Technique

Publié le 21/03/2021

L’Association des producteurs de houblon d’Alsace, le lycée agricole d’Obernai, la fondation Kronenbourg et l’association Pour une agriculture du vivant se sont regroupés au sein du projet AgroHoublon, qui vise à accompagner la transition agroécologique dans les houblonnières. Au menu : des couverts, des arbres, du pâturage, mais aussi des rencontres et des passerelles au sein de la filière brassicole.

Le houblon n’en finit pas de surfer sur la crête de la vague. Malgré ce succès, et parce que le houblon reste, avec ses quelques 500 ha de production en France, une culture mineure, sa transition agroécologique n’en est encore qu’à ses balbutiements. C’est face à ce constat qu’est né le projet collectif AgroHoublon, regroupant le lycée agricole d’Obernai, une dizaine de producteurs émanant de l’Association des producteurs de houblon d’Alsace (Apha), la fondation Kronenbourg et l’association Pour une agriculture du vivant (PADV). Son objectif : « Accompagner les houblonniers dans la transition agroécologique », pose Véronique Stangret, du lycée agricole d’Obernai, animatrice du projet AgroHoublon. L’initiative a été engagée en septembre 2019, « parce que plusieurs acteurs voulaient faire bouger les lignes, et parce que l’agroécologie nous intéresse par ses valeurs. Nous avons donc voulu encourager des planteurs à s’engager dans cette voie », se remémore Agnès d’Anthonay, administratrice de la Fondation Kronenbourg. « Nous sommes partis d’une feuille blanche, et avec une certaine humilité, car il n’y a pas de définition unique de l’agroécologie. Dans un premier temps, il a fallu impulser la dynamique, en sensibilisant les acteurs, en créant un référentiel, en montant des petits groupes », poursuit-elle.     L'objectif du projet #AgroHoublon ? ? Créer un modèle agronomique de référence ♻️ Définir un modèle économique dans les phases de transition et sur le long terme. ? Et sur le long terme, augmenter l'attractivité du houblon sur le marché mondial ! — Kronenbourg SAS (@Kronenbourg_SAS) September 29, 2020     S’inspirer de la viticulture Pour se former et comme il n’existe pas de spécialistes à la fois du houblon et de l’agroécologie, le lycée agricole d’Obernai, qui anime le projet, se rapproche d’acteurs du monde viticole, car vignes et houblonnières présentent des similitudes, en tant que monocultures pérennes, tant au niveau des itinéraires techniques que des problématiques sanitaires. « Suite à ces échanges, il nous revient de nous appuyer sur les connaissances existantes, pour tester des choses en houblonnière, et observer comment le houblon réagit, afin de créer des itinéraires techniques qui soient adaptés à la fois au couvert et au houblon », détaille Véronique Stangret. Deux enjeux majeurs ont été identifiés : le sol et son maintien en bon état de fonctionnement afin de profiter durablement de sa capacité de production, ainsi que l’introduction d’arbres dans les houblonnières, avec pour objectifs de bénéficier de leur impact positif sur la biodiversité, l’ombrage… Des protocoles techniques ont ensuite été élaborés, identifiant notamment les indicateurs utilisés pour discriminer les expérimentations, « sachant que les observations peuvent être effectuées à travers différents prismes, qui ne sont pas exclusifs les uns des autres », pointe Agnès d’Anthonay. Trois éléments seront particulièrement surveillés : la capacité des systèmes à être économes en eau, à séquestrer du carbone et à préserver la biodiversité. Des couverts adaptés Dans un premier temps, des essais de paillage des houblonnières ont été effectués, avec succès puisqu’il a été prouvé que « la couverture végétale permet de maintenir l’humidité du sol », rapporte Véronique Stangret. Les maladies et les ravageurs sont observés sur un des sites paillés, afin de déterminer si le maintien de l’humidité a pour effet secondaire de favoriser leur émergence. À l’avenir, des essais seront menés afin de tester l’effet de l’implantation de couverts vivants dans la paille, avec comme hypothèse que l’amélioration de la vie du sol, induite par les couverts vivants, constitue un levier pour concurrencer les organismes pathogènes. À terme, l’objectif est de garder le sol couvert, pourquoi pas avec un enherbement permanent, mais a priori au départ plutôt avec des couverts qui seront roulés. En effet, les interventions au printemps sont nombreuses dans les houblonnières, ce qui nécessite de trouver un compromis entre biomasse des couverts, et passages de tracteurs : « On peut rouler des céréales, mais pas de la féverole, par exemple », illustre Véronique Stangret. Des moutons, mais par touches Par ailleurs, le lycée agricole teste l’introduction de moutons dans les houblonnières. « Ces derniers broutent le feuillage bas des lianes, une opération de défanage qui sinon se réalise thermiquement ou chimiquement, afin d’assurer la circulation de l’air au sein de la houblonnière », explique Véronique Stangret. L’introduction du pâturage présente des avantages : économie d’un traitement, fertilisation par les déjections animales, source de fourrage supplémentaire, mais aussi des inconvénients, puisque les moutons s’attaqueront aussi aux couverts, et que les moutons doivent être absents des houblonnières avant et après chaque traitement. « La solution résidera sans doute dans des touches de pâturage », présage Véronique Stangret.   