Technique

Publié le 28/04/2021

À Sausheim, dans le Haut-Rhin, la station d’épuration des eaux usées de l’agglomération mulhousienne, l’usine de valorisation énergétique des déchets (ou usine d’incinération) et un méthaniseur œuvrent de concert pour nettoyer les eaux usées, traiter les déchets urbains, produire de l’énergie et, une première en France, de la struvite, un minéral phosphaté valorisable en engrais agricole.

Les gisements phosphatés ne constituent pas une ressource renouvelable. La demande en engrais phosphatés ne faiblissant pas, le phosphore est amené à devenir une denrée rare, donc un enjeu majeur pour la production agricole, notamment européenne, qui est dépendante du reste du monde pour son approvisionnement en phosphate. « Le phosphore a été déclaré matière première critique par l’Europe, et la filière eau a été questionnée sur sa capacité à produire du phosphore renouvelable », indique Christelle Metral, chef de marché Transition énergétique et économie circulaire chez Suez, également spécialiste de la production d’engrais biosourcés. En effet, les boues issues des stations d’épuration contiennent du phosphore, notamment parce que l’urine et les matières fécales en contiennent. De là à valoriser le phosphore contenu dans les boues, il n’y a qu’un pas qui a déjà été franchi dans plusieurs installations au Danemark, et qui vient d’être franchi en France, sur le site de Sausheim. Un site multifacette Cette Station d’épuration des eaux usées (Step) -18e de France par sa taille - traite non seulement les rejets de 490 000 habitants, mais aussi de nombreuses industries et d’un hôpital. Au départ, les boues étaient directement incinérées dans l’usine de valorisation énergétique (UVE) adjacente, au même titre que les ordures ménagères, les résidus infectieux… L’incinération produit de l’énergie, en grande partie autoconsommée par la Step. Depuis le 1er décembre 2020, les boues issues de la station d’épuration sont d’abord méthanisées avant d’être déshydratées et incinérées, les méthaniseurs étant chauffés par de l’eau chaude produite par l’usine d’incinération. Objectif de cette synergie entre sites : produire du biométhane injecté dans le réseau, réduire le volume des boues et, cerise sur le gâteau, produire un engrais phosphaté. Avec un paramètre essentiel à prendre en compte : « L’usine d’incinération est paramétrée pour fonctionner avec des boues, celles qui sortent du méthaniseur doivent donc rester en quantité et en qualité adéquates », pose Jérôme Fritz, ingénieur au Syndicat intercommunal à vocation multiple (Sivom) de la région mulhousienne. N’aurait-il pas été plus simple d’épandre directement les boues ou les digestats ? Non, car même si la méthanisation fait passer le volume des boues de 37 000 à 22 000 t/an, les sols agricoles n’y suffiraient pas. Le Sivom de la région mulhousienne a donc lancé un appel d’offres, remporté par Suez, avec un projet chiffré à 14 millions d’euros. Les plus grands digesteurs métalliques de France Plusieurs éléments ont joué en faveur de Suez. Notamment la technologie Digelis Simplex, qui consiste à créer des digesteurs composés d’acier à l’extérieur et d’inox à l’intérieur, plus étanches, plus fiables, plus rapides à construire, et surtout avec une sécurité industrielle accrue par rapport à ceux en béton. Les deux digesteurs d’une capacité de 5 150 m3 chacun fonctionnent en digestion mésophile, à 37 °C. « Les bactéries digèrent la matière organique des boues, réduisant leur volume de 20 à 30 %, en dégageant du biogaz, stocké dans un gazomètre de 2 500 m3 », décrit Jérôme Fritz. Chaque digesteur, entièrement calorifugé, est adossé à plusieurs unités de stockage, correspondant à un volume total de 1 000 m3, accueillant les boues fraîches et les boues digérées. « Les boues fraîches arrivent par le haut du méthaniseur, où elles restent 20 jours, durant lesquels le contenu du méthaniseur est continuellement homogénéisé par un brasseur mécanique à pales », décrit Frédéric Dupont, responsable commercial pour le Grand Est et la Franche-Comté chez Suez. Pour maintenir l’ensemble à 37 °C, les boues fraîches passent par un serpentin alimenté avec de l’eau chauffée à l’usine