Technique

Publié le 06/09/2019

L’été a été chaud, très chaud, en Alsace. Et souvent très sec aussi. Le maïs termine donc son cycle bien souvent à bout de souffle, particulièrement dans le Bas-Rhin et en l’absence d’irrigation. Selon les conditions de production, les rendements s’annoncent donc très bons à très décevants. Autres faits marquants de la campagne : la prolifération de la chrysomèle, qu’on voit désormais voler dans les parcelles ; et l’apparition d’une race bivoltine de pyrale.

MAÏS 2019 EAV Lire plus de publications sur Calaméo

Publié le 05/09/2019

La fête de l’agriculture, organisée par les Jeunes Agriculteurs du canton des Hautes-Vallées a Germisay en Haute-Marne, a accueilli la finale régionale de labour. La Meurthe-et-Moselle et le Bas-Rhin représenteront le Grand Est lors de la finale nationale.

Près de 10 000 visiteurs se sont déplacés à la fête de l’agriculture le 1er septembre. Le site était idéal pour recevoir les nombreuses animations, un mélange d’activités traditionnelles (moiss batt cross, agriko-lanta) et de nouveautés (concours de poneys shetland et « J’ai de l’audace »). Mais l’événement incontournable pour les JA était bien sûr le concours régional de labour. 13 concurrents du Grand Est se sont affrontés pour tenter d’accéder à la finale nationale à l’occasion des Terres de Jim du 6 au 8 septembre en Haute-Loire, à Bains, près du Puy-en-Velay. Des conditions difficiles Les candidats et les 13 membres du jury ont fait connaissance avec le Barrois. Non seulement le terrain était en pente, mais la multitude de cailloux a donné du fil à retordre aux charrues. Il n’était pas rare de voir les vis de sécurité des charrues se casser, obligeant les participants à descendre du tracteur pour les changer. « Le jury et les participants ont œuvré toute la journée dans des conditions très difficiles. Le site est très beau pour une manifestation, mais très mauvais pour faire du labour », déplore Bruno Heckenbenner, le président du jury. Et des dégâts il y en a eu, les commissaires ont couru derrière les tracteurs. Lorsqu’il a annoncé les résultats du concours, Bruno Heckenbenner a souligné la persévérance d’un candidat en particulier. « Gaëtan Koegler a eu beaucoup de boulons de sécurité cassés sur sa charrue réversible. Il a dû faire plusieurs réparations, mais malgré cela il n’a pas abandonné et a même réussi à finir dans les temps. » Place aux jeunes Âgés de 18 ans, les deux participants arrivés en tête de leur catégorie sont aussi les plus jeunes candidats du concours. Vainqueur du labour à plat, Victor Brumpter, qui vient de Furdenheim dans le Bas-Rhin, tente ce type de compétition depuis deux ans. « L’année dernière j’étais juste au niveau cantonal, c’est une belle progression. Aujourd’hui j’ai été surpris par les cailloux. Vu les conditions extrêmes, la qualité du labour n’était pas la meilleure. Je pense que ce qui m’a démarqué des autres c’est la rectitude du sillon, l’ouverture, il fallait rester droit. » Second vainqueur de la journée, mais dans la catégorie du labour en planches, Justin Duval, originaire de Ceintrey en Meurthe-et-Moselle. « Je laboure sur la ferme familiale. Avec mon frère Paul on a un hangar et des outils, alors on a pris une charrue nue et on l’a modifiée. Il m’a aidé pour toute la partie mécanique : il s’occupe de la réalisation du matériel et moi de la conduite. Le concours d’aujourd’hui était difficile car il fallait travailler en pente avec des cailloux et une terre sèche. La concurrence était rude, les charrues étaient bien modifiées et bien préparées. J’ai essayé de faire du mieux que je pouvais. » Il s’agit de la deuxième qualification au niveau national pour Justin, qui s’est classé 7e l’année dernière.

Semis direct

Un défilé de semoirs

Publié le 02/08/2019

L’agriculture de conservation, avec à son apogée le semis direct, fait de plus en plus d’émules. Les constructeurs accompagnent l’évolution des pratiques en concevant des outils dédiés. Une démonstration organisée par la Chambre d'agriculture d’Alsace et le réseau des Cuma a permis d’en rassembler six exemplaires.

Jeudi 26 juillet, le deuxième épisode caniculaire de l’été atteint son paroxysme. Pas de quoi décourager les agriculteurs intéressés par les nouvelles techniques culturales prônées par les mouvances agroécologiques et d’agriculture de conservation : ils étaient quasiment une centaine à braver les envolées du mercure.     Réduire l’érosion et l’impact du changement climatique Un des atouts de ces techniques : un travail du sol plus parcimonieux, voire inexistant. Un sol peu travaillé est un sol qui s’érode moins. Donc moins sujet aux coulées d’eau boueuse. Pour Rémy Michael, responsable de ce dossier à la Chambre d'agriculture d’Alsace, la démocratisation de ces techniques constitue un réel enjeu. « L’agriculture de conservation repose sur trois piliers - le non-travail du sol, leur couverture permanente et la diversification des cultures - qui permettent de réduire l’érosion et d’améliorer le fonctionnement des sols », introduit-il. Cette journée de démonstration constituait d’ailleurs les prémices d’un essai portant sur la couverture du sol (lire en encadré). « Couvrir le sol permet de diminuer sa température en cas de fortes chaleurs, de favoriser la vie microbienne, de fournir de l’azote, du fourrage, de retenir les particules de terre et d’augmenter la teneur en matière organique », liste Rémy Michael. Bref, que des atouts. Mais cela requiert d’acquérir certaines techniques. « Ça ne s’invente pas, il y a des règles à respecter », constate Rémy Mickaël. Il faut donc se former et parfois prendre le risque de commettre des erreurs. Mais il le faut. Non seulement parce que la société pousse à faire évoluer les pratiques agricoles. Mais aussi parce que le changement climatique l’impose. En effet, l’exacerbation des aléas climatiques va inévitablement impacter la rentabilité des exploitations. Pour pérenniser les structures, il va donc falloir « faire évoluer les pratiques, voire les cultures et les filières », estime Matthieu Goehry, président de la fédération régionale des Cuma du Grand Est. Des Cuma pour du bon matos Arrivé à un certain point de la révision des pratiques, s’équiper avec du matériel adapté devient indispensable. Mais on ne change pas de semoir comme on change de binette. Les semoirs de semis direct sont des concentrés de technologie. Et ils ont un coût. D’où l’implication des Cuma dans cette journée de démonstration. « Les petites structures alsaciennes sont rarement à même d’investir seules dans de tels outils », constate Matthieu Goehry. Leur déploiement sur le terrain passera donc soit par des Entreprises de travaux agricoles (ETA), soit par les Cuma. Sans dénigrer le rôle des premières, Matthieu Goehry prêche pour sa chapelle : « Acheter du matériel en Cuma permet de diluer les charges de mécanisation qui constituent le poste de charges le plus important dans nos exploitations. En outre, chacun peut faire des expériences et en faire profiter les autres, ce qui fait progresser tout le groupe. » Pour sa part, Mathieu Goehry ne possède plus aucun matériel en propre, et ses charges de mécanisation s’élèvent à 400 €/ha. Qui dit mieux ?

Pages

Les vidéos