Viticulture

Publié le 29/12/2017

Après une première session réussie de préparation du hackathon du vignoble, une seconde session est prévue le 9 janvier afin de préparer les défis, avant la grande manifestation du 16 au 18 février. Ouvert à tous les professionnels…

Que l’on soit geek ou pas, le hackathon sera le lieu où tous les professionnels du vignoble, de l’amont à l’aval de la filière, vont pouvoir phosphorer sur toutes les problématiques possibles afférentes aux vins d’Alsace. Le hackathon (marathon de l’innovation) est une manifestation où un public varié se réunit durant plusieurs jours pour créer et innover en informatique, afin de répondre à des problématiques posées ici, en l’occurrence, aux vins d’Alsace. Il existe aujourd’hui bien des problématiques auxquelles ils sont confrontés, et qui peuvent trouver des solutions dans les nouvelles techniques numériques, comme les applications pour smartphone. Techniques dont la puissance d’action n’est plus à démontrer… Concrètement : est-ce que des drones peuvent aider à protéger les parcelles des dégâts de sangliers ? Est-ce qu’ils peuvent identifier et traiter des pieds malades ou atteints de ravageurs avant que ces derniers n’atteignent un stade invasif ? Comment mieux partager les savoirs en fiscalité de la transmission, en amélioration de l’image des vins d’Alsace… Les questions touchent à tous les domaines de la viticulture… Un marathon de l’innovation Depuis un peu plus d’un an, le groupe InVinoTech travaille à la préparation du hackathon du vignoble, qui se déroulera du 16 au 18 février à Colmar. Dans ce genre de manifestation, l’innovation passe par l’organisation de débats à travers un public varié, et non pas agrégé par affinités, et où la dialectique est organisée de manière à ce que les ego et les émotions soient annihilés. Ceci pour laisser place à la créativité. « Développer un « coyote » collaboratif du vignoble pour les risques naturels (météo, gibier), vendre ses grands crus au-dessus de 20 €… ces problématiques, parmi d’autres, notamment touchant à la production, seront développées du 16 au 18 février. Il y aura par exemple la présence de conseillers de Price WaterHouse cooper pour la question des aléas juridiques fiscaux de la transmission », indique Nadia Lelandais, meneuse du projet. Mais d’ici là, un portail est ouvert à l’adresse https ://invinotechcamp.sparkboard.com. Tout un chacun peut poster des défis posés aux vins d’Alsace. Au final, le hackathon pourrait générer une nouvelle économie pour le vignoble, comme un Airbnb dédié, ou, plus pratiquement, l’organisation d’une méthode de travail collective pour mieux valoriser les vins d’Alsace. Rendez-vous le 9 janvier pour préparer vos défis.

Cave du Roi Dagobert - Traenheim

Téléthon : du cœur à l’ouvrage

Publié le 27/12/2017

Les adhérents de la cave du Roi Dagobert soutiennent le Téléthon depuis 2003. Cette année encore, ils verseront un joli chèque à l’association qui recueille des fonds pour la lutte contre les myopathies.

Ils se sentent tous concernés : parce qu’ils ont des proches atteints de maladies, parce qu’ils sont parents et que le sort des enfants malades les émeut, parce qu’ils sont viticulteurs et, à ce titre, leur bonne santé est leur principal outil de travail. Une quarantaine de vignerons adhérents à la cave de Traenheim ont participé, samedi 9 décembre, à une opération de taille de vigne au profit de l’AFM-Téléthon, l’association qui recueille des fonds pour lutter contre les myopathies. Dès 8 heures du matin, malgré le froid et la pellicule de neige qui recouvrait le sol, ils étaient à pied d’œuvre sur une parcelle d’auxerrois et de pinot blanc appartenant à l’EARL Salomon de Irmstett. L’objectif était de tailler jusqu’à la tombée du jour : l’exploitation qui accueille les tailleurs bénévoles verse sa contribution au prorata du nombre de pieds taillés. À quoi s’ajoutent les bénéfices du repas de midi, servi sous le hangar de l’exploitation, à côté de la parcelle de vigne, et la participation de la cave du Roi Dagobert. Celle-ci reverse en effet 5 % du montant des ventes réalisées durant le week-end du Téléthon. L’initiative est connue des clients de la cave, qui sont nombreux à choisir ce week-end pour faire leurs achats de vins pour les fêtes et s’associent de cette manière à cette opération de solidarité. Tous les ans depuis 2013, les vignerons réussissent ainsi à recueillir entre 3 000 et 3 500 €, qui sont intégralement versés à l’AFM-Téléthon. C’est encore le cas cette année, puisque les recettes de l’opération se sont élevées à 3 183 €. Pour les vignerons et les quelques salariés de la cave participants, l’opération vaut aussi pour son caractère convivial, soulignent Luc Anstotz, président de la cave du Roi Dagobert, et Christophe Herzog, responsable de la commission animation. Que ce soit dans les vignes ou sous le hangar, la bonne humeur est au rendez-vous. Habitués à tailler en solitaire dans leurs propres parcelles, les professionnels ont d’autant de plus le cœur à l’ouvrage qu’ils œuvrent ensemble et pour une bonne cause.

