Agriculture de précision
Moduler pour mieux semer
Agriculture de précision
Publié le 20/06/2019
Soirée spéciale chez Kuhn. Mercredi 19 juin, une centaine d’agriculteurs se sont retrouvés à Saverne pour une conférence autour de la modulation de semis. Les commerciaux du constructeur alsacien ont ensuite présenté leur dernier semoir monograine.
« L’Alsace est la deuxième région avec le sol le plus hétérogène de France. » On trouve souvent deux, trois voire quatre types de sol sur une même parcelle, avec des potentiels de rendements très variés. Christian Jenn, responsable innovation à la Coopérative agricole de céréales (CAC), est parti de ce constat pour lancer une offre de modulation de semis de maïs, l’an dernier dans le Haut-Rhin. Mercredi 19 juin, il a vanté les mérites de cette technique devant des agriculteurs alsaciens et mosellans, lors d’une soirée organisée par l’entreprise Kuhn. En quoi consiste la modulation intraparcellaire ? Semer plusieurs variétés de maïs à différentes densités selon les structures du sol dans une même parcelle. « On cherche à optimiser les rendements et à diminuer les pertes », explique Christian Jenn. L’agriculteur ne sème plus de manière homogène d’un bout de son champ à l’autre. À la clé, une meilleure productivité. Jusqu’à 30 q/ha en plus et 230 €/ha supplémentaires. Intéressant. Une pluie de données Ce système repose sur un outil central : la carte de modulation. Intégrée à la console du tracteur, cette cartographie virtuelle de la parcelle commande le semoir de manière automatique. Elle lui indique quelle variété semer et à quelle densité dans une zone donnée. Pour établir cette carte, il faut collecter une grande quantité d’information. « La carte de rendement ne suffit pas pour déterminer une modulation efficace », indique l’expert de la CAC. Le système requiert d’amasser de nombreux paramètres. Comme la structure du sol, son pH, les données climatiques ou l'itinéraire technique. Cela tombe bien, « de la donnée, on en trouve de partout. » GPS, stations météos, outils de pilotage de l’irrigation… La carte se nourrit des moindres détails pour dresser un portrait-robot de la parcelle et livrer ses recommandations. Une fois la carte au point, l’agriculteur peut commencer les semis. À condition d’être correctement équipé. Le top du top : un signal GPS, une console et une transmission hydraulique. « Ce qui freine la modulation, c’est le matériel inadapté », reconnaît Christian Jenn. C’est là que les salariés de Kuhn entrent en scène. Un tracteur recule dans la salle d’exposition. Il déploie le Maxima 3. Un semoir monograine commercialisé depuis l’an dernier. Selon le constructeur, la machine répond à tous les impératifs de la modulation… et bien plus encore. Un auxiliaire pour la modulation « Le Maxima 3 vous fait entrer dans l’agriculture de précision », commence David Hild, responsable produit chez Kuhn. On cherche à respecter une distance graine à graine la plus régulière possible. » Pour cela, le sélecteur a été reconfiguré pour chasser les graines en trop dans le disque. Et ainsi éviter les doublons. Autre particularité, les réglages s’opèrent sans outils. Grâce à des poignées amovibles qui s’insèrent dans tous les éléments de la machine. Ainsi, « on change la pression au sol en une minute », vante le commercial. Enfin, les rangs peuvent s’espacer selon les besoins du terrain. Illustration : le semoir en exposition compte quatre rangs séparés de 50 cm et quatre espacés de 75 cm. Comptez une quinzaine de minutes pour changer les réglages. Bref, l’outil se veut être un bon auxiliaire pour tout agriculteur désireux de se lancer dans la modulation intraparcellaire. À vos chéquiers.












