Technique

Plan bâtiment : bilan et perspectives

Une nouvelle dynamique

Publié le 24/01/2020

Introduite en 2019, l’éligibilité des hangars et des silos de stockage de fourrage en plaine a convaincu de nombreux éleveurs d'investir. Le nombre de dossiers déposés a battu tous les records. Alors que le Plan bâtiment 2015-2020 entre dans sa dernière année, l'heure est au bilan.

Jamais le Plan bâtiment n’a connu un tel succès. Pour Daniel Brua, conseiller d’entreprises à la Chambre d’agriculture Alsace et responsable du dossier IMBE, deux nouveautés sont à l’origine de cet engouement. « Pour la première fois en Alsace, les bâtiments et silos de stockage en plaine étaient éligibles à l'aide aux investissements pour la modernisation des bâtiments d’élevage (IMBE). C’était une attente des éleveurs qui souhaitaient augmenter leur capacité de stockage pour améliorer leur autonomie fourragère. » Par ailleurs, les éleveurs qui avaient déjà déposé un dossier par le passé pouvaient en présenter un deuxième, à condition d’avoir soldé le premier dossier. Conséquence de ces décisions, un bilan très dynamique. « Nous avons déposé 87 dossiers, le plus fort nombre depuis le début du plan actuel en 2015. » Sur ces 87 dossiers, 47 sont liés au stockage de fourrage, précise Daniel Brua. 61 dossiers ont été recensés dans le Bas-Rhin, 26 dans le Haut-Rhin. Les bovins lait constituent toujours le gros des troupes, avec 42 dossiers. Mais les investissements dans les poulaillers continuent, principalement dans le Bas-Rhin. Les autres dossiers concernent les ovins, les porcs et les bovins viande, avec là aussi de nombreux projets de stockage de fourrage. Montant moyen d'investissement : 261 000 € « Sur les deux ou trois premières années, on déposait de nombreux dossiers proches de 1 million d’euros. Tous ceux qui voulaient investir dans le lait l’ont fait à ce moment-là, explique le conseiller. Aujourd’hui, les projets concernent plutôt l’installation d’un robot de traite, la construction d’une nurserie, d’un bâtiment vaches taries et de silos ou bâtiments de stockage des fourrages. On est plutôt dans l’amélioration des conditions d’élevage. » Le montant moyen des investissements le prouve. Il s’élève à 261 000 €, générant 53 200 € d’aides. Au total, les investissements prévus atteignent 22,70 M€, soit un montant d’aides de 4,60 M€. La répartition de ces aides est inchangée : 53 % proviennent des fonds européens (Feader), 47 % étant abondés par l’État, la Région Grand Est et l’Agence de l’eau. 2019 a connu deux périodes de dépôt des dossiers : du 7 février au 11 mars, le comité technique chargé de leur validation s’étant réuni le 28 mai, et du 17 juin au 31 juillet, la réunion du comité technique ayant eu lieu le 12 novembre 2019. « Tous les dossiers complets ont été retenus. Il en est ainsi depuis 2015, date d'entrée en vigueur du plan IMBE actuel, précise le conseiller. Mais ce ne sera peut-être pas le cas en 2020, dernière année du Plan bâtiment. »   Lire aussi le dossier Bâtiment de 2019, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Publié le 24/01/2020

2020 est la dernière année du plan IMBE, qui court sur 2015-2020. Une seule période de dépôt des dossiers est prévue en 2020 : du 15 janvier au 29 avril, et jusqu’au 28 mai pour les jeunes agriculteurs (JA). A quelle sauce les éleveurs seront-ils mangés en 2021 ?