Colloque InvaProtect. L’enroulement viral de la vigne

De nombreuses questions en attente de réponse

Publié le 25/12/2017

Mieux cerner, mieux comprendre et mieux faire connaître la maladie de l’enroulement virale de la vigne, et ses vecteurs, les cochenilles, tels étaient les objectifs d’une des interventions du colloque InvaProtect qui se tenait le 9 novembre à Sainte Croix en Plaine.

La maladie de l’enroulement viral de la vigne affecte tous les cépages, mais les symptômes sont beaucoup plus visibles sur cépages rouges que sur blancs, introduit Étienne Herrbach, de l’Inra de Colmar. Les conséquences sont une réduction de croissance, une sensibilité accrue aux stress environnementaux et, ce qui est bien observable, les feuilles recourbées sur leur face inférieure, ce qui donne le nom aux virus « Grapevine Leafroll – associated virus »… Trois espèces de ce virus sont identifiées dans nos régions : GLRaV 1, 2 et 3. Et quatre espèces de vecteurs que sont deux cochenilles dites farineuses à cause de leur aspect, la bohémienne Heliococcus bohemicus, et celle du platane ou du pommier, Phenacoccus aceris ; ainsi que deux cochenilles à coques, la lécanine du cornouiller, Parthenolecanium corni, et la cochenille floconneuse de la vigne, Pulvinaria vitis. Une progression en ordre dispersé Des études spatio-temporelles de l’évolution de la maladie sur des parcelles permettent de visualiser différents cas de progression, plus ou moins dispersée, contenue pendant six années, progressive, mais aussi invasive en quelques années. Ce qui interroge les scientifiques… De quelques pourcents de pieds virosés, une parcelle de Bonzon en Bourgogne présente plus de 70 % de pieds atteints la cinquième année, en présence de la cochenille du platane. Dans une autre parcelle bourguignonne étudiée, la maladie ne s’est pas propagée pendant plusieurs années, sans doute faute du bon vecteur. Quant aux études en Allemagne dans le Palatinat et dans la région de la Nahe, ce qui frappe, c’est la dispersion spatiale diverse de la maladie. À partir d’un seul pied virosé en 2015, on retrouve 25 pieds en 2017, totalement aléatoirement répartis dans une parcelle de 735 pieds… Dans le cadre d’InvaProtect, les scientifiques et les conseillers remplissent d’abord un rôle d’avertissement et de pédagogie auprès du public vigneron sur la symptomatologie de cette maladie. Un dépliant a donc été édité à cette fin. Il est disponible sur le site de la Fredon*. Selon un questionnaire diffusé en Alsace (avec 75 réponses), 89 % des vignerons savent de quoi il s’agit quand on leur parle de cochenille et disent l’avoir déjà observée. Et 62 % disent connaître la maladie de l’enroulement. Globalement, s’ils identifient bien les cochenilles, la maladie induite de l’enroulement l’est en réalité beaucoup moins et, surtout, le lien entre les deux est méconnu. Il ressort également que la profession est demandeuse de plus amples informations. Attention à l’effet insecticide des fongicides Les enquêtes de terrain indiquent qu’il y a nécessité de mieux cerner cette maladie. Et qu’elle pose de réels problèmes de production aux dires des vignerons sondés. Une autre enquête repose sur des analyses de bois dans les différents vignobles des vallées rhénane et mosellane. Sur 305 échantillons de bois issus de 29 vignobles, 24 vignobles se sont avérés positifs à un des virus, soit une maladie présente dans 82 % des vignobles rhénans et mosellans. Mais il y a lieu également pour les scientifiques de mieux comprendre les mécanismes de propagation, d’affiner davantage la répartition spatiale des différentes cochenilles vectrices, de mieux cerner la biologie de la transmission, et enfin de comprendre les paramètres de l’évolution de la maladie. Christoph Hoffmann, du Julius Kühn Institut à Siebeldingen, s’interroge sur les facteurs de recrudescence de l’enroulement. Par exemple, l’évolution des usages de produits phytosanitaires sous l’effet de la réglementation ne serait-elle pas en cause ? Ou encore l’effet insecticide induit par des fongicides sur la faune auxiliaire régulatrice des cochenilles ? « La régulation naturelle des populations de cochenilles s’effectue normalement bien. Où l’équilibre du système est-il perturbé ? », questionne Christoph Hoffmann. On connaît pas moins de neuf ennemis naturels de la lécanine du cornouiller, à tous les stades de son développement, œuf, larve ou adulte. Les études en cours préciseront l’efficacité des insecticides ainsi que les désordres qu’ils peuvent causer sur la faune auxiliaire, susceptible de réguler les populations de cochenilles.

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