C'est la bonne humeur et ... la boue que les élèves #paysagistes du lycée #agricole d'#Obernai ont participé à la plantation de #haies en bordure de houblonnière#biodiversité , protection des plantes, de l'#eau ,des #sols@EAVPHR #lAgricultureElleAssure pic.twitter.com/VmyJYhMa03 — Germain Schmitt (@germain_schmitt) February 1, 2021   À l’ombre des arbres Suite à des rencontres qui ont eu lieu au printemps dernier avec l’association Haies vives d’Alsace (HVA), quatre agriculteurs ont planté des haies cet hiver aux abords de houblonnières. Il s’agit d’Adrien Harter à Duntzenheim, Francis Woehl à Seebach, Jean-Noël Burg à Batzendorf et Félix Meyer à Mittelschaeffolsheim, auxquels s’ajoute la ferme du lycée agricole d’Obernai. « Dans un écosystème naturel, le houblon est une liane, qui utilise les arbres comme tuteurs pour se déployer », note Véronique Stangret. En outre, houblon et arbre peuvent développer des mycorhizes, sources d’échanges d’eau et de minéraux entre les espèces végétales via les filaments mycéliens. La question de la compétition pour l’eau entre le houblon et les arbres est évidemment prégnante. « Si les arbres entrent en compétition pour la ressource en eau avec le houblon lorsqu’elle n’est que partiellement limitante, ils peuvent devenir un atout lorsque l’aridité est très rude, en redistribuant l’eau puisée profondément par leurs racines, en créant des zones de condensation, et en créant un effet d’ombrage qui va protéger les houblons du rayonnement auquel il est sensible. En outre, si on se projette dans un futur aride, mieux vaut planter des arbres maintenant, car à terme, des jeunes arbres peuvent peiner à s’enraciner », estime l’animatrice du projet. Aussi, la présence d’arbres pourrait avantageusement compléter l’irrigation au goutte-à-goutte, qui équipe de plus en plus de houblonnières, mais qui étanche la demande hydrique du houblon sans contrer les températures élevées, ni le rayonnement. Néanmoins, les houblonniers avancent avec prudence. Pour l’instant, les arbres ont été plantés au bord des houblonnières, ou dans les zones d’ancrage, mais pas encore au sein des échafaudages. Non seulement parce que cela nécessite d’enlever des plants de houblon, mais aussi parce que cela peut endommager les structures existantes. D’autres interrogations concernent les essences d’arbres à privilégier, et celles à éviter : « Parmi les ravageurs des prunus et du houblon figure une même espèce de puceron. Une donnée qui peut être appréhendée de deux manières : ne pas mettre de prunus pour ne pas attirer de puceron dans les houblonnières, ou, dans une approche plus écosystémique, planter des prunus, au risque d’attirer le puceron, mais aussi ses auxiliaires », illustre Véronique Stangret. Les plantations ont été effectuées en partenariat avec l’association HVA, qui a fourni des plants labellisés Végétal local, a assuré la logistique des chantiers, qui ont été réalisés avec des apprenants de l’Établissement public local d’enseignement (EPL) et de formation professionnelle agricoles du Bas-Rhin. Un projet de filière Les premières plantations ont été financées à 80 % par des subventions de la Région Grand Est via HVA et à 20 % par la Fondation Kronenbourg. « Nous nous sommes engagés à soutenir le projet durant 3,5 ans, mais les montants que nous allouons au projet ne sont pas fixés », précise Agnès d’Anthonay. Pour la première année, ils s’élèvent à 50 000 €. En s’engageant dans ce projet, « la Fondation Kronenbourg se positionne en tant qu’émanation d’une activité brassicole qui a vocation à transformer des matières premières agricoles », précise Agnès d’Anthonay. « Notre production est dépendante de l’agriculture, qui a de nombreux défis à relever, il est donc cohérent d’apporter notre pierre à l’édifice… D’ailleurs, nous sommes tous dépendants de l’agriculture », conclut-elle.       Belle après midi de restitution pour nos APV 1, dans le cadre du projet AgroHoublon, où ils ont présenté leurs calculs... Publiée par BTS APV Lycée agricole d'Obernai sur Lundi 15 février 2021    

