Technique

Publié le 24/02/2021

Plus de 200 personnes ont participé le 28 janvier à un webinaire consacré au datura. L’occasion de rappeler que cette plante herbacée qui se retrouve de plus en plus souvent dans les champs, doit être éliminée en raison de sa dangerosité. Toute la plante et surtout ses graines contiennent des alcaloïdes qui peuvent être très toxiques pour les humains comme pour les animaux.

Plante annuelle estivale, le datura s’adapte à de nombreux types de sol. Elle est présente presque partout en France mais en moindre nombre en région Grand Est par rapport à l’ouest du pays. On peut la retrouver dans les zones cultivées, mais aussi sur le bord des routes, les ronds-points, les terrains vagues, les jardins. Le datura est la solanacée la plus toxique, en raison de sa teneur en alcaloïdes tropaniques (atropine et scopolamine). Si ces poisons sont particulièrement concentrés dans les graines, toutes les parties de la plante sont susceptibles de contaminer les récoltes. Les risques d’intoxication concernent les humains comme le bétail. « C’est pourquoi des teneurs limites en alcaloïdes tropaniques ont été fixées à des seuils très bas dans l’alimentation humaine et animale. La vigilance est primordiale, y compris dans les zones encore peu touchées, pour éviter une propagation à grande échelle. Le datura peut en effet produire plusieurs milliers de graines dont la viabilité dans le sol dépasse les 30 années. La prophylaxie est essentielle pour éviter des situations incontrôlables. Lorsque le datura n’est pas présent dans l’exploitation, il est important de s’entraîner à l’identifier dans les bords de champs et de supprimer les premiers individus avant qu’ils ne montent à graines », explique Aude Carrera, ingénieur régional chez Arvalis Institut du Végétal. Et si le stock semencier est constitué, un enregistrement des zones infestées de l’exploitation est obligatoire (registre sanitaire) et permet de mieux organiser l’assolement et la lutte. Surveiller les bords de parcelle et nettoyer le matériel Cette dernière commence par le fait d’arracher systématiquement les daturas avec des gants lorsqu’ils sont repérés dans une parcelle, quelle que soit la culture. Il ne faut pas les laisser monter à graines. Si elles sont déjà en formation, il faut les sortir du champ et les détruire. Il faut par ailleurs surveiller les bords de parcelles, les fossés, ou encore les passages d’enrouleur et effectuer un broyage si nécessaire avant la maturité des daturas. Il est nécessaire de nettoyer le matériel agricole (travail du sol, machines de récolte) pour éviter de disséminer des graines d’une parcelle à l’autre. Il faut utiliser des herbicides efficaces dans toutes les cultures de la rotation. « Les techniques de travail sont également importantes pour prévenir de l’apparition ou du développement de la plante. Il convient par exemple de multiplier le travail du sol durant la période estivale (déchaumages, faux-semis) pour réduire le stock grainier. Enfin, toutes les mesures doivent être prises, du champ à l’usine, pour éviter la présence de fragments de datura dans les récoltes : désherbage manuel, broyage et évitement par les cueilleurs des zones infestées, tri optique et visuel sur les lignes, calibrage », ajoute Aude Carrera. Bien reconnaître la plante Mais le premier moyen de lutte est de bien reconnaître la plante. « La plantule tout d’abord présente des cotylédons très étroits et allongés. Ses deux à trois premières feuilles sont ovales à bords entiers. Son limbe est denté à partir de la quatrième feuille. Il présente une pilosité sur tige et pétioles. Une confusion est possible aux premiers stades de la plante avec le chénopode hybride, aussi appelé « chénopode à feuille de stramoine ». Une fois la plante adulte, sa hauteur va de 40 cm à 4 m. Sa tige est puissante avec de grandes feuilles à dents inégales. Il y a également de longues fleurs blanches en forme d’entonnoir. Ses fruits sont en forme de capsules ovales et épineuses, ils contiennent de nombreuses graines noires. Son odeur est forte et désagréable au toucher. Lors de la période de levée, la germination estivale est stricte et très échelonnée », précise Nicolas Thibaud, expert indépendant récolte invité par l’union interprofessionnelle des légumes en conserve et surgelés (Unilet) qui organisait ce webinaire avec Arvalis. Les levées sont échelonnées d’avril à septembre en fonction des régions. Pour les légumes, ce sont souvent les levées tardives qui posent le plus de problèmes car elles engendrent des plantes peu visibles, cachées sous le couvert des cultures. Le datura peut se développer dans toutes les cultures estivales, avec des impacts plus ou moins négatifs selon le mode de récolte, de transformation, et la destination du produit. « Cela peut entraîner des motifs de refus de récolter pour les cultures de pois, de haricot, de flageolet, de maïs doux, ou encore de maïs pop-corn. Il y a également des risques de contamination des farines de sarrasin, ou encore de sorgho. Il faut savoir qu’une présence est possible dans toutes les autres cultures de printemps et d’été (carotte, soja, tournesol, lin, pomme de terre, couverts d’interculture…) augmentant ainsi le stock grainier », conclut Nicolas Thibaud.    

