Technique

Publié le 02/11/2020

À Sigolsheim, Françoise et Gilbert Tempé produisent une demi-douzaine de fruits, mais principalement de la pomme. La technicité est exigée pour obtenir la qualité recherchée.

À 18 h ce mercredi soir, la journée de Gilbert Tempé est déjà exceptionnellement finie. « Hier, il était 21 h », glisse l’arboriculteur dont les journées d’automne peuvent flirter avec les douze heures. « Elles commencent à 7 h. Cela nous laisse deux heures, à Françoise et à moi, pour livrer. Nous enchaînons avec la cueillette. Les saisonniers travaillent de 9 à 17 h avec une heure de pause à midi. » Si, à 56 ans, Gilbert Tempé se retrouve à la tête des Vergers du Rhin, il le doit à Constant, son grand-père, et à Paul, son père, qui ont planté en 1960, hors de l’AOC viticole, les premiers pommiers chargés de compenser l’arrêt de tout élevage. Notre homme s’installe en 1982, seul sur un hectare de vignes en location, et en Gaec partiel avec son cousin sur 2 ha de vergers. En 1993, il crée une EARL, reprend les vignes de ses parents et 20 ha appartenant à la famille de Françoise à Ohnenheim, à 27 km de Sigolsheim. Cette surface d’un seul tenant convient mieux à l’arboriculture que les quatre parcelles d’une soixantaine d’ares réparties dans le ban de Sigolsheim. Gilbert implante donc 5 ha de fruitiers à la limite des deux départements. « Je traite le double de la surface deux fois plus vite », note-t-il. Il délègue à un prestataire le suivi des 15 ha restants consacrés au maïs et au soja. Gilbert a eu une formation viticole. « L’arboriculture, c’est une autre approche », prévient-il. « Je dois mettre en vente un produit sans défaut tout en veillant à avoir le plus faible impact sur l’environnement. Et en Alsace, il est possible de faire de la pomme sans une douzaine de traitements par saison. Pour ma part, une moitié est homologuée en bio. » L’arboriculteur s’attelle depuis des années à minimiser l’impact de ses traitements. « J’ai essayé du savon, du savon noir, de la silice, des lavages. J’ai tenu deux ans de plus que certains collègues. Je pratique la confusion sexuelle depuis vingt ans. Elle cible carpocapse, eulia, capua et tordeuse orientale du pêcher. J’ai quelques échecs sur Sigolsheim depuis deux ans car les surfaces y sont trop petites. » En 2016, il investit dans un matériel de traitement de l’eau qui remplit la cuve du pulvérisateur. « Pour obtenir une efficacité maximale et diminuer de moitié la dose de matière active, il faut trouver le bon couple entre pH et température de l’eau. Je réchauffe des volumes de 1 000 l et plus, entre 19 et 25 °C, et je ne mélange plus des produits acides et basiques entre eux. Un sel adoucissant monte la conductivité de l’eau de traitement à 1 700 ms (millisiemens) contre 600 ms à l’eau de pluie. Cela me permet pratiquement de me passer de tous les adjuvants. » 80 % du volume en grande surface « Je cherche un rendement régulier et de qualité. J’irrigue par aspersion ou goutte-à-goutte. L’objectif est d’arriver à 150 t de pommes premier choix. En produire plus ne rime à rien car ma clientèle ne va pas m’en acheter plus », explique Gilbert. Depuis un an, il ne taille plus seulement en axe. Il oriente sa conduite vers la haie fruitière. Il paye un technicien privé pour arriver à bien négocier ce virage à enjeu technique et économique. « La taille mécanique est possible. Elle me fait économiser la moitié du temps et la récolte est plus facile. Je m’y lance en raison du coût de la main-d’œuvre mais encore plus de la difficulté de la recruter. Toute la cueillette est manuelle. J’embauche des saisonniers polonais depuis des années. Mais ils sont de moins en moins enclins à venir en nombre suffisant et pour la durée que je souhaite. » Au conditionnement, Gilbert reste fidèle aux alvéoles et au papier kraft pour économiser au mieux bois, carton et encre. « Les fruits sont de toute façon de plus en plus sortis de leur emballage et mis en rayon », explique l’arboriculteur. De septembre à mars, il écoule 80 % de sa production dans une douzaine de grandes surfaces de Benfeld à Mulhouse et jusqu’à Saint-Dié. « Mon père a commencé. J’ai développé. La production locale est certes demandée, mais cela n’empêche pas d’être souvent mis en concurrence avec les approvisionnements de la centrale d’achat. Les prix de vente sont stables depuis cinq ans. Selon la variété et le conditionnement, on peut espérer de 1,20 à 1,50 €/kg. ». La restauration, la libre cueillette de Sigolsheim et le point de vente de la station fruitière de 360 m² à Ohnenheim où la production est conditionnée, offrent les autres débouchés. « La consommation des ménages s’érode doucement. Les volumes passés par la grande distribution aussi. En libre cueillette, le client se contente aujourd’hui de 10 kg au lieu des 100 qu’il achetait jadis », constate Gilbert. Il souhaite transmettre son entreprise à un horizon de dix ans. « Pas forcément en entier. L’activité arboricole peut être séparée de la viticulture. Qui aujourd’hui veut encore passer autant de temps à son travail ? »

