus grande facilité d’étalonnage, de mise en œuvre et de réglage du débit. Le combiné de semis Cataya innove aussi par sa ligne de semis Twintec. Il peut être combiné à un CombiDisc ou à une herse rotative. Dans ce dernier cas, précise l’inspecteur commercial, il peut travailler dans des sols moins préparés, avec un débit de chantier moindre et davantage de prise de puissance. Côté tracteurs, Agrimat a choisi de mettre en avant le nouveau Maxxum C150 CVX en 6 cylindres, ainsi que le Puma 200 CVX de Case IH. Tous les deux sont équipés d’un système de guidage automatique avec une précision RTK de 2 cm. « La précision RTK est transmise au tracteur par le réseau RTK Plus de Case IH, souligne Yvan Thiebaut, commercial chez Agrimat. Ce système passe par les ondes téléphoniques des trois opérateurs nationaux, le tout sur un réseau prioritaire. Grâce à la mise en réseau des balises, les clients passent automatiquement de l’une à l’autre. » Grâce à ce signal, tous les travaux agricoles sont réalisables. Aux côtés de ces deux tracteurs, Agrimat présente la gamme Luxxum, dont un tracteur équipé d’un chargeur avec transmission 4 rapports sous charge. Des tracteurs plus polyvalents avec cabine et pont suspendu pour le confort du conducteur.

Pages

Les vidéos