d’incinération. Au fur et à mesure de l’avancée dans le serpentin, l’eau et les boues échangent des calories, pour qu’au final, les boues entrent réchauffées dans le méthaniseur, et l’eau repart froide vers l’usine d’incinération. Du biométhane pour les bus de l’agglomération Des digesteurs sortent donc des boues digérées et du biogaz. Ce dernier est principalement composé de CH4, C02, H2S et d’eau. Pour devenir du biométhane, ce gaz est d’abord « compressé, pour évacuer l’humidité par condensation, puis débarrassé de l’H2S par un traitement au charbon actif. Enfin le CH4 et le CO2 sont séparés par un traitement membranaire », décrit Jérôme Fritz. À ce stade, le CO2 rejoint l’atmosphère et le biométhane est testé afin de vérifier sa pureté, qui doit avoisiner les 99,7 %, avant son odorisation et son injection dans le réseau. « Si la qualité du biométhane n’est pas correcte, il est renvoyé vers le gazomètre et il subit une seconde fois l’ensemble des traitements. Et s’il devait ne pas pouvoir être injecté, il serait brûlé par une torchère », complète Jérôme Fritz. Le biométhane est racheté par Engie, dans le cadre d’un contrat d’achat signé pour une durée de 15 ans. Ce contrat inclut des certificats de garantie d’origine, qui permet de valoriser du biométhane localement, en l’occurrence en alimentant la flotte de bus de Mulhouse Alsace agglomération (M2A) en biométhane. Les boues digérées sont déshydratées par centrifugation à 3 000 tours/min, ce qui permet d’obtenir une phase solide, brûlée dans l’usine d’incinération, et un centrât liquide, destiné à rejoindre la Step. Un engrais phosphaté local et sans métaux lourds Si Suez a remporté l’appel d’offres, c’est aussi parce que l’entreprise proposait d’installer un process industriel innovant, permettant de piéger l’azote et le phosphore contenus dans le centrât. En effet, s’il est trop chargé en phosphore, il ne peut pas retourner à la Step. D’où l’idée de piéger ce phosphore, pour en faire un engrais phosphaté. C’est ce que rend possible le procédé Phosphogreen, composé d’un réacteur qui permet de faire cristalliser et précipiter le phosphore avec du chlorure de magnésium en milieu basique. À la sortie du réacteur, la struvite est séchée sur une grille, d’où s’écoule l’eau débarrassée de son phosphore. La production de struvite est estimée à 90 t/an.  « En l’absence de ce procédé, on devrait piéger le phosphore avec du chlorure ferrique. Le procédé nous permet donc de réaliser des économies, et d’obtenir un produit de super qualité », se félicite Jérôme Fritz. En effet, la struvite se présente sous forme de granulés de 1 à 3 mm facilement manipulables. Elle est composée de 12 % de phosphore à dissolution lente, de 6 % d’azote et de 10 % de magnésium. En outre, elle est exempte de métaux lourds, contrairement aux engrais phosphatés issus des minerais. Un flou réglementaire à lever La struvite de Sausheim est donc un engrais vertueux à plus d’un titre. Problème : son statut réglementaire n’est pas encore fixé en France, ce qui empêche sa commercialisation. « Au Danemark, elle est considérée comme un produit, donc commercialisable », indique Christelle Metral. L’harmonisation de la réglementation européenne sur les matières fertilisantes devrait lui donner un statut de produit ou de déchet. Selon la catégorie dans laquelle elle se situera, elle pourrait alors être intégrée dans des formules d’engrais composés, être commercialisée pure ou encore enrichir des composts. En attendant, l’or de Sausheim s’accumule. Une autre installation est en travaux en région parisienne. Et d’autres suivront car, chez Suez, on est convaincu que ce modèle d’économie circulaire doit s’intégrer aux prochaines constructions et rénovations de sites qui s’y prêtent.

Entreprise de travaux agricoles CM Prestations

Enrubannage : quand c'est carré, ça tourne rond !

Publié le 22/03/2021

Jeune agriculteur de 22 ans, Corentin Meppiel a créé il y a six mois son entreprise de travaux agricoles, CM Prestation. Basée à Oberschaeffolsheim, la principale activité de la société est l’épandage. Mais depuis peu, elle s’est diversifiée dans l’enrubannage de balles rondes et carrées. Mais pourquoi des balles carrées ?