Publié le 18/03/2021

Si les pépiniéristes sont considérés comme des producteurs, il leur est difficile de gérer une plante de A à Z, tant les variétés recherchées par les clients sont nombreuses. Pour cultiver un certain plaisir et par gain économique, certains fabriquent tout de même leurs propres arbres. En cette période propice pour débuter les greffes, le temps est venu de tester des végétaux des plus dépaysants, tel que le plaqueminier.

À la pépinière Sonnendrucker, à Truchtersheim, c’est la course. Les premiers beaux jours ont réveillé les clients, paysagistes comme particuliers, au point qu’entre les nombreuses commandes à honorer et les nouvelles variétés à rempoter, ces dernières nuits, Sébastien Fahrner, le responsable de la production, peine à trouver le sommeil. Heureusement, sous les 1 400 m2 de serre que compte l’établissement, il cultive un jardin secret. Sur un petit carré de table, cette année, il a décidé de greffer des plaqueminiers, les arbres qui donnent des kakis. Un choix original, enfin, plus tellement depuis que le changement climatique s’en mêle. « Auparavant, l’hiver c’était radical, ce genre d’arbre mourait. Désormais, comme il fait de moins en froid, il résiste », a-t-il constaté du haut de ses 25 années d’expérience. Ce fruit originaire du Japon prend donc ses quartiers d’hiver en Alsace. La saison dernière, le pépiniériste en a vendu une cinquantaine. Devant cette demande accrue, une idée a traversé l’esprit de Sébastien : essayer d’en produire. « C’est un arbre rustique, beaucoup plus facile à cultiver que le grenadier, qui a aussi fait son apparition dans la région mais qui a besoin de serres spéciales pour pousser, et se forme en partie en in vitro », explique-t-il. Sans oublier les économies générées par une pareille idée. « Acheter une tige finie nous revient à une vingtaine d’euros, alors qu’un porte-greffe coûte entre 2 et 3 €, donc la différence n’est pas négligeable », ajoute ce grand gaillard, tout de vert vêtu. D’une grande minutie Un porte-greffe dans la main, un couteau stérilisé dans l’autre, Sébastien commence sa délicate mission : une greffe « à l’anglaise compliquée ». Il entaille le bois en forme de V, sur trois centimètres de longueur environ, comme s’il coupait une part d’un gâteau de quelques millimètres de diamètre. Puis, il attrape une rame de kaki qu’il a prélevée sur un des arbres développés l’année passée. « J’ai gardé des morceaux avec deux à trois beaux yeux. C’est important qu’ils ne soient pas cassés, car ils donneront la future pousse », précise-t-il en montrant les nœuds présents le long du greffon. L’homme coupe une fente dans le greffon puis emboîte les deux parties, une étape cruciale. « Le vert clair que l’on aperçoit sur la surface du porte-greffe, le cambium, doit absolument toucher celui du greffon. Cette couche véhicule la sève qui alimentera le greffon », détaille le producteur. Pour sceller cette nouvelle union, il l’entoure d’un rafia et fait couler dessus un peu de mastic, un geste qu’il va répéter pour une quarantaine de pieds. « Cela permet d’étanchéifier le tout et protéger la greffe des maladies », explique le spécialiste. Et c’est parti pour une lune de miel de quelques semaines, au milieu des 500 variétés de plantes herbacées ou arbustes déjà entreposés sous serre. Pendant cette période, chaque greffe est rempotée dans un terreau qui contient déjà de la perlite, un engrais garant d’un bon enracinement. D’ici un an, Sébastien ou un de ses deux autres collègues pépiniéristes plantera ces pieds en terre, dans un petit coin des 9 ha de terrains extérieurs entourant les serres. « Nous sélectionnerons l’œil qui aura fortifié le plus, comme l’intérêt du kaki est de faire des tiges, et non de pousser en arbuste », note-il. Au bout de deux à trois ans, l’arbre atteindra une demi-tige, avec un tronc d’1m30 à 1m50 de hauteur. Mais les impatients pourront acheter un scion, plus petit et prêt à planter, dès l’automne prochain. Un travail gratifiant Contrairement aux pommiers ou aux autres arbres fruitiers, dont la variété apparaît souvent grâce à une deuxième greffe, en écussonnage, l’identité du kaki est déterminée dès la première étape. Aussi, cet hiver, Sébastien a-t-il choisi de produire deux variétés : le muscat, et le fuyu, « le premier étant moins astringent que le second ». Sébastien n’est pas un grand amateur de ce fruit orange, « un peu amer » à son goût, mais il admire le plaqueminier, originaire du Japon. « Il rassemble à un arbre d’ornement, avec ses feuilles assez dures et ovales. En plus, même lorsque les feuilles tombent, le fruit reste. À maturité, le kaki a la taille d’une tomate moyenne, mais, avant de le cueillir, il faut le laisser geler une ou deux fois, comme la nèfle », conseille-t-il. Sébastien parle de son jardin secret avec une telle passion qu’il est facile d’imaginer combien il est ressourçant. « C’est une satisfaction personnelle de voir les greffes prendre et de vendre son propre arbre, de se dire que des gens vont le planter dans leur verger et qu’il va l’habiter au moins une trentaine d’années », se réjouit ce créateur optimiste. Pour la première fois, cette année, le pépiniériste s’est aussi « amusé » à bouturer des equisetums, des mini-bambous en apparence, qui décorent les abords d’un bassin, ou encore, de la lavande. Le tout, avec succès. S’ensuivront bientôt les classiques pommiers ou cerisiers pour porter à 500 le nombre d’arbres produits sur place. » Nous aimerions produire plus de A à Z, mais nous manquons de temps et surtout nous trouvons difficilement du personnel qualifié intéressé par ce métier-là, pourtant si gratifiant », regrette Sébastien Fahrner. Avis aux amateurs, à la recherche d’une profession si essentielle en cette période où tous les jardins sont de précieuses échappatoires.