Première bonne nouvelle, le montant des aides reste inchangé, de même que les taux de subvention. Les différents postes éligibles sont identiques, eux aussi, y compris l’extension stockage de fourrage en plaine. Le montant minimum d’investissement éligible est fixé à 50 000 € HT, excepté pour les filières d’élevage ovin, caprin, porcin AB, volaille AB et lapin AB pour lesquelles le montant minimum est abaissé à 15 000 € HT. Les montants et les taux d’aide sont fixés en fonction du montant éligible du projet, de la présence ou non d’un JA, de la localisation du projet (montagne ou plaine) ou de l’engagement que prennent les candidats à mettre en œuvre des actions améliorant la durabilité de l’exploitation en matière de gestion des effluents, d’autonomie fourragère, de transformation, et de bien-être animal. Pour sa dernière année, le plan bâtiment connaît un certain nombre d’adaptations. « En raison des contraintes budgétaires, les financeurs ont limité le dépôt des dossiers à une seule période car toutes les demandes d’aides doivent être bouclées avant le 31 décembre sur le plan administratif. » La période de dépôt des dossiers a débuté le 15 janvier et s’achèvera le 30 avril, avec une prolongation pour les JA jusqu’au 28 mai. Il n’y aura donc pas de possibilité de déposer un projet en été ni en automne. Les éleveurs intéressés doivent donc réagir rapidement car la sélection se fait sur la base d’un dossier complet, comprenant notamment l’accord de permis de construire, les devis et une étude globale d’évolution de l’exploitation. Un budget plus contraint, mais une certaine souplesse Face à ces nouvelles contraintes, la Chambre d'agriculture d’Alsace a réussi à négocier plusieurs aménagements. Les dossiers concernant l’installation d’un jeune agriculteur disposeront d’un délai supplémentaire d’un mois, la date limite étant reportée au 28 mai. Par ailleurs, pour les projets qui nécessitent l’octroi d’un permis de construire, il suffira de joindre au dossier le récépissé du dépôt de demande en mairie, l’accord définitif devant être joint au dossier avant le 30 juillet. Daniel Brua attire l’attention sur un élément fondamental. « En cette fin de plan, le contexte financier est plus compliqué. Certains financeurs ont pioché dans l’enveloppe financière au cours des années précédentes pour honorer tous les projets présentés. Aussi se réservent-ils le droit de fixer des ordres de priorité si cette enveloppe s’avérait insuffisante. » Dans ce cas, précise Daniel Brua, les dossiers qui concernent les jeunes agriculteurs, l’environnement (élevage biologique, exploitations herbagères, gestion des effluents), ainsi que les éleveurs qui déposent un projet pour la première fois devraient être prioritaires. Le comité technique se réunira en septembre prochain. « Nous lui présenterons tous les dossiers complets qui nous seront soumis, mais nous préviendrons les éleveurs qu’ils devront attendre le feu vert des autorités pour être sûrs de bénéficier des subventions. » La délibération des financeurs interviendra avant la fin de l’année, avec éventuellement une grille de priorisation des demandes. Une fois la décision d’attribution des aides accordée, les travaux doivent impérativement commencer dans les douze mois suivants et être achevés dans un délai de 24 mois à compter de la date de déclaration de démarrage des travaux. « Nous nous attendons à un nombre de dossiers proche de celui de 2019 », estime Daniel Brua. Les éleveurs souhaitant déposer une demande de subvention peuvent bénéficier de l’accompagnement d’un conseiller. Ils peuvent contacter les conseillers d’entreprise des Adar dans le Bas-Rhin ou téléphoner à Irène Bronnenkraut (03 89 20 97 30) dans le Haut-Rhin. À noter que la Chambre d’agriculture propose une prestation bâtiment, qui comprend la réalisation du permis de construire. Un régime transitoire Que se passera-t-il après 2020 ? « Normalement, un nouveau plan IMBE Grand Est aurait dû voir le jour en 2021. Mais comme les négociations sur la réforme de la PAC s’enlisent, et que l’avenir du plan bâtiment est étroitement corrélé à celui de la PAC, il ne sera pas prêt à temps. On se dirige vers une reconduction du système actuel, comme ce fut déjà le cas en 2014, à l’issue du précédent plan. En toute logique, nous allons vers un système transitoire qui reprendra les conditions du plan IMBE actuel. » Pour Daniel Brua, il n’est pas concevable que tout s’arrête brutalement. « Il n’y aura pas d’année blanche, estime-t-il. personne ne sera laissé au bord du chemin. »   Lire aussi le dossier Bâtiment de 2019, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

Publié le 06/12/2019

Le Comptoir agricole a organisé une formation au semis de précision avec l’entreprise américaine Precision Planting, et son distributeur Latitude GPS. Première étape de toute culture, la qualité du semis conditionne significativement leur avenir. Explications.