Après un bac pro au lycée agricole de Rouffach, Corentin Meppiel a décidé de passer son BTS Acse au lycée agricole de Besançon, histoire d’élargir son horizon. « C’est lors d’un stage effectué dans le cadre de mes études que j’ai découvert l’enrubannage de balles carrées. » Très répandue dans le Nord-Pas-de-Calais, cette technique commence à se développer en Alsace. Elle présente de nombreux avantages selon lui. « Elle répond à la triple performance de l’exploitation agricole : sociale, environnementale et économique. » Comme leur nom ne l’indique pas, les balles carrées sont en fait des parallélépipèdes rectangles mesurant 120 x 90 x 200 cm. Elles sont plus denses que les balles rondes. « La pénibilité du travail est bien moindre. » Une balle carrée se compose de plusieurs tranches, explique Corentin Meppiel. « Lors de l’affouragement des animaux, il suffit de prendre une tranche et de distribuer le fourrage avec un chargeur ou un godet. » La manipulation est donc plus aisée, par rapport à une balle ronde qu’il faut dérouler pour réaliser l’affouragement. « Ce qui est pratique, aussi, c’est qu’on peut l’ouvrir à moitié et utiliser le reste le lendemain. » Le risque d’échauffement est réduit et le stockage facilité car on peut les empiler en briques, ce qui limite le risque d’effondrement des piles…   Prestation d'enrubannage de bottes rondes et carrées à la ferme? Possibilité de prestation avec pressage de bottes ? Publiée par CM Prestation sur Lundi 23 novembre 2020   Que des avantages Une balle carrée est plus économique qu’une balle ronde, explique Corentin Meppiel. La première affiche un volume de 2,16 m3, contre 1,37 m3 pour la seconde. Soit un gain de 57 %. Or le coût de la prestation est supérieur de 42 %. La balle carrée est donc 16 % moins chère que la balle ronde. « Il faut moins de film pour le même volume. De plus, nous utilisons de la ficelle pour maintenir la balle, au lieu du filet pour les balles rondes. La ficelle est moins chère et plus facile à enlever. » Sur le plan environnemental aussi, les avantages sont notoires. « On peut empiler plus de balles carrées sur le plateau à paille, et donc optimiser le transport. » Herbe, luzerne, couverts végétaux, CM Prestation enrubanne tous types de fourrages humides. « Nous faisons aussi de l’enrubannage industriel, pour le stockage de cartons. » Du pressage à l’enrubannage, l’entreprise offre une prestation complète. Elle peut également s’occuper du chantier de récolte, si l’éleveur le souhaite. « Les balles sont enrubannées à la ferme du client ou en bout de champ, selon le mode de stockage désiré. Cela limite le risque de perforation durant la manipulation. Et, si je vois un trou, je le referme immédiatement. » Un tapis est installé en fin de machine pour empêcher que les bottes tombent directement sur le sol et se cassent. « Dans le prix de la prestation, tout est compris, y compris le film et la ficelle. » CM Prestation offre une grande flexibilité : « Je m’adapte aux attentes des clients. Si le client est content, je le suis aussi. » L’entreprise intervient dans tout le Bas-Rhin et n’hésite pas à se déplacer au-delà, pour des chantiers importants.

Publié le 21/03/2021

L’Association des producteurs de houblon d’Alsace, le lycée agricole d’Obernai, la fondation Kronenbourg et l’association Pour une agriculture du vivant se sont regroupés au sein du projet AgroHoublon, qui vise à accompagner la transition agroécologique dans les houblonnières. Au menu : des couverts, des arbres, du pâturage, mais aussi des rencontres et des passerelles au sein de la filière brassicole.

