Technique

Publié le 03/10/2019

Agrimat organisait, mardi 24 septembre, une démonstration de matériels des marques Krone, Amazone et Case IH. L’occasion de présenter les nouveautés au champ.

Mardi 24 septembre, Agrimat avait donné rendez-vous à ses clients pour une démonstration de matériels entre Hochfelden et Schaffhouse. Une présentation axée sur le matériel de fenaison avec la marque Krone, sur le travail du sol et les semis avec les machines Amazone, et sur les tracteurs Case IH. « L’objectif est de montrer les nouveautés et l’étendue de la gamme dans chacune des marques en profitant de la présence des inspecteurs commerciaux », confiait Christian Kieffer, d’Agrimat. Chez Krone, c’est l’occasion de présenter le combi-enrubanneur Comprima CV150 Xtreme, une machine dédiée aux entreprises de travaux agricoles et aux Cuma, qui complète la gamme des presses à balles rondes. Outre qu’elle offre un important débit de chantier, « elle a la capacité d’avaler du fourrage extrêmement sec comme de l’extrêmement humide, d’où son nom », explique Frédéric Bertin, inspecteur commercial Krone pour le Nord-Est. Cette machine traînée présente un autre avantage : elle est autonome au niveau de son hydraulique. En présentation également, un ensemble combiné faucheuse avant ECF 320-faucheuse arrière ECR 320. Cet ensemble sans conditionneur a la particularité d’associer une faucheuse frontale en version poussée, avec un gabarit réduit qui facilite le transport sur route, avec une faucheuse arrière en version pendulaire permettant un suivi du terrain au plus près. La combinaison des deux permet de faucher plus large - 6 mètres de largeur de coupe - en un seul passage et avec un seul tracteur, ce qui économise du temps et du fuel, précise Frédéric Bertin. Du côté des faneuses, l’accent est mis sur la semi-portée KWT 8.82, d’une largeur de travail de 8,80 m. Elle peut être accrochée à un tracteur de faible puissance et ne nécessite aucun entretien journalier. Sa transmission entre toupies sans croisillon est un gage de fiabilité et de simplicité d’entretien, selon l’inspecteur commercial de la marque. L’andaineur traîné Swadro 710.26T est doté de 13 bras par toupie pour une qualité de ramassage optimale. La vitesse de rotation des toupies lui permet de préserver les fourrages, notamment les légumineuses. Le Swadro est capable de former un ou deux andains, sur une largeur de travail de 6,80 m. Comme c’est une machine « très maniable, elle permet de travailler en terrains accidentés, dans les vergers, partout où il y a du relief », assure Frédéric Bertin. Du côté des presses à balles rondes, c’est la Fortima V1800 MC qui est exposée : avec sa chambre variable de 0,90 m à 1,80 m, ses 17 couteaux avec sécurité individuelle chacun, son pick-up sans came, elle offre un bon débit de chantier et ne nécessite aucun entretien. La presse à balles carrées Big Pack 1290XC, quant à elle, est dotée de 26 couteaux à sécurité individuelle escamotable. On retrouve le pick-up sans came. Elle est dotée de deux essieux pour améliorer le confort de travail et éviter le tassement au champ. Son autre atout réside dans la régularité et la densité des bottes qu’elle confectionne, d’un format de 120 x 90 cm. Charrue ou CombiDisc Chez Amazone, c’est le matériel de travail du sol et de semis qui tient la vedette : la charrue 5 socs réversibles, matériel récent chez le constructeur, n’est pas dans des conditions de travail idéales, tant le sol est dur. Place alors au CombiDisc Catros, un déchaumeur à double rangée de disques et rouleau de rappui Matrix. « C’est un outil qu’on peut utiliser pour le déchaumage ou les préparations d’automne en remplacement d’une charrue », explique Laurent Kubler, inspecteur commercial de la marque. Il permet de travailler le sol sur 5 cm, le rouleau venant appuyer la terre pour garder la fraîcheur dans le sol. « On retrouve ce rouleau sur la gamme de semis pour rappuyer la ligne de semis et assurer une levée régulière. » Les disques crénelés, de 510 mm de diamètre, sont complètement indépendants et dotés d’une sécurité indépendante. La gamme Catros est disponible de 3 à 12 m. Pour le semis, le combiné Cataya fait figure d’innovation. « C’est un semoir hybride avec une distribution mécanique entraînée électriquement », souligne Laurent Kubler. L’avantage de ce système : une plus grande facilité d’étalonnage, de mise en œuvre et de réglage du débit. Le combiné de semis Cataya innove aussi par sa ligne de semis Twintec. Il peut être combiné à un CombiDisc ou à une herse rotative. Dans ce dernier cas, précise l’inspecteur commercial, il peut travailler dans des sols moins préparés, avec un débit de chantier moindre et davantage de prise de puissance. Côté tracteurs, Agrimat a choisi de mettre en avant le nouveau Maxxum C150 CVX en 6 cylindres, ainsi que le Puma 200 CVX de Case IH. Tous les deux sont équipés d’un système de guidage automatique avec une précision RTK de 2 cm. « La précision RTK est transmise au tracteur par le réseau RTK Plus de Case IH, souligne Yvan Thiebaut, commercial chez Agrimat. Ce système passe par les ondes téléphoniques des trois opérateurs nationaux, le tout sur un réseau prioritaire. Grâce à la mise en réseau des balises, les clients passent automatiquement de l’une à l’autre. » Grâce à ce signal, tous les travaux agricoles sont réalisables. Aux côtés de ces deux tracteurs, Agrimat présente la gamme Luxxum, dont un tracteur équipé d’un chargeur avec transmission 4 rapports sous charge. Des tracteurs plus polyvalents avec cabine et pont suspendu pour le confort du conducteur.

