Viticulture

VITICULTURE

La faute au gel

Publié le 05/01/2018

Le gel a tiré un trait sur une partie de la récolte dès le mois d’avril. Elle n’atteint pas le million d’hectolitres, mais les vins s’annoncent de belle facture. Au moins ça !

Le vignoble se serait bien passé de savoir dès le printemps que le niveau de la vendange 2017 serait très probablement bas ! 855 000 hl comme le prédit fin juillet le modèle de l’interprofession et du pôle technique vigne ? Vraisemblablement. En deux nuits consécutives à des températures de - 3 à - 6 °C, le gel des 20 et 21 avril accentué par un vent du nord a sévi sur environ 4 500 ha. 1 800 ha sont très sévèrement touchés autour de Colmar et Scherwiller, mais aussi Saint-Pierre et Ergersheim. Les dégâts sont importants car la vigne avait pris de l’avance. Elle débourre le 4 avril et trois semaines après les parcelles les plus pressées déclarent déjà quatre à cinq feuilles étalées. Les zones de plaine et le précoce gewurztraminer deviennent dès lors des victimes désignées de ce froid glacial devant lequel les viticulteurs sont démunis. La vigne n’avait pas besoin de ça dans la mesure où elle sort d’une année 2016 compliquée, marquée par un manque de luminosité et de chaleur, des vendanges étalées dans le temps et une chute précoce des feuilles. Ces éléments ont influencé sa fertilité et l’ont empêchée de refaire ses réserves de manière optimale, d’où un plus faible nombre de grappes par souche au printemps 2017. Le gel reste l’épisode majeur de la campagne. Le printemps chaud n’autorise pas l’installation du mildiou et de l’oïdium. La floraison se concentre sur une semaine début juin avec une dizaine de jours d’avance sur un calendrier normal. La véraison intervient le 1er août alors que certaines vignes souffrent de stress hydrique. La faible charge favorise la maturité. Avec 2003, 2007 2009 et 2011, le nouveau millésime fait partie des cinq plus précoces des quarante dernières années. Les premiers raisins à crémant sont coupés dès le 24 août dans le secteur de Colmar. Un volume d’au moins 230 000 hl est nécessaire pour tenir le courant de vente futur. Le ban de l’AOC Alsace est ouvert le 30 août. Fin septembre, l’essentiel des raisins est parvenu en cave dans un état sanitaire particulièrement sain. Les domaines les plus mal lotis doivent se contenter de moyennes d’exploitation entre 35 et 55 hl/ha. La matière première ne cause pas de soucis particuliers aux vinificateurs. Le niveau de bourbes est faible, les jus sont clairs et partent rapidement en fermentation malgré, parfois, un faible taux d’azote assimilable. Si certaines cuves présentent un caractère vert, c’est loin d’être une généralité. L’équilibre sucre/acidité est assuré. Muscat, sylvaner et riesling font preuve de typicité. Avec sa belle structure acide, le pinot gris apparaît comme l’une des réussites d’un millésime qui en rappelle un autre aux plus anciens : 1947 ! Le millésime apporte également un beau lot de vendanges tardives. Au 11 décembre, des revendications sont déposées pour quasiment 13 912 hl, soit le triple de 2016 (4 237 hl), mais presque 10 000 hl de moins qu’en 2015 (23 742 hl). Assez classiquement, le gewurztraminer fait l’objet d’un maximum de constats pour 9 302 hl dont 3 466 hl de SGN. Le pinot gris le suit avec 3 629 hl dont 2 071 hl de SGN. Riesling et muscat ferment la marche avec respectivement 563 et 413 hl et une majorité de VT. Un léger rebond des ventes entre janvier et octobre 2017 Les Alsace reprennent un peu du poil de la bête sur leurs marchés. Sur douze mois glissants, de novembre 2016 à octobre 2017, ils retrouvent leur rythme de vente sur l’année 2016 à 961 000 hl. Sur les dix premiers mois de 2017 à fin octobre, la hausse est même de 1,3 %. Les opérateurs n’hésitent visiblement pas à puiser dans un stock qui, fin 2016, pèse deux ans et demi de ventes moyennes. Pour sa part, l’appellation crémant d’Alsace qui pèse un quart de la commercialisation du vignoble, accuse le coup de la baisse des volumes rentrés en 2015. Ses ventes totales baissent de 1,6 % à 250 895 hl sur douze mois mobiles et de 2,9 % à 182 950 hl sur les dix premiers mois 2017. Sur les dix premiers mois 2017, le marché bouteilles français progresse de 2 %. Les ventes à l’export s’élèvent à 245 000 hl sur douze mois. La Belgique et les Pays-Bas, deux pays où l’Alsace réalisait de très bons scores, poursuivent leur descente aux enfers. Le premier recule de 5 % en volume et de 4 % en valeur mais occupe toujours la première place des destinations des Alsace à l’étranger avec 35 000 hl. Les seconds concèdent 13 % à 17 000 hl et se retrouvent numéro trois à l’exportation. L’explication est toujours la même : sur ces marchés de prix, les opérateurs quand ils n’abandonnent pas la partie, ont du mal à faire des offres jugées suffisamment compétitives. L’Allemagne s’intercale entre ce duo avec 25 000 hl (+ 4%). Canada (+ 13 %), Suède et États-Unis (+ 6 %) forment le trio suivant avec à peu de chose près le même volume d’achat : 15 000 hl. L’élément positif est que ces marchés dégagent de meilleures valeurs ajoutées. Avec la faible récolte attendue, les transactions en vrac ne sont pas légion. Le faible nombre de lots échangés empêche souvent la publication des mercuriales. Quand elles le sont, les écarts types sont parfois considérables. Dès octobre l’ensemble des cépages est sans surprise orienté à la hausse. Le sylvaner se négocie en moyenne à 1,93 €/l, le pinot blanc à 2,19 €, le riesling à 3,19 €, le pinot gris à 2,89 € et le gewurztraminer à 4,20 €. De son côté, le Conseil interprofessionnel des vins d’Alsace prépare un renouvellement de sa communication auprès des consommateurs. Annoncée comme « dynamique et offensive », la nouvelle image des vins d’Alsace doit permettre au vignoble de renouer avec ses anciennes performances commerciales tout en satisfaisant une quête de meilleure valeur ajoutée.