Publié le 06/03/2021

Les sécheresses estivales s’abattent sur l’Alsace, chaque année, depuis 2016, entraînant ralentissement du cycle de maturité ou avance des fruits, mais aussi pucerons et acariens. L’irrigation est un des principaux axes de réflexion des producteurs aujourd’hui, alors que cette fin d’hiver est dédiée à l’observation et à la taille dans les vergers.

Les sols alsaciens retiennent bien l’eau, puisqu’ils sont, en règle générale, limoneux ou argileux. Mais les déficits hydriques de juillet, qui ont cours depuis quatre ans, sont tels qu’ils pénalisent quand même les arbres fruitiers, comme ils pénalisent le maïs ou d’autres grandes cultures. Alors que 80 % des vergers alsaciens ne sont pas irrigués aujourd’hui, d’après Philippe Jacques, conseiller spécialisé en arboriculture fruitière à la Chambre d’agriculture Alsace (CAA), le recours à l’irrigation est de plus en plus envisagé. Au Verexal à Obernai, Philippe Jacques et Hervé Bentz, responsable de la station, pensent la remettre en route. Ils y avaient recours, il y a une vingtaine d’années, jusqu’à ce que la pompe rende l’âme. La pluviométrie étant alors plus favorable et les producteurs n’irriguant pas dans leur majorité, ils se sont passés d’eau, pour être au plus près de la réalité alsacienne. Mais aujourd’hui, l’objectif est de réactiver le puits, confie Hervé Bentz, pour irriguer dès cette saison ou dès la prochaine. « On ne sait pas si on doit tailler plus sévère, moins sévère. L’an passé, on a taillé plus fort les quetschiers et moins les mirabelliers. À Innenheim, où la capacité hydrique des sols est plus grande, nous avons eu de beaux lots en quetsches », apprécie Philippe Jacques. À Obernai, le résultat a été bien moins satisfaisant (lire encadré). Premier anthonome du pommier En ce début mars, « on est dans la période mi-figue, mi-raisin ». Philippe Jacques file la métaphore fruitière. « On réalise un peu de taille, un peu de protection phytosanitaire, un peu de plantation et du travail administratif », détaille le conseiller. C’est l’observation qui prime, en cette fin d’hiver. Les abricotiers et les pêchers devraient être en fleurs dans les prochaines semaines. À Obernai, les quetschiers ne fleurissent pas ; il n’y aura donc pas de fruits cette année. Il faut surveiller l’arrivée des maladies et des ravageurs. Stéphanie Frey, conseillère agricole à Fredon Grand Est, a repéré le premier anthonome du pommier, lundi 1er mars, alors que les pommiers ne sont qu’au stade « pointe verte » ou stade B. « C’est le début du risque, prévient Stéphanie Frey, surtout dans les parcelles où sa présence est détectée historiquement. Il est un peu tôt pour voir ce ravageur secondaire, qui pond dans les bourgeons floraux et les mange ensuite de l’intérieur, empêchant la floraison. Cela peut être un éclaircissage naturel mais c’est un pari dangereux dans les parcelles peu chargées. » Taille des pruniers avant floraison Les psylles commencent à pondre. Au Verexal, pour éviter ces piqueurs et des pucerons, les poiriers sont recouverts d’argile. La femelle psylle est désorientée par cette