Viticulture

Collectif « Les.9 »

Neuf jéroboams vendus aux enchères

Publié le 17/12/2017

Le collectif « Les.9 », regroupant des artistes de la région et le domaine viticole Gustave Lorentz à Bergheim, édite des étiquettes dédiées aux bouteilles de 3 litres. Les neuf premiers exemplaires d’un riesling grand cru Altenberg de Bergheim ont été mis à prix au musée Unterlinden mercredi 6 décembre. Les bénéfices de la soirée, 1 890 €, ont été reversés à une association caritative.

L’art et l’étiquette de vin, une histoire qui s'écrit depuis plusieurs mois. Ils sont une poignée de vignerons dans le vignoble à avoir ressenti une communauté d’esprit avec des artistes, à l’image de Jean Meyer (domaine Josmeyer) associant certaines de ses cuvées aux œuvres existantes d’artistes régionaux. Le projet du collectif « Les.9 » pousse cette relation encore plus loin. « Les.9 » - à savoir les artistes Guy Buchheit, Yves Carrey, Cheni, Daniel Dyminski, Philippe Hillenweck, Christophe Hohler, Justin Hug, Bernard Latuner et Hervé Spycher - sont en principe unis jusqu’en 2034 pour créer tous les trois ans avec un même vigneron trois étiquettes dédiées à un grand format de bouteille, le jéroboam. En 2016 naît une première étiquette ; elle est accolée sur une bouteille de pinot gris 2015 de la maison Gustave Lorentz à Bergheim (voir nos éditions du 9 janvier 2015). L’étiquette en toile, « la surface d’expression », a été subdivisée en neuf parties, histoire de « loger » le travail original de chacun des artistes. Pour le millésime 2016, il s’agit d’un riesling grand cru Altenberg, édité également à 234 exemplaires, toujours avec la complicité de la maison Lorentz. Les neuf premiers exemplaires de cette série ont été soigneusement mis de côté pour la bonne cause et emballés dans des caissettes en bois. Ces artistes se proclament « épicuriens » certes, mais aussi « humanistes ». Ces jéroboams signés ont été mis à prix mercredi 6 décembre, avec la complicité des services du musée Unterlinden, à Colmar, de Pascal Léonetti, sommelier, et de la galerie mulhousienne Courant d’art. Art, terroir, humanisme « Cette vente aux enchères ne faisait pas partie du projet initial. Mais, nous voulons aller au-delà de la démarche artistique et faire un geste supplémentaire », explique le viticulteur Georges Lorentz. La recette de cette vente a été affectée aux œuvres de Familles Solidaires, une association qui développe des projets d’habitat partagé et accompagné, en mobilisant par ailleurs de l’épargne solidaire. « Il y a la dimension artiste, certes, mais aussi la solidarité entre les hommes qui nous tient à cœur », précise Philippe Hillenweck, l’un des neuf artistes impliqué. « Chaque année, le collectif conçoit une étiquette spécifique et toujours originale pour un jéroboam de vin d’Alsace dont l’édition est limitée à 234 exemplaires. Le collectif est aussi invité en résidence pour créer des jéroboams et laisser une empreinte hors Alsace ». Ce travail a donc trouvé un prolongement en dehors du vignoble alsacien dans la vallée du Rhône cette année, en Corse en 2018, puis dans le Beaujolais en 2019. Fin mai, les artistes s’étaient réunis au restaurant Hug à Mulhouse pour faire le point sur l’avancée de leurs travaux. Pascal Léonetti en avait profité pour présenter des bouteilles du domaine Orenga de Gaffory, à Patrimonio, en Corse. Et s’il avait trouvé un intérêt particulier à l’exercice, c’est que le professionnel, qu’il soit viticulteur ou artiste plasticien, est « en phase totale de compréhension de sa matière première ». La dégustation des productions de ce domaine enraciné dans « un sol argilo-calcaire » n’était que la première étape de leur travail.  Que ce « cérémonial » se soit tenu au restaurant Hug n’était pas non plus un hasard. « Pour moi, l’aventure humaine est indissociable des aventures de table. D’ailleurs, en servant jusqu’à 1 heure du matin, nous avons régulièrement accueilli des artistes, sortant d’un concert ou d’un vernissage. Ça s’est parfois terminé en bœuf », précise Mathieu Calligaro, propriétaire du restaurant depuis 30 ans. Cette rencontre «a pour but de favoriser l’échange, le partage et la camaraderie, mais également de proposer un lubrifiant et du lien social entre des personnes d’horizons divers », explique Philippe Hillenweck. « Les.9 » synthétisent précisément ces trois points fondamentaux : l’art, le terroir, et l’humanisme. Mercredi 6 décembre, au musée Unterlinden, cela s’est une nouvelle fois vérifié. L’aventure se poursuit…

Marchés de Noël

Deux sites pour la Tribu !

Publié le 16/12/2017

La Tribu des Gourmets a pris ses quartiers de Noël place des Rohan et place Saint-Étienne, un nouvel espace d’animations présenté à la presse le 5 décembre, en présence du président de l’Eurométropole, Robert Herrmann, et du conseiller municipal, Mathieu Cahn.