Publié le 05/01/2018

Une coopérative en mouvement perpétuel. C’est l’impression qui se dégage de l’assemblée générale du Comptoir agricole, le jeudi 21 décembre à Schiltigheim. Chaque année est marquée par un grand événement : après Comptoir Élevage en 2016, le président Marc Moser annonce la naissance d’une filière vigne.

Comptoir Vigne est le fruit de la fusion, le 1er juillet dernier, de trois entités, Viti.com, filiale du Comptoir agricole à Molsheim, Alsace Appro à Sigolsheim et la société coopérative agricole d’approvisionnement du Piémont à Dambach-la-Ville. Le lancement officiel aura lieu le 19 janvier prochain, indique Mathieu Luthier de Saint-Martin, responsable développement et communication du Comptoir agricole. « Il y a sept ans, nous avons décidé de créer l’union d’achat Vitisphère », indique le directeur du Comptoir agricole, Denis Fend. Objectif : devenir leader de la distribution de produits viticoles et œnologiques en Alsace. Sa responsabilité a été confiée à Emmanuel Kropp. « La mise en commun de nos forces a abouti à une massification des volumes, poursuit le président. La synergie technique a conduit à l’embauche d’un technicien, Philippe Kuntzmann, afin de développer le conseil et l’expérimentation. Enfin, l’acquisition d’un laboratoire œnologique à Riquewihr, avec une équipe de trois œnologues, nous a permis d’accompagner les manipulants jusqu’à la mise en bouteille. » Cet été, les conseils d’administration des trois coopératives, présidés par Marc Moser, Patrick Schiffmann et Jean-Claude Wolffer, ont décidé de franchir une étape supplémentaire en fusionnant au sein du Comptoir agricole. Les deux autres coopératives étaient saines et dégageaient du résultat, souligne Marc Moser. « Elles ont été visionnaires en décidant de s’associer avec nous afin de créer une structure leader en Alsace. C’est un beau projet ! Le ressenti auprès de la clientèle est positif et le volume d’affaires est élevé. » Les cinquante salariés ont intégré le Comptoir agricole, et aucun des dix dépôts, répartis le long de la route des vins, n’a été fermé, précise-t-il. Jean Claude Wolffer poursuit : « La nouvelle gouvernance se met en place. Un groupe de douze viticulteurs gérera l’activité vigne au sein du Comptoir agricole. » Une chose, en tout cas, ressort de cette fusion : le nombre d’adhérents du Comptoir agricole a pratiquement doublé, pour atteindre 5 431 au 1er décembre 2017.