Publié le 22/02/2021

L’obligation de réduction par trois de la dérive pour pouvoir traiter en ZNT à proximité des zones d’habitation et des cours d’eau suppose de la technicité. Il est question de pression, de viscosité et d’homogénéité du produit et, bien sûr, de pulvérisateur homologué. Petite revue de littérature technique sur le sujet.

En dehors des questions sociétales, la réglementation sur les ZNT oblige les constructeurs de pulvérisateurs à singulièrement faire évoluer leur matériel, de manière à diminuer la dérive des produits. Les textes réglementaires demandent des moyens « permettant de diviser la dérive de pulvérisation d’un facteur au moins égal à trois par rapport aux conditions normales d’application des produits ». Ce qui permet alors de réduire à 5 mètres la largeur de la zone non traitée à proximité des points d’eau, et « d’adapter les distances minimales de sécurité à proximité des lieux d’habitation », ceci dans le cadre d’une charte cosignée avec les municipalités. Pour arriver à ce niveau de qualité d’application de produit sur la plante à traiter, il s’agit de conjuguer plusieurs aspects techniques : la buse, le type de pulvé homologué ZNT bien sûr, l’homogénéité des bouillies, la météo et tous les paramètres de pulvérisation que sont la pression et le débit de bouillie/ha pour une taille des gouttes adaptée… Car, pour nombre de techniciens, la base de la réflexion sur la dérive doit se fonder en premier lieu sur la taille des gouttes. Pour ne pas dériver, elles doivent être de taille assez grosse et/ou lourdes, soit mesurer 500-600 μm, au lieu de 100-200 μm. Attention en pratique à ne pas obtenir l’effet inverse : les grosses gouttes atténuent la dérive mais augmentent le risque de ruissellement ou de couverture insuffisante, surtout pour les produits de contacts. Rappelons à ce point que les produits bios et de biocontrôle ne sont pas concernés par les ZNT. Pour arriver à de bons niveaux d’efficacité, la qualité des bouillies ne doit pas présenter de flocs ou résidus solides qui obstrueraient l’orifice des pastilles des buses et des filtres. En cas de colmatage, l’opérateur est amené à augmenter la pression ce qui diminue la taille des gouttes et augmente les risques de dérive. Pour éviter la formation de dépôts, la qualité des eaux de bouillie joue un rôle prépondérant. De plus en plus de viticulteurs utilisent une eau déminéralisée, pour ôter particulièrement les cations susceptibles de former des agrégats. Le ministère de l’Agriculture a publié au bulletin officiel la liste (en date du 6 novembre 2020) des pulvérisateurs « homologués » ZNT. Plus de 70 appareils figurent sur la liste. Ce sont des appareils à panneaux récupérateurs, à flux dirigés, à flux tangentiel, équipés de descentes, de descentes confinées et de descentes avec panneaux récupérateurs. Pratiquement tous les pulvés homologués sont en traitement face par face et avec des buses à induction d’air. Ou exceptionnellement équipés de la buse Lechler AD90 à « dérive limitée » ou encore la buse Albuz TVI 80° à turbulence. D’ailleurs sur le sujet des buses, la presse technique fait état de plusieurs recommandations. Il faut, en général, adapter l’angle d’ouverture du jet à la morphologie du flux d’air. Par exemple, opter pour une buse dont le pinceau fait un angle de 80° au lieu de 110°, ceci afin d’éviter que les bords du pinceau ne se retrouvent dans les turbulences des flux d’air. La forme du jet, plat ou conique, doit également être réfléchie en fonction de l’écartement, du volume foliaire, de la distance buse – plan de palissage. Idéalement, il faut éviter les recouvrements. Ces buses nécessitent un entretien régulier, elles doivent être régulièrement mises à tremper pour dissoudre les dépôts. Enfin, pour prévenir les bouchages, on optera pour plusieurs étages de filtration avec une maille fine progressive.

Publié le 27/01/2021

Parce qu’ils sont récoltés tôt, les méteils permettent d’envisager une seconde culture, telle que du sorgho ou encore du maïs. Mais il lui faut affronter l’été et son corollaire de manque de précipitations, de températures caniculaires… Les contre-performances ne sont donc pas rares.