Le houblon n’en finit pas de surfer sur la crête de la vague. Malgré ce succès, et parce que le houblon reste, avec ses quelques 500 ha de production en France, une culture mineure, sa transition agroécologique n’en est encore qu’à ses balbutiements. C’est face à ce constat qu’est né le projet collectif AgroHoublon, regroupant le lycée agricole d’Obernai, une dizaine de producteurs émanant de l’Association des producteurs de houblon d’Alsace (Apha), la fondation Kronenbourg et l’association Pour une agriculture du vivant (PADV). Son objectif : « Accompagner les houblonniers dans la transition agroécologique », pose Véronique Stangret, du lycée agricole d’Obernai, animatrice du projet AgroHoublon. L’initiative a été engagée en septembre 2019, « parce que plusieurs acteurs voulaient faire bouger les lignes, et parce que l’agroécologie nous intéresse par ses valeurs. Nous avons donc voulu encourager des planteurs à s’engager dans cette voie », se remémore Agnès d’Anthonay, administratrice de la Fondation Kronenbourg. « Nous sommes partis d’une feuille blanche, et avec une certaine humilité, car il n’y a pas de définition unique de l’agroécologie. Dans un premier temps, il a fallu impulser la dynamique, en sensibilisant les acteurs, en créant un référentiel, en montant des petits groupes », poursuit-elle.     L'objectif du projet #AgroHoublon ? ? Créer un modèle agronomique de référence ♻️ Définir un modèle économique dans les phases de transition et sur le long terme. ? Et sur le long terme, augmenter l'attractivité du houblon sur le marché mondial ! — Kronenbourg SAS (@Kronenbourg_SAS) September 29, 2020     S’inspirer de la viticulture Pour se former et comme il n’existe pas de spécialistes à la fois du houblon et de l’agroécologie, le lycée agricole d’Obernai, qui anime le projet, se rapproche d’acteurs du monde viticole, car vignes et houblonnières présentent des similitudes, en tant que monocultures pérennes, tant au niveau des itinéraires techniques que des problématiques sanitaires. « Suite à ces échanges, il nous revient de nous appuyer sur les connaissances existantes, pour tester des choses en houblonnière, et observer comment le houblon réagit, afin de créer des itinéraires techniques qui soient adaptés à la fois au couvert et au houblon », détaille Véronique Stangret. Deux enjeux majeurs ont été identifiés : le sol et son maintien en bon état de fonctionnement afin de profiter durablement de sa capacité de production, ainsi que l’introduction d’arbres dans les houblonnières, avec pour objectifs de bénéficier de leur impact positif sur la biodiversité, l’ombrage… Des protocoles techniques ont ensuite été élaborés, identifiant notamment les indicateurs utilisés pour discriminer les expérimentations, « sachant que les observations peuvent être effectuées à travers différents prismes, qui ne sont pas exclusifs les uns des autres », pointe Agnès d’Anthonay. Trois éléments seront particulièrement surveillés : la capacité des systèmes à être économes en eau, à séquestrer du carbone et à préserver la biodiversité. Des couverts adaptés Dans un premier temps, des essais de paillage des houblonnières ont été effectués, avec succès puisqu’il a été prouvé que « la couverture végétale permet de maintenir l’humidité du sol », rapporte Véronique Stangret. Les maladies et les ravageurs sont observés sur un des sites paillés, afin de déterminer si le maintien de l’humidité a pour effet secondaire de favoriser leur émergence. À l’avenir, des essais seront menés afin de tester l’effet de l’implantation de couverts vivants dans la paille, avec comme hypothèse que l’amélioration de la vie du sol, induite par les couverts vivants, constitue un levier pour concurrencer les organismes pathogènes. À terme, l’objectif est de garder le sol couvert, pourquoi pas avec un enherbement permanent, mais a priori au départ plutôt avec des couverts qui seront roulés. En effet, les interventions au printemps sont nombreuses dans les houblonnières, ce qui nécessite de trouver un compromis entre biomasse des couverts, et passages de tracteurs : « On peut rouler des céréales, mais pas de la féverole, par exemple », illustre Véronique Stangret. Des moutons, mais par touches Par ailleurs, le lycée agricole teste l’introduction de moutons dans les houblonnières. « Ces derniers broutent le feuillage bas des lianes, une opération de défanage qui sinon se réalise thermiquement ou chimiquement, afin d’assurer la circulation de l’air au sein de la houblonnière », explique Véronique Stangret. L’introduction du pâturage présente des avantages : économie d’un traitement, fertilisation par les déjections animales, source de fourrage supplémentaire, mais aussi des inconvénients, puisque les moutons s’attaqueront aussi aux couverts, et que les moutons doivent être absents des houblonnières avant et après chaque traitement. « La solution résidera sans doute dans des touches de pâturage », présage Véronique Stangret.   