Nouvelle ligne de conditionnement à la cave d’Ingersheim

Un gain de performances, de réactivité et de place

Publié le 03/01/2018

Depuis deux mois, la cave Jean Geiler à Ingersheim met en carton ses crémants, cuvées spéciales et lots particuliers avec la ligne de conditionnement Isola 3 - Axipack fabriquée par la société italienne APE et vendue par Stevial. Une machine au gabarit réduit, 100 % automatique qui se veut très polyvalente.

Avec sa nouvelle ligne de conditionnement vendue par Stevial, la cave Jean Geiler à Ingersheim a fait le choix de la « souplesse et de la réactivité ». Cette Isola 3 - Axipack fabriquée par la société italienne APE est le nouvel outil à tout faire de la cave coopérative, capable de mettre en carton 5 000 bouteilles par heure, de la petite 37,5 cl à la bouteille de crémant. Tous les effervescents de la cave sont d’ailleurs mis en caisse avec cette nouvelle ligne depuis sa mise en production il y a deux mois. Elle sert également pour toutes les cuvées spéciales, les vendanges tardives et les petits lots particuliers. Les grandes séries de production, comme les vins tranquilles destinés aux grandes surfaces, continuent à être mises en carton sur la grosse ligne de conditionnement située juste à côté. Cette « encaisseuse, formeuse et fermeuse de carton » peut fonctionner de manière entièrement automatique ou semi-automatique en fonction des bouteilles et des lots à gérer. « C’est par exemple le cas pour les commandes où les bouteilles sont couchées dans le carton. Cela reste une opération à faire manuellement », explique Olivier Zink, technico-commercial chez Stevial. Pour les « encaissages » plus classiques, l’opérateur a juste besoin d’indiquer le gabarit des bouteilles dans la console de réglage, la machine fait le reste : le système de têtes avec préhenseurs prélève les bouteilles par les cols, la fermeuse plie les rabats et dépose un filet de colle qui scelle le carton. Le principal atout de cette ligne de conditionnement - outre sa grande polyvalence - est son « gabarit compact, idéal pour les espaces confinés », estime Olivier Zink qui ajoute que la cave Jean Geiler a non seulement gagné en encombrement, mais aussi en « finition, cadence et performance » avec ce modèle de la société italienne APE. Une référence qui semble plaire dans le vignoble alsacien puisque la Maison Cattin et la cave de Wuenheim, pour ne citer qu’elles, ont aussi fait le choix de cette « ligne à tout faire ». Pour Stevial, c’est la prolongation d’un partenariat de plus de vingt ans avec la cave Jean Geiler qui avait déjà fait appel à la société de Bennwihr en juillet dernier pour l’achat de sa nouvelle étiqueteuse rotative de la marque - italienne une nouvelle fois - Cavagnino & Gatti. Une autre référence prestigieuse à mettre en avant pour Olivier Zink et son jeune collègue Yohann, nouveau technico-commercial venu renforcer l’équipe de Stevial.

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