Pour cette édition 2017 de Strasbourg Capitale de Noël, la ville a élargi les espaces d’animations sur trois places, Matthias Merian, marché Gayot et Saint-Étienne. La Tribu des Gourmets a répondu à la sollicitation de la ville pour animer cette place. Elle la partage depuis le 24 novembre avec le décor lumineux de l’association strasbourgeoise Arachnima et un stand collectif des spécialités de leurs partenaires boulangers, des vins de la Couronne d’or et des bières de la brasserie artisanale Bendorf. Du revigorant aux saveurs d’Alsace ! Le président de la Tribu des Gourmets, Didier Bonnet, et le vigneron Charles Brand ont présenté à la presse ce nouveau site en présence de Robert Herrmann et Mathieu Cahn. Les chalets sont ouverts du jeudi 17 h au dimanche et des animations musicales sont proposées sous le chapiteau. Didier Bonnet a convié les commerçants des quartiers proches à venir déguster leur vin chaud lors d’un afterwork. Charles Brand a rappelé que le vin chaud, quasiment exclusivement préparé au vin rouge, était il y a cinq ans « un gros point noir sur les marchés de Noël ». La Tribu des Gourmets a remis le vin blanc d’Alsace à l’honneur dans la recette, en créant une émulation sur la qualité avec son concours du meilleur vin chaud au blanc d’Alsace. Pour réussir cette recette, il faut de préférence des vins secs, peu aromatiques, et ne pas « les masquer avec trop d’épices », précise ce vigneron. « C’est une renaissance de cette boisson » déjà connue au XVe siècle à l’Ancienne Douane. « Nous sommes des marchands de bonne humeur », ajoute Didier Bonnet, avant de souligner le dynamisme des 14 jeunes salariés engagés. Pour l’heure, l’affluence n’est pas encore totalement au rendez-vous, le site n’est pas encore assez connu des Strasbourgeois, mais « il y a des touristes qui se perdent dans le quartier et sont ravis de tomber sur la Tribu des Gourmets » ! Lors du premier week-end, les animations musicales ont réuni près de 300 personnes. Des animations qui s’inscrivent « dans un projet global cette année », précise Mathieu Cahn, en lien avec les commerçants de ces quartiers. C’est aussi la volonté de faire découvrir ces endroits de la ville méconnus, et « de soutenir les produits régionaux », ajoute Robert Herrmann, en souhaitant un joli succès à la Tribu des Gourmets et à son authentique vin chaud !

Cave historique des Hospices civils de Strasbourg

Le direct avec les vignerons plébiscité

Publié le 14/12/2017

La journée portes ouvertes du 2 décembre de la cave historique des Hospices civils de Strasbourg a rencontré un joli succès auprès d’un public nombreux et éclectique.

Point d’orgue de l’année pour la cave historique des Hospices civils de Strasbourg, ses rendez-vous viniques de décembre avec le public ont démarré le 2 de ce mois, avec une belle affluence. Cinq vignerons adhérents de la Sica (société civile d’intérêt collectif agricole) ont accueilli les visiteurs, amateurs éclairés ou néophytes, Alsaciens ou touristes. « Ce brassage de nationalités est un vrai bonheur, souligne César Augusto Franco, responsable commercial au domaine Xavier Muller à Marlenheim. Et donne l’occasion de faire rayonner les vins d’Alsace. » Il a mis un amateur éclairé au défi de reconnaître le cépage d’un des vins du domaine, le surprenant sylvaner signature cuvée Émile 2015, qui a « la puissance et l’opulence d’une vendange tardive ». Et précisé que le domaine va « développer à l’avenir sa gamme de pinot gris, à fort potentiel ». Jean-Marie Vorburger, lui, en a profité pour expliquer les subtilités entre grains nobles et vendanges tardives, les différences entre les millésimes. Il a créé une belle surprise avec son gewurztraminer Hospices VT La Quintessence 2011. Questions, échanges et découvertes Liste des participants et de leurs vins en mains, le public a pris plaisir à déguster sur chacun des stands, en fonction de ses préférences, tout en dialoguant avec les vignerons. En quête de cadeaux ou venus pour retrouver leurs vignerons favoris, les visiteurs ont découvert les nouveaux millésimes, le 2016 notamment pour la cave de Cleebourg, avec un auxerrois fleur de printemps. Quant au muscat grand cru Markrain 2015 du domaine Fonné à Benwihr, il a fait l’unanimité dans un groupe de Strasbourgeois. La cave a également offert à la dégustation des vins d’autres régions viticoles et d’institutions publiques gérant des domaines viticoles, comme la cuvée du terroir 2016 de la Légion étrangère. Philippe Junger, ancien responsable, n’a pas manqué de faire découvrir le plus vieux vin de la cave aux touristes et en particulier au consul général de Russie, Valery Levitsky, et à son épouse, Elena, venus pour la première fois à ces rencontres viniques. Ce rendez-vous cosmopolite, toujours convivial, devrait encore attirer foule pour son dernier rendez-vous de la saison, ce samedi 16 décembre, auquel huit vignerons participeront.

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