Publié le 25/10/2020

Le 18 octobre, Serma organisait sa traditionnelle journée de démonstration, entre Brumath et Mittelschaeffolsheim. À cette occasion, les marques Fendt et Lemken ont présenté leurs nouveaux produits.

Cette année aurait pu être différente, malgré tout Serma a tenu à maintenir sa traditionnelle « journée aux champs », dimanche 18 octobre. « À cause du Covid-19, les concours de labour n’ont pas eu lieu, le festival de l’élevage de Brumath et la foire du vin de Colmar ont aussi été annulés. Cela faisait longtemps que le monde agricole ne s’était pas retrouvé, et il en avait besoin », témoigne Freddy Jung, directeur commercial de Serma.   Publiée par Serma agroéquipement sur Vendredi 16 octobre 2020   Un beau soleil automnal a bercé ces retrouvailles, et a comme facilité le respect des mesures sanitaires : masques, gel et cahier pour recenser les coordonnées des visiteurs. « Les autorités nous ont demandé de prendre ces précautions, même si l’événement est en extérieur. Ce n’était pas une raison pour annuler. La vie continue et il faut continuer à travailler », avance Freddy Jung. Au bord des parcelles ou près de la buvette tenue par les Jeunes Agriculteurs du canton de Brumath, les participants étaient du même avis, et semblaient ravis de découvrir les nouveautés de l’année. À commencer par FendtONE, la cabine dernier cri de la marque Fendt, avec un espace de pilotage entièrement repensé, et un accoudoir principal où sont regroupées toutes les commandes du tracteur (avancement, relevage, hydraulique, etc.). « C’est l’exclusivité de cette cabine car avant les commandes n’étaient pas rassemblées au même endroit », précise le directeur commercial.     FendtONE, une tablette multifonctionnelle Autre particularité de la FendtONE : sa tablette unique, multifonction, qui comprend tous les menus du tracteur. Par un simple glissement de doigt, on peut donc démarrer le gyrophare ou vérifier la consommation de carburant, comme sur un téléphone où on jongle entre les applications. Cette tablette présente un autre avantage puisqu’elle permet aussi de contrôler les outils accrochés au tracteur. « Jusqu’à présent, il fallait un boîtier à part dans la cabine, désormais tout peut être centralisé sur la même interface, ça évite d’avoir plusieurs écrans dans la cabine », trouve Freddy Jung. Cette cabine inclut une deuxième tablette avec les mêmes caractéristiques, qui se rabat automatiquement dans le toit, un gain d’espace. « Comme ça, sur la première tablette du tracteur, on peut commander l’outil et sur la deuxième, régler le guidage RTK », ajoute le directeur commercial. Cette avancée technologique a beaucoup d’atouts. « La présence des deux tablettes double la capacité de mémoire, note Sébastien Singhoff, commercial. On peut stocker tout ce qui est parcellaire, et programmer un outil au préalable depuis la maison. » Le commercial se veut rassurant : « Ces équipements sont très intuitifs et réactifs. Les gens qui les ont utilisés ont très bien compris comment ça marchait. Et pour les agriculteurs réticents au tactile, pas de panique, toutes les commandes restent accessibles à partir de la mollette de la console. » L’ergonomie à son paroxysme Le groupe Lemken a aussi profité de cette journée pour mettre aux champs ses nouveaux outils. La Juwel 10 a été la première à entrer en scène. C’est la grande sœur des charrues 7 et 8 de la marque, qui s’adapte sur des tracteurs de 450 ch. À première vue, c’est une charrue classique de labour mais elle est équipée d’un système de tête suspendue, afin de pouvoir passer en mode transport sans avoir à enlever le troisième point. « Cette performance technique facilite la transition entre les modes transport et champ », estime Nicolas Soehnlen, inspecteur commercial de Lemken. Contrairement aux charrues habituellement utilisées en Alsace qui comprennent quatre ou cinq corps, celle-ci en compte sept. « Cela permet de couvrir 3,85 m de largeur au labour, et de gagner en rendement-hectare et en vitesse de travail », annonce Nicolas Soehnlen.   [ ????? ?? ] - ?????????́ ???? Démonstration d'une #Juwel10 dans le Bas-Rhin dpt 67. Charrue conçue pour les... Publiée par LEMKEN sur Mardi 20 octobre 2020   Les visiteurs ont aussi pu découvrir le semoir Solitaire 9 +, la dernière génération des semoirs solitaires pneumatiques de chez Lemken. Grâce à une ouverture de capot plus importante, la capacité de trémie atteint désormais 1 450 litres au lieu de 1 200 litres. Une option permet d’aller jusqu’à 1 850 litres. « C’est surtout plus pratique quand on charge avec des gros sacs de semence », précise Nicolas Soehnlen. Autre amélioration : l’accès au bac d’étalonnage facilité par un bouton situé sur le semoir, à l’extérieur. Plus besoin de s’allonger sous la machine pour lancer la procédure. Et dernier petit détail de taille : un capteur par radar de quelques centimètres remplace la grande roue située auparavant à l’arrière du semoir, afin d’enregistrer la vitesse d’avancement. « Ainsi, l’agriculteur peut reculer jusqu’au bord des champs, sans perdre 1m50 comme avant », explique l’inspecteur commercial.   [ ???????? ?+ / ?????????́ ???? ] Mise en route d'un nouveau Solitair 9+ en Seine et Marne dpt 77 ?Rampe de semis... Publiée par LEMKEN sur Jeudi 15 octobre 2020   Enfin, le semoir Saphir 10 a fait son apparition. Sa particularité repose sur son arbre d’entraînement actionné par un moteur électrique. « Cela permet une modulation de dose de semis, un étalonnage très facile et un démarrage anticipé de la distribution », ajoute-t-il. Aux côtés de ces nouveautés, Lemken a exposé sa gamme de déchaumeurs, avec un modèle à dents, le Karat 9 et deux modèles à disques, le Rubin 12 qui offre une profondeur de travail jusqu’à 20 cm, et son petit frère, le Rubin 10. En plus de la cabine FendtONE, le groupe Fendt a, quant à lui, mis en avant le Fendt 200, un tracteur destiné à l’arboriculture, adapté à cette zone spécialisée dans le houblon, ainsi que les Fendt 500 et 700, les plus vendus dans le secteur, et le Fendt 1000, le plus gros de la gamme, plus approprié pour les grandes exploitations ou les entrepreneurs de travaux agricoles.   [ Rubin 12 ] Vous êtes dans vos maïs, testez le #LEMKEN #Rubin12, unique sur le marché, Idéal pour destruction des... Publiée par LEMKEN sur Mercredi 14 octobre 2020   Cette journée de démonstration aura aussi eu pour but détourné de montrer aux agriculteurs tous les champs des possibles, en cette période un peu compliquée. « Non pas tant à cause du Covid-19, car même si les agriculteurs n’ont pas investi pour le plaisir comme ils le font parfois, ils ont quand même renouvelé le matériel nécessaire. Plutôt à cause des débats autour de l’arrêt du glyphosate. Les agriculteurs se cherchent un peu quant à l’orientation matérielle à prendre. Certains se lancent mais beaucoup attendent de savoir quel sera leur avenir », observe Nicolas Soehnlen.

Rencontres Agrosphère du Comptoir agricole

L’eau, un enjeu « majeur »

Publié le 06/10/2020

Qualité de l’eau dans le sous-sol, quantité d’eau en surface : dans un cas comme dans l’autre, l’agriculture doit adapter ses pratiques pour répondre tantôt aux exigences environnementales, tantôt aux nouvelles contraintes climatiques. Lors de ses rencontres Agrosphère du 11 septembre, le Comptoir agricole a présenté quelques solutions pour répondre à ces enjeux.

Aujourd’hui peut-être encore plus qu’hier, l’eau est un sujet majeur de société. Avec des sécheresses de plus en plus fréquentes, longues et intenses, la question de sa disponibilité se pose davantage. Alors le monde agricole expérimente, innove ou se diversifie. Certains misent tout sur le bio, d’autres réfléchissent à parfaire leurs pratiques conventionnelles pour réduire au maximum l’usage des produits phytosanitaires. C’est ce qu’étudie le Comptoir agricole avec le désherbinage, une pratique qui combine les avantages du binage avec la pulvérisation de précision. Pour le directeur, Denis Fend, cette technique est une réponse « pertinente » pour les parcelles situées dans les onze zones de captages détériorées recensées dans le Bas-Rhin. « En 2016, la profession agricole a été sollicitée pour améliorer la qualité de l’eau dans ces zones prioritaires. Concernant les produits phytos, il s’est vite avéré que ce sont les herbicides qui posaient problème, compte tenu de leur mode d’utilisation. Alors, on a travaillé là-dessus pour trouver des solutions. » L’idée de complètement changer de culture est évoquée, de la luzerne ou de l’herbe. Mais la perte de revenus aurait été trop importante pour que ce soit « tolérable » pour l’agriculteur considère Denis Fend.   Les traditionnelles rencontres #ComptoirAgrosphere @comptoir_agri démarrent en respectant les protocoles de sécurité #COVID__19 Le thème du jour : "L' #eau une ressource précieuse"@EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/zpbxuvafRZ — Germain Schmitt (@germain_schmitt) September 11, 2020   Une prestation « clé en main » de désherbinage C’est là que le désherbinage peut prendre tout son sens pour l’agriculteur qui cultive en conventionnel, par choix ou par nécessité. Mais désherber mécaniquement son sol demande du temps, parfois beaucoup de temps. Et aussi pas mal d’argent. Il y a le coût de la bineuse, mais aussi celui du temps passé à désherber, plus le coût du gasoil, etc. Des contraintes qui peuvent finir par décourager même les plus motivés. D’où l’idée du Comptoir agricole de proposer une prestation de désherbinage « clé en main » en partenariat avec la Région, l’Agence de l’eau et la Chambre d'agriculture. Un projet pour l’instant au stade de la « construction » qui pourrait être une « vraie solution » pour les 3 000 ha de terres situées en zones de captage prioritaires dans le Bas-Rhin. « On pourrait grandement améliorer les choses si on arrive à démocratiser le désherbinage. Mais le matériel nécessaire a un coût. D’où la nécessité de proposer aux agriculteurs une solution qui soit collective et accessible financièrement », indique Denis Fend. Hormis le bio, cette solution, qui mêle binage et pulvérisation, est le « seul levier qui reste » pour diminuer la présence des herbicides dans les zones de captage prioritaires. « On peut réduire l’utilisation des produits de 60 %, ce n’est pas rien », note Christian Lux, responsable agronomie et environnement au Comptoir agricole. Lors de la rencontre Agrosphère du 11 septembre à Herrlisheim, il a présenté le type de machine que la coopérative souhaiterait acquérir pour mettre en œuvre cette technique : une désherbineuse 8 rangs, avec possibilité de descendre à 6 rangs, autoguidée par caméra, avec des palpeurs sur le rang. Le tracteur devra être équipé en RTK pour débiter le chantier dans de bonnes conditions. L’idée serait aussi d’utiliser les dernières innovations en matière de pulvérisation avec des buses espacées de seulement 25 centimètres avec un angle de 60° au lieu de 110°. « Amazone commence à proposer des choses comme ça. Avec un tel outil, on peut abaisser la rampe à 45 centimètres du sol, traiter plus précisément un racinaire et réduire davantage la dérive », poursuit Christian Lux. Selon les estimations du Comptoir agricole, une désherbineuse de ce type pourrait couvrir une surface de 150 ha par an (à raison de 15 à 17 ha par jour) avec, dans la majorité des cas, au moins deux passages nécessaires pour que le désherbage mécanique soit efficace. « Un passage peut néanmoins suffire en fonction des conditions climatiques et de la parcelle », relativise Christian Lux. Reste le coût de cette solution : environ 130 euros à l’hectare pour 1,7 passage. « C’est cher, c’est vrai. Quand on veut nettoyer sa parcelle avec un pulvé classique, on est plutôt à 80 euros à l’hectare. C’est pour cette raison qu’il faut un accompagnement solide pour que les agriculteurs aient envie d’aller vers cette solution. Si on dit aux agriculteurs d’y aller individuellement, avec tout ce qu’ils ont déjà à faire à côté, plus les investissements que cela demande, cela serait très compliqué », ajoute le responsable agronomie et environnement du Comptoir agricole. Des variétés plus précoces, mais moins stressées À la qualité de l’eau dans le sous-sol, s’ajoute la question de la quantité d’eau en surface, en zone non irriguée notamment. Quand la pluie vient à manquer, il faut des idées. Pour le maïs, il y a la méthode dite « d’esquive » qui est un moyen de réduire la vulnérabilité face au manque d’eau en période estivale. Idéalement, il faudrait que la dernière floraison du maïs ait lieu au 15 juillet au plus tard, quand les dernières réserves hydriques subsistent dans le sol. « Mais ces dernières années, on peut constater qu’elles baissent fortement dès les mois de mai et juin. Alors, sans possibilité d’irriguer, il faut réfléchir autrement », explique Valentin Gertz, technicien support au Comptoir agricole. Dans un premier temps, il convient de rappeler ce qui fait le rendement du maïs : la programmation, à savoir le nombre de grains par épi, et le PMG (poids mille grains). Or, en cas de stress hydrique au moment de la floraison, on perd en programmation, et en cas de stress au moment du remplissage, on perd en PMG. « D’où la nécessité de trouver des variétés qui résistent bien à la floraison et qui ont un PMG moyen », précise Valentin Gertz. Le Comptoir agricole en a testé trois : la très précoce P8521, la précoce P8834, et la demi-précoce DKC 4670. Elles ont été semées toutes les trois deux fois, le 3 avril et le 21 avril. Premier constat, la P8521 plantée le 3 avril affichait un taux d’humidité de 15,2 % début septembre, tandis que la DKC 4670 semée à la même date affichait, elle, une humidité de 30 %. « Rien qu’en changeant la variété, on a gagné 15 points d’humidité et autant de frais de séchage en moins. » L’écart est un peu moins important pour la série semée le 21 avril : 24 % d’humidité pour la P8521 et 36,2 % pour la DKC 4670. En matière de programmation, la P8834 s’avère « pas trop mal », tandis que la P8521 a rencontré quelques problèmes de remplissage. La DKC 4670, plus tardive, a davantage profité des apports d’eau qui ont été faits les 24 et 31 juillet. « Au départ, on ne voulait pas irriguer du tout. Mais avec ce sol sableux et ses réserves faibles, on a été contraint d’irriguer un peu pour obtenir des résultats à l’arrivée », justifie Valentin Gertz. Des économies de frais de séchage Alors, vaut-il mieux un maïs plus tardif, mieux rempli mais un peu plus humide, ou un maïs plus précoce, moins « chargé », mais aussi plus sec ? « Sur un maïs très précoce, avec une humidité de 15 %, la marge brute est de 532 euros à l’hectare. Malgré la baisse de rendement, on fait l’économie des frais de séchage. En zone non irriguée, c’est un critère à prendre en compte quand on choisit sa variété. Il ne faut pas forcément prendre des maïs très tardifs, mais plutôt jouer sur la date de floraison qui doit être la plus précoce possible. » Lors de cet essai, le Comptoir agricole a aussi semé du sorgho, du soja et du tournesol pour évaluer leur potentiel de rendement en zone irriguée par rapport au maïs, et leurs besoins en eau. Si le maïs est très gourmand en eau à la floraison (entre 300 et 350 mm d’eau) par rapport au tournesol (230 mm d’eau environ), il ne reste pas moins la culture la plus « efficace » au quintal produit par rapport aux trois autres cultures : « Il faut cinq litres d’eau par quintal de maïs produit contre douze litres pour les autres. C’est une plante qui reste très intéressante malgré tout par rapport à la problématique eau. »     Lire aussi : Des solutions pour lutter, des idées pour se diversifier, sur le site de L'Est agricole et viticole, et sur le site du Paysan du Haut-Rhin.

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