couche minérale ; elle pondra moins. « Dès qu’ils le peuvent, les arboriculteurs en conventionnel utilisent des produits homologués en bio. Les vergers sont tout blancs, c’est impressionnant », remarque la conseillère. Puisqu’il gèle, les matins, les stades végétatifs n’évoluent pas très vite, ajoute-t-elle. Les arbres ne sont pas en avance cette année, contrairement à l’an passé. La taille des arbres donnant des fruits à pépins est terminée. Philippe Jacques taille les pruniers. « Il convient de garder le masque de végétation au centre des arbres pour que les branches principales aillent vers l’extérieur. Il s’agit d’ouvrir le plus possible », conseille-t-il, entre deux coups de sécateur. Pour qu’une branche « tombe », pousse vers le bas, qu’elle soit souple, on n’y touche pas. « Si tu veux qu’elle durcisse, tu l’épointes », enchaîne le conseiller. Les abricotiers, les pêchers et les cerisiers se taillent, eux, pendant la floraison, quand la sève est déjà dans la branche car les bactéries, à ce moment-là, ne peuvent pas pénétrer les plaies de taille. La sève les éjecte. Les pruniers, que ce soient les mirabelliers ou les quetschiers, sont assez forts pour supporter la taille avant floraison : ces arbres peuvent se défendre, rappelle Philippe Jacques. Quelle est la particularité des prunes en Alsace ? La filière est organisée autour des vergers familiaux, relève le conseiller de la Chambre, au détour de la conversation. Sur 670 ha de pruniers, 150 seulement sont des vergers professionnels. 80 % des producteurs de prunes sont donc des amateurs. Tous confondus, ils sont 11 000 (8 000 dans le Haut-Rhin et 3 000 dans le Bas-Rhin) à être dans les prunes.   Ce n'est pas la neige qui revient au Verexal, ni le givre ! Nos poiriers ont revêtu un habit blanc composé d'argile dans... Publiée par Verexal Obernai sur Lundi 22 février 2021   Lutte antigel « Il va falloir préparer la lutte antigel, s’interrompt Philippe Jacques, réviser les moteurs, sortir les bougies, des machines à gaz. La lutte contre les maladies fongiques débute aussi. » Il confirme les dires de Stéphanie Frey : les mêmes produits sont utilisés dans les vergers écoresponsables et bio. Le cuivre et le soufre sont interdits durant la période florale, jusqu’à la chute des pétales. Les pommiers sont au début du stade de sensibilité à la tavelure. Il y a 500 ha de pommiers, en Alsace, dont 22 % environ sont conduits en bio. Pour que les feuilles de rosette soient sensibles à la tavelure, il faut entre huit et dix heures d’humectation. Jusqu’à 12 °C, le cuivre et le soufre sont efficaces pour éviter le champignon. Philippe Jacques cherche aussi les pucerons cendrés dans les pommiers : les fondatrices des colonies, particulièrement. « Ils piquent les jeunes fruits qui ne prennent plus de calibre ensuite », avertit le conseiller. Si les conditions climatiques le permettent, les traitements interviendront aux alentours du 10 mars. Sur les pruniers, Philippe surveille le puceron vert… qui sort, lui, en même que les épines noires : invariablement.

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