Le semis, c’est la genèse d’une culture. De sa réussite dépend en grande partie le bon développement des plantes par la suite, leur capacité à exprimer au maximum leur potentiel de rendement. Or de nombreux facteurs limitants, souvent invisibles, dégradent la qualité des semis. Les nouvelles technologies permettent désormais de les mettre en évidence. C’est le cheval de bataille de l’entreprise Precision Planting, qui a développé et développe encore tout un arsenal de capteurs dont il est possible d’équiper n’importe quel semoir. Objectif de ces capteurs : « Visualiser les performances du semis et piloter les paramètres qui ont un impact sur la programmation », indique Benoît Blateyron, responsable de l’Europe de l’Ouest pour Precision Planting. Pour illustrer l'importance de la qualité du semis, Benoît Blateyron avait ramené des maquettes de plants de maïs en 3D, avec des plants semés à diverses profondeurs, à divers écartements, et qui permettent de visualiser les conséquences de ces facteurs sur le développement du système racinaire, végétatif et reproducteur. Il illustre : « Deux pieds issus d’un doublon n’égaleront jamais un pied issu d’une graine simple en termes de nombre de grains, qui baisse en moyenne de 30 % en cas de doublon. » Ces maquettes lui permettent aussi d’insister sur l’importance d’arriver à une profondeur de semis régulière pour éviter les décalages de stade : « En fonction de la profondeur de semis, le mésocotyle mettra plus ou moins de temps à émerger. Et l’énergie dépensée pour faire émerger la plantule ne va pas au développement du système racinaire, ce qui se traduit par un retard de stade ». La juste profondeur L’intérêt des capteurs Precision Planting était démontré grâce à la décortication d’un élément semeur et sa reproduction à plus grande échelle. Devant un disque semeur mal réglé, qui entraîne à la fois un double et un manque, Benoît Blateyron constate : « Dans ce cas, la population est bonne, puisque le double compense le manque, mais pas le placement. Et ça, les terminaux de pilotage classique ne le montrent pas, contrairement au nôtre ». Precision Planting équipe aussi les semoirs de capteurs d’effort, qui permettent de mesurer le pourcentage de temps où l’élément semeur a exercé la pression au sol voulue, des accéléromètres, qui mesurent la stabilité des éléments car « si elle varie trop, la profondeur de semis aussi ». Un autre capteur, baptisé Smart Firmer, permet de déterminer si les conditions de semis sont réunies. Il s’agit d’une languette de rappui équipée d’un spectromètre intégré, capable de mesurer en temps réel la température et l’humidité qui règnent dans le sillon. « Ce sont les deux facteurs qui influencent le plus la levée, rappelle Benoît Blateyron. Pour germer, une graine de maïs doit pouvoir absorber 30 % de son poids en eau, et se situer à 10-12 °C. Le fait de connaître ces deux paramètres permet donc aussi de déterminer si la profondeur de semis est adaptée aux conditions de semis, où s’il vaut mieux aller chercher un peu d’humidité plus en profondeur, ou de chaleur plus en surface », décrit Benoît Blateyron. Dans un premier temps, le suivi des indications fournies par ces capteurs permet donc de visualiser si les paramètres de semis sont bien réglés. Synchroniser les levées L’étape suivante consiste à contrôler la qualité du semis, grâce aux remontées des capteurs. C’est déjà le cas avec le système Delta Force, qui permet d’ajuster automatiquement la pression exercée sur le sol, selon la pression enregistrée par le capteur. Precision Planting propose aussi de remplacer la distribution existante par une version moins sensible au calibre des graines. « Comme elle est à entraînement électrique, elle est adaptée à la coupure de rang automatique, donc à la modulation du semis », précise Benoît Blateyron. Autre exemple de modulation automatique déjà proposée : celle du débit rang par rang de l’apport en engrais phosphaté liquide, injecté dans le sillon pour être directement assimilable. Le système Furrow Force, quant à lui, permet d’obtenir une fermeture du sillon homogène puisque la force de rappui est adaptée en fonction de la mesure de la résistance au sol. Enfin, Precision Planting teste actuellement une innovation, baptisée Smart Depth. Il s’agit cette fois d’adapter la profondeur de semis, dans une plage définie, par exemple entre 4 et 6 cm de profondeur, en fonction de l’humidité mesurée en direct dans le sol. Objectif : « Synchroniser les levées, par exemple entre des veines d’alluvions et d’argiles », illustre Benoît Blateyron, qui annonce une mise sur le marché potentielle de l’outil pour le printemps 2021.

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