C'est la bonne humeur et ... la boue que les élèves #paysagistes du lycée #agricole d'#Obernai ont participé à la plantation de #haies en bordure de houblonnière#biodiversité , protection des plantes, de l'#eau ,des #sols@EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/VmyJYhMa03 — Germain Schmitt (@germain_schmitt) February 1, 2021   À l’ombre des arbres Suite à des rencontres qui ont eu lieu au printemps dernier avec l’association Haies vives d’Alsace (HVA), quatre agriculteurs ont planté des haies cet hiver aux abords de houblonnières. Il s’agit d’Adrien Harter à Duntzenheim, Francis Woehl à Seebach, Jean-Noël Burg à Batzendorf et Félix Meyer à Mittelschaeffolsheim, auxquels s’ajoute la ferme du lycée agricole d’Obernai. « Dans un écosystème naturel, le houblon est une liane, qui utilise les arbres comme tuteurs pour se déployer », note Véronique Stangret. En outre, houblon et arbre peuvent développer des mycorhizes, sources d’échanges d’eau et de minéraux entre les espèces végétales via les filaments mycéliens. La question de la compétition pour l’eau entre le houblon et les arbres est évidemment prégnante. « Si les arbres entrent en compétition pour la ressource en eau avec le houblon lorsqu’elle n’est que partiellement limitante, ils peuvent devenir un atout lorsque l’aridité est très rude, en redistribuant l’eau puisée profondément par leurs racines, en créant des zones de condensation, et en créant un effet d’ombrage qui va protéger les houblons du rayonnement auquel il est sensible. En outre, si on se projette dans un futur aride, mieux vaut planter des arbres maintenant, car à terme, des jeunes arbres peuvent peiner à s’enraciner », estime l’animatrice du projet. Aussi, la présence d’arbres pourrait avantageusement compléter l’irrigation au goutte-à-goutte, qui équipe de plus en plus de houblonnières, mais qui étanche la demande hydrique du houblon sans contrer les températures élevées, ni le rayonnement. Néanmoins, les houblonniers avancent avec prudence. Pour l’instant, les arbres ont été plantés au bord des houblonnières, ou dans les zones d’ancrage, mais pas encore au sein des échafaudages. Non seulement parce que cela nécessite d’enlever des plants de houblon, mais aussi parce que cela peut endommager les structures existantes. D’autres interrogations concernent les essences d’arbres à privilégier, et celles à éviter : « Parmi les ravageurs des prunus et du houblon figure une même espèce de puceron. Une donnée qui peut être appréhendée de deux manières : ne pas mettre de prunus pour ne pas attirer de puceron dans les houblonnières, ou, dans une approche plus écosystémique, planter des prunus, au risque d’attirer le puceron, mais aussi ses auxiliaires », illustre Véronique Stangret. Les plantations ont été effectuées en partenariat avec l’association HVA, qui a fourni des plants labellisés Végétal local, a assuré la logistique des chantiers, qui ont été réalisés avec des apprenants de l’Établissement public local d’enseignement (EPL) et de formation professionnelle agricoles du Bas-Rhin. Un projet de filière Les premières plantations ont été financées à 80 % par des subventions de la Région Grand Est via HVA et à 20 % par la Fondation Kronenbourg. « Nous nous sommes engagés à soutenir le projet durant 3,5 ans, mais les montants que nous allouons au projet ne sont pas fixés », précise Agnès d’Anthonay. Pour la première année, ils s’élèvent à 50 000 €. En s’engageant dans ce projet, « la Fondation Kronenbourg se positionne en tant qu’émanation d’une activité brassicole qui a vocation à transformer des matières premières agricoles », précise Agnès d’Anthonay. « Notre production est dépendante de l’agriculture, qui a de nombreux défis à relever, il est donc cohérent d’apporter notre pierre à l’édifice… D’ailleurs, nous sommes tous dépendants de l’agriculture », conclut-elle.       Belle après midi de restitution pour nos APV 1, dans le cadre du projet AgroHoublon, où ils ont présenté leurs calculs... Publiée par BTS APV Lycée agricole d'Obernai sur Lundi 15 février 2021    

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