Ferme Dephy à Galfingue

Moins de phytos, plus de marge

Publié le 27/09/2019

À Innov & moi, Olivier Bischoff, agriculteur à Galfingue, a fait part de son retour d’expérience au sein du réseau des fermes Dephy. En trois ans à peine, il a réussi à réduire fortement son utilisation de produits phytosanitaires, tout en améliorant sa marge brute sur la culture et sa marge nette.

Au départ, il y avait la volonté forte de diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires, tant pour des raisons environnementales qu’économiques. Alors Olivier Bischoff, agriculteur à Galfingue, s’est lancé dans l’aventure et s’est demandé comment réduire ses doses avec son système de cultures : maïs, blé, luzerne, prairie. Comment adapter les outils présents sur la ferme pour atteindre cet objectif ambitieux ? Il décide très logiquement de rejoindre le réseau des fermes Dephy, un dispositif phare du plan Écophyto qui a comme ambition de tester, évaluer et promouvoir les techniques et systèmes agricoles économes en produits phytosanitaires. Favoriser le retour des auxiliaires Trois ans après le début de cette aventure, il le confirme : oui, il est possible de réduire fortement ses IFT sans rogner sur sa marge. Au contraire même. Durant cette période, il a diminué de 50 % l’utilisation de produits phytosanitaires tout en améliorant sa marge brute d’environ 15 %. Des chiffres intéressants certes, mais qui ont demandé pas mal d’efforts et de remise en question dans la manière de conduire les cultures. Fini le désherbage chimique en blé avec un seul passage. Maintenant, c’est deux passages de désherbage mécanique avec la herse étrille ou la houe rotative en fonction de la densité du sol. « Si le sol est plus tassé, j’utilise la houe rotative, moins large que la herse étrille, mais plus agressive. De cette manière, on recrée cette couche de surface qui empêche les mauvaises herbes de repartir. » Ces outils, il les utilise également dans ses parcelles de maïs, mais de manière légèrement différente. « Je fais un premier passage en aveugle, au début de la culture. Cela nettoie la parcelle. Ensuite, j’utilise l’un ou l’autre outil en fonction du sol jusqu’au stade 5 ou 6 feuilles. À partir du stade 8 feuilles, j’utilise la bineuse. Les autres outils sont trop dangereux pour la culture. On peut alors en profiter pour incorporer de l’engrais ou pour semer des cultures intermédiaires. » En luzerne, il n’a rien à faire de plus dans la mesure où la plante étouffe suffisamment le sol pour empêcher les mauvaises herbes de se développer. Enfin, le triticale se traite comme le blé. Pour les interventions insecticides, les doses sont réduites à leur strict minium. Surtout, elles sont mieux localisées, appliquées à des moments clés de la journée, mais nécessitent aussi plusieurs passages. Et l’utilisation des auxiliaires naturels a été favorisée avec la plantation de haies, nécessaires au développement de ces insectes utiles aux cultures. L’importance du collectif C’est grâce à cette alternance entre réduction de doses et utilisation accrue d’outils mécaniques qu’Olivier Bischoff réussit à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés. La contrepartie est que cela lui demande plus de travail qu’auparavant, sans oublier les conditions climatiques qui l’obligent à se remettre en question tous les ans. « C’est vrai, cela demande des efforts, et c’est plus simple de prendre le pulvérisateur. Mais personnellement, je n’en tire que de la satisfaction. J’obtiens de meilleurs résultats, la biodiversité se développe, je vois de nouveau des vers de terre. Et les quelques mauvaises herbes qui se développent ne me dérangent pas. Certes, elles pompent un peu de nutriments, mais en parallèle, elles ameublissent les sols. » Pour l’agriculteur, cette (r) évolution des pratiques a été conditionnée par son appartenance à une Cuma. Grâce à cette structure, il a accès à une grande diversité de matériels qu’il n’aurait pas pu acquérir en restant seul dans son coin. Pour lui, une évolution des mentalités est en cours. « On va être obligé de mutualiser de plus en plus de choses. On ne pourra plus gagner de l’argent autrement. La France ne représente plus que 2 % du marché mondial agricole, ce n’est rien. Si on veut pérenniser nos exploitations, il faudra nécessairement réduire nos charges. » Cet aspect collectif est d’ailleurs l’un des gros points forts du réseau Dephy qui permet aux uns et aux autres de partager leurs expériences. « Certaines choses fonctionnent, d’autres non. C’est donc indispensable de le faire savoir car ce n’est pas la peine que tout le monde se plante. De toute façon, on ne peut plus se tromper aujourd’hui. »

Publié le 19/09/2019

Succès plein pour le salon Innov & moi qui a rassemblé pendant deux jours 1700 agriculteurs, élèves et techniciens. Ateliers et démonstrations confirment une grande tendance : les nouvelles technologies vont permettre de gagner en précision, tant dans l’espace que dans le temps, pour optimiser l’utilisation des intrants. Retour sur cet événements avec nos pages spéciales.

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