Pour acquérir des références sur l’après récolte des méteils précoces, la Chambre d'agriculture Alsace (CAA) a conduit un essai portant sur l’implantation de plusieurs cultures après un méteil précoce, durant la deuxième quinzaine de mai. Parmi les cultures testées : du maïs précoce, des sorghos monocoupes, multicoupes et un sorgho grain, qui peut aussi s’ensiler même si ce n’est pas sa vocation première. À Mittelhausen, les rendements sont très faibles. Le maïs, grillé sur pied, ne permet pas de dégager plus de 1 tMS/ha. Les sorghos ont fait mieux, notamment les multicoupes qui ont produit entre 3 et 4 tMS/ha, mais dont certains auraient dû être récoltés un peu plus tôt car ils avaient commencé à émettre des panicules. Bien que les techniciens soient déçus par ce résultat, ils le tempèrent : « La levée a été belle et rapide, mais une fois les plantes installées, elles sont tombées dans la zone de sol épuisée par le méteil, et il n’y a pas eu d’eau pour les aider à aller explorer davantage le sol. Mais il ne faut pas perdre de vue que cette sécheresse a été exceptionnelle : les maïs classiques situés à proximité de la parcelle d’essai n’ont pas non plus obtenu de bons rendements. Alors qu’ailleurs, des orages bien placés ont permis d’obtenir de meilleurs résultats », analyse Laurent Fritzinger, conseiller fourrages à la CAA. Le même essai mené à Hirschland a débouché sur d’autres résultats, avec une très bonne levée pour les maïs, mais catastrophique pour les sorghos. Envahis par les chénopodes, les maïs ont pu être désherbés mais pas les sorghos en l’absence de solution chimique adéquate. Une fauche de nettoyage a donc été réalisée début juillet, mais elle a autant pénalisé les chénopodes que les sorghos qui n’ont pas été récoltés, alors que les maïs ont produit 6-7 tMS/ha. Ces essais mettent en évidence le rôle prépondérant de la météo quant à la réussite de la seconde culture, ainsi que la nécessité d’affiner la technicité pour limiter les risques. Méteil immature et culture estivale : une combinaison à travailler La Chambre d'agriculture a par ailleurs mené un autre essai portant sur la récolte de méteil immature, c’est-à-dire récolté au stade grain laiteux pâteux de la céréale, soit plus tard qu’un méteil précoce, mais toujours avec l’objectif d’implanter une culture estivale à la suite, avec pour objectif de maximiser le rendement en méteil, quitte à perdre de la valeur alimentaire, donc à destiner ce fourrage plutôt à des vaches allaitantes ou des génisses. Cet essai a été mené à Raedersdorf, dans le Jura alsacien, avec sept mélanges différents semés le 12 novembre et récoltés le 30 juin. En moyenne, ces méteils ont permis de produire 9 tMS/ha, allant de 7 à 13 tMS/ha. L’analyse des résultats met en évidence une efficience variable de la fertilisation azotée. Un fil conducteur de l’essai est la part réduite des céréales dans la biomasse finale, sans doute en lien avec une levée difficile, qui a pénalisé le tallage et profité aux protéagineux. La teneur en protéines oscille entre 12 et 16 %, et les UFL entre 0,75 à 0,80 d’UFL, soit des niveaux satisfaisants. Les prix de revient oscillent entre 55 et 87 €/tMS. L’intégration de ce méteil dans une ration permet de réaliser des économies de foin, d’enrubanné et surtout de tourteau de colza, ce qui permet de diminuer le coût de la ration, qui passe de 1,71 €/VA à 1,33 €/VA. Après la récolte du méteil, diverses cultures ont été testées : un mélange moha et trèfle, du teff-grass, des sorghos fourragers et des maïs précoces. Semés le 13 juillet, leur récolte a été échelonnée en fonction de leur maturité. Les maïs ont permis d’obtenir de 1 à 1,5 tMS/ha, les sorghos autour de 4 tMS/ha et le moha-trèfle et le teff-grass de l’ordre de 3 tMS/ha. Au final, selon les combinaisons de méteil et de post-méteil, le système coûte de 80 à 150 €/t MS, ce qui est proche d’une culture unique. « Pour sécuriser au mieux ces résultats, il s’agira de travailler sur les dates de semis et de récolte, et les modalités de la fertilisation azotée. En effet, de meilleurs résultats sont attendus avec des semis plus précoces, une fertilisation plus adaptée aux besoins, et plus d’eau », conclut Philippe Le Stanguennec, conseiller élevage à la CAA.   ??? [ELEVAGE] Webinaire Fourrage ➡ Pour tous ceux qui n'ont pas pu participer aux réunions fourrages, un condensé des... Publiée par Chambre d'agriculture Alsace sur Mercredi 13